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	<title>Archives des court métrage - Bon chic Bon genre - cinéma de genre(s)</title>
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	<title>Archives des court métrage - Bon chic Bon genre - cinéma de genre(s)</title>
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		<title>[Critique &#038; interview] La Verrue de Sarah Lasry</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jessica]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 04 Dec 2022 14:45:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Courts métrages]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques]]></category>
		<category><![CDATA[court métrage]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Verrue est le 2e court métrage de Sarah Lasry. Il raconte l&#8217;histoire d&#8217;une fillette nommée Salomé, qui se découvre un jour, une verrue sur le nez. Elle tente de composer avec ce détail gênant, et sa relation de plus en plus tendue avec ses parents. La Verrue, sorti en 2021, a fait un petit &#8230; </p>
<p>L’article <a href="https://bonchicbongenre.fr/critique-interview-la-verrue-de-sarah-lasry/">[Critique &#038; interview] La Verrue de Sarah Lasry</a> est apparu en premier sur <a href="https://bonchicbongenre.fr">Bon chic Bon genre - cinéma de genre(s)</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-vivid-red-background-color has-text-color has-background" style="color:#fff8e3"><strong><em>La Verrue</em></strong> est le 2e court métrage de Sarah Lasry. Il raconte l&rsquo;histoire d&rsquo;une fillette nommée Salomé, qui se découvre un jour, une verrue sur le nez. Elle tente de composer avec ce détail gênant, et sa relation de plus en plus tendue avec ses parents.</p>



<p><strong><em>La Verrue</em></strong>, sorti en 2021, a fait un petit tour des festivals spécialisés dans les <strong><a data-type="post" data-id="207" href="https://bonchicbongenre.fr/focus-quest-ce-que-le-cinema-de-genre/">films de genre</a></strong>, notamment le <strong><a data-type="URL" data-id="https://www.pifff.fr" href="https://www.pifff.fr">PIFFF </a></strong>où il a gagné plusieurs prix.<br>Je l&rsquo;ai découvert à l&rsquo;occasion de mon passage au festival Court Métrange, à Rennes où la réalisatrice Sarah Lasry était présente.<br>Les réalisatrices dans le<strong><a data-type="post" data-id="295" href="https://bonchicbongenre.fr/focus-le-cinema-de-genre-francais/"> cinéma de genre français </a></strong>étant toujours peu présentes, j&rsquo;ai toujours plaisir à visibiliser leur travail. </p>



<figure class="wp-block-image size-medium"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="212" height="300" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2022/12/media-212x300.jpeg" alt="" class="wp-image-19243" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2022/12/media-212x300.jpeg 212w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2022/12/media.jpeg 724w" sizes="(max-width: 212px) 100vw, 212px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading">1 &#8211; Critique: La Verrue</h2>



<p>Un court métrage de genre français réalisé par une femme, qui fait référence à un élément emblématique de la sorcière: il ne m&rsquo;en fallait pas plus pour avoir envie de découvrir <strong><em>La Verrue</em></strong>.<br>Par ailleurs, j&rsquo;ai découvert sa réalisatrice dans le documentaire de Matis Catel, <strong><em><a data-type="post" data-id="9998" href="https://bonchicbongenre.fr/critique-et-interview-laissez-rentrer-les-monstres/">Laissez rentrer les monstres</a></em></strong>. J&rsquo;avais particulièrement apprécié son regard sur ce qu&rsquo;apportent les femmes dans le cinéma de genre.</p>



<p><strong><em>La Verrue</em></strong> s&rsquo;ouvre sur une petite fille est poursuivie par un homme dans une maison. Entre jeu et inquiétude, la scène fonctionne en reflet d&rsquo;une séquence similaire dans <strong><em>Martyrs </em></strong>de Pascal Laugier, où une adolescente est poursuivie par son frère. Ces séquences traduisent une ambiguïté des sentiments et des personnages, qui traverse le début de l&rsquo;adolescence de Salomé, l&rsquo;héroïne de <strong><em>La Verrue</em></strong>.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="412" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2022/12/diapofilm_HigI6mpvyCOEJQl9ZHSEbV02pX6zjkNkiCF4miuP-1024x412.jpeg" alt="" class="wp-image-19242" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2022/12/diapofilm_HigI6mpvyCOEJQl9ZHSEbV02pX6zjkNkiCF4miuP-1024x412.jpeg 1024w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2022/12/diapofilm_HigI6mpvyCOEJQl9ZHSEbV02pX6zjkNkiCF4miuP-300x121.jpeg 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2022/12/diapofilm_HigI6mpvyCOEJQl9ZHSEbV02pX6zjkNkiCF4miuP-768x309.jpeg 768w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2022/12/diapofilm_HigI6mpvyCOEJQl9ZHSEbV02pX6zjkNkiCF4miuP-1320x532.jpeg 1320w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2022/12/diapofilm_HigI6mpvyCOEJQl9ZHSEbV02pX6zjkNkiCF4miuP.jpeg 1430w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p>Le cinéma de genre est connu pour traiter de l&rsquo;adolescence (et notamment féminine), cette période faite de changements corporels mais aussi psychiques.<br>Dans <strong><em>La Verrue</em></strong>, on est constamment du point de vue Salomé, avec un angle assez peu traité au cinéma: la quête d&rsquo;identité par le biais de non dits des adultes.<br>C&rsquo;est pourtant une situation universelle, vécue par quasiment tout le monde; l&rsquo;absence de capacité des adultes à communiquer avec leurs enfants, supposant ou espérant que les enfants ne comprennent pas.</p>



<p>Sarah Lasry, filme donc une maison des secrets, où l&rsquo;expression « ce qui se cache derrière la porte » porte tout son sens. Elle reprend des références classiques de la sorcière (la verrue qui apparait sur le nez de Salomé, symbolisant à la fois un changement corporel, mais aussi un élément déstabilisant (autant pour Salomé que son père, à l&rsquo;image de la situation amoureuse de ses parents), mais aussi la <strong>sorcière guérisseuse et référente</strong> en la personne du médecin, qui concocte une potion refroidissante pour traiter la verrue. </p>



<figure class="wp-block-image size-medium"><img decoding="async" width="300" height="181" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2022/12/LaVerrue_Stills__1.16.1-1024x617-1-300x181.jpg" alt="" class="wp-image-19251" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2022/12/LaVerrue_Stills__1.16.1-1024x617-1-300x181.jpg 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2022/12/LaVerrue_Stills__1.16.1-1024x617-1-768x463.jpg 768w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2022/12/LaVerrue_Stills__1.16.1-1024x617-1.jpg 1024w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



<p>Que serait un film de sorcière sans une <strong>traditionnelle danse</strong> dans les bois? Ici elle fait davantage penser à une affirmation de soi, face à l&rsquo;adulte, et qui plus est masculin, appuyée par une mise en scène qui filme cette danse comme une danse guerrière. Certainement la scène la plus puissante du court.<br>Cette verrue fait basculer le comportement de son père, qui est répulsé par celle-ci, à tel point qu&rsquo;il ne voit plus sa fille qu&rsquo;à travers ce défaut physique. Une situation que toute adolescente connait.<br>L&rsquo;actrice Inès Mnafek-Amandio est impressionnante de maitrise, notamment de son corps et porte le film du début à la fin. <br><strong><em>La Verrue</em></strong> oscille entre mise en scène réaliste ou naturaliste le jour, ponctuée par des incursions fantastiques la nuit, les moments où le mystère se joue. </p>



<p><strong><em>La Verrue </em></strong>est un film prometteur pour la suite, qui manque parfois d&rsquo;une vraie identité visuelle pour marquer, mais qui se démarque par un sujet passionnant et une direction d&rsquo;acteur-rices maitrisée.<br>J&rsquo;ai hâte de voir le 1er long de sa réalisatrice.</p>



<h2 class="wp-block-heading">2 &#8211; Interview de Sarah Lasry, réalisatrice</h2>



<figure class="wp-block-image size-medium"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="300" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2022/11/photosarahlasry_GabrielRenault-200x300.jpg" alt="" class="wp-image-19191" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2022/11/photosarahlasry_GabrielRenault-200x300.jpg 200w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2022/11/photosarahlasry_GabrielRenault-683x1024.jpg 683w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2022/11/photosarahlasry_GabrielRenault-768x1152.jpg 768w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2022/11/photosarahlasry_GabrielRenault-1024x1536.jpg 1024w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2022/11/photosarahlasry_GabrielRenault-1320x1980.jpg 1320w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2022/11/photosarahlasry_GabrielRenault.jpg 1365w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>



<p><strong>Tu as grandi à côté de Chicago, étudié à Paris&#8230;Peux tu présenter ton parcours, qui tu es et comment tu es arrivée à être réalisatrice?</strong></p>



<p>Oui j’ai grandi à Chicago et fait des études de théâtre au Royaume-Uni, puis travaillé comme journaliste culture à Paris. En 2013, j’ai écrit et réalisé mon premier court-métrage&nbsp;<em><strong>Les Voix volées</strong>&nbsp;</em>et en 2017, lorsque j’ai été prise à l’Atelier scénario de la Fémis, j’ai décidé ensuite de me consacrer uniquement à l’écriture et la mise en scène.&nbsp;</p>



<p><strong>La Verrue, ton 2e court métrage commence à parcourir les festivals et a même été récompensé au PIFFF. Comment tu ressens l&rsquo;accueil en festival? Comment sont les retours?</strong></p>



<p>C’est un film assez intime sur le sujet de la famille et j’ai été touchée lorsque certains spectateurs m’ont confié qu’ils se reconnaissaient dans cette histoire ou certains souvenirs d’enfance. Souvent les gens me parlent aussi de leurs histoires de verrues &#8211; à quels moments elles sont apparues, comment ils les ont soigné… C’est passionnant !</p>



<p>Le film peut être déstabilisant car j’ai choisi de laisser plusieurs pistes ouvertes, mais je trouve ça important que le spectateur puisse aussi former sa propre interprétation. J’ai été heureuse d’avoir autant de retours sur le jeu de mes comédiens, en particulier l’héroïne, Salomé, interprétée par <strong>Inès Mnafek-Amandio</strong>, pour qui c’était le premier film et qui avait 11 ans pendant le tournage.&nbsp;</p>



<p><strong>« La verrue » utilise la verrue, un des éléments les plus clichés et ancien de la sorcière comme élément perturbateur. Le tout dans un contexte contemporain. Comment vois-tu la figure de la sorcière? Qu&rsquo;est ce qu&rsquo;elle signifie pour toi?</strong></p>



<p>J’ai grandi avec la figure de la <strong>sorcière monstrueuse</strong> dans les contes et dans le cinéma, avec des films tels que&nbsp;<em><strong>Blanche Neige&nbsp;</strong></em>ou<em>&nbsp;<strong>Le Magicien d’Oz</strong>…&nbsp;</em>Enfant, la sorcière me terrifiait et me fascinait à la fois.<br>Avec le temps, j’ai réalisé que je me <strong>m’identifiais toujours plus à la sorcière </strong>qu’à la princesse dans les contes. J’aimais sa complexité. Elle était trouble, en marge de la société. La sorcière ne correspond pas à un idéal féminin fantasmé par l’homme et donc elle effraie. Car c’est avant tout une figure qui refuse de se conformer et c’est cette idée que j’ai voulu mettre en avant dans le film. J’ai voulu me réapproprier l’image de la sorcière «&nbsp;horrifique&nbsp;» pour la détourner en une <strong>figure puissante de la contre-culture féministe</strong>. Salomé découvre sa différence pendant le film et décide d’en faire une force, au lieu d’avoir honte.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="290" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2022/11/e51ecc3c103f3b70aeef5a170a2ddb11.gif" alt="" class="wp-image-19194"/></figure>



<p><strong>La jeune actrice&nbsp;Inès Angelina Mnafek–Amandio est incroyable. C&rsquo;est toujours plus compliqué de tourner avec des enfants. Comment s&rsquo;est passé le casting et le tournage avec elle?</strong></p>



