Festival de l’Absurde Séance- Edition 2013/ Longs métrages

Comme tous les ans à Nantes, a lieu le festival de l’Absurde Séance, au cinéma le Katorza. L’occasion de voir des avant premières, des inédits, gore, fantastiques et débiles.
Voici mon bilan 2013 (attention spoilers).

Démonstration bruitage cinéma

Ouverture du festival avec un atelier bruitageJean-Carl Feldis est venu faire une démonstration de bruitage, en sollicitant le public.
A l’aide de simples accessoires, de la voix et des mains, le public a été amené à créer des bruitages. Nous les avons créé sur des extrait des Aristochats (de  Wolfgang Reitherman (1970), et de la Guerre du Feu (Jean Jacques Annaud, 1981).
On a donc créé le bruit de la pluie qui tombe en deux temps.
L’ensemble des sacs plastiques qui reproduisait le bruit de fond de la pluie. Puis, avec des claquements de langue, l’impact des gouttes qui tombent. Une  volontaire a tapoté un doigt dans la paume pour créer les bruits de pas de la souris.
Pour faire le bruit du feu, un spectateur a utilisé un morceau de balai qu’il a frotté, et une bande de jeunes s’est donné à cœur joie de créer une sorte de dialogue entre hommes des cavernes.
Moment sympa et trop court.
On en redemande!

Alors là on claquait des doigts pour faire la pluie
Alors là on claquait des doigts pour faire la pluie

Longs métrages

Hercules Returns de David Parker, 1993

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De quoi ça parle:
Un homme lassé de travaillé dans une industrie cinématographique de films plus mauvais les uns que les autres, décide de rouvrir un cinéma abandonné. Le jour de l’inauguration, il se rend compte que le film qu’il compte projeté est en italien, sans sous titres. A l’aide de deux amis, il décide de faire lui même le doublage et les bruitages.

De quoi j’en pense:
Voici donc l’une des blagues du festival, Hercules Returns. Je ne connaissais pas le film et il ne m’intéressait pas vraiment mais étant juste après l’atelier bruitage, autant y aller. Et ce fut une bonne surprise car il s’agit en fait d’une sorte de grand détournement plutôt réussi. Malgré des longueurs, c’est très drôle, d’autant plus que le film original a l’air d’être un bon gros navet, ce qui aide à des doublages improbables sur des situations complètement débiles.
Sachez que le film original se nomme Samson and His Mighty Challenge de Giorgio Capitani (1965).
Le détournement représente les 3/4 quarts du film, le reste est dans le burlesque et l’exagération et n’a pas grand intérêt.

1-Aux mains des hommes (Tore Tanzt) de Katrin Gebbe, 2013

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De quoi ça parle:
Un jeune garçon faisant parti d’une secte religieuse pour djeun’s écoutant du keupon, est recueilli par une famille. Le père s’avère être un personnage particulièrement dérangé. La descente directe en enfer commence. Inspiré de faits réels.

De quoi j’en pense:
Changement donc de registre avec le très sombre Tore Tanzt. 1er long métrage de la réalisatrice, 1er coup de poing. Le film a été sélectionné à Cannes cette année dans la catégorie “un Certain Regard”.
Le film est divisé en trois chapitres. Personnellement j’ai jamais trop compris ce type d’initiative. Quand je suis dans le film, j’essaye de comprendre ce que je vois, je ne me souviens pas du chapitre dans lequel est la séquence. Mais ça a le mérite de délimiter clairement les différentes étapes du film et de son protagoniste.

Commençons par le positif, Aux mains des hommes est porté de A à Z par son jeune interprète, Julius Feldmeier dont c’est le 1er rôle. Assez bluffant, bourré d’innocence et de naïveté, et en même temps de détermination. La mise en scène se veut réaliste, l’image est froide, elle m’a beaucoup fait penser au superbe Fish Tank d’Andrea Arnold, 2009.

La progression de l’intensité de la perversion du père, ainsi que l’initiation des autres (sa femme, ses amis) à la violence et à la torture est très bien dosée. Ni trop brutale, ni trop lente, le spectateur assiste impuissant, au calvaire de Tore. D’autant que cette progression est ponctuée de moments brillants de retournement de situation, où l’on a du mal à cerner les vraies intentions du père.

On ressent un profond malaise devant ce pire mauvais côté humain, qui peut encore se cacher comme une certaine bonté. La fille, attachée à Tore, arrive dans le champ de la caméra comme une sauveuse, en transformant l’instrument d’humiliation en jeu d’eau avec Tore. Le bourreau désarmé, s’éloigne. En toute simplicité, la réalisatrice montre à quel point les témoins ont leur rôle à jouer, face à des personnes perverses.

