Proxima est une illustration de la charge mentale dans un univers masculin: la conquête de l’espace. Ce n’est pas un film ancré dans le cinéma de genre, mais sa thématique proche SF et son féminisme méritaient que j’écrive un article!

Sarah, ingénieure astronaute, se voit confier la mission d’une expédition spatiale. Elle doit faire face à une préparation ardue, tout en jonglant avec son rôle de mère célibataire.

Proxima d’Alice Winocour
Avec Eva Green, Matt Dillon, Lars Eidinger
Produit par Dharamsala, Darius Films
Photographie : George Lechaptois
Montage : Julien Lacheray
Production : Isabelle Madelaine et Emilie Tisné
Distribution: Pathé

Dans le cadre du festival de Science Fiction Les Utopiales, Proxima d’Alice Winocour a été projeté en avant première.

InterStella

Connue pour des films intimistes, comme Augustine, Alice Winocour se lance dans un film de science fiction intimiste avec Proxima. Car ce n’est pas tant l’exploration de l’espace qui intéresse Winocour, mais plutôt l’exploration de la sphère familiale.
Par conséquent, les adeptes de la SF pure, qui s’attendent à des problématiques spatiales seront déçu-es.

Proxima c’est d’abord la relation (de proximité?) entre une mère célibataire et déterminée, Sarah, et sa fille Stella. Elles forment un cocon, qui va voler en éclat, suite à l’opportunité de Sarah de faire parti de la mission spatiale Proxima, pendant un an.
Comment faire comprendre ce départ? De quelle manière l’évoquer? Comment préparer sa fille à ce départ? Est ce possible en tant que mère de se préparer à une séparation aussi longue? Comment gérer ses doutes?
C’est à toutes ces questions qu’Alice Winecour essaye de répondre.

Ces questionnement peuvent paraître anodins, et pourtant ils ont rarement été posé de cette manière, concernant une mère. Une mère se doit d’être présente et dévouée à son enfant. Ici, Sarah est contrainte d’être absente pendant un an.
Ce sont les interprétations d’Eva Green et de la petite Zélie Boulant-Lemesle qui portent Proxima. Les deux forment un duo attachant, bouleversant, et crédible. Elles sont bluffantes toutes les deux. On comprend tout à fait les enjeux qui se passent entre elles. Mais les personnes n’ayant pas d’enfant n’ont pas été particulièrement touchées par le film, autour de moi.

La technique au service de l’émotion

Proxima s’attache aussi particulièrement aux difficultés techniques et humaines que rencontre Sarah. Sexisme ordinaire, entraînement éreintant, distance avec sa fille autant physique et morale, rien n’est épargné à Sarah. Lors de la présentation du film, il nous a été précisé qu’un gros travail avait été fait concernant la technique et l’aspect scientifique. On est vraiment plongé-e dans un travail minutieux, où rien n’est laissé au hasard. Cette représentation crédible participe à mettre en valeur à quel point la préparation à une telle expédition est une épreuve.
Rien d’intéressant en revanche concernant la mise en scène. L’utilisation de la voix off est pour une fois, pertinente pour illustrer la mélancolie de Sarah.
Le film se conclue en mentionnant les femmes oubliées de la conquête spatiale. Une bouffée de bonnes ondes féministes!

Proxima est une représentation nécessaire et pertinente de la charge mentale. Le film remet en question notre manière de voir un rôle de mère. Eva Green est parfaite et il se dégage d’une vraie poésie lors de la scène finale. Un beau moment.

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