A l’intérieur

Affiche d'A l'intérieur

Après mon article sur le cinéma de genre en France, je ne pouvais pas passer à côté d’un de mes préférés, A l’intérieur d’Alexandre Bustillo et Julien Maury,(2007).
Le film est un incontournable pour les fans du genre, mais je ne pouvaiss pas de ne pas écrire à son sujet.
Alysson Paradis (soeur de), et Béatrice Dalle tiennent les rôles principaux.

Politiquement incorrect est mon créneau

A l’intérieur a été présenté au 60e festival de Cannes 2007, pour la Semaine de la Critique. Le film a bien évidemment secoué l’assemblée. La légende dit que Clothilde Courau, jury à l’époque, aurait quitté la salle au bout de 30 minutes. Elle qui pourtant, a joué dans plusieurs films sombres.
Le film a été remaké en 2017, sorti directement en VOD. La bande annonce promet une bouse.

Il faut dire quA l’intérieur est bien barré, politiquement peu correct. Une femme (Alysson Paradis), prête à accoucher, passe une dernière nuit chez elle. Une autre femme (Béatrice Dalle), pénètre chez elle pour lui ouvrir le ventre afin de lui prendre son bébé. Vous êtes outré-e qu’on puisse penser à filmer une telle histoire? Rassurez vous, comme souvent, la réalité dépasse la fiction (et je doute qu’elle ait été une fan du film).

Sarah ayant perdu son amoureux dans un terrible accident de voiture, est déconnectée, presque sans vie.
Son accouchement programmé le lendemain, elle rentre chez elle. Une femme frappe à sa porte et est bien décidée à entrer dans sa maison…


Évidemment, évitez de le regarder ce film enceinte, parce que même quand on l’est pas, y a des choses qui font mal, très mal. Évidemment, je l’ai aussi regardé quand j’étais enceinte ( ok c’était un 2ème visionnage). Et pourtant, je vous dirais même que ça perd un peu de son réalisme, car pour une femme à terme, Sarah se déplace plutôt aisément!

Bain de sang

Les réalisateurs mettent vite les pieds dans le plat et l’action démarre assez vite. On sent l’urgence de Bustillo et Maury qui jubilent de mettre leurs idées en scène.
Comme beaucoup de films de genre, A l’intérieur est porté par deux femmes. Et fait rare, c’est un affrontement viril entre deux femmes.
Béatrice Dalle connue pour ses choix artistiques audacieux (Trouble Every Day). Cela lui va comme un gant. Alysson Paradis, est plus une surprise. Surtout qu’on ne la retrouvera que peu à l’écran, par la suite. Paye t-elle sa participation à A l’intérieur? Elle excelle en tout cas. Désabusée, elle s’avère par la suite, être une vraie guerrière.


On reproche souvent au film les incohérences (celle qui revient le plus étant Duvauchelle en zombie). Comme Bustillo et Maury l’ont expliqué, ils ont eu envie de se faire plaisir. Et je ne suis pas à la recherche de réalisme quand je regarde ce genre de film, mais de sensations.

On ne s’ennuie pas, le rythme est soutenu. Plus le film avance, et plus la noirceur envahi notre sentiment. La maison est le seul théâtre des horreurs. En un seul et unique lieu, les réalisateurs arrivent à créer une tension permanente. Même si on sait que ce sont pour des raisons de budget que tout a été tourné dans la maison, c’est un vrai atout.
D’autant qu’A l’intérieur a été tourné à une seule caméra. N’hésitez pas à aller voir les coulisses du tournage.

Remarqués par les USA, mais déterminés à essayer de faire vivre le cinéma de genre en France, Bustillo et Maury n’ont cédé qu’en 2017. Non sans pénibilité, sort Leatherface, sorte de remake reboot de Massacre à la Tronçonneuse.
Un couple de réalisateurs imparfaits, mais tellement attachants…

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