Mes réserves se situent au niveau des personnages secondaires et de leurs interprétations, qui laissent à désirer. Le bourreau manque particulièrement de charisme et on a du mal à se dire qu’il ai réussi à initier son entourage, à la violence.
L’autre défaut, selon moi (comme dans Breaking the waves, Lars Von Trier, 1996), c’est cette incroyable tolérance à la souffrance et au martyr que le personnage principal est prêt à subir.
Pourquoi? Pour l’amour de la jeune Sanny. Pourquoi? Pour l’épreuve que Dieu donne à Tore. Mais dans quel but? A la recherche de quoi? Les raisons sont très opaques. Alors ok, on peut se dire que c’est le résultat de l’emprise. Mais ça reste léger.

A noter que la mention “inspiré de faits réels” arrive au générique, et a un impact bien plus lourd. On reste tétanisé-e.

2-La malédiction de Chucky, de Don Mancini, 2012

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De quoi ça parle:
Chucky’s back and he wants to play (avec une jeune fille en fauteuil roulant cette fois). Si vous ne savez pas qui est Chucky je ne peux rien pour vous.

De quoi j’en pense:
Seul opus de la saga qui sortira direct en DVD, ça vous donne une idée de la qualité de ce nouvel épisode. Il est bourré de défauts. La mise en scène médiocre (zoom, ralentis qui durent 3H sans intérêt, des jumpscares ridicules, flashs back noir et blanc moches). Le jeu d’acteur-rice est une catastrophe (seule l’héroïne tient à peu près debout si je puis dire),. Le scénario est RIDICULE ( la raison de la vengeance de Chucky fait passer Charles Lee Ray pour un demeuré amoureux).
On passe également sur les effets spéciaux (Chucky a parfois une tête très bizarre avec une poussée anormale de tâches de rousseur) et j’en passe.

Mais curieusement le film se suit bien, les rebondissements s’enchaînent, les répliques de Chucky sont parfois rigolotes (Shut your fucking mouth dit il à la petite fille qui vient de lui dire mielleusement que le placard où il l’enferme est une bonne cachette). On voit un œil tombé et une handicapée se prend une hache. Suffisamment de mauvais goût pour me plaire.

3- Frankenstein’s Army de Richard Raaphorst, 2012

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De quoi ça parle:
Je sais plus trop, j’ai pas mal somnolé pendant celui là, mais on suit une troupe de soldats russes qui découvrent les expérimentations d’un scientifique nazi. Un assemblage de restes humains, complété d’artilleries afin d’en faire des robots de combat indestructibles.

De quoi j’en pense:
C’est assez mauvais. Tourné en point of view, l’image donne mal au crâne. Ça part dans tous les sens, aucune cohérence dans l’action, peu crédible, mauvais acteurs, scénario débile…
Mais, on peut noter un gros effort sur les décors qui sont réussis, et sur les robots qui sont quand même bien impressionnants.

4- Cheap Thrills de E.L. Katz, 2013

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De quoi ça parle:
Un sage père de famille en difficulté financière retrouve un ami d’enfance dans un bar. Ils rencontrent un couple fortuné, et l’homme va leur lancer des défis rémunérés. L’escalade dans la violence est lancée.

De quoi j’en pense:
L’affiche me faisait absolument pas envie, c’est pourtant la belle surprise de la soirée.
Pertinent, drôle, violent, dynamique, bien joué, Cheap thrills fait grincer les dents tout en évitant de basculer dans le dégueulasse de mauvais goût.
Le personnage du meneur de jeu fortuné joué par David Koechner est particulièrement grandiose, faisant accepter sa grande déviance avec l’humour.
La force du film c’est sa capacité a amener progressivement les personnages de Vince et Craig à commettre des actes d’abord rigolos, puis a carrément hyper violents et dégradants. Et le spectateur évolue avec eux. Et on s’identifie à eux, à leurs enjeux. C’est à dire qu’on s’amuse à les voir relever des défis que l’on pourrait se donner entre potes (se faire gifler par la serveuse), on rigole à les voir chier dans la maison du voisin. Mais on est aussi mal à l’aise quand Craig se laisse convaincre de se prostituer.

L’autre réussite c’est l’ambiguïté de Colin. Le riche meneur qui penche un coup du côté de la perversité la plus totale, ou du gars qui a quand même un certain respect (qui lui est propre quand même).

Bémols concernant la construction des personnages, vue et revue au cinéma. Le bad boy a en fait un cœur bien plus grand que le nice guy qui s’avère être un salaud fini. Ce dernier se fait bouffer par le capitalisme, pour protéger sa famille. Avec une morale qui arrive avec de gros sabots ( le bad guy est un looser parce qu’il a pas eu de chance dans la vie. Alors que le nice guy a eu une famille et une éducation, du coup c’est pire qu’il bascule dans la violence et l’immoralité).

Mais Cheaps thrills se regarde avec un malin plaisir. A ne pas louper.

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