<p>J’ai eu beaucoup de chance de rencontrer Inès, grâce à ma directrice de casting Kenza Barrah. Inès nous a d’abord envoyé une vidéo d’elle en plein confinement et on y sentait toute sa folie, son goût du jeu, son univers noir. Elle était profondément libre ! C’était une évidence pour nous. J’ai répété la scène de danse avec elle plus d’un mois avant le tournage, ça nous a permis d’apprendre à nous connaître, de créer un lien.</p>



<p>Pendant le tournage, elle a été d’un grand professionnalisme, tout comme <strong>India Lonis</strong> qui joue sa petite soeur. Elle était curieuse de tout, posait des questions aux techniciens, avait envie de refaire des prises. C’était une grande joie de tourner avec elles, toujours dans la concentration et le plaisir du jeu.&nbsp;&nbsp;</p>



<p><strong>Peux tu expliquer d&rsquo;où vient <em>La Verrue</em>? Comment t&rsquo;est venue l’idée?</strong></p>



<p>Petite, j’avais des verrues sur le nez et je faisais beaucoup de cauchemars de sorcières, sans jamais comprendre pourquoi… Plus tard j’ai compris que ces verrues étaient liées à des choses précises de mon enfance. Le film explore cela.&nbsp;</p>



<p><strong>La scène d&rsquo;intro avec le père qui poursuit sa fille, m&rsquo;a beaucoup fait penser à celle de Martyrs de Pascal Laugier. Un mélange de peur, de jeu, d&rsquo;excitation. C&rsquo;est un peu ce que représente le cinéma de genre pour toi? Tu souhaitais représenter une certaine ambiguïté?</strong></p>



<p>Ce que j’aime dans cette scène d’ouverture c’est que le père est à la fois incroyablement joueur avec ses filles, enfantin presque, et en même temps, on dirait presque un ogre. C’est évident que l’ambiguïté m’intéresse dans les personnages, la dualité. Je ne pense pas que ça se limite au cinéma de genre d’ailleurs !&nbsp;</p>



<p><strong>Est-ce que <em>La Verrue</em> raconte l&rsquo;histoire d&rsquo;une petite fille qui commence à grandir et se rebelle contre son père dont elle ne comprend pas les attitudes?</strong></p>



<p>Oui, c’est l’histoire d’une enfant qui sent un énorme non-dit au sein de sa famille et qui a besoin d’exprimer une rage face au silence de ses parents. Elle n’arrive pas à mettre des mots sur ce qui se passe dans sa maison, alors elle décide d’agir.&nbsp;</p>



<p><strong>C&rsquo;est assez rare de voir une forme de polyamour ou de « trouple » dans le cinéma de genre. Pourquoi ce choix ?</strong></p>



<p>La forme du trouple est lié à mon histoire familiale, d’où mon choix d’explorer ce sujet, mais ce qui m’importait c’était de toujours rester du <strong>point de vue de l’enfant.</strong>&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-pullquote"><blockquote><p>Le film de genre permet aux réalisatrices d’évoquer des <strong>questions politiques</strong> liées au corps, à la sexualité, la filiation, le racisme, la migration ou la maternité de façon radicale. Il y a un véritable public pour ces films et les producteurs l’ont compris.&nbsp;</p></blockquote></figure>



<p><strong>Comment s&rsquo;est passé le tournage? Combien de temps a-t il duré? Quelle a été la plus grosse difficulté?</strong></p>



<p>Le tournage a duré 5 jours. On a tourné en octobre 2020. La plus grande difficulté était la course contre le temps en plein covid. La première journée de tournage était sans doute la plus difficile car la plus longue, on devait notamment filmer la danse dans la forêt en steadycam, des scènes de nuit aussi. Il pleuvait, on perdait la lumière du jour… Mais dans ces moments, il faut toujours garder son sang-froid. Heureusement, j’étais entourée d’une équipe très talentueuse, motivée et endurante !&nbsp;</p>



<p><strong>On fait souvent le constat que les réalisatrices de genre peinent à passer au long métrage. Comment l&rsquo;expliques tu ?</strong></p>



<p>Au contraire ! J’ai l’impression de découvrir de nombreux films de genre réalisés par des femmes ces dernières années, que ce soit Julia Ducourneau, <strong><a href="https://bonchicbongenre.fr/critique-a-girl-walks-home-alone-at-night/" data-type="post" data-id="1128">Ana Lily Amirpour</a></strong>, Rose Glass, Charlotte Colbert ou Mariama Diallo pour ne citer qu’elles. Le film de genre permet aux réalisatrices d’évoquer des <strong>questions politiques</strong> liées au corps, à la sexualité, la filiation, le racisme, la migration ou la maternité de façon radicale. Il y a un véritable public pour ces films et les producteurs l’ont compris.&nbsp;</p>



<p><strong>Peux-tu nous parler de ton 1er long que tu prépares,&nbsp;<em>La Sarramauca&nbsp;</em>?</strong></p>



<p>Le film s’inspire d’une légende des Pyrénées et part d’un fait divers qui a eu lieu près de là où j’ai grandi, à la fin des années 1980.</p>



<p><strong>Quels sont les longs métrages de genre qui t&rsquo;ont marqué ces 5 dernières années?</strong></p>



<p>J’ai une vision assez large de ce que peut être le film de genre. Mais dans le désordre, je dirais :&nbsp;</p>



<p><em><strong>Memoria</strong>&nbsp;</em>d’Apichatpong Weerasethakul,&nbsp;<strong><em>Un couteau dans le coeur</em>&nbsp;</strong>de Yann Gonzalez,&nbsp;<em><strong>Burning&nbsp;</strong></em>de Lee Chang-Dong,&nbsp;<em><strong>Nope</strong>&nbsp;</em>de Jordan Peele,&nbsp;<em><strong>Hérédité&nbsp;</strong></em>d’Ari Aster,&nbsp;<strong><em>Titane</em>&nbsp;</strong>de Julia Ducourneau,&nbsp;<em><strong>High Life</strong></em>&nbsp;de Claire Denis,&nbsp;<em>T</em><strong><em>he Humans</em>&nbsp;</strong>de Stephen Karam,&nbsp;<strong><em>The Strangers</em>&nbsp;</strong>de Na Hong Jin… J’ai aussi adoré la mini-série&nbsp;<em><strong>Sharp Objects</strong>&nbsp;</em>de Jean-Marc Vallée<em>.&nbsp;</em></p>



<figure class="wp-block-image size-medium"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="219" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2022/11/nope-300x219.jpeg" alt="" class="wp-image-19195" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2022/11/nope-300x219.jpeg 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2022/11/nope-1024x746.jpeg 1024w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2022/11/nope-768x560.jpeg 768w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2022/11/nope.jpeg 1280w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



<p><strong>Quel est le sous genre que tu aimes le moins? Pourquoi?</strong></p>



<p><strong>Les plateformes ont été un peu une roue de secours pour le cinéma de genre, qui peine à se faire distribuer. Quel est ton regard sur cette éternelle guerre plateforme/cinéma?</strong></p>



<p>Pour le <strong>court-métrage, les plateformes ont du sens</strong> car elles permettent aux films courts de continuer à exister, d’être vus par un plus large public. D’ailleurs<em>&nbsp;<strong>La Verrue</strong></em>&nbsp;sera bientôt diffusé sur une plateforme spécialisée de genre.</p>



<p>Cependant, je défendrai toujours le cinéma face aux plateformes. Je refuse de croire que l’avenir reposera sur des algorithmes qui s’adressent au plus grand nombre. En particulier pour le cinéma de genre, je pense que nous avons besoin de voir ces films dans une salle de cinéma, dans le noir, avec d’autres spectateurs. Nous aimons ressentir des émotions fortes ensemble, c’est toute la force du cinéma !</p>



<p>J’étais vraiment pas fan de western, mais peut-être que Jordan Peele m’a enfin réconciliée au genre…&nbsp;</p>



<p class="has-neve-link-color-color has-text-color"><strong><em>La Verrue</em></strong> de Sarah Lasry (2021), avec Inès Angelina Mnafek–Amandio, Sebastien Houbani, Judith Zins et Valentine Carette.<br>Production: Balade Sauvage Productions<br>Scénario: Sarah Lasry</p>
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		<item>
		<title>[Critique et interview ] Nouvelle Saveur de Merryl Roche</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jessica]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 May 2020 13:34:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Courts métrages]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma de genre]]></category>
		<category><![CDATA[court métrage]]></category>
		<category><![CDATA[joséphine japy]]></category>
		<category><![CDATA[nouvelles saveurs]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Nouvelle Saveur est un court métrage qui s&#8217;inscrit dans le body horror.Dans la première partie je vous propose une critique du court métrage et dans la seconde une interview de la réalisatrice Merryl Roche qui m&#8217;a fait le plaisir de répondre à mes questions. Nouvelles Saveurs de Merryl RocheAvec Joséphine Japy, Sébastien Houbani, Philippe ResimontPhotographie &#8230; </p>
<p>L’article <a href="https://bonchicbongenre.fr/critique-et-interview-nouvelle-saveur-de-merryl-roche/">[Critique et interview ] Nouvelle Saveur de Merryl Roche</a> est apparu en premier sur <a href="https://bonchicbongenre.fr">Bon chic Bon genre - cinéma de genre(s)</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-color has-background" style="background-color:#a71414;color:#fffff4"><strong><em>Nouvelle Saveur</em></strong> est un court métrage qui s&rsquo;inscrit dans le body horror.<br>Dans la première partie je vous propose une <strong>critique du court métrage</strong> et dans la seconde une<strong> interview </strong>de la réalisatrice Merryl Roche qui m&rsquo;a fait le plaisir de répondre à mes questions.</p>



<figure class="wp-block-image size-medium"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="300" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/media-200x300.jpg" alt="Joséphine Japy" class="wp-image-1903" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/media-200x300.jpg 200w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/media.jpg 682w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>



<p><em>Nouvelles Saveurs de <a href="https://www.merrylroche.fr" target="_blank" aria-label="Merryl Roche (opens in a new tab)" rel="noreferrer noopener" class="rank-math-link">Merryl Roche</a><br>Avec Joséphine Japy, Sébastien Houbani, Philippe Resimont<br>Photographie Aurélien Marra<br>Montage de Sébastien de Sainte Croix</em></p>



<p><a href="#Critique"><strong>1-La critique</strong></a></p>



<p><a href="#Entretien"><strong>2-Entretien avec Merryl Roche</strong></a></p>



<h2 id="Critique"><strong>1-Critique de Nouvelle Saveur</strong></h2>



<p><em>Marie (Joséphine Japy), est une jeune cuisinière récemment recrutée dans un restaurant étoilé. Elle travaille dur et l&rsquo;ambiance est tendue. Suite à une blessure, du sang coule dans sa sauce que le chef (Philippe Resimont) trouve exquise. C&rsquo;est le début d&rsquo;une compétition acharnée pour maintenir un haut niveau de l&rsquo;art culinaire&#8230;</em></p>



<p>La première impression qui reste de <strong><em>Nouvelle Saveur</em></strong>, c&rsquo;est sa maîtrise à filmer l&rsquo;ébullition de ce qui se passe dans une cuisine de <strong>restaurant haut de gamme</strong>. Et sa capacité à vous donner faim, tant les plats sont parfaitement mis en valeur. Ce dernier point aide d&rsquo;ailleurs grandement à comprendre l&rsquo;enjeu de Marie, qui donnera (beaucoup) de sa personne pour se faire une place.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Sexisme cuisiné</h3>



<figure class="wp-block-gallery columns-1 is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex"><ul class="blocks-gallery-grid"><li class="blocks-gallery-item"><figure><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="389" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/Nouvelle_saveur-1024x389.png" alt="" data-id="1904" data-full-url="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/Nouvelle_saveur.png" data-link="https://bonchicbongenre.fr/?attachment_id=1904" class="wp-image-1904" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/Nouvelle_saveur-1024x389.png 1024w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/Nouvelle_saveur-300x114.png 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/Nouvelle_saveur-768x292.png 768w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/Nouvelle_saveur-789x300.png 789w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/Nouvelle_saveur.png 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></li></ul></figure>



