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	<title>Archives des Courts métrages - Bon chic Bon genre - cinéma de genre(s)</title>
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	<title>Archives des Courts métrages - Bon chic Bon genre - cinéma de genre(s)</title>
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		<title>[Interview] Kam Duv, réalisatrice d&#8217;Unes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jessica]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Mar 2023 12:25:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Courts métrages]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Unes est un court métrage de la réalisatrice Française Kam Duv. Son film était projeté lors de la 8e édition des Final Girls Berlin Film Festival et nous l&#8217;avions rencontré à cette occasion.C&#8217;est une femme radicalement féministe et passionnée, alors on a naturellement discuté de sororité, équipe technique féminine et animalité. Unes raconte l&#8217;histoire de &#8230; </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-vivid-red-color has-text-color has-background" style="background-color:#f7e1a4"><strong><em>Unes </em></strong>est un court métrage de la réalisatrice Française Kam Duv. Son film était projeté lors de la 8e édition des Final Girls Berlin Film Festival et nous l&rsquo;avions rencontré à cette occasion.<br>C&rsquo;est une femme radicalement féministe et passionnée, alors on a naturellement discuté de sororité, équipe technique féminine et animalité.</p>



<p><em><strong>Unes </strong>raconte l&rsquo;histoire de Zola qui est poursuivie par un monstre et cherche de l&rsquo;aide auprès de son ex petite amie qui travaille dans un abattoir</em>.<br>J&rsquo;ai évoqué mon avis sur <strong><em>Unes </em></strong>dans mon article sur les <strong><a href="https://bonchicbongenre.fr/festival-final-girls-berlin-ff-8-courts-metrages/" data-type="post" data-id="19748">courts métrages </a></strong>programmés au Final Girls.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="735" height="1024" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Affiche-du-film-credits-_-Flo-Pernet-Lea-Deschamps-735x1024.jpg" alt="femme qui a peur" class="wp-image-20379" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Affiche-du-film-credits-_-Flo-Pernet-Lea-Deschamps-735x1024.jpg 735w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Affiche-du-film-credits-_-Flo-Pernet-Lea-Deschamps-215x300.jpg 215w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Affiche-du-film-credits-_-Flo-Pernet-Lea-Deschamps-768x1069.jpg 768w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Affiche-du-film-credits-_-Flo-Pernet-Lea-Deschamps-1103x1536.jpg 1103w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Affiche-du-film-credits-_-Flo-Pernet-Lea-Deschamps-1471x2048.jpg 1471w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Affiche-du-film-credits-_-Flo-Pernet-Lea-Deschamps-43x60.jpg 43w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Affiche-du-film-credits-_-Flo-Pernet-Lea-Deschamps-1320x1838.jpg 1320w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Affiche-du-film-credits-_-Flo-Pernet-Lea-Deschamps-scaled.jpg 1839w" sizes="(max-width: 735px) 100vw, 735px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Le parcours de <strong><em>Unes</em></strong></h2>



<p><strong><em>Peux tu te présenter rapidement et évoquer ton parcours?</em></strong></p>



<p>Kam Duv, c’est le pseudo de réalisatrice qui me colle à la peau depuis mes premiers films. <br>J’avais 11 ans lorsque j’ai découvert les différents métiers du cinéma, grâce à une maîtresse passionnée qui a accompagné ma classe à l’écriture et au tournage d’un court-métrage. Ça peut sembler anecdotique mais ça a été le déclencheur d’une vocation qui ne m’a plus jamais lâchée !<br>Après quelques mois à la fac à ne pas tenir en place sur une chaise, je me suis tournée vers des études courtes et techniques en faisant un BTS montage en alternance.<br>Meilleure idée ! À 19 ans je travaillais comme JRI (Journaliste Reporter Image) sur une émission pour TV5 monde et partait en tournage dans les pays d’Afrique francophone, au Mali, Gabon, Maroc, Seychelles… C’était hyper formateur, j’ai tout appris sur le terrain et au bout de deux ans je pouvais écrire, cadrer et monter mes projets persos de fictions, clips et documentaires.</p>



<p>J’ai appris la dramaturgie en autodidacte pendant plusieurs années en lisant des livres, en intégrant des résidences d’écriture puis plus récemment avec la <a href="https://cite-europeenne-des-scenaristes.com/" data-type="URL" data-id="https://cite-europeenne-des-scenaristes.com/">Cité Européenne des Scénariste</a>s qui m’a amenée aujourd’hui à développer des projets de série en parallèle du cinéma.<br>Même si la route a été longue avant de pouvoir vivre de l’écriture et porter des projets aux côtés de producteurs, c’est surtout la persévérance et la volonté de créer coûte que coûte qui m’ont amené là où j’en suis.</p>



<p><strong><em>Peux tu expliquer la genèse de ton court métrage présenté au Final Girls, Unes?</em></strong></p>



<p><strong><em>UNES</em></strong> est né de ma rencontre en 2019 avec Margot, la co-scénariste et comédienne du film. On voulait parler des répercussions inconscientes du patriarcat sur la vie des femmes et des schémas de sujétion difficiles à déconstruire.<br>On analysait beaucoup notre comportement dans le cercle intime, familial, au travail, notamment vis-à-vis des hommes.<br>Durant cette période, une amie très proche subissait un harcèlement psychologique quotidien et bien qu’elle ait fait plusieurs fois appel à la justice, elle n’a jamais été protégée. Il ne m’en a pas fallu plus pour avoir la furieuse envie de raconter que les femmes doivent ne compter que sur elles-mêmes pour se<br>libérer des violences insidieuses.<br>Le traitement par le genre s’est imposé le jour de notre premier repérage dans les abattoirs, il était assez évident que cette «&nbsp;cruauté&nbsp;» qui envahissait l’espace, allait incarner la métaphore du<br>patriarcat.</p>



<p><strong><em>Pourquoi ce titre? Est-ce dans l&rsquo;idée que 3 femmes s&rsquo;allient et ne forment qu&rsquo;une?</em></strong><br>Il y a de ça, oui : l’union dans la sororité, parce que les femmes peuvent comprendre immédiatement le caractère systémique de la domination dans une relation.<br>Mais <strong><em>UNES </em></strong>avec un S, c’est aussi pour dire que chaque femme est plurielle, qu’elle peut être victime puis vengeresse, en colère et résiliente. On voulait montrer la multitude de femmes en une.</p>



<p><strong><em>BOND</em></strong> est le titre&nbsp;international qui peut à la fois se traduire par le «&nbsp;lien&nbsp;» sororal mais également les «&nbsp;cordes&nbsp;», «&nbsp;l’attachement&nbsp;» qui peut faire basculer la relation dans l’emprise.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="390" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Still-Final-girls-credit-_-Marion-Raymond-Seraille-1024x390.png" alt="monstre" class="wp-image-20380" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Still-Final-girls-credit-_-Marion-Raymond-Seraille-1024x390.png 1024w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Still-Final-girls-credit-_-Marion-Raymond-Seraille-300x114.png 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Still-Final-girls-credit-_-Marion-Raymond-Seraille-768x292.png 768w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Still-Final-girls-credit-_-Marion-Raymond-Seraille-1536x584.png 1536w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Still-Final-girls-credit-_-Marion-Raymond-Seraille-2048x779.png 2048w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Still-Final-girls-credit-_-Marion-Raymond-Seraille-158x60.png 158w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Still-Final-girls-credit-_-Marion-Raymond-Seraille-1320x502.png 1320w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Crédit-Marion Raymond Seraille</em></figcaption></figure>



