Aux yeux des vivants

J’avais assisté en 2013 à l’avant première d’Aux yeux des vivants.
Il a en parti été financé par du crowdfunding (auquel j’ai participé).
On a eu l’honneur d’avoir la présence des réalisateurs Alexandre Bustillo et Julien Maury, accompagnés par Béatrice Dalle.

Les réalisateurs Alexandre Bustillo, Julien Maury et Béatrice Dalle.

Je ne vous cache pas que j’aurai préféré profiter de leur présence et de leurs réponses après avoir vu leur film, et non pas avant (d’ailleurs même l’un de réalisateurs a noté que c’était un peu étrange…).

Les échanges ont donc été sans grand intérêt, la gente masculine étant plus enthousiasmé par la présence de Béatrice Dalle que par un échange instructif. La palme de la question inutile par excellence aux réalisateurs: “Pourquoi vous faites des films comme ça? Pourquoi pas des comédies?”. Réponse “Ba parce qu’on aime ce genre de films et on saurait pas faire autre chose”. On peut dire que les mecs auront été contents de faire le déplacement de Paris.

Anne Marivin

Quelques photos de fans avec Béatrice Dalle plus tard, le film démarre sur une scène d’ouverture avec cette dernière, brutale. On est mis-e dans l’ambiance tout de suite.
Le moins que l’on puisse dire c’est que mentionner Béatrice Dalle sur l’affiche du film, est un peu…exagéré. Je ne vous en dirais pas plus!


Aux yeux des vivants raconte les mésaventure d’une petite bande de jeunes copains, plutôt rebelles qui entreprennent d’explorer un ancien studio de tournage abandonné. La découverte du secret d’un étrange personnage se fera à leurs dépend et à ceux de leurs familles.

A mi chemin entre la colline à des yeux et un slasher (avec un petit côté Wolf Creek pour le début), Aux yeux des vivants est inégal. Il pêche surtout dans ses multitudes de références, qui l’empêche d’avoir une vraie personnalité. Contrairement à Livide et surtout A l’intérieur qui avaient le mérite de proposer des thèmes rarement évoqués dans le cinéma de genre.  
A commencer par le décor de cinéma abandonné (métaphore du cinéma de genre?). C’est tentant comme décor évidemment, pour Bustillo et Maury shootés au cinéma d’horreur américain. Seulement ils n’en font pas grand chose, et le décor est vite relégué au second plan.

Par ailleurs, les personnages ne sont pas assez travaillés pour développer de l’empathie. Seul le personnage joué par Anne Marivin sort du lot. Elle joue parfaitement la mère affective, terrifiée, battante…
Les dialogues sont plutôt bien écrits, et font appel à des références communes
Aux yeux des vivants est lent dans sa mise en place, ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi. Mais ce n’est pas au bénéficie des personnages.

Heureusement, Aux yeux des vivants garde l’aspect malsain et sans concession du duo de réalisateurs. On retrouve bien la patte acharnée à nous montrer des séquences à la limite de l’insoutenable. Ils ont l’audace de s’attaquer à des représentations taboues (la femme enceinte, les bébés..).
Du coup, même si l’horreur est trop courte, elle reste intense (beaucoup moins qu’A l’intérieur quand même!)

Aux yeux des vivants est une œuvre honnête, mais trop référencée maladroitement pour être marquante. A voir ce que donnera Kandisha, prochain long métrage du duo inséparable.

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