<p>Parce que c&rsquo;est d&rsquo;abord bien de cela qu&rsquo;il s&rsquo;agit. La <strong>bataille </strong>que doit mener Marie seule, unique femme dans une équipe de cuisiniers. Elle est d&rsquo;abord <strong>déstabilisée par tant de dureté</strong>, notamment de la part de son chef d&rsquo;équipe qui manie parfaitement le chaud et le froid. <br>Puis, une fois qu&rsquo;elle a découvert la <strong>puissance, tel un élixir envoûtant que provoque son sang</strong>, elle restera concentrée sur sa récolte nécessaire, et à savourer ses victoires.<br><strong><em>Nouvelle saveur </em></strong>pose aussi le<strong> paradoxe </strong>que vivent beaucoup de femmes: on demande à Marie de monter en compétences et de travailler dur. Mais quand elle dépasse même les attentes, elle continue d&rsquo;être dévalorisée.<br>Par ailleurs elle tente de se faire une place aussi en tant qu&rsquo;issue de la<strong> classe populaire</strong>. Son père tient un petit lieu de restauration rapide, et il est fier de la voir s&rsquo;élever. La scène où elle contemple sa réussite en regardant la salle du restaurant étoilé (qui apparaît comme un territoire qui ne peut lui appartenir) est profondément émouvante.</p>



<p>Le parcours de Marie peut aussi être vu comme une <strong>processus d&rsquo;évolution</strong>, de passage à l&rsquo;âge adulte. Elle apprend à cuisiner, revient au cocon familial quand elle rencontre des difficultés, et apprend le monde qui nous entoure n&rsquo;est jamais satisfait.<br>On ne peut s&#8217;empêche de penser à des <strong>références bibliques</strong>: Marie, verser du sang et des larmes, son habit de travail en blanc contrairement à son collègue en noir (Mal), sans compter le véritable chemin de croix de son parcours.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Ma cuisine, ma bataille</h3>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="429" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/nouvelle-saveur.jpg" alt="" class="wp-image-1905" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/nouvelle-saveur.jpg 1024w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/nouvelle-saveur-300x126.jpg 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/nouvelle-saveur-768x322.jpg 768w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/nouvelle-saveur-716x300.jpg 716w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p>Mais la vraie force de <strong><em>Nouvelle Saveur </em></strong>c&rsquo;est sa capacité à refléter la cuisine comme un véritable <strong>champ de bataille</strong>. Le calme avant la tempête (Marie seule dans la cuisine avant l&rsquo;arrivée en trombe des autres qui transforme le lieu en champ d&rsquo;action), la compétition entre Marie et&#8230;&#8230;surtout l&rsquo;affrontement final, <strong>véritable duel</strong>.</p>



<p>Mais la cuisine c&rsquo;est aussi un endroit où on se blesse, on se brûle. Où on agit en urgence et où on lutte pour arriver à gagner.<br>Et parmi ce champ de bataille, <strong><em>Nouvelle Saveur</em></strong> met au centre de l&rsquo;attention les plats. Filmés comme de véritables <strong>oeuvres d&rsquo;art</strong>, on sent que Merryl Roche a pris plaisir à valoriser formes, couleurs, textures. Les gestes de Marie font références à <strong>coups de peinture</strong>, tout comme le sang. Une manière de montrer comment de l&rsquo;art peut être créé grâce à la douleur, à la passion et à la persévérance. Une belle <strong>allégorie de la création</strong>.<br>La photographie est magnifique, qui transmet bien cette beauté des plats (<strong><em>Nouvelle Saveur </em></strong>a été tourné à la Mare aux Oiseaux, qui est à côté de chez moi!)</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un casting aux petits oignons</h3>



<p><strong><em>Nouvelle Saveur </em></strong>est porté par des comédien-nes au top. Joséphine Japy, parfaite comme toujours, permet de développer une empathie directe avec nous. On sent sa peine, ses vexations, mais aussi sa détermination, et le tout, avec un calme et une douceur incroyables.<br>Philippe Resimont <strong><em>(Le Baron Noir)</em></strong> joue à merveille le chef exigent, implacable, qui se comporte comme un Dieu.<br>Le personnage de Thomas joué par Sébastien Houbani parvient bien à jongler entre le registre du gentil et tantôt du méchant. Dommage que le personnage ne soit pas plus complexe, le revirement final étant un peu brutal.</p>



<p><strong><em>Nouvelle Saveur </em></strong>n&rsquo;est pas à proprement parler d&rsquo;un film d&rsquo;horreur. A la manière de <strong><em><a href="https://bonchicbongenre.fr/grave/">Grave</a></em></strong> de Julia Ducournau, c&rsquo;est plutôt un crossover: du drame, du suspens, avec un touche de body horror.<br>A ne pas manquer si vous en avez l&rsquo;occasion, et surtout j&rsquo;attends de voir la suite qui semble prometteuse pour Merryl Roche.</p>



<h2 id="Entretien"><strong>2-Entretien avec Merryl Roche, réalisatrice</strong></h2>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/unnamed-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-1966" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/unnamed-1-1024x683.jpg 1024w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/unnamed-1-300x200.jpg 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/unnamed-1-768x512.jpg 768w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/unnamed-1-450x300.jpg 450w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/unnamed-1.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p>J&rsquo;ai eu la chance de pouvoir poser quelques questions à la réalisatrice de<strong><em> Nouvelle Saveur</em></strong>, Merryl Roche. Merci à elle.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les origines de Nouvelle Saveur</h3>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong>Quel est votre parcours et vos projets?</strong></p>



<p>Ma première approche du cinéma s’est faite en tant que comédienne. J’ai été formée à la&nbsp;<em>Atlantic Acting School</em>&nbsp;de New York avant de revenir en France en 2007. J’ai enchainé avec une licence, puis un master en cinéma, avant de réaliser mon premier court-métrage d’horreur en « found footage », intitulé<strong>&nbsp;<em>Rash</em></strong>, dans lequel je joue. Mon envie de réaliser est d’abord venue d’une frustration de comédienne. <strong>Les rôles auxquels j’avais accès à l’époque étaient… très limités pour les femmes</strong>. J’ai donc eu envie de m’écrire un rôle fort où j’aurais vraiment une histoire à défendre. Cette première expérience a été incroyablement formatrice. J’ai tellement aimé écrire et réaliser que j’ai eu envie de continuer dans cette voie-là avec&nbsp;<em><strong>Nouvelle Saveur</strong></em>.&nbsp;Aujourd’hui, je développe un scénario de long-métrage, j’en co-écris un autre. Des films de genre, évidemment! &nbsp;</p>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong>D&rsquo;où vous ai venu l&rsquo;idée de Nouvelle Saveur?</strong></p>



<p>C’est un mélange de plusieurs choses. J’avais pris beaucoup de plaisir avec les contraintes du « found footage » que j’avais développées avec&nbsp;<em><strong>Rash</strong></em>, mon premier court-métrage, et je voulais continuer à explorer le film de genre.<br>Et puis<strong>&nbsp;<em>Nouvelle Saveur</em></strong>&nbsp;est surtout né de l’<strong>envie de partager l&rsquo;une de mes premières expériences professionnelles</strong>, que j’ai transposée dans le monde de la haute gastronomie.&nbsp;Je m&rsquo;étais vraiment «&nbsp;saignée&nbsp;» pour ce boulot, jusqu’à me ruiner le moral et la santé, sans reconnaissance en retour. Avec le recul, je pense que c&rsquo;est le refus de l&rsquo;échec qui m&rsquo;a fait tenir.&nbsp;J&rsquo;ai finalement réussi à me relever après avoir eu l’impression de toucher le fond, et c’est en réaction à cet apprentissage difficile que, quelques années plus tard, j’ai eu envie d’écrire&nbsp;<em><strong>Nouvelle Saveur</strong></em>.&nbsp;&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading">Produire du <a href="https://bonchicbongenre.fr/le-cinema-de-genre-francais/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">genre en France</a></h3>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong>Ce n&rsquo;est pas simple de faire financer un film de genre. Comment s&rsquo;est passé la production de Nouvelle Saveur?</strong></p>



<p>Je confirme! Au départ, <strong>personne ne voulait du scénario</strong>. J’ai essuyé de nombreux refus pendant de longs mois. On me disait que l’histoire était <strong>bien écrite mais qu’il était trop compliqué de produire un film de genre</strong>. Et puis tout a basculé quand j’ai remporté le prix du meilleur projet de film au festival Côté Court 2017. Avec un pré-achat de France2, il a été beaucoup plus facile de trouver de bons producteurs. C’est à ce moment-là que, sur les conseils de la Maison du Film, j’ai rencontré Robin Robles, Arthur Goisset et Bastien Daret de chez Topshot Films. Ils m’ont donné de précieux conseils de réécriture et puis les financements se sont ensuite enchainés assez rapidement.&nbsp;</p>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong>Est ce plus difficile pour une femme de réaliser? Notamment du cinéma de genre?</strong></p>



<p>Vaste question! Je pense que c’est difficile de faire des films. <strong>C’est énormément de patience, de persévérance, qu’on soit homme ou femme</strong>. Dans tous les cas, il faut se battre. Être une femme n’est pas forcément une difficulté supplémentaire&#8230; mais ça n’aide pas non plus.<strong> En tant que femme, il faut faire sa place, travailler avec les bons interlocuteurs, ça peut prendre plus de temps</strong>. J’ai eu la chance que mon film soit bien financé, mais je suis longtemps battue pour cela. Et je revendique le fait d’être unE réalisatrice avec un personnage féminin fort, qui a une vraie histoire à défendre.&nbsp;Il est vrai qu’il est difficile de faire du genre en France, qu’on soit homme ou femme. Les films de genre ont pu être discrédités. On pensait aux films de genre comme des nanars mal financés, des sous-films. Mais il y a toujours eu des films de genre d’auteur/autrice qui ont marqué l’histoire du cinéma. C’est aussi parfois une étiquette que l’on colle sur les films. Les bons films de genre sont des bons films “tout court”.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading">Chemin de croix savoureux</h3>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong>Peut on comparer le parcours de Marie à un processus de passage à l&rsquo;âge adulte? (Elle apprend à cuisiner, perd du sang, revient aux sources quand tout va mal, s&rsquo;éloigne quand tout va « bien »..)? En cela il se rapproche de Grave de Julia Ducournau?</strong></p>



<p>Plus qu’un passage à l’âge adulte, le parcours de Marie raconte la première expérience professionnelle significative, celle où on a tout à apprendre, tout à prouver, où on ne compte pas ses heures, surtout dans les métiers&nbsp;“passion”. C’est indéniable que pour le film de genre en France, il y a eu un avant et un après&nbsp;<em><strong><a href="https://bonchicbongenre.fr/grave/">Grave</a></strong></em>. Le film est sorti quelques semaines avant que je ne décroche mon pré-achat. Le succès de <strong><em>Grave</em></strong> a prouvé qu’il était possible de faire des films en genre en France, et de bien les faire.&nbsp;</p>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong>Que signifient les références bibliques (prénom de Marie, musique, parcours en chemin de croix, buvez ceci est mon sang..)?</strong></p>



<p>La quête de Marie est une quête vers l’inaccessible perfection. Et sur ce chemin, elle fait de nombreux<strong> sacrifices</strong>. Il y avait un aspect religieux qui faisait écho à l’aspect sacré du sang, cet ingrédient étrange qui la rapproche de la perfection. Et puis la musique d’Emmanuel Lévy contribue à élever certaines séquences, à rendre audible une <strong>forme d’accomplissement presque mystique</strong>, notamment au moment où elle observe les clients déguster ses plats. Je suis ravie que la composition de musique originale ait pu apporter une dimension supplémentaire au film.</p>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong>Les plats sont filmés comme des oeuvres d&rsquo;art (qui peut être aussi une référence biblique?), elles donnent faim d&rsquo;ailleurs! Entre les couleurs, les formes, les gestes de Marie&#8230;<br>Comment avez vous travaillé la photographie avec Aurélien Marra?</strong></p>