<p><strong><em>C&rsquo;est compliqué de financer du genre en France. Comment s&rsquo;est passé l&rsquo;étape de production de Unes ?</em></strong></p>



<p>En effet, et davantage encore en plein COVID !<br>Le scénario commençait à être structuré au début de la crise sanitaire. Comme tout était à l’arrêt, je me suis dit qu’on allait devoir attendre des mois, voire des années pour que ce projet puisse exister. Or il y avait une forme d’urgence : face à l’augmentation des violences conjugales pendant le confinement, ma colère et mon impuissance grandissaient exponentiellement. Il fallait le faire rapidement, mais pas n’importe comment. Parce que le genre demande des moyens techniques.</p>



<p>Le rôle de Lou était écrit pour Aloïse Sauvage, mon amie d’enfance, qui a instantanément soutenu le film tant pour le fond que la forme. Il a été très vite question de réunir une équipe technique majoritairement féminine avec, autant que possible, des cheffes de poste.<br><strong><em>UNES</em></strong>, c’est aussi selon moi un mouvement : celui de faire péter les plafonds de verre ! Et je pense que c’est l’engagement féministe total, du scénario au plateau, qui a parlé le plus aux gens et qui a donné envie de soutenir.<br>Au bout de trois mois, on avait récolté 13.000€ qui nous ont permis de lancer la pré-prod, recruter l’équipe (entièrement bénévole), louer du matériel et lancer le début de l’aventure.<br>C’est après le tournage, au moment de la post-production que nous sommes allées chercher à nouveau des fonds auprès de la mission diversité-égalité du Ministère de la Culture, de l’Institut de l’Engagement, sans oublier les apports en industrie de SenoProd, Les Films du Periscope et Commune Image sans lesquels je n’aurais pu aller au bout du film.<br>J’en profite pour remercier infiniment les 129 donateur.ices, toute mon équipe et chaque personne qui a<br>permis à ce film d’exister.</p>



<p><strong><em>Comment s&rsquo;est passé le tournage d&rsquo;Unes ? Quelles ont été les principales difficultés?</em></strong><br>INTENSE ! 3 journées et 2 nuits très denses, en plus des conditions particulières des chambres froides à 0 degré, tout le monde en doudoune sous nos blouses et nos masques chirurgicaux (protocole sanitaire).</p>



<p>Je pense que ce qui a été le plus compliqué, c’était de «&nbsp;dépendre&nbsp;» des propriétaires des lieux où nous allions tourner, des hommes qui ont sous-estimé d’entrée de jeu notre démarche en nous appelant “les minettes”. Comment rester professionnelle quand, à chaque repérage, on te balance des remarques du genre “vous avez besoin d’un acteur pour votre film X ?”. <br>Tourner dans ce milieu d’hommes a été une puissante mise en abîme de notre film qui justement met en exergue les rapports de force.<br>Même en se blindant et en anticipant un maximum, j’ai été dépendante de leurs humeurs notamment avec le propriétaire de la chambre froide qui, à 24h du tournage, refusait mes appels en prétextant que je gâchais sa partie de golf.</p>



<p>À part ça, on a soulevé des pots de fleurs de 50kg à mains nues et tourné avec une voiture de collection très belle à l’extérieur mais complètement déglinguée et impossible à conduire, encore moins par une meuf qui n’a même pas le permis (Prisca, je t’aime). Mais avec une équipe solide, motivée et passionnée franchement, on peut étonnement surmonter les plus grandes galères et déplacer des montagnes !</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="553" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Still-2-credit-_-Marion-Raymond-Seraille-1024x553.jpg" alt="vieille femme dans lumière rouge" class="wp-image-20381" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Still-2-credit-_-Marion-Raymond-Seraille-1024x553.jpg 1024w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Still-2-credit-_-Marion-Raymond-Seraille-300x162.jpg 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Still-2-credit-_-Marion-Raymond-Seraille-768x415.jpg 768w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Still-2-credit-_-Marion-Raymond-Seraille-1536x830.jpg 1536w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Still-2-credit-_-Marion-Raymond-Seraille-2048x1106.jpg 2048w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Still-2-credit-_-Marion-Raymond-Seraille-111x60.jpg 111w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Still-2-credit-_-Marion-Raymond-Seraille-1320x713.jpg 1320w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Crédit-Marion Raymond Seraille</em></figcaption></figure>



<p><strong><em>Tu utilises la figure du monstre pour symboliser la violence d&rsquo;un homme sur sa compagne.Est-ce que ça ne va pas à l&rsquo;encontre du constat que faisait Adèle Haenel sur le fait que les monstres n&rsquo;existaient pas, mais que les violences sont perpétuées par des amis, des pères, bref<br>des proches « ordinaires »?</em></strong></p>



<p>En effet, on y a beaucoup pensé avec la co-scénariste pendant l’écriture mais c’est en faisant le choix de tourner dans des abattoirs remplis de carcasses pendues que la transformation animale s’est imposée à nous comme un concept.<br>On est parties sur ce précepte : à trop “user” de sa supériorité, et agir comme un prédateur, tu perds ton humanité et laisse la bestialité t’envahir au point de devenir un monstre, cruel et sans compassion. On ne dit jamais clairement ce que ce mec a fait subir à Zola, on ne voulait pas rentrer dans les détails pour justement dénoncer toutes les formes de violences.<br>Quoiqu’il ait fait, la figure du monstre induit avec évidence le danger qu’il représente pour Zola.<br>Et puis, sans spoiler, il y a cette résolution à la fin qui appelle à plusieurs interprétations, dont l’une pourrait être un écho au #BalanceTonPorc.</p>



