Goodnight Mommy

Goodnight Mommy (2014) est un thriller autrichien, le premier de Veronika Franz et Severin Fiala. C’est aussi un des seuls films d’horreur autrichien qui existe.
Il raconte l’histoire de jumeaux qui retrouvent leur mère changée physiquement et psychologiquement, à la suite d’un accident ou d’une intervention de chirurgie esthétique. Le visage bandé, la mère suscite  la méfiance grandissante des deux jeunes garçons….

La maison des damnés

Présenté au festival international Gerardmer 2015, Goodnight Mommy obtient le Prix du Jury Syfy et Prix du Jury Jeunes.
Sortie discrète pour le film, qui ne bénéficiera pas autant d’engouement que It follows (2014) de David Robert Mitchell, présenté la même année.
Goodnight mommy est typiquement ce qu’on appelle un film “à ambiance”. Dans l’idée, il m’a clairement fait penser à Grace (2009), de Paul Solet que j’avais beaucoup aimé.  Une histoire qui met du temps à s’installer, avec peu de dialogues, une extrême attention aux détails, aux cadres choisis…

La maison est justement un élément à part entière de l’intrigue. A l’image d’une cage dorée, elle piège tantôt le chat, tantôt la souris. Une belle et grande maison, qui contraste avec la saleté amenée par la passion des jumeaux pour les animaux, et en particulier les insectes.
Elle est également parsemée d’éléments qui renforcent l’idée de flou (les tableaux d’ombres, les escaliers qui cachent le visage de la mère, les stores qui isolent….).
De plus, très peu de personnages extérieurs interviennent, on est dans un huis clos. Cela renforce le film dans une sorte de fable un peu hors du temps.

Tel est pris qui croyait prendre

La particularité de Goodnight Mommy, c’est de réussir à inverser les rôles de bourreau et victimes. C’est un classique du cinéma de genre, ce n’est donc pas évident de réussir encore à surprendre.
La mère se montre très autoritaire, proche de la une dictature. Les jumeaux sont particulièrement saisissants de froideur et de détermination. Sur un adulte ça ne marquerait pas, sur des enfants, c’est tout de suite plus glaçant ( les sales gosses, un sous genre du cinéma de genre).

Le film prend son temps, parfois trop, et flirte limite avec la contemplation. Mais force est de constater que c’est un atout quand le final approche. Le contraste étant tellement fort, on ne s’attend pas à sombrer dans un dénouement aussi radical. Malgré un twist peu inventif, c’est finalement la manière d’amener ce final qu’on retient. Comme un chat qui avance à pas feutrés, et qui se déchaîne une fois la proie attrapée…

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