<p>Pour les plats, je tenais vraiment à ce qu’ils soient beaux, magnifiques même, et qu’ils fassent envie, malgré le fait que l’un des ingrédients essentiel soit le sang de Marie. Pour la création des plats, j’ai travaillé avec la styliste culinaire Catherine Moreau, qui a apporté sa maîtrise aux menus que j’avais imaginés. On a également travaillé sur les gestes avec Joséphine Japy et Sébastien Houbani -ce dernier a longtemps travaillé en tant que chef de cuisine avant de devenir comédien. Je souhaitais que tous ces éléments contribuent à crédibiliser l’atmosphère et l’exigence qui règnent dans les cuisines d’un restaurant étoilé.&nbsp;Pour la photographie, il me tenait vraiment à coeur de faire un film élégant, malgré l’aspect « body horror”, qui était primordial également. Avec Aurélien Marra, nous avons donc cherché un équilibre entre le raffinement des plats et du décor, et le réalisme des plaies de Marie qui s’aggravent au cours du film.</p>



<p>L&rsquo;une des références principales avec laquelle nous avons travaillé a été le film<strong>&nbsp;<em>Whiplash</em></strong>&nbsp;de Damien Chazelle. Je voulais retrouver cette “chaleur » dans l’image. J’aimais aussi beaucoup la photographie des films de David Fincher. Nous avons beaucoup discuté des mouvements de caméra, afin de retranscrire la tension de ce que vit Marie. Je voulais une caméra qui bouge, qui soit l’écho de l’engrenage dans lequel Marie s’engouffre, jusqu’à y être prise au piège. Ça a été un vrai plaisir de travailler avec Aurélien Marra, qui a fait un travail formidable.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading">Mon restau, ma bataille</h3>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/unnamed-1024x576.png" alt="" class="wp-image-1968" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/unnamed-1024x576.png 1024w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/unnamed-300x169.png 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/unnamed-768x432.png 768w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/unnamed-533x300.png 533w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/unnamed.png 1280w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong>Le secteur de la restauration est filmé comme un champ de bataille (bruits, compétition, affrontements culinaires..) Comment avez vous pensé cette mise en scène?</strong></p>



<p>J’ai beaucoup observé le monde de la cuisine et j’ai toujours été impressionnée de voir la <strong>vitesse avec laquelle les gestes</strong>, les déplacements sont exécutées, sans que les cuisiniers ne se bousculent. Tout est exécuté avec une grande maitrise. Cela m&rsquo;évoquait une danse. Et puis, il y a le bruit, qui donne un certain<strong> tempo</strong>. J’avais envie que la caméra soit embarquée dans ce tourbillon. Je voulais que les mouvements rapides de caméra soulignent la violence des rapports humains, comme des gifles, des coups de fouet que s’enverraient les personnages. Je tenais également à ce qu’il y ait le moins de fenêtres ou d’ouvertures vers l’extérieur possible, afin de renforcer la sensation d’enfermement, voire d’étouffement.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une saveur engagée</h3>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/unnamed-1-1024x576.png" alt="" class="wp-image-1971" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/unnamed-1-1024x576.png 1024w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/unnamed-1-300x169.png 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/unnamed-1-768x432.png 768w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/unnamed-1-533x300.png 533w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/unnamed-1.png 1280w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong>Marie est la seule femme dans la cuisine. Si elle n&rsquo;y arrive pas c&rsquo;est pas bien, si elle y arrive ce n&rsquo;est pas bien non plus. Une illustration de ce que vivent les femmes?</strong></p>



<p>Exactement! On en demande toujours plus aux femmes, justement parce que se sont des femmes. C’est déjà difficile de trouver sa place, ça l’est encore plus de faire sa place dans un monde d’hommes. On peut avoir tendance à être beaucoup plus exigeante envers soi-même, la contrepartie positive c’est que le résultat peut aussi être bien meilleur…&nbsp;</p>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong>Le chef demande toujours plus en humiliant ses collaborateurs. Par ailleurs, on voit que Marie est confrontée au mépris de classe. Est ce un reflet de l&rsquo;état d&rsquo;esprit général du monde du travail? Vouloir s&rsquo;élever quand on vient du bas passe forcément par un parcours douloureux</strong>?</p>



<p>Je ne pense pas que la souffrance soit une obligation, mais c’est le reflet d’une de mes expériences. Et j’ai voulu la partager. Quand on travaille avec des personnes toxiques, on peut vite se remettre en question soi-même, plutôt que l’autre, et la relation de travail avec l’autre. De cette impression que j’avais de me “saigner » pour mon travail est né&nbsp;<em>Nouvelle Saveur.</em>&nbsp;Ça a été ma façon de transformer une expérience douloureuse en quelque chose de positif. </p>



<p>La réussite n’est pas nécessairement liée à la souffrance, même si c’est parfois le cas. Ça l’a été dans le mien. Après, l’important, à mon sens, est de savoir ce que l’on peut faire de cette expérience. Je pense surtout que la réussite est liée au travail, à la persévérance. Le tournage de&nbsp;<strong><em>Nouvelle Saveur</em>&nbsp;</strong>a été une expérience merveilleuse pour moi. Je ne voulais surtout pas reproduire ce que j’avais pu vivre, et dénoncer, dans le film. Toute l’équipe du film avait à coeur d’atteindre la plus haute qualité possible et je suis convaincue qu’on obtient de meilleurs résultats dans un environnement bienveillant, plutôt que dans la souffrance. C’est en tout cas l’atmosphère que j’ai voulu instaurer pendant la préparation et le tournage du film.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-pullquote"><blockquote><p>Je suis convaincue qu’on obtient de meilleurs résultats dans un environnement bienveillant, plutôt que dans la souffrance</p></blockquote></figure>



<h3 class="wp-block-heading">Un tournage heureux</h3>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong>Joséphine Japy est formidable, entre douceur et détermination. Comment s&rsquo;est passé le casting, le travail avec elle</strong>?</p>



<p>Il n’y a pas eu de casting pour le rôle de Marie. Je savais que je voulais travailler Joséphine Japy. Je ne voyais qu’elle pour incarner le personnage! On s’est rencontrées dans un café et j’ai été ravie qu’elle accepte le rôle. Par la suite, nous avons fait plusieurs séances de travail avec la styliste culinaire, Catherine Moreau, pour que Joséphine soit la plus à l’aise possible avec la gestuelle. Mais en tant que passionnée de cuisine, elle avait déjà d’excellentes bases, qui ont vraiment servi le film. &nbsp;</p>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><br><strong>Combien de temps a&nbsp;duré le tournage? le montage?</strong></p>



<p>Nous avons tourné huit jours, dont la plupart étaient en fait des nuits, vu que nous tournions au sein du restaurant <em>La Mare aux Oiseaux</em>, un établissement étoilé qui continuait à fonctionner en journée. Ça a été une vraie chance de pouvoir tourner dans un lieu aussi prestigieux.&nbsp;Le montage a duré 3 semaines et le reste de la post-production s’est enchainé plutôt rapidement. A toutes les étapes, j’ai eu la chance de collaborer avec des techniciens et des acteurs formidables.&nbsp;</p>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong>Comment s&rsquo;est passé le tournage et l&rsquo;organisation avec La Mare aux Oiseaux?</strong></p>



<p>A merveille! <strong>Eric Guérin et son équipe étaient particulièrement sensibles aux violences en cuisine</strong>, que je dénonce dans le film. Le chef a plusieurs fois pris position contre ces dérives encore trop fréquentes en cuisine. Plusieurs chefs de partie de la brigade de la <em>Mare aux Oiseaux</em> ont accepté de faire de la figuration sur le film en tant que cuisiniers. Ils ont fortement contribué à rendre crédibles ces séquences, et cela a été un vrai plaisir de leur faire découvrir un plateau de cinéma!&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading">La vision métier de Merryl</h3>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="384" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/1_-_uWg4jHIIts-I34hO6XIQ-1024x384.jpeg" alt="" class="wp-image-1975" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/1_-_uWg4jHIIts-I34hO6XIQ-1024x384.jpeg 1024w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/1_-_uWg4jHIIts-I34hO6XIQ-300x113.jpeg 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/1_-_uWg4jHIIts-I34hO6XIQ-768x288.jpeg 768w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/1_-_uWg4jHIIts-I34hO6XIQ-800x300.jpeg 800w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/1_-_uWg4jHIIts-I34hO6XIQ.jpeg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong>Quelles ont été vos inspirations? (livres, films, peinture, musique..)</strong></p>



<p>Pour&nbsp;<em>Nouvelle Saveur</em>, J’ai regardé énormément de films sur la cuisine ou des films fantastiques mais je me suis surtout beaucoup inspirée de&nbsp;<em><strong>Whiplash</strong></em>, aussi bien dans la relation entre l’élève et le maître que dans la lumière, certains mouvements de caméra. J’ai aussi beaucoup pensé à&nbsp;<em><strong>Black Swan</strong></em>&nbsp;pour le scénario et certains cadrages. &nbsp;</p>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong>Le dernier film que vous ayez vu?</strong></p>



<p>C’était le <strong><em>Star Wars Day</em></strong> il y a quelques jours, donc j’ai revu avec beaucoup de plaisir les films de la trilogie originale (Episode IV, V et VI).&nbsp;</p>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong>Comment expliquez vous que le grand public voit si peu de courts métrages? Que pourrait on faire pour y remédier?</strong></p>



<p>Il y a de très nombreux festivals qui permettent au grand public de découvrir des court-métrages. Ils font un travail formidable pour présenter des films originaux et variés. Il y a aussi les chaînes tv, notamment France2 qui a pré-acheté <strong><em>Nouvelle Saveur</em>&nbsp;</strong>et qui diffuse des court-métrages chaque semaine. C’est en continuant à promouvoir les festivals, les diffusions qu’on contribue à faire connaitre le court-métrage. Et puis il y a les blogs, les articles de passionné.e.s qui permettent de faire découvrir des films!&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-pullquote"><blockquote><p>Je revendique le fait d’être unE réalisatrice avec un personnage féminin fort, qui a une vraie histoire à défendre</p></blockquote></figure>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong>Comment voyez vous l&rsquo;évolution du secteur suite à la crise du COVID?</strong></p>



<p>Excellente question! J’espère que les cinémas vont vite réouvrir, que les spectateurs pourront retrouver le plaisir de découvrir les films en salle. Mais les conséquences sur les tournages risquent d’être nombreuses, avec un impact fort dès le scénario pour les projets qui se tourneront rapidement après la crise. J’espère que cela ne limitera pas la créativité et que de ces contraintes naîtront de belles idées.&nbsp;Les plateformes VOD ont pris une importance toute particulière pendant ce confinement avec probablement de nouveaux besoins de contenus -et donc de nouvelles opportunités.</p>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong>Pensez vous que les choses sont en train de bouger pour les femmes et les minorités après le scandale des Césars?</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="275" height="183" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/téléchargé.jpeg" alt="" class="wp-image-1973"/></figure>



<p>Je pense qu’il y a de nombreuses prises de conscience mais qu’il reste beaucoup à faire. Rien n’est gagné mais il y a de belles initiatives qu’il faut saluer, comme le <strong>collectif 50/50 </strong>qui contribue à promouvoir l’égalité homme-femme dans le cinéma et la parité dans les sélections en festivals. Il faut qu’il y ait plus de femmes qui produisent, qui réalisent et distribuent les films!&nbsp;</p>



<p><em><strong>Consulter:</strong></em></p>



<p><a href="#Critique"><strong>1-La critique</strong></a></p>



<p><a href="#Entretien"><strong>2-Entretien avec Merryl Roche</strong></a></p>



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<p><strong><em>Vous pouvez me suivre sur:</em></strong></p>