<p><strong><em>On voit le personnage d&rsquo;Aloise Sauvage commencer à courir comme un animal à 4 pattes. Est-ce qu&rsquo;elle ne serait pas elle même un animal prédateur? C&rsquo;était quoi l&rsquo;idée de la représenter de cette manière?</em></strong><br>Absolument ! Je voulais montrer que le comportement sauvage pouvait également s’exprimer chez une femme, surtout si elle a intégré les préceptes du patriarcat qui se retrouvent notamment dans le monde du travail où on dit aux femmes qu’il faut «&nbsp;grogner plus fort&nbsp;», «&nbsp;montrer les crocs&nbsp;», pour se faire entendre… autant d’expressions «&nbsp;animales&nbsp;» qui suggèrent indirectement d’écraser les autres pour exister.<br>Lou, le personnage d’Aloïse, travaille dans un monde de machistes où on peut aisément imaginer le flot de remarques misogynes qu’elle subit à longueur de journée. Comme la plupart des minorités, elle n’a pas eu d’autres choix que de «&nbsp;se blinder&nbsp;», ce qui implique selon moi de devenir comme l’autre en<br>épousant ses codes.<br>Lors d’un repérage, j’ai croisé une bouchère qui faisait des blagues graveleuses et mettait des mains aux fesses de ses collègues.<br>Ce n’est pas un jugement, j’ai compris que la seule manière d’être “intégrée”, c’était d’agir comme eux. De la même manière si Lou se met à courir à 4 pattes, c’est parce qu’elle oscille sur cette fine ligne humanité/bestialité.<br>Comme un réflexe, une manière de riposter face au danger, son instinct animal se réveille, elle perd sa sensibilité et semble à deux doigts de se transformer elle aussi en bête. Ce qui la «&nbsp;maintient&nbsp;» humaine, c’est la pitié de Zola.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="553" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Still-3-credit-_-Marion-Raymond-Seraille-1024x553.jpg" alt="femme devant casiers jaunes" class="wp-image-20383" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Still-3-credit-_-Marion-Raymond-Seraille-1024x553.jpg 1024w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Still-3-credit-_-Marion-Raymond-Seraille-300x162.jpg 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Still-3-credit-_-Marion-Raymond-Seraille-768x415.jpg 768w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Still-3-credit-_-Marion-Raymond-Seraille-1536x830.jpg 1536w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Still-3-credit-_-Marion-Raymond-Seraille-2048x1106.jpg 2048w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Still-3-credit-_-Marion-Raymond-Seraille-111x60.jpg 111w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Still-3-credit-_-Marion-Raymond-Seraille-1320x713.jpg 1320w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Crédit-Marion Raymond Seraille</em></figcaption></figure>



<p><strong><em>On ne voit que des personnages féminins à part la bête peux-tu nous en dire un peu plus sur chaque personnage et ce qu&rsquo;il représente ?</em></strong><br>C’est un choix qui est venu rapidement, à l’écriture : celui de donner à voir des femmes de générations et classes sociales différentes dans un espace masculin qui, bien que désert, s’avère oppressant.<br>En travaillant ma direction d’acteurs, je me suis demandée pour chaque personnage féminin quel genre de «&nbsp;fauve&nbsp;» elle serait, en situation de danger.</p>



<p>La gardienne, à l’entrée des “enfers”, a un comportement de fouine et renifle Zola comme un étrange animal qui n’a rien à faire là, au volant d’une Alfa Roméo. Sa marque dans le cou lui sert de «&nbsp;laisser passer&nbsp;» qu’on ne comprendra qu’à la fin en voyant la même marque cicatrisée sur le bras de la<br>gardienne. On peut imaginer qu’il s’agit d’une femme qui a subi des violences dans le passé, qui a reconnu la détresse de Zola et «&nbsp;accepté&nbsp;» de la laisser entrer.<br>Si Zola devait avoir un «&nbsp;animal totem&nbsp;», ce serait un chien apeuré, esseulé.<br>Elle est comme piégée, sous influence, dans l’illusion que son monstre puisse changer et que leur relation redevienne apaisée.<br>La barmaid est un personnage empathique qui fait le lien avec les autres. Comme une inconnue bienveillante, elle est la seule à croire Zola sans remettre en question sa parole même si elle n’a pas de preuves. Elle incarne une forme de sagesse et de spiritualité, notamment lorsqu’elle lit le message<br>au fond de la tasse. Son animal à elle, serait le hibou, associé à la mort «&nbsp;symbolique&nbsp;», annonciatrice de changements.<br>Quant à Lou, pas besoin de faire un dessin, c’est une panthère !</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le cinéma de genre en France et la place des femmes</h2>



<p><strong><em>Est-ce-que que tu peux nous en dire un peu plus sur ta volonté d&rsquo;engager des techniciennes femmes? et comment ça s&rsquo;est passé?&nbsp;</em></strong><br>Je me souviens de ce mail de Violaine qui m’a écrit après avoir fait un don, en se présentant comme une meuf qui conduit des gros camtars sans pression dans Paris&nbsp;! Elle est l’une première à avoir rejoint l’équipe comme régisseuse gé.&nbsp;<br>C’est au moment du financement participatif que mon engagement féministe a commencé à «&nbsp;déborder&nbsp;» et s’imposer dans le recrutement de mon équipe. Il y a toujours eu une sous-représentation de femmes sur les plateaux alors qu’on trouve proportionnellement plus d’étudiantes sur les bancs d’école de cinéma.<br>Quitte à faire exploser mon propre sentiment d’illégitimité, je me suis dit que je<br>pouvais en embarquer quelques-unes avec moi !<br>L’engouement a pris et je suis fière de dire que les femmes représentent 75% de mon équipe technique avec une majorité de cheffes de poste.<br>Apparemment, les mecs n’ont pas vu la différence à être «&nbsp;drivés&nbsp;» par des meufs et ont apprécié l’ambiance générale du plateau, là où les femmes se sont senties plus à l’aise pour travailler et diriger sans redouter de rapports d’égo.<br>Ne serait-il pas temps de lancer une mode, pour enfin espérer arriver à une normalité&nbsp;?</p>



<figure class="wp-block-embed aligncenter is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Making Of - les coulisses du tournage à Rungis !" width="790" height="444" src="https://www.youtube.com/embed/3gRnP0XBdDo?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<p><br><strong><em>Il y a peu de femmes en France qui font du genre. Comment l&rsquo;expliquerais tu?</em></strong><br>Il y a déjà peu de films de genre produits en France, proportionnellement moins de femmes que d’hommes qui réalisent et, précisons-le aussi, les réalisatrices sont davantage cantonnées à de «&nbsp;petits budgets&nbsp;» (cf l’étude du 5050).<br>Ça en dit long sur le chemin qu’une femme doit parcourir pour porter un film, davantage encore s’il s’agit d’un film de genre. Mais les lignes bougent notamment grâce à des collectifs et j’ai bon espoir qu’on soit de plus en plus de femmes à s’emparer de ce cinéma. Je le constate déjà dans les circuits du court-métrage&nbsp;: il n’y a qu’à voir au <strong>Final Girls à Berlin</strong>, nous étions 4 françaises à présenter nos films !</p>



<p><strong><em>Existe-t-il des subventions du cinéma ou des régions en place pour visibiliser plus les femmes ?</em></strong><br>On ne peut pas vraiment parler de subvention, mais suite aux premières Assises sur la parité, l’égalité et la diversité dans le cinéma, le CNC a mis en place la bonification du fonds de soutien pour les films avec des équipes paritaires. Il s’agit d’un «&nbsp;bonus&nbsp;» de 15% qui encourage le recrutement des femmes cheffes de poste. Il y a eu d’autres engagements comme celui de rendre les commissions du CNC paritaires, mettre en valeur les films de matrimoine, davantage de films de réalisatrice pour les programmes<br>d’éducation à l’image…<br>Personnellement, je pense qu’on n’arrivera pas de sitôt à une égalité et une diversité tant qu’on ne mettra pas clairement en place des quotas &#8211; même si je trouve ça terrible d’en arriver là.</p>



