Little Joe

Dans le cadre du festival de SF Les Utopiales 2019, j’ai assisté à l’avant première de Little Joe. C’est un film européen fantastique, réalisé par Jessica Hausner. Alice, est une chercheuse qui met au point une nouvelle espèce de fleur. Celle ci dégage une telle bonne odeur, qu’elle rend les gens heureux. Trop heureux peut être?

Présenté au festival de Cannes 2019, Little Joe a permis à Emily Beecham de rafler le Prix d’Interprétation. Et disons le tout de suite, j’ai du mal à comprendre pourquoi. Je ne la trouve ni bonne, ni mauvaise non plus, mais plutôt neutre, sans grand intérêt.
Je la découvre, autant que je découvre le cinéma de Jessica Hausner.

Petites émotions

Sur le papier, j’étais emballée par le pitch de Little Joe. J’imaginais une sorte de Poison Ivy (d’autant plus que l’actrice est rousse dans le film).
En vrai, Little Joe est beaucoup plus une réflexion sur la capacité à décoder les autres, qu’un film de Science Fiction. On cherche plutôt à tenter de distinguer le vrai, du faux. La Science Fiction n’est qu’un prétexte finalement. Malheureusement, les personnages (contaminés ou non), manquent grandement d’émotions. Et c’est accentué par des actions artificielles (comme une séquence flottante avec Alice qui va vers son fils pour lui faire un câlin). Impossible donc de ressentir une empathie pour cette héroïne scientifique qui se sent piégée. Et il n’y a bien qu’elle qui se sent piégée.

La photographie est splendide. Il y a un travail incroyable sur la couleur. Les couleurs pastel accompagnent le laboratoire, tout comme les vêtements d’Alice. Les deux se confondent totalement, et cela traduit à quel point Alice est dévouée à son travail.
La fleur little joe est rouge. Couleur de la passion (sentiment de celles et ceux qui la reniflent), du sang. Et cette couleur ressort d’autant plus au milieu des couleurs pastel.
Plus l’intrigue avance, et plus les couleurs du laboratoire et des vêtements d’Alice diffèrent.

Pour autant, Little Joe a un aspect très clinique, très propre. Il m’a fait penser à Antiviral, de Brandon Cronenberg, présenté également aux Utopiales, il y a quelques années. C’est magistralement maîtrisé, mais tellement propre et net que le spectateur reste froid.

On reconnaît évidemment la référence au Village des Damnés, mais la terreur en moins.

Petits enjeux

L’autre problème de Little Joe, c’est l’absence d’enjeux. La plante empoisonnée ne s’avère pas suffisamment dangereuse pour qu’on s’en inquiète vraiment. D’accord, l’absence de volonté personnelle n’est pas quelque chose de souhaitable. Mais dans le cas de Little Joe, on ne voit pas bien quels impacts néfastes ce poison a sur la vie des personnages.
Ok little joe leur impose de protéger sa propre espèce, et donc leur enlève un certain libre arbitre. Un peu comme la plupart des parents qui défendront corps et âmes leurs enfants, et ce quel que soit leurs actes, non? Alors où est le véritable enjeu?

Par conséquent, il est compliqué de se sentir concerné-e par les préoccupations d’Alice.

On ne peut qu’admirer le travail de la photographie et de la lumière de Little Joe. Mais ce travail nous laisse en dehors de toutes émotions.

Sortie le 13 novembre 2019.

Pour aller plus loin:

Les Utopiales 2019- Weathering with you,
Les Utopiales 2019- The Room,
Les Utopiales 2019- Proxima,
Les Utopiales 2019- Bilan général,
Les Utopiales 2019-Conférences.

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