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		<title>[Critique et interview] Listen to me sing d&#8217;Isabel Garrett</title>
		<link>https://bonchicbongenre.fr/critique-et-interview-listen-to-me-sing-disabel-garrett/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Jessica]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Dec 2019 13:55:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Courts métrages]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma de genre]]></category>
		<category><![CDATA[court métrage]]></category>
		<category><![CDATA[courts métrages]]></category>
		<category><![CDATA[listen to me sing]]></category>
		<category><![CDATA[NFTS]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Listen to me sing est un court métrage d&#8217;animation fantastique qui évoque la solitude à travers une chanteuse perdue.Critique et interview de la réalisatrice à suivre! Sophie vit et travaille dans un hôtel misérable. Chaque nuit, on la force à chanter devant un public détestable. Soudain, elle rencontre un morse qui va changer sa vie.. &#8230; </p>
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<p class="has-vivid-red-background-color has-text-color has-background" style="color:#ffdbb5"><a href="https://blog.autourdeminuit.com/distribution/listen-to-me-sing/" target="_blank" aria-label="Listen to me sing  (opens in a new tab)" rel="noreferrer noopener" class="rank-math-link"><strong><em>Listen to me sing</em></strong> </a>est un <a href="https://bonchicbongenre.fr/critique-et-interview-almost-there-de-nelly-michenaud/" target="_blank" aria-label="court métrage d'animation  (opens in a new tab)" rel="noreferrer noopener" class="rank-math-link">court métrage d&rsquo;animation </a>fantastique qui évoque la solitude à travers une chanteuse perdue.<br>Critique et interview de la réalisatrice à suivre!</p>



<p>Sophie vit et travaille dans un hôtel misérable. Chaque nuit, on la force à chanter devant un public détestable. Soudain, elle rencontre un morse qui va changer sa vie..</p>



<h2 class="wp-block-heading">Mal aimée, elle est la mal aimée</h2>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/maxresdefault-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-2245" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/maxresdefault-1024x576.jpg 1024w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/maxresdefault-300x169.jpg 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/maxresdefault-768x432.jpg 768w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/maxresdefault-533x300.jpg 533w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/maxresdefault.jpg 1280w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p><em><strong>Listen to me sing</strong></em> vous met dans une atmosphère à la fois fantastique, gothique, sur fond de conte.<br>On découvre un personnage, une femme comme laissée pour compte, perdue dans un motel où elle est travaille comme chanteuse-crabe. <br><strong>Mi objet de divertissement, mi bête de foire</strong>, on sent tout de suite une grande tristesse dans son regard, qui attire notre empathie. L&rsquo;arrivée d&rsquo;un morse, qui lui ressemble (tant au niveau couleur que morphologie), la sort de sa solitude. Plusieurs thèmes sont abordés dans <strong><em>Listen to me sing</em>:</strong> solitude, affirmation de soi, rejet de la différence, opportunisme et domination, mais aussi la force que l&rsquo;on trouve quand on arrive enfin à rencontrer quelqu&rsquo;un qui nous est proche. Ces différents éléments permettent de créer un lien direct avec les spectateur-rice-s.</p>



<p><strong>La photographie </strong>de <strong><em>Listen to me sing</em></strong> est sublime: tout en contraste de bleu, rose et blanc, elle permet de nous plonger dans une ambiance mélancolique, tout en apportant un peu de couleur, donc de beauté et d&rsquo;espoir dans le récit. Mais la mise en scène reste simple. Pas d&rsquo;artifices,  à l&rsquo;image de son héroïne.<br>L&rsquo;utilisation de tissus, de laine, amènent une touche de douceur, qui facilite l&rsquo;identification au personnage principal.<br>J&rsquo;émettrais une réserve sur le dénouement final qui est plutôt attendu, mais qui est sauvé par une idée de mise scène, elle, assez déroutante.</p>



<p>Pari osé donc, mais qui vaut le détour, <em><strong>Listen to me sing</strong></em> s&rsquo;inscrit définitivement dans le cinéma de genre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quelques questions à Isabel Garrett</h2>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="480" height="480" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2021/04/headshot_file4_large.png" alt="" class="wp-image-7464" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2021/04/headshot_file4_large.png 480w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2021/04/headshot_file4_large-300x300.png 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2021/04/headshot_file4_large-150x150.png 150w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2021/04/headshot_file4_large-120x120.png 120w" sizes="(max-width: 480px) 100vw, 480px" /></figure>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Listen to me sing est une œuvre singulière, qui a son univers bien propre. Pouvez vous expliquer rapidement votre parcours, d&rsquo;où vous venez?</strong></h3>



<p> Merci! Je viens de la ruralité du Pays de Galle, à West Wales donc la nature est quelque chose qui m&rsquo;a toujours intéressée. J&rsquo;aime les espaces entre le monde naturel et les parties habitées par les humain-es. On dirait qu&rsquo;il y a toujours un pont oublié entre les deux. Comme les périphéries des villes et les zones industrielles où on ne se soucie plus des paysages, mais on n&rsquo;est pas heureux de vivre là pour autant.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Votre métrage touche à plusieurs thématiques: estime de soi, solitude, expression orale et corporelle, rapports sociaux&#8230;Pourquoi avez vous eu envie d&rsquo;explorer ces thèmes?</strong></h3>



<p>Ce sont tous des thèmes qui me sont personnels. Pour des raisons quelconques, mon travail semble contenir des choses qui sortent et entrent de ma bouche, mais je connais pas la raison exacte pour Listen to me sing.<br>Je pense que parce que nous apprenons beaucoup du toucher et du goût, explorer les choses dans ce sens quand nous sommes jeunes, semble être une bonne métaphore pour être transporté-e dans un monde différent. Je suis particulièrement intéressée par les histoires tenues par un personnage féminin, sur l&rsquo;expression de soi à travers des traits féminins.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Le bleu et rose dominent Liste to me sing, pourquoi ce choix?</strong></h3>



<p>Je préfère garder une palette de couleurs limitée, et pour ce film, il me semblait approprié que le personnage principal soit rose. En partie parce qu&rsquo;elle est nue dans beaucoup de plans, et aussi parce que ça représente typiquement la féminité. <br>Je la voulais belle, ne correspondant pas aux standards, et lui donner la capacité de s&rsquo;exprimer à travers son corps. Parce que le reste du monde, dans le film, se situe en intérieur, je voulais le représenter sans vie, miséreux. Le gris semblait approprié.</p>



<h3 class="wp-block-heading"> <strong>Comment avez vous travaillé la bande son?</strong></h3>



<p>Le son et les bruitages sont venus vraiment naturellement. Nous avons commencé avec l&rsquo;idée de la gorge qui chante et le morse ayant une grosse voix, Adam et Steph (le compositeur et concepteur sonore), sont venus avec un paysage sonore de Science Fiction surréaliste qui a aidé a rendre le monde encore plus dystopique.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="667" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2021/04/ilnd_005_03_X1_0024.jpeg" alt="" class="wp-image-7465" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2021/04/ilnd_005_03_X1_0024.jpeg 1000w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2021/04/ilnd_005_03_X1_0024-300x200.jpeg 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2021/04/ilnd_005_03_X1_0024-768x512.jpeg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Vous utilisez de la laine pour vos personnages et autres tissus. Pouvez vous expliquer ce choix? Qu&rsquo;est ce que cela apporte aux corps de l&rsquo;animal et de la femme?</strong></h3>



<p>J&rsquo;ai travaillé avec beaucoup de tissus. Il a une chaleur et une texture qui fonctionne bien à la caméra. Et aussi parce que c&rsquo;est doux et cinglant, on peut faire des choses assez sombres et bizarres, et rend quelque chose de beau.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Quelle a été la partie à réaliser qui vous a le plus plu?</strong></h3>



<p>Fabriquer les choses est ma partie préférée, faire les poupées et leur donner de la personnalité. J&rsquo;aime aussi beaucoup travailler avec d&rsquo;autres gens qui peuvent faire un meilleur travail que moi sur les éléments concernant la photographie, la production, la musique et le son&#8230; </p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Quelles sont vos références cinéma? De quoi vous inspirez vous?</strong></h3>



<p>J&rsquo;aime beaucoup le travail de Roy Andersson et Niki Lindroth Von Bahr. Des choses qui mettent mal à l&rsquo;aise, mais des drôles de monde. Des choses qui sont mornes et post apocalyptiques.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Quelles sont vos projets?</strong></h3>



<p>Pour le moment, je viens juste de commencer à travailler sur une courte introduction sur une série humoristique avec un homme nu et velu, en tissu. C’est génial. C’est également formidable de faire une résidence à Londres pendant un an. </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Listen To Me Sing - Trailer (c)NFTS 2019" width="790" height="444" src="https://www.youtube.com/embed/jp-H5ABQV3c?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen></iframe>
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		<title>[Festival] Court Métrange 2019/ Compétition officielle</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jessica]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Oct 2019 11:26:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Court Métrange]]></category>
		<category><![CDATA[Festivals]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma de genre]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Festival Court Métrange 2019 s&#8217;est déroulé du 9 au 20 octobre 2019. Il a réuni pas moins de 23 pays en compétition. 72 courts métrages ont ainsi été diffusés. Retour sur ce petit festival spécialisé sur les courts de genre, situé à Rennes, qui ne fait que grossir. Cela fait plusieurs années que j&#8217;entends &#8230; </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Le<strong><a rel="noreferrer noopener" aria-label=" Festival Court Métrange (opens in a new tab)" href="http://www.courtmetrange.eu/" target="_blank"><em> Festival Court Métrange</em></a> 2019</strong> s&rsquo;est déroulé du 9 au 20 octobre 2019. Il a réuni pas moins de <strong>23 pays</strong> en compétition. <strong>72 courts métrages</strong> ont ainsi été diffusés. Retour sur ce petit festival spécialisé sur les courts de genre, situé à Rennes, qui ne fait que grossir.</p>



<p>Cela fait plusieurs années que j&rsquo;entends parler du <strong>Festival Court Métrange</strong>. Il se positionne sur une niche: le court métrage de genre. Il existe depuis 2003, et compte tenu de la richesse de la programmation, il ne cesse de grandir.<br>Je n&rsquo;avais jamais pris le temps d&rsquo;y aller. Mais cette année, Pascal Laugier, un de mes réalisateurs fétiches (<strong><em>Martyrs</em></strong>, <strong><em>Ghostland</em></strong>), était le Président du Jury. Une double raison de me déplacer cette année.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Court Métrange, le petit festival qui voit grand</h2>



<p>Pour prendre la température d&rsquo;un festival de cinéma qui m&rsquo;est inconnu, la meilleure approche est d&rsquo;aller à la conférence de presse.<br>Elle est organisée au café des Champs Libres de Rennes. Les Champs Libres est un lieu culturel multiple: bibliothèque, salle d&rsquo;exposition, lieu de conférence&#8230;<br>Dès le début, je prends conscience que c&rsquo;est un festival d&rsquo;habitué-es: tout le monde se connaît, papote avant le début de la conférence, alors que nous sommes peu nombreux-ses (à peine une vingtaine je dirais). Et la (nouvelle) directrice du Festival constate également les têtes connues.<br><br>Ce que je retiendrai de la conférence de presse c&rsquo;est la richesse du festival. Expositions, conférences, séances spéciales jeune publics, pitch dating, soirées longs métrages, partenariats avec le <strong>Conservatoire de Rennes</strong>, burger spécial pour le Festival&#8230;A peu près toutes les thématiques culturelles sont touchées.<br><br>Comme dans beaucoup de festivals, une thématique fil rouge est proposée. Cette année c&rsquo;était le fantôme. A vrai dire, on le retrouve finalement peu: à travers quelques conférences, et la diffusion du grandiose <strong><em>A ghost story </em></strong>de David Lowery. C&rsquo;est vraiment un outil pour aider à communiquer.</p>



<figure class="wp-block-image"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="http://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2019/10/73076844_536478877152490_1627847035304542208_n-1024x768.jpg" alt="Soirée clôture Rennes" class="wp-image-560" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2019/10/73076844_536478877152490_1627847035304542208_n-1024x768.jpg 1024w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2019/10/73076844_536478877152490_1627847035304542208_n-300x225.jpg 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2019/10/73076844_536478877152490_1627847035304542208_n-768x576.jpg 768w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2019/10/73076844_536478877152490_1627847035304542208_n-450x338.jpg 450w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2019/10/73076844_536478877152490_1627847035304542208_n-850x638.jpg 850w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2019/10/73076844_536478877152490_1627847035304542208_n-667x500.jpg 667w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2019/10/73076844_536478877152490_1627847035304542208_n.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Court Métrange s&rsquo;engage tout court</h2>