<p><strong><em>Félicitations pour avoir gagné le prix du public dans ta catégorie au Finals Girls ! Comment as-tu vécu la présentation de ton film au Finals Girls?</em></strong><br>Merci ! C’est notre toute première sélection et donc une grande fierté de recevoir ce prix ! Un film qui «&nbsp;rencontre&nbsp;» son public est très valorisant, surtout quand il peine à être projeté en France… Il a fallu dépasser les frontières pour ça, mais en y réfléchissant, je n’aurai pu rêver mieux qu’un<br>festival féministe à Berlin pour la première mondiale !</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Backstage-equipe-4-credit-_-Flo-Pernet-1024x683.jpg" alt="femme devant voiture" class="wp-image-20386" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Backstage-equipe-4-credit-_-Flo-Pernet-1024x683.jpg 1024w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Backstage-equipe-4-credit-_-Flo-Pernet-300x200.jpg 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Backstage-equipe-4-credit-_-Flo-Pernet-768x512.jpg 768w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Backstage-equipe-4-credit-_-Flo-Pernet-1536x1024.jpg 1536w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Backstage-equipe-4-credit-_-Flo-Pernet-2048x1365.jpg 2048w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Backstage-equipe-4-credit-_-Flo-Pernet-90x60.jpg 90w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Backstage-equipe-4-credit-_-Flo-Pernet-374x249.jpg 374w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Backstage-equipe-4-credit-_-Flo-Pernet-1320x880.jpg 1320w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Credit- Flo Pernet</em></figcaption></figure>



<p><strong><em>Est-ce-que que tu vas aller présenter Unes au festival de Boston?</em></strong></p>



<p>Les États-Unis, ça me semble tellement loin et démesuré ! Au début j’ai carrément cru à une erreur de leur part… C’est fou parce que j’ai fait ce film pour qu’il soit vu au plus grand nombre mais dès qu’on y accorde de l’importance et qu’on m’offre de la visibilité, j’ai du mal à y croire. J’ai visiblement encore quelques comptes à régler avec mon syndrome de l’imposteur (ahah) et la première étape pour le combattre, c’est très certainement me rendre au Boston Underground Festival pour y présenter mon film fièrement !</p>



<p><strong><em>Quels sont tes inspirations dans les films et séries de genre ?</em></strong><br>J’ai clairement été biberonnée à <strong><em>Buffy contre les Vampires</em></strong> sans évidemment me rendre compte de la dimension féministe à l’époque mais j’aime penser qu’elle inspire inconsciemment mes projets.<br><strong><em>Thelma et Louise, Boulevard de la mort </em></strong>et <strong><em>Volver</em></strong> de Almodovar restent mes références ultimes pour ce court-métrage qui fait d’ailleurs quelques clins d’oeil de couleurs (jaune et rouge) et de cadres (notamment le truck shot).<br>Côté <strong><a href="https://bonchicbongenre.fr/focus-quest-ce-que-le-cinema-de-genre/" data-type="post" data-id="207">cinéma de genre</a></strong>, je citerai <strong><em>Get out, Paranoïa, Shutter island, Invisible man</em></strong>… Et en séries : La <strong><em>Servante Écarlate, Killing Eve, Sharp obects, les Papillons noirs</em></strong>…<br>Et là, je me rends compte que je n’ai pas cité beaucoup d’œuvres portées par des femmes, argh.</p>



<p><strong><em>Est-ce tu penses que le fait que Julia Ducournau ait eu la palme d&rsquo;or pour Titane peut changer les choses? Autant sur les femmes qui font du genre, que la reconnaissance du cinéma de genre?</em></strong><br>J’y crois fort en tout cas ! Mais comme les lignes sont longues à faire bouger<br>en France… il va falloir s’armer de patience.</p>



<p><strong><em>Quels sont tes prochains projets?</em></strong><br>Deux courts-métrages sont en cours de production &#8211; un thriller psychologique et un film fantastique &#8211; et je développe aussi des projets de séries depuis un an, qui ont tous en commun un traitement fantastique et un engagement féministe assumé (pour ne pas dire radical). Et si la France n’en veut pas, je sais que je n’aurais qu’à franchir les frontières !</p>



<p><strong>Bande annonce</strong> <strong>d<em>&lsquo;Unes:</em></strong></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Bande-annonce UNES" width="790" height="444" src="https://www.youtube.com/embed/g77o48arfvs?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://bonchicbongenre.fr/interview-unes-de-kam-duv/">[Interview] Kam Duv, réalisatrice d&rsquo;Unes</a> est apparu en premier sur <a href="https://bonchicbongenre.fr">Bon chic Bon genre - cinéma de genre(s)</a>.</p>
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		<title>[Festival] Final Girls Berlin FF #8 – Courts métrages</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jessica]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 11 Feb 2023 22:30:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Courts métrages]]></category>
		<category><![CDATA[Festivals]]></category>
		<category><![CDATA[Final Girls Berlin FF]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Aller en festival de cinéma c&#8217;est toujours l&#8217;occasion de découvrir des courts métrages. Format trop peu visible au quotidien, le court est pourtant une formidable opportunité de découvrir des auteur-es, des styles, et une force narrative (ou pas).Au Final Girls, les courts prennent une place très importante, alors on vous propose de revenir dessus et &#8230; </p>
<p>L’article <a href="https://bonchicbongenre.fr/festival-final-girls-berlin-ff-8-courts-metrages/">[Festival] Final Girls Berlin FF #8 – Courts métrages</a> est apparu en premier sur <a href="https://bonchicbongenre.fr">Bon chic Bon genre - cinéma de genre(s)</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-vivid-red-color has-text-color has-background" style="background-color:#fcb90069">Aller en festival de cinéma c&rsquo;est toujours l&rsquo;occasion de découvrir des <strong>courts métrages</strong>. Format trop peu visible au quotidien, le court est pourtant une formidable opportunité de découvrir des auteur-es, des styles, et une force narrative (ou pas).<br>Au Final Girls, les courts prennent une place très importante, alors on vous propose de revenir dessus et vous faire découvrir des réalisatrices à suivre !</p>



<p>Le Final Girls Berlin Film Festival a proposé 11 sessions de courts métrages pour cette année 2023, tous réalisés par des femmes ou des personnes non binaires. J&rsquo;en ai fait 9.<br>Nous avons assisté à presque toutes les séances. Les sessions de courts métrages sont classées par thématique. On vous propose de revenir globalement sur ces thématiques.</p>



<h2 class="wp-block-heading">1-Body horror</h2>



<p>&gt;&gt;7 courts métrages dont 4 provenant des USA.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-medium"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="159" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/screen-shot-2020-09-22-at-11-50-38-am_orig-300x159.jpg" alt="" class="wp-image-19813" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/screen-shot-2020-09-22-at-11-50-38-am_orig-300x159.jpg 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/screen-shot-2020-09-22-at-11-50-38-am_orig-1024x542.jpg 1024w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/screen-shot-2020-09-22-at-11-50-38-am_orig-768x406.jpg 768w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/screen-shot-2020-09-22-at-11-50-38-am_orig-113x60.jpg 113w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/screen-shot-2020-09-22-at-11-50-38-am_orig.jpg 1100w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Violet Daze</em></figcaption></figure>
</div>


<p>Ce <strong><a href="https://bonchicbongenre.fr/dossier-17-sous-genres-du-cinema-de-genre/" title="[ Dossier ] 17 sous genres du cinéma de genre">sous genre horrifique</a></strong>, dont le représentant emblématique est David Cronenberg est passionnant pour aborder le corps, ses changements, ses maladies, son intérieur.<br>Cette sélection manque sérieusement d&rsquo;éléments propres au body horror. La chair n&rsquo;est globalement pas au coeur de l&rsquo;image, sans effets dérangeants. Mais ce qui n&#8217;empêche pas d&rsquo;aborder des thématiques riches.</p>



<p>Les courts métrages abordent la sexualité avec l&rsquo;expérimental <strong><em>Shlop</em></strong> réalisé par des Suédoises, et de <strong><em>Love is a fire </em></strong>de Sofie Somoroff qui évoque la détérioration d&rsquo;un couple symbolisé par une infection. <br>On évoque sexualité et règles dans <strong><em>First blood </em></strong>d&rsquo;Olivia Loccisano et il faudra m&rsquo;expliquer pourquoi souvent, on fait boire ou manger les résidus de règles aux héroïnes. Une vision très classique de l&rsquo;adolescente qui a ses 1ères règles et qui n&rsquo;apporte rien.<br>Il est également question de rituels. Que ça soit pour garder la ligne pour une actrice qui se retrouve confrontée à une secte dans l&rsquo;inabouti <strong><em>Swallow </em></strong>de Mai Nakanishi. Ou pour garder une amie près de soi en s&rsquo;unifiant au 1er sens du terme, corporellement dans le rigolo <strong><em>Violet Daze</em></strong> de Marisa Martin. <br>On évoque la souffrance psychologique et corporelle à la suite de traumatismes dans le joli<strong><em> Legs </em></strong>de Celine Cotran reprend le symbole de l&rsquo;araignée qui représente la mère, pour évoquer la fausse couche. Quant à <strong><em>In the flesh</em></strong> de Daphne Gardner, il est question de gestion du trauma du viol à travers une eau sale qui envahie la baignoire de son héroïne. Ce dernier est un peu maladroit dans sa structure pour faire percuter son propos.</p>



<h2 class="wp-block-heading">2-Menacing presences</h2>



<p>&gt;&gt; 9 courts métrages dont 5 provenant des USA</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-medium"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="181" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/MV5BZDQ4M2JmY2QtY2ZlOC00OTM1LThmMWMtNzdiYzY0NzM2NDBlXkEyXkFqcGdeQXVyNjI4NDg3MjE@._V1_-300x181.jpg" alt="" class="wp-image-19814" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/MV5BZDQ4M2JmY2QtY2ZlOC00OTM1LThmMWMtNzdiYzY0NzM2NDBlXkEyXkFqcGdeQXVyNjI4NDg3MjE@._V1_-300x181.jpg 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/MV5BZDQ4M2JmY2QtY2ZlOC00OTM1LThmMWMtNzdiYzY0NzM2NDBlXkEyXkFqcGdeQXVyNjI4NDg3MjE@._V1_-1024x617.jpg 1024w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/MV5BZDQ4M2JmY2QtY2ZlOC00OTM1LThmMWMtNzdiYzY0NzM2NDBlXkEyXkFqcGdeQXVyNjI4NDg3MjE@._V1_-768x463.jpg 768w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/MV5BZDQ4M2JmY2QtY2ZlOC00OTM1LThmMWMtNzdiYzY0NzM2NDBlXkEyXkFqcGdeQXVyNjI4NDg3MjE@._V1_-1536x925.jpg 1536w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/MV5BZDQ4M2JmY2QtY2ZlOC00OTM1LThmMWMtNzdiYzY0NzM2NDBlXkEyXkFqcGdeQXVyNjI4NDg3MjE@._V1_-2048x1234.jpg 2048w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/MV5BZDQ4M2JmY2QtY2ZlOC00OTM1LThmMWMtNzdiYzY0NzM2NDBlXkEyXkFqcGdeQXVyNjI4NDg3MjE@._V1_-100x60.jpg 100w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/MV5BZDQ4M2JmY2QtY2ZlOC00OTM1LThmMWMtNzdiYzY0NzM2NDBlXkEyXkFqcGdeQXVyNjI4NDg3MjE@._V1_-1320x795.jpg 1320w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Mudmonster</em></figcaption></figure>
</div>


<p>Les présences menaçantes, quelles sont-elles? Cette session de courts métrage aurait tendance à répondre les écrans et la nuit.<br>Ainsi, <strong><em>Sleep Study </em></strong>de Nathalie Metzger aborde la paralysie du sommeil pour punir une femme indépendante qui a un mari au foyer. Le film d&rsquo;animation <strong><em>Deshabitada </em></strong>de Camila Donoso nous plonge dans le superbe cauchemar éveillé d&rsquo;une vieille femme tourmentée par ses souvenirs.<br>Le sympathique <strong><em>Night Work </em></strong>de Savannah Hunter Reeves emprunte les codes du home invasion pour torturer mentalement une jeune mère isolée le soir pour travailler.<br><strong><em>Mudmonster </em></strong>de O.B de Alessi traîne en longueur et en maniérisme pour donner vie à un monstre de boue, plus ou moins maîtrisée par une adolescente gothique.<br>Enfin, l&rsquo;horreur se matérialise à travers le téléphone dans l&rsquo;efficace <strong><em>It&rsquo;s not real </em></strong>de Tina Carbone, qui a l&rsquo;intelligence d&rsquo;allier téléphone, ombre et lumière pour convoquer nos peurs primaires du noir. Le grossier <strong><em>Glitch </em></strong>de Rebecca Berrih utilise également le téléphone mais avec moins de finesse et donc d&rsquo;efficacité.</p>



<p>Complètement à part dans la sélection, le passionnant <strong><em>Knit one stab two </em></strong>d&rsquo;Alison Peirse est un documentaire qui se penche sur la représentation de l&rsquo;utilisation du tricot dans les films de genre. Ce court m&rsquo;a fait réalisée que de nombreux films mettent en scène des personnages féminins qui tricotent. Pour symboliser leur folie latente, leur dangerosité insoupçonnée ou encore pour transformer cet objet paraissant innofensif en arme (Laurie Strode dans <strong><em><a href="https://bonchicbongenre.fr/analyse-saga-halloween-mal-myers/" title="[Analyse saga] Halloween, le Mal Myers">Halloween)</a></em></strong>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">3-Close to home</h2>