<p>En tant que mère, je félicite particulièrement l&rsquo;idée de s&rsquo;adresser au jeune public. On pense souvent, à tort, que les enfants ne sont pas capables d&rsquo;apprécier ou de recevoir ce cinéma. Cette approche permet de valoriser le cinéma de genre, mine de rien. C&rsquo;est un parti pris encore peu vu. <br>Ainsi, une programmation primaire, collège, lycée est organisée. Et chaque section aura la chance de décerner un prix à l&rsquo;un des courts.</p>



<p>Autre point positif: le <strong>cinéma d&rsquo;animation </strong>est mélangé aux œuvres de fiction. Une manière assumée de montrer que le cinéma d&rsquo;animation est un style comme un autre, et qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de raisons de le classifier à part. C&rsquo;est un point commun que le cinéma de genre et d&rsquo;animation ont: celui d&rsquo;être considéré comme un genre mineur. L&rsquo;un est dénigré généralement pour sa violence ou soi disant son manque d&rsquo;intérêt, l&rsquo;autre reste cantonné à un public enfantin.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Le cinéma d&rsquo;animation est considéré au même titre que les autres courts</p></blockquote>



<p>Le <strong>festival Court Métrange</strong> fait un effort particulier pour rendre son festival accessible aux personnes ayant un handicap. Ainsi, le Festival travaille avec <a rel="noreferrer noopener" aria-label="Zanzan Films (opens in a new tab)" href="https://www.zanzan-films.com/" target="_blank"><strong><em>Zanzan Films</em></strong></a>, dont l&rsquo;objectif est de rendre la Culture accessible au mieux à tous-tes. Les cérémonies sont donc traduites en langues des signes, et un écran retranscrit ce qui se dit. De plus, le festival a conçu spécialement un programme <a rel="noreferrer noopener" aria-label="Facile à Lire (opens in a new tab)" href="https://www.culture.gouv.fr/Sites-thematiques/Livre-et-Lecture/Bibliotheques/Facile-a-lire" target="_blank"><strong>Facile à Lire</strong></a>, pour les personnes ayant des difficultés de lecture.<br>Évidemment rien n&rsquo;est parfait (café des Champs Libres reste petit donc compliqué d&rsquo;avoir plusieurs fauteuils roulant, films ne sont pas tous en audio description, etc..), mais <strong>Court Métrange </strong>est un des rares festival à faire un réel effort. Et on sent que c&rsquo;est une question qui leur importe.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les courts en compétition</h2>



<p>Pas facile d&rsquo;organiser une compétition avec uniquement des courts métrages. Les 72 films ont été regroupés avec un titre: love on the beast, boulevard des allongées, débordements en tous genres..<br>Les courts sont mis à disposition en ligne pour la presse. Une chance pour moi qui n&rsquo;habite pas à Rennes. Mais j&rsquo;ai assisté à une projection spéciale pour la presse, en présence du jury. L&rsquo;ensemble des séances étaient organisées au Gaumont. Des très bonnes conditions de projection.<br><br>J&rsquo;ai toujours trouvé difficile d&rsquo;enchaîner les courts métrages, à la suite. Les longueurs sont inégales, on ne sait jamais combien de temps on a pour rentre dans un film. Et à chaque fois, il faut se replonger dans une nouvelle histoire, esthétique, système de narration.<br>Pour ma part, j&rsquo;ai classé les films (que j&rsquo;ai vus), selon mon degré d&rsquo;appréciation, tout simplement. </p>



<h3 class="wp-block-heading">Ça n&rsquo;est pas nécessaire</h3>



<h4 class="wp-block-heading">1-Morning Wormhole de Michael Vasquez </h4>



<p>Un métrage d&rsquo;animation expérimental. Ca n&rsquo;a pas d&rsquo;intérêt profond, si ce n&rsquo;est tenter d&#8217;embarquer le-a spectateur-rice dans une spirale bruyante et colorée. On adhère ou pas. Ça n&rsquo;a pas été mon cas.</p>



<h4 class="wp-block-heading">2-Rémission de  John Charter, USA</h4>



<p>Aux allures de rois mages, avec des créatures qui ressemblent étrangement aux extra terrestres bedonnants du cinquième élément. C&rsquo;est agréable à regarder, mais trop maladroit pour être pris au sérieux.</p>



<h4 class="wp-block-heading">3-Fest de Nikita Diakur, Allemagne</h4>



<p>Mêmes reproches que Morning Wormhole. Pas besoin d&rsquo;en dire beaucoup plus tellement ça laisse perplexe.</p>



<h4 class="wp-block-heading">4-Woe is me de Simon Cartwright, Royaume Uni</h4>



<p>Beaucoup de bruit pour rien. Le dénouement est long alors on s&rsquo;attend à une chute intéressante, en lien avec la thérapie du groupe qui est au cœur de l&rsquo;histoire. Par ailleurs, les interprétations sont très pertinentes, on se sent vraiment en empathie avec les deux personnages principaux. Mais du coup la chute est tellement simple, voire hors propos (on doit s&rsquo;accepter soi même ou pas?!), que le message est brouillé. Sans compter une incursion musicale un peu saugrenue.</p>



<h4 class="wp-block-heading">5-Nyet! de Alex Helfrecht, Jörg Tittel, Royaume Uni</h4>



<p>Le premier souci c&rsquo;est que ce n&rsquo;est pas un film de genre. Au mieux, un vague film dystopique rigolo. Mais on n&rsquo;a pas peur, on ne voyage pas, on ne voit pas de sang. C&rsquo;est une réflexion primaire sur les conséquences du Brexit.</p>



<h4 class="wp-block-heading">6-A Estranha Casa na Bruma de Guilherme Daniel, Portugal</h4>



<p>C&rsquo;est le genre de métrage contemplatif, qui essaye de délivrer un message métaphysique. Le problème c&rsquo;est que comme souvent dans ces cas là, on reste de marbre face à des personnages froids.</p>



<h4 class="wp-block-heading">7-The Voorman problem de Mark Gill, Royaume Uni</h4>



<p>Une histoire classique d&rsquo;un psychologue qui tente de comprendre un détenu se prenant pour Dieu. Prévisible, interprétations hasardeuses, ce court n&rsquo;éveille que peu d&rsquo;intérêt.</p>



<h4 class="wp-block-heading">8-Ce goût en bouche de Laura Passalacqua, France</h4>



<p>J&rsquo;aime beaucoup le style de dessin, et les couleurs chaudes qui tranchent avec l&rsquo;aspect étrange des actions que l&rsquo;on voit à l&rsquo;écran. Un personnage entouré d&rsquo;une géante. Mais c&rsquo;est plus un enchaînement de séquences, qu&rsquo;un métrage.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Ça se laisse regarder</h3>



<h4 class="wp-block-heading">1-Leuki de Julien Leconte, France </h4>



<p>Film d&rsquo;animation jouant sur les contrastes entre deux couleurs, Leuki narre les mésaventures d&rsquo;un grand père. A la manière d&rsquo;un personnage proche du héros de Là Haut, le court métrage s&rsquo;avère être un bon divertissement. C&rsquo;est propre, c&rsquo;est simple.</p>



<h4 class="wp-block-heading">2-La tête dans les orties de Paul Cabon, France</h4>



<p>J&rsquo;adhère peu à ce type de dessin, avec des traits vifs et brouillon, mais force est de constater qu&rsquo;il est cohérent avec l&rsquo;histoire. Le personnage est plongé dans une aventure dont on mesure mal les enjeux.</p>



<h4 class="wp-block-heading">3-Re possessed homes de Matthew Evans Landry, Canada</h4>



<p>Lors de la remise des prix, Pascal Laugier l&rsquo;a affirmé haut et fort: il a détesté ce film. Un des autres jury avait précisé que Laugier n&rsquo;aimait pas la comédie dans le cinéma de genre. En fait ce qu&rsquo;il n&rsquo;aime pas, c&rsquo;est le prétexte de la comédie utilisée pour se moquer du genre. Et in fine, s&rsquo;adresser (et plaire) à un public qui ne correspond pas au cinéma de genre.<br>Ce court est plutôt plaisant en termes de rythme et l&rsquo;actrice principal nous emporte bien dans sa mission. Mais le film tourne vite en rond sur lui même.</p>



<h4 class="wp-block-heading">4- Ça mouille de Alexis Godard, Nan Huang </h4>



<p>Quand la cyprine permet la fertilité d&rsquo;une terre et au final d&rsquo;animaux étranges&#8230;Le côté positif est l&rsquo;aspect audacieux du film. Il montre frontalement (même si c&rsquo;est de l&rsquo;animation), une vulve, un clitoris. Mais après on en fait quoi? Pas grand chose. Un divertissement qu&rsquo;on oublie finalement vite.</p>



<h4 class="wp-block-heading">5-Hopes de Raùl Monge, Espagne</h4>



<p>Belle photographie, effets spéciaux plutôt réussis, avec un dénouement inattendu, Hopes se démarque. C&rsquo;est sans compter sur le jeu approximatif des acteur-rices, et une conclusion maladroite. Par conséquent, on a du mal à se sentir concerné-e-s par cette petite fille à la rue, qui se lie avec une personne également sdf. Mais bel effort visuel.</p>



<h4 class="wp-block-heading">4-Metamorphosis de Junfran Jacinto, Carla Pereira, France, Espagne</h4>



<p>Un court métrage d&rsquo;animation très réussi techniquement (stop motion). Les personnages sont attachants. Mais le court n&rsquo;a pas éveillé ma curiosité. Trop classique dans son approche et son propos.</p>



<h4 class="wp-block-heading">5-Next floor de Denis Villeneuve, France, Canada</h4>



<p>J&rsquo;ai trouvé ce métrage particulièrement maîtrisé techniquement. Et pour cause: il est réalisé par Denis Villeneuve&#8230;en 2008! J&rsquo;avoue ne pas comprendre ce que fait un court métrage de Villeneuve datant d&rsquo;il y a 10 ans, en compétition officielle&#8230;Et ce n&rsquo;est pas pour le coup de pub parce que je n&rsquo;ai lu/entendu aucune communication de Court Métrange à ce sujet.<br>Cette sorte de <strong><em>Grande Bouffe</em></strong>, amuse et répugne en même temps. Ici, c&rsquo;est le poids des convives qui n&rsquo;en finit plus de percer au fur et à mesure les plafonds et les sols.</p>



<h4 class="wp-block-heading">6-Spoiler de Vgeny Kolyadintsev, Russie</h4>



<p>Spoiler est très maladroit technique, on sent qu&rsquo;il a été réalisé de façon très fragile. Le principe est simple mais efficace: une jeune femme seule chez elle (bonjour le cliché), reçoit des dessins, en dessous de sa porte. Et ces dessins prédisent ce qui arrive. Le court est suffisamment malin pour nous surprendre.</p>



<h4 class="wp-block-heading">7-Ulises de Jorge Malpica, Mexique </h4>



<p>Enfin un métrage qui parle de la vraie origine des sirènes, à savoir des êtres maléfiques usant de leurs cordes vocales pour noyer les marins. Il faut saluer les effets spéciaux qui sont très réussis pour un budget minimal. C&rsquo;est plaisant mais on reste sur notre faim. Il reste très conventionnel dans la forme et les intentions.</p>



<h4 class="wp-block-heading">8-Grand Bouquet de Nao Yoshigai, Japon</h4>



<p>Ce court métrage m&rsquo;a fait penser à une clip de Björk. Des effusions de fleurs, des branchages qui attaque une jeune femme symbolisant la naissance de la nature. Visuellement c&rsquo;est maladroit mais ça tient à peu près la route. Narrativement il ne se passe pas grand chose.</p>



<h4 class="wp-block-heading">9-Boy&rsquo;s club de Troy Dewinne, USA</h4>



<p>Dans un bunker sur fond de fin du monde causé par des monstres qui continuent de rôder, un jeune homme en manque de poupée gonflable risque sa vie. C&rsquo;est bête (bonjour le cliché du mec obsédé), pas drôle, mais le monstre est particulièrement réussi, avec une petite tension qui fonctionne.</p>