<p>&gt;&gt;7 courts métrages dont 4 provenant des USA</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-medium"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="169" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/MV5BNTBlYjkzMjEtYzIzMy00ZWJmLWJlNjMtN2FlYzkxM2NjODdiXkEyXkFqcGdeQXVyMjA5Mzk4NzM@._V1_-300x169.jpg" alt="" class="wp-image-19815" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/MV5BNTBlYjkzMjEtYzIzMy00ZWJmLWJlNjMtN2FlYzkxM2NjODdiXkEyXkFqcGdeQXVyMjA5Mzk4NzM@._V1_-300x169.jpg 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/MV5BNTBlYjkzMjEtYzIzMy00ZWJmLWJlNjMtN2FlYzkxM2NjODdiXkEyXkFqcGdeQXVyMjA5Mzk4NzM@._V1_-1024x576.jpg 1024w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/MV5BNTBlYjkzMjEtYzIzMy00ZWJmLWJlNjMtN2FlYzkxM2NjODdiXkEyXkFqcGdeQXVyMjA5Mzk4NzM@._V1_-768x432.jpg 768w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/MV5BNTBlYjkzMjEtYzIzMy00ZWJmLWJlNjMtN2FlYzkxM2NjODdiXkEyXkFqcGdeQXVyMjA5Mzk4NzM@._V1_-1536x864.jpg 1536w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/MV5BNTBlYjkzMjEtYzIzMy00ZWJmLWJlNjMtN2FlYzkxM2NjODdiXkEyXkFqcGdeQXVyMjA5Mzk4NzM@._V1_-2048x1152.jpg 2048w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/MV5BNTBlYjkzMjEtYzIzMy00ZWJmLWJlNjMtN2FlYzkxM2NjODdiXkEyXkFqcGdeQXVyMjA5Mzk4NzM@._V1_-107x60.jpg 107w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/MV5BNTBlYjkzMjEtYzIzMy00ZWJmLWJlNjMtN2FlYzkxM2NjODdiXkEyXkFqcGdeQXVyMjA5Mzk4NzM@._V1_-840x473.jpg 840w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/MV5BNTBlYjkzMjEtYzIzMy00ZWJmLWJlNjMtN2FlYzkxM2NjODdiXkEyXkFqcGdeQXVyMjA5Mzk4NzM@._V1_-1320x743.jpg 1320w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /><figcaption class="wp-element-caption"><strong><em>Everybody goes to the hospital </em></strong></figcaption></figure>
</div>


<p>Comme son nom l&rsquo;indique il est question de proximité dans cette session de courts métrages. Ainsi, la 1ère source d&rsquo;angoisse est la famille.<br>Dans le poignant <strong><em>Everybody goes to the hospital </em></strong>de Tiffany Kimmel, on suit en stop motion le calvaire d&rsquo;une petite fille dans un hôpital à la suite d&rsquo;une appendicite. Elle est mal aimée par ses parents et ignorée des médecins. La réalisatrice met en image ici l&rsquo;histoire de sa mère en 1963.<br>Le calvaire d&rsquo;avoir une famille pesante continue avec le maladroit <strong><em>Merah Bawang Putih </em></strong>d&rsquo;Andrea Nirmala Widjajanto qui évoque superficiellement la grossophobie.<br>Le rigolo <strong><em>The Forfeit</em></strong> vous fera passer joyeusement une party de Time&rsquo;s up parmi une belle famille déviante.<br>Quant au poétique film d&rsquo;animation <strong><em>Ethel</em></strong> de Beatrice Jäggi, il convoque l&rsquo;univers de Mr Jack pour évoquer le deuil d&rsquo;une petite fille qui admirait sa mère patineuse, mais cabossée par ce sport exigeant.<br><strong><em>Seafoam</em></strong> d&rsquo;Izzy Stevens manque cruellement de maitrise pour traiter le sujet de la peur de vieillir, à la It Follows.<br>On ne peut pas évoquer la maison, sans parler des violences conjugales. Ainsi le jouissif Scooter de Chelsea Lupkin invente une démone punissant les hommes violents verbalement et physiquement.<br>On s&rsquo;approche de ce qu&rsquo;on appelle « cinéma d&rsquo;auteur » avec <strong><em>White devil</em></strong> de Mariama Diallo et Benjamin Dickinson qui mettent en scène un couple avec une femme noir et un homme blanc. Le court métrage illustre comment un homme blanc peut s&rsquo;approprier la lutte anti raciste, et ses effets toxiques. Certainement le court dont la fin m&rsquo;a le plus glaçée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">4- Creatures</h2>



<p>&gt;&gt; 7 courts métrages dont 4 provenant des USA</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-medium"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="169" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/zzsucker1_0-300x169.jpeg" alt="" class="wp-image-19816" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/zzsucker1_0-300x169.jpeg 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/zzsucker1_0-768x432.jpeg 768w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/zzsucker1_0-107x60.jpeg 107w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/zzsucker1_0-840x473.jpeg 840w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/zzsucker1_0.jpeg 850w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /><figcaption class="wp-element-caption">Sucker</figcaption></figure>
</div>


<p>Une session de courts métrages plutôt réjouissante qui met au centre de l&rsquo;attention une créature.<br>Les démons symbolisent ici un côté intérieur négatif que les personnages doivent dompter. La jalousie en amitié dans le fun <strong><em>Hell Gig</em></strong> d&rsquo;Ella Gale, la dépression affrontée par deux soeurs dans <strong><em>Sucker</em></strong> d&rsquo;Alix Austin, le syndrome de l&rsquo;imposteur dans le génial <strong><em>Appendage </em></strong>d&rsquo;Anna Zlokovic, la culpabilité d&rsquo;une mère qui passe un week sans ses enfants dans le superficiel <strong><em>Kid free weekend</em></strong> de Rozalyn Mattocks.<br>On découvre un cafard rigolo mais qui finalement perpétue des clichés sexistes dans <strong><em>You&rsquo;re my best friend </em></strong>de Chell Stephen. Le sexisme continue avec <strong><em>Mantra</em></strong> de Stef Meyer qui fait un parallèle grossier et déjà vu entre mante religieuse et femme tueuse.<br><strong><em>Fishwife</em></strong> traite de violences masculines dans une nature maritime somptueuse du 18e siècle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">5- Bodily autonomy</h2>



<p>&gt;&gt;6 courts métrages dont 2 provenant des USA</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-medium"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="200" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/100A7370-300x200.jpeg" alt="" class="wp-image-19817" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/100A7370-300x200.jpeg 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/100A7370-1024x683.jpeg 1024w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/100A7370-768x512.jpeg 768w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/100A7370-1536x1024.jpeg 1536w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/100A7370-2048x1366.jpeg 2048w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/100A7370-90x60.jpeg 90w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/100A7370-800x530.jpeg 800w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/100A7370-420x280.jpeg 420w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/100A7370-1320x880.jpeg 1320w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Marked</em></figcaption></figure>
</div>


<p>On s&rsquo;approche du body horror avec cette sélection donc le but est de mettre en lumière des courts métrages traitant de la perte de l&rsquo;autonomie de son corps.<br>Finalement, le body horror est plus perceptible dans cette sélection.<br>On découvre avec cette session une grande diversité dans ce que représente la perte de la propriété d&rsquo;un corps.<br>La thématique des migrants est évoquée à travers de la SF dans <strong><em>La Antesala</em></strong> d&rsquo;Elisa Puerto Aubel qui fait froid dans le dos.<br>L&rsquo;appropriation du corps des femmes est évident au centre avec le corps de la femme enceinte dans le bordélique mais crispant <strong><em>Yummy Mummy </em></strong>de Gabriela Staniszewska, la contraception imposée qui finira dans le sang dans le sympathique <strong><em>Marked</em></strong> de Catherine Bonny. Et enfin le viol dans <strong><em>Sleep</em></strong> d&rsquo;Alexandra Pechman et <strong><em>Sangue Nero</em></strong> (qui a une pointe de loup garou qui n&rsquo;est pas pour me déplaire).</p>



<h2 class="wp-block-heading">6-Queer horror</h2>



<p>&gt;&gt;8 courts métrages dont 4 provenant des USA</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-medium"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="200" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/hundefreund_3-300x200.jpg" alt="" class="wp-image-19818" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/hundefreund_3-300x200.jpg 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/hundefreund_3-768x512.jpg 768w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/hundefreund_3-90x60.jpg 90w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/hundefreund_3-800x530.jpg 800w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/hundefreund_3-420x280.jpg 420w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/hundefreund_3.jpg 1000w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Hundefreund</em></figcaption></figure>
</div>


<p>Ce choix de sélection dit « queer » me laisse toujours dubitative car je pense qu&rsquo;il serait plus opportun d&rsquo;intégrer des personnages queer dans des intrigues sans en faire un sujet. Sauf quand il s&rsquo;agit de parler d&rsquo;un problème spécifique à la queerphobie.<br>On peut dire que la session se divise en deux ambiances. L&rsquo;une regroupe des courts expérimentaux et barrés auxquels j&rsquo;ai assez peu accroché (<strong><em>Ricochet </em></strong>de Daviel Shy et Valerie Whitehawk, <strong><em>It takes a village</em></strong> de Glam Hag, <strong><em>Plastic Touch</em></strong> d&rsquo;Aitana Ahrens). <br><strong><em>Violet butterfield: makeup artist for the dead</em></strong> de Brooke Edler est certainement le plus fun, en mettant en scène une maquilleuse pour morts qui est subliment interprétée.<br>L&rsquo;autre creuse un propos plus politique. <strong><em>Apostasy </em></strong>de Siobhan Paterson traite trop simplement d&rsquo;une adolescent coincée dans la religion qui découvre son homosexualité, le très touchant <strong><em>Don&rsquo;t go where I can&rsquo;t find you</em></strong> de Rioghnach Ni Ghruioghair évoque la confrontation d&rsquo;une lesbienne quinquagénaire face à sa culpabilité de ne pas avoir pu sauver sa compagne. Enfin <strong><em>Hundefreund </em></strong>de Maissa Lihedheb fait écho au court métrage <strong><em>White devil </em></strong>évoqué plus haut en mettant en scène un couple gay mixte. Après une belle 1ère partie fun et portée par des comédiens talentueux qui apportent une vraie touche de naturel, la 2e partie désarme en assumant un propos politique fort. Le blanc commence maladroitement une discussion autour du racisme, face à son compagne noir qui accueille ces propos avec un cynisme et humour noir tout à fait jouissif.</p>



<h2 class="wp-block-heading">7-Midnight</h2>



<p>&gt;&gt;9 courts métrages dont 8 provenant des USA</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-medium"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="169" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/55cc50bf-5031-4c71-a09c-0fedf263bb2f_rw_1920-300x169.jpg" alt="" class="wp-image-19819" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/55cc50bf-5031-4c71-a09c-0fedf263bb2f_rw_1920-300x169.jpg 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/55cc50bf-5031-4c71-a09c-0fedf263bb2f_rw_1920-1024x576.jpg 1024w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/55cc50bf-5031-4c71-a09c-0fedf263bb2f_rw_1920-768x432.jpg 768w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/55cc50bf-5031-4c71-a09c-0fedf263bb2f_rw_1920-1536x864.jpg 1536w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/55cc50bf-5031-4c71-a09c-0fedf263bb2f_rw_1920-107x60.jpg 107w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/55cc50bf-5031-4c71-a09c-0fedf263bb2f_rw_1920-840x473.jpg 840w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/55cc50bf-5031-4c71-a09c-0fedf263bb2f_rw_1920-1320x743.jpg 1320w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/55cc50bf-5031-4c71-a09c-0fedf263bb2f_rw_1920.jpg 1920w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Chicks</em></figcaption></figure>
</div>


<p>Cette séance de minuit est sensée proposer des oeuvres fun, décalées, gores bref, le fameux amusement de minuit que tout fan de genre attend. Le concept est né dans les années 50 aux USA donc pas étonnant que quasi tous les films de la sessions soient américains.<br>Non seulement la sélection répond peu à ces attentes, mais en plus la qualité des films laissent à désirer.</p>



<p>Il y a d&rsquo;abord ceux qui tentent de s&rsquo;appuyer vaguement sur des problématiques féministes qui tapent à côté (l&rsquo;image de la femme au foyer dans <strong><em>Wild Bitch</em></strong> de Kate Nash et Rebekka Johnson et un homme dont le pénis rétrécit à chaque phrase sexiste qu&rsquo;il prononce dans <strong><em>Inch by Inch </em></strong>de Karolina Esqueda). La 1ère partie de <strong><em>Chicks</em></strong> qui raconte l&rsquo;intégration d&rsquo;une adolescente sage chez les filles populaires, était prometteuse mais le film se perd ensuite dans un rite de passage en mode sabbat un peu ridicule.<br>Viennent ensuite les courts dont on ne comprend pas l&rsquo;intérêt, avec une vampire qui boit le sang de ses règles (encore!) pendant la minute du court, dans Vampire Straw de Marianne Chase et Emily Taylor. <strong><em>Big Weekend Plans</em></strong> de Tesha Kondrat, tourne en dérision les pulsions suicidaires d&rsquo;une femme, qui finit par réaliser qu&rsquo;elle veut vivre en arrivant presque à se tuer accidentellement ?<br><strong><em>Meat Friends</em></strong> d&rsquo;Izzy Lee parodie le format de série télé américaine cheesy, met en scène un monstre rose fait de steaks dans un micro onde, et devient l&rsquo;ami d&rsquo;une petite fille. Cela aurait pu être le moment vraiment fun de la soirée, mais les séquences s&rsquo;enchaînent trop rapidement sans explorer le potentiel comique de ce qui s&rsquo;apparente à une marionnette de show. Idem pour <strong><em>The Promotion</em></strong> de Kate Espada, qui tourne vite en rond en filmant un homme et une femme en confrontation verbale pour obtenir un nouveau poste.</p>



<p>Finalement, les 2 courts métrages les plus intéressants sont ceux qui utilisent une thématique bien connue dans le cinéma de genre: les apparences ne sont pas celles que l&rsquo;on croit. <strong><em>She&rsquo;s killing it </em></strong>de Jamie Rice et Nicole Machon raconte la descente aux enfers de l&rsquo;égo d&rsquo;une one woman show dont les blagues sont issues d&rsquo;une sorte de necronomicon. Malgré une fin bâclée, le reste est plutôt divertissant.<br>Le plus réussi reste <strong><em>Maybe you should be careful </em></strong>de Megan Robinson qui résonne étrangement avec <strong><em><a href="https://bonchicbongenre.fr/critique-a-girl-walks-home-alone-at-night/" title="[Critique] A girl walks home alone at night: féminisme mordant">A girl walks home alone at night</a></em></strong> (avec un ton plus léger), car il s&rsquo;agit d&rsquo;une femme en apparence inoffensive, qui s&rsquo;avère dangereuse la nuit. Un homme soupçonne sa petite amie d&rsquo;être une tueuse simplement car elle ressemble à une suspecte. L&rsquo;ensemble est un peu long, mais le concept relativement bien maitrisé et j&rsquo;aimerais bien ce que cela pourrait donner en long.</p>