<h4 class="wp-block-heading">10-Snaggletooth de Colin Bishopp, USA</h4>



<p>Une histoire de vampire classique. Photographie gothique appréciable, qui accompagne l&rsquo;attente du spectateur-rice face à ce curieux rendez vous. Mais l&rsquo;attente est longue comparée à la chute qui déçoit. Ce court a été présenté dans la sélection Collège.</p>



<h4 class="wp-block-heading">11-Mémorable de Bruno Collet, France</h4>



<p>Un très beau court métrage d&rsquo;animation qui parle de la maladie d&rsquo;Alzheimer, du point de vue du malade. C&rsquo;est du stop motion, sous forme de sculpture. C&rsquo;est joli, mélancolique et déstabilisant. Mais le tout manque d&rsquo;émotions entre les personnages pour vraiment aller au bout de son concept.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Ça envoie du bois</h3>



<h4 class="wp-block-heading">1-Maw de Jasper Vrancken, Belgique</h4>



<p>C&rsquo;est ce court qui a obtenu le Grand Prix du Jury. Pas étonnant quand on voit la radicalité de Maw. Un homme sexuellement attiré par les monstres tente d&rsquo;apprivoiser cette partie de lui. Il rencontre un homme dans le même cas que lui, qui va l&rsquo;accompagner dans ce changement. C&rsquo;est sombre, mais bienveillant malgré le sujet. On ne sent pas de jugement, du coup on entre totalement en empathie avec le personnage. Beau tour de force avec un sujet pareil.</p>



<h4 class="wp-block-heading">2-Limbo de Daniel Viqueira, Espagne</h4>



<p>Autre radicalité, mais plus en termes graphique. On suit le parcours d&rsquo;un homme piégé dans sa maison avec des entités démoniaques. C&rsquo;est prenant et fou.</p>



<h4 class="wp-block-heading">3-The dreamers de Kenneth Karlstad, Norvège</h4>



<p>Court métrage très très classique dans son genre. Une petite fille est victime de terreurs nocturnes et sa mère tente d&rsquo;y faire face. Aucune originalité, mais dans la forme on s&rsquo;y laisse prendre. Et c&rsquo;est bien ce que je demande à ce type de cinéma de genre.</p>



<h4 class="wp-block-heading">4-Bailaora de Rubin Stein, Espagne</h4>



<p>Sûrement le plus abouti si on parle de mise en scène. En noir et blanc, Bailora a déjà été récompensé dans d&rsquo;autres festivals. On accompagne un groupe de soldats, qui inspecte une église où sont réfugiés des enfants en temps de guerre. C&rsquo;est surprenant, même si on sent que le réalisateur se regarde un peu. Et malgré quelques incohérences (pourquoi les soldats se mettent à faire des sons?!), on se laisse happer par cette ambiance étrange.</p>



<h4 class="wp-block-heading">5-Jeu des enfants de Ekin Koca, France. </h4>



<p>Mon court d&rsquo;animation préféré. Il illustre l&rsquo;<a rel="noreferrer noopener" aria-label="épidémie dansante qui a eu lieu à Strasbourg (opens in a new tab)" href="https://www.rue89strasbourg.com/strasbourg-epidemie-de-danse-de-1518-143726" target="_blank">épidémie dansante qui a eu lieu à Strasbourg</a> en 1518. Le dessin est épuré mais superbe, avec des lignes en noir et blanc, nettes. Une ambiance délirante, qui fait penser à une épidémie de peste, progresse petit à petit.</p>



<h4 class="wp-block-heading">6-Acide de Just Philippot, France</h4>



<p>Une pluie acide s&rsquo;abat sur une population. Au milieu de tout ça, une famille tente de se mettre à l&rsquo;abri. Le pitch est simple mais il fallait y penser. Que feriez vous si du sang d&rsquo;Alien tombait sur vous?<br>C&rsquo;est prenant, bien rythmé. J&rsquo;aurais bien aimé que ça continue..</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;étrange Palmarès</h2>



<figure class="wp-block-gallery columns-1 is-cropped wp-block-gallery-2 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex"><ul class="blocks-gallery-grid"><li class="blocks-gallery-item"><figure><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="1024" src="http://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2019/10/74667913_423315485249470_4549663177389899776_n-1024x1024.jpg" alt="Accessibilité personnes sourdes et muettes" data-id="561" data-link="http://bonchicbongenre.fr/?attachment_id=561" class="wp-image-561" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2019/10/74667913_423315485249470_4549663177389899776_n-1024x1024.jpg 1024w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2019/10/74667913_423315485249470_4549663177389899776_n-150x150.jpg 150w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2019/10/74667913_423315485249470_4549663177389899776_n-300x300.jpg 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2019/10/74667913_423315485249470_4549663177389899776_n-768x768.jpg 768w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2019/10/74667913_423315485249470_4549663177389899776_n-450x450.jpg 450w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2019/10/74667913_423315485249470_4549663177389899776_n-850x850.jpg 850w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2019/10/74667913_423315485249470_4549663177389899776_n-500x500.jpg 500w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2019/10/74667913_423315485249470_4549663177389899776_n.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></li></ul></figure>



<p>L&rsquo;avantage c&rsquo;est que la cérémonie de clôture de <strong>Court Métrange</strong> ne s&rsquo;éternise pas. Seulement trois prix sont remis:</p>



<p>&#8211;<strong><em>MAW</em></strong> de Jasper Vrancken remporte le prix le plus prestigieux, celui du Jury. <br>Pascal Laugier explique que le film a gagné l&rsquo;adhésion du jury par sa proposition audacieuse.</p>



<p>&#8211;<strong><em>LIMBO </em></strong>de Daniel Viqueira remporte Le Méliès d&rsquo;argent, pour saluer sa radicalité et son approche originale des limbes. </p>



<p>&#8211;<strong><em>ULISES</em></strong> du Mexicain Jorge Malpica décroche Le prix spécial.</p>



<p>Je suis plutôt en accord avec le palmarès, à part <strong><em>Ulises</em></strong>. J&rsquo;y aurais plus un film comme <strong><em>Bailaora</em></strong>, qui, malgré ses longueurs (et sa prétention), est une vraie proposition visuelle, au service d&rsquo;une histoire captivante.</p>



<p>Mon passage fût relativement rapide, mais ça a été un vrai plaisir de passer du temps à se concentrer sur des courts métrages. On a peu l&rsquo;occasion d&rsquo;en découvrir, et on se sent presque privilégié-e, car on découvre sans doute en avant première, des futurs noms du cinéma de genre? A l&rsquo;image de Just Philippot, réalisateur d&rsquo;<strong><em>Acide</em></strong>. Ce dernier fait parti des trois heureux bénéficiaires de la nouvelle aides du CNC, consacré au cinéma de genre. Hâte de découvrir <a rel="noreferrer noopener" aria-label="La Nuée, son premier long (opens in a new tab)" href="https://www.cnc.fr/cinema/actualites/just-philippot-des-pluies-acides-aux-sauterelles-charnues_927312" target="_blank"><strong><em>La Nuée</em></strong>, son premier long</a>.</p>



<p><strong><em>Pour aller plus loin:</em></strong></p>



<p><a rel="noreferrer noopener" aria-label="Article sur les conférences du Festival Court Métrange 2019 (opens in a new tab)" href="https://bonchicbongenre.fr/festival-court-metrange-2019-les-conferences-et-expo/" target="_blank"><strong>Article sur les conférences du Festival Court Métrange 2019</strong></a></p>



<p><br></p>
<p>L’article <a href="https://bonchicbongenre.fr/festival-court-metrange-2019-competition-officielle/">[Festival] Court Métrange 2019/ Compétition officielle</a> est apparu en premier sur <a href="https://bonchicbongenre.fr">Bon chic Bon genre - cinéma de genre(s)</a>.</p>
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		<title>[Critique et interview] Almost there de Nelly Michenaud</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jessica]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Sep 2019 12:38:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Courts métrages]]></category>
		<category><![CDATA[almost there]]></category>
		<category><![CDATA[animation]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Almost There est un court métrage d&#8217;animation fantastique qui se déroule dans un train. Au fil du voyage, les voyageurs évoluent étrangement.Critique et rencontre avec sa réalisatrice, Nelly Michenaud. L&#8217;école de cinéma et télévision, la NFTS au Royaume Uni La National Film Television School située à Beaconfield en Angleterre est une école de cinéma prestigieuse, &#8230; </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-vivid-red-background-color has-text-color has-background" style="color:#ffeeca"><strong><em>Almost There </em></strong>est un court métrage d&rsquo;animation fantastique qui se déroule dans un train. Au fil du voyage, les voyageurs évoluent étrangement.<br>Critique et rencontre avec sa réalisatrice, Nelly Michenaud.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;école de cinéma et télévision, la NFTS au Royaume Uni</h2>



<p>La <strong><a rel="noreferrer noopener" href="https://nfts.co.uk" target="_blank">National Film Television School </a></strong>située à Beaconfield en Angleterre est une école de cinéma prestigieuse, née au début des années 70. Prestigieuse parce que la réputation de l&rsquo;école s&rsquo;est faite grâce aux belles carrières de ses anciens élèves: créateur de <strong>Wallace &amp; Gromit</strong>, Nick Park, directeurs photos de <strong>Star Wars,</strong> David Tattersall, ou de <strong>Pulp Fiction</strong>, Andrzej Sekula.<br>Côté réalisation, on peut noter David Yates, aux manettes d<strong>&lsquo;Harry Potter et l&rsquo;Ordre du Phénix</strong>).<br>De célèbres réalisateurs viennent régulièrement au sein de l&rsquo;école: David Fincher, Denis Villeneuve&#8230;</p>



<p>C&rsquo;est dans le cadre de la <strong>fin de la promo 2019</strong>, que j&rsquo;ai pu visionner les <strong><a href="https://bonchicbongenre.fr/critique-et-interview-nouvelle-saveur-de-merryl-roche/" target="_blank" aria-label="courts métrages (opens in a new tab)" rel="noreferrer noopener" class="rank-math-link">courts métrages</a> d&rsquo;animation</strong>. Et je vous propose de découvrir <strong><em>Almost There</em></strong>, réalisé par Nelly Michenaud.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/02/image-w1280-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-1000" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/02/image-w1280-1024x576.jpg 1024w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/02/image-w1280-300x169.jpg 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/02/image-w1280-768x432.jpg 768w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/02/image-w1280-370x208.jpg 370w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/02/image-w1280-1040x585.jpg 1040w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/02/image-w1280.jpg 1280w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p>Autant vous le dire d&#8217;emblée; n&rsquo;espérez pas tout comprendre au premier visionnage d&rsquo;<em><strong>Almost There</strong></em>. C&rsquo;est ce qui fait sa force, mais qui peut aussi laisser dubitatif. Parce que même si on ne saisi pas tout, on se laisse porter dans ce train (train?) de la vie.</p>



<p>La première partie du court nous installe <strong>confortablement dans une réalité </strong>que nous connaissons. Le train, les voyageur-euse-s sont là pour des raisons différentes, avec leur caractère et habitudes.<br>Puis, nous basculons quasi brutalement dans une autre réalité, qui parait <strong>farfelue</strong> et donc lointaine. Elle résonne pourtant avec un quotidien que nous avons connu ou que nous connaissons.<br>Pas d&rsquo;héros ou d&rsquo;héroïnes, dans <em><strong>Almost There</strong></em> on s&rsquo;identifie finalement à la personne qui nous correspond le mieux. Car s&rsquo;il y a plusieurs personnages, ils sont parfaitement <strong>identifiables et reconnaissables</strong>. Une réussite quand on sait que le court dure 9 minutes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une technique d&rsquo;animation jamais vue</h2>



<figure class="wp-block-image size-medium"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="126" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/02/backgroundA-1-300x126.jpg" alt="" class="wp-image-997" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/02/backgroundA-1-300x126.jpg 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/02/backgroundA-1-1024x429.jpg 1024w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/02/backgroundA-1-768x322.jpg 768w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/02/backgroundA-1-1536x644.jpg 1536w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/02/backgroundA-1-370x155.jpg 370w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/02/backgroundA-1-1040x436.jpg 1040w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/02/backgroundA-1.jpg 2048w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



<p>La technique d&rsquo;animation (<strong>stop motion et dessin</strong>) apporte une touche d&rsquo;originalité, et appuie le côté <strong>onirique </strong>des personnages. C&rsquo;est une technique qui n&rsquo;avait <strong>jamais</strong> été utilisée auparavant.<br>Les rêves sont composés d&rsquo;éléments réels et d&rsquo;autres, créés de toutes pièces par notre esprit. <em><strong>Almost There</strong> </em>est un peu le reflet de tout ça.<br>Par conséquent, <strong>on peut se perdre un peu dans les actions des un-es et des autres,</strong> qui nous paraissent parfois absurdes, dénuées de sens. Et pourtant il y a bien une signification derrière chaque acte. A nous (vous) de les interpréter comme bon nous semble.<br>Mention spéciale à la<strong> photographie,</strong> qui accompagne parfaitement le <strong>changement d&rsquo;ambiance. </strong>La narration d&rsquo;<strong><em>Almost There </em></strong>progresse doucement mais sûrement vers du fantastique.</p>



<p>On pensera forcément à <em><strong>Snowpiercer</strong> </em>(2013), BD adaptée au cinéma par le récemment primé de la palme d&rsquo;or, Bong Joon Ho. Ce train au parcours sans fin,&nbsp; représentant la lutte des classes, et traversé par un justicier. Même si le propos politique est moins flagrant dans <em><strong>Almost There</strong></em>, des similitudes existent, dans le sens où dans les deux métrages, des personnes sont laissées en dehors de toute considération.</p>



<p><em><strong>Almost There</strong></em> est sélectionné au festival <strong><a rel="noreferrer noopener" href="http://www.animafest.hr/en/2019/film/read/almost_there" target="_blank" class="rank-math-link">AnimaFest en Croatie; </a></strong>le festival d&rsquo;animation le plus important, avec celui d&rsquo;Annecy. Il fait également parti de la sélection des courts métrages d&rsquo;animation au <strong><a rel="noreferrer noopener" href="https://www.edfilmfest.org.uk/2019/almost-there" target="_blank">festival d&rsquo;Edinburgh </a></strong>et <a rel="noreferrer noopener" href="https://athensanimfest.eu/2020/en/" target="_blank"><strong>Animfest Athens </strong></a>à Athènes.</p>



<p>Vous pouvez <strong>visionner <em>Almost There</em> </strong>ici:</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-vimeo wp-block-embed-vimeo wp-embed-aspect-21-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
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</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Interview de Nelly Michenaud, réalisatrice d&rsquo;Almost There</h2>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong><br><em>Almost There</em> est il votre première réalisation? Quel a été votre parcours?</strong></p>



<p><em><strong>Almost There</strong></em> est en quelque sorte ma première réalisation, du moins de cette ampleur. Ayant étudié auparavant l’animation, j’ai pu réaliser un autre film de fin d’études et quelques autres courts mais, à part pour la partie son et musique, je travaillais seule, de la conception au montage, du design à l’animation.<br>Pour <em><strong>Almost There,</strong></em> j’ai travaillé en équipe, de bout en bout. J’avais un vrai groupe créatif et technique (scénariste, designer, directrice de photo, animateur, FX, musicien, sound designer, producteur-rice, etc) à qui j’ai pitché (<em>présenté-nldr</em>) mon projet, que nous avons ensuite ensemble développé et finalisé.</p>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong>D&rsquo;où vient l&rsquo;idée d&rsquo;<em>Almost There</em>?</strong></p>



<p>L’idée était d’explorer comment représenter le concept de la vie en soi, d’en faire un portrait.<br>C’est toujours plus simple de donner une définition de ce qu’est la guerre plutôt que d’expliquer ce qu’est la paix, comme il est plus simple de parler de la mort, souvent d’ailleurs pour dépeindre un rapport à la vie. Mais représenter la vie dans son essence (et sa subjectivité), sans utiliser son contraire, sans dire ce qu’elle n’est pas, mais juste travailler sur ce que ça veut dire en soi, est fascinant pour moi.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2021/04/64227548_2714464868628156_9216845357307133952_n-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-7459" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2021/04/64227548_2714464868628156_9216845357307133952_n-1024x683.jpeg 1024w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2021/04/64227548_2714464868628156_9216845357307133952_n-300x200.jpeg 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2021/04/64227548_2714464868628156_9216845357307133952_n-768x512.jpeg 768w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2021/04/64227548_2714464868628156_9216845357307133952_n-1536x1024.jpeg 1536w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2021/04/64227548_2714464868628156_9216845357307133952_n-1320x880.jpeg 1320w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2021/04/64227548_2714464868628156_9216845357307133952_n.jpeg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption><a class="rank-math-link" href="https://www.facebook.com/AnimafestZagreb/?__tn__=-UC*F"><em>Animafest Zagreb</em></a></figcaption></figure>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong>Pourquoi ce titre, <em>Almost There</em> ?</strong></p>



<p>Parce que si la vie n’a pas de point A à B et qu’on est dans un cycle, alors qu’on ressent la vie comme le fait d&rsquo;aller d’un point À à B, on est toujours presque arrivés.</p>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong>On comprend bien l&rsquo;idée du train qui représente le cycle, du moins là où les personnages évoluent au contact des un-es et des autres. Pourquoi avoir choisi le train spécifiquement?</strong></p>



<p>Le train n’est pas vraiment un lieu et n’appartient pas non plus à un lieu, ce qui lui donne cette qualité un peu étrange, un peu entre deux mondes; cela correspond assez bien avec la nature de ce film entre la narration et l’abstrait.<br>Le train renferme aussi plusieurs aspects de la société, différents types de personnes, inconnues entre elles le plus souvent, et qui font un bout de voyage ensemble. Cela permettait d’introduire une variété de personnages. Mais surtout, un train qui ne s’arrête pas, qui n’a pas de destination et donc pas de but, m’apparaissait être un bon moyen de matérialiser le concept de la vie absurde; on ne peut savoir pourquoi on existe, d’où l’humain vient, va, et pourquoi.</p>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong>Pourquoi ce choix de ne pas se focaliser sur un personnage en particulier?</strong></p>



<p>Dans cette même logique de représentation de la vie, il semblait approprié d’avoir plusieurs personnages car le propos est aussi d’illustrer une multiplicité de gens qui ont chacun leur individualité, leur parcours. Ils forment pourtant une sorte d’unité dans leur humanité et leur appartenance à la vie, peu importe s’ils s’en rendent compte ou pas. C’est une contradiction intéressante.</p>



<p>Même si il y a plusieurs personnages, j’ai tenté d’établir une sorte de hiérarchie entre eux pour essayer de ne pas trop perdre les spectateurs.</p>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong>Comment avez vous choisi les types de personnages que vous vouliez représenter?</strong></p>



<p>Le scénariste et moi même avons commencé par faire une liste de personnages représentant à la fois un type de voyageur-se, celui qui n’arrive pas a choisir sa place, celle qui est tout le temps en retard, celui qui dort tout du long etc (ce qui permet de poser le film dans un certain réalisme). D’autre part, cela donnait la possibilité aux spectateurs-rices de s’identifier à l’un ou à l’autre. Cependant, je pense que tous ces personnages pourraient aussi être les différents aspects d’une seule et même personne, ce qui rejoint l’idée d’une multiplicité/unité.</p>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong>Quelle est la technique utilisée? Et sa particularité?</strong></p>



<p>La technique utilisée dans <strong><em>Almost There</em></strong> est un mélange de <strong>stop motion et de dessin</strong>. Les décors, vêtements et squelettes des personnages ont été entièrement construits et photographiés image par image d’abord, puis j’ai dessiné et animé les visages et corps des personnages.<br>Le décor qui défile aux fenêtres a été ajouté également par la suite. Pendant le tournage, on installait des écrans bleus pour les remplacer sur After effects par des peintures animées en boucle représentant différents paysages, à la fois pour décrire l’histoire allant du lever du jour au crépuscule, et pour la situer au début dans un décor réaliste puis progressivement surréaliste. La règle que l’on s’est fixée était que tous les éléments artificiels créés par l’homme, seraient en stop motion, ce qui permet d’assoir le film dans un environnement réel, tangible. Tandis que tout élément organique (corps, nourriture, nature etc) serait du dessin ce qui permet une fluidité et liberté, et ainsi d’apporter la touche surréaliste et contingente au film.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="428" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2019/09/67823172_1370523359772069_3469226766390788096_o-1024x428.jpg" alt="" class="wp-image-160" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2019/09/67823172_1370523359772069_3469226766390788096_o-1024x428.jpg 1024w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2019/09/67823172_1370523359772069_3469226766390788096_o-300x126.jpg 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2019/09/67823172_1370523359772069_3469226766390788096_o-768x321.jpg 768w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2019/09/67823172_1370523359772069_3469226766390788096_o-450x188.jpg 450w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2019/09/67823172_1370523359772069_3469226766390788096_o-850x356.jpg 850w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2019/09/67823172_1370523359772069_3469226766390788096_o-1000x418.jpg 1000w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong>Combien de temps a t il fallu pour le réaliser?</strong></p>



<p>La pre-production du film (scénario, storyboard, design,…) a duré 6 mois et la production du film (animation, couleurs, lumière,…) a duré 7 mois et demi. Le mix et l’étalonnage ont pris environ deux-trois semaines mais j’étais toujours en train d’animer en même temps pour essayer de finir à temps.</p>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong>Votre plus grosse contrainte sur ce film?</strong></p>



<p>La multiplicité des composants de ce film &#8211; beaucoup de personnages qui demandent une structure claire dans la rencontre de leurs histoires, les écrans bleus à installer pour chacun des shots, recréer l’impression que le train bouge en animant les lumières extérieures, animer des marionettes sans tête, jouer avec le 2D et le décor, l’utilisation d’une caméra motion control,… Il y avait toujours une dizaine de choses à penser en même temps, et beaucoup de personnes à qui communiquer ses idées. J’ai eu de la chance d’avoir une équipe très passionnée et très travailleuse, d’une part parce que la vie de tous les jours était plus agréable comme cela et d’autre part, parce que ce projet ambitieux n’aurait jamais pu être réalisé, j’ai beaucoup grandi et appris de tout monde.</p>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong>Quel est le parcours du film depuis sa finition?</strong></p>



<p>Pour le moment, le film a été sélectionné à Animafest Zagreb, Animfest Athens et Edinburgh International Film Festival ce qui me rend très heureuse et motivée pour la suite. Je continue à soumettre mon film à des festivals à travers le monde et va bientôt commencer le montage du making of.</p>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong>De quoi vous inspirez vous de façon générale pour nourrir votre travail?</strong></p>



<p>Vraiment de tout. J’essaie de noter sur mon carnet au maximum les petites choses de la vie, les conversations, les éléments que l’on rencontre sur notre chemin qui nous font marrer, nous questionnent, ou apportent un peu de poésie. J’écoute aussi beaucoup la radio, regarde des films, des interviews d’auteurs, artistes et penseurs, et essaie de lire le plus souvent possible. Je n’ai pas l’impression d’avoir vraiment un thème de prédilection, à part peut être celui de l’absurde ce qui se marie très bien avec l’envie d’analyser et comprendre ce qui nous entoure.</p>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong>Quel est votre prochain projet?</strong></p>



<p>D’abord trouver du travail! Je veux m’ancrer dans le monde du freelance en animation à Londres. Mais j’ai aussi hâte de faire un nouveau film, alors je continue à prendre des notes dans mon petit carnet.</p>
<p>L’article <a href="https://bonchicbongenre.fr/critique-et-interview-almost-there-de-nelly-michenaud/">[Critique et interview] Almost there de Nelly Michenaud</a> est apparu en premier sur <a href="https://bonchicbongenre.fr">Bon chic Bon genre - cinéma de genre(s)</a>.</p>
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