<h2 class="wp-block-heading">8-Young n deadly</h2>



<p>&gt;&gt;5 courts métrages dont 1 provenant des USA</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-medium"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="181" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/LaVerrue_Stills__1.16.1-1024x617-1-300x181.jpg" alt="" class="wp-image-19820" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/LaVerrue_Stills__1.16.1-1024x617-1-300x181.jpg 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/LaVerrue_Stills__1.16.1-1024x617-1-768x463.jpg 768w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/LaVerrue_Stills__1.16.1-1024x617-1-100x60.jpg 100w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/LaVerrue_Stills__1.16.1-1024x617-1.jpg 1024w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>La Verrue</em></figcaption></figure>
</div>


<p>La session la plus décevante du festival. Alors que la thématique me passionne (les enfants tueurs/dangereux), aucun ne s&rsquo;est avéré qualitatif, à part <strong><em><a href="https://bonchicbongenre.fr/critique-interview-la-verrue-de-sarah-lasry/" title="[Critique &amp; interview] La Verrue de Sarah Lasry">La verrue</a></em></strong> de Sarah Lasry que j&rsquo;avais déjà vu Court Métrange et <strong><em>Hiama</em></strong> de Matasila Freshwater qui revisite Carrie du point de vue d&rsquo;une adolescente noire. Elle utilise les rites d&rsquo;une gardienne spirituelle de ses origines pour se venger. Le court est trop simple et un peu long dans son approche mais propre et malgré tout prenant.<br>Je vous passe donc le laborieux <strong><em>Lalanna&rsquo;s song </em></strong>de Megha Ramaswamy qui enchaîne les séquences inutiles, <strong><em>The Christening </em></strong>de Molly Scotti qui part d&rsquo;une idée intéressante (la mauvaise influence de la religion sur une gamine), mais qui en fait un objet moche, mal joué et au final sans intérêt.<br>(Ne demandez pas pour le 5e, je l &lsquo;ai loupé).</p>



<h2 class="wp-block-heading">9-High tension</h2>



<p>&gt;&gt;6 courts métrages dont 1 provenant des USA</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-medium"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="223" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/Capture-decran-2023-02-11-a-18.03.31-300x223.png" alt="" class="wp-image-19821" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/Capture-decran-2023-02-11-a-18.03.31-300x223.png 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/Capture-decran-2023-02-11-a-18.03.31-1024x761.png 1024w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/Capture-decran-2023-02-11-a-18.03.31-768x571.png 768w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/Capture-decran-2023-02-11-a-18.03.31-1536x1142.png 1536w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/Capture-decran-2023-02-11-a-18.03.31-81x60.png 81w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/Capture-decran-2023-02-11-a-18.03.31-1320x981.png 1320w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/02/Capture-decran-2023-02-11-a-18.03.31.png 1622w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Unes</em></figcaption></figure>
</div>


<p>Cette dernière session était programmée à 22H45 un dimanche soir, autant dire la pire heure pour avoir du monde dans la salle. D&rsquo;autant qu&rsquo;elle clôturait également le festival.</p>



<p>Un cru de courts globalement assez pauvres tant en idées, qu&rsquo;en tension.<br>L&rsquo;image et le visage étaient au centre de <strong><em>You will see </em></strong>de Kathleen Bu et <strong><em>Face not recognized </em></strong>des Also Sisters. L&rsquo;un utilisant le motif de l&rsquo;appareil photo pour faire ressortir l&rsquo;horreur, l&rsquo;autre filmant une femme dont le visage est recouvert de ciment. On s&rsquo;ennuie ferme.<br>On passe ensuite à <strong><em>Nia Sol Nia Sombra</em></strong> de Talia Hernando qui tente de mettre en scène la violence conjugale et de ce qu&rsquo;elle peut avoir de soudain. Mais le traitement est tellement lourdingue, que le personnage féminin ne suscite aucune empathie.<br><strong><em>Kickstart my heart</em></strong> de Kelsey Bolling fait le parallèle grossier mais fun, entre être entre la vie et la mort, et une bataille imaginaire à coups de poings contre des méchants à la <strong><em>Kick Ass</em></strong>. Le fun retombe aussi sec au générique, quand on nous sert des images personnelles de la réalisatrice qui a réellement eu un accident et qui raconte ici son histoire. Une image ou deux avec le contexte aurait suffit. Cela en dévient gênant de voir tant d&rsquo;intimité dévoilée.</p>



<p>Les 2 derniers courts traitent de la violence masculine. Unes de Kam Duv (avec Aloïse Sauvage, coeurs sur elle), met en scène une femme qui fait appel à son ex petite amie car son compagnon se transforme en monstre. Le court a été tourné à Rungis, dans un abattoir, décor idéal pour représenter l&rsquo;horreur et le patriarcat. Une vraie sororité des personnages féminins se dégagent tout de suite, et la traque dans l&rsquo;abattoir est prometteuse, on aurait aimé en voir plus!<br><strong><em>Phantasmagorie </em></strong>d&rsquo;Alejandro Mathe bénéficie d&rsquo;une photographie magnifique, à la Witch permettant une immersion dans cette ambiance inquiétant où le diable (l&rsquo;homme) entre dans la bergerie. </p>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color has-background" style="background-color:#f6de9c">C&rsquo;était un vrai plaisir de découvrir autant de courts, d&rsquo;autant que dans presque toutes les sessions j&rsquo;ai été séduite par 2 ou 3 courts.<br>Des univers, thématiques riches où les personnages masculins hétéro sont quasi inexistants. On peut également noter que quelle que soit la qualité des courts métrages, il est rarement question d&rsquo;histoires d&rsquo;amour. Au mieux de sexe, au pire le couple est posé comme contexte, pas comme sujet.<br></p>



<h2 class="wp-block-heading"><br><br></h2>



<p></p>
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		<title>[Critique &#038; interview] La Verrue de Sarah Lasry</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jessica]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 04 Dec 2022 14:45:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Courts métrages]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques]]></category>
		<category><![CDATA[court métrage]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Verrue est le 2e court métrage de Sarah Lasry. Il raconte l&#8217;histoire d&#8217;une fillette nommée Salomé, qui se découvre un jour, une verrue sur le nez. Elle tente de composer avec ce détail gênant, et sa relation de plus en plus tendue avec ses parents. La Verrue, sorti en 2021, a fait un petit &#8230; </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-vivid-red-background-color has-text-color has-background" style="color:#fff8e3"><strong><em>La Verrue</em></strong> est le 2e court métrage de Sarah Lasry. Il raconte l&rsquo;histoire d&rsquo;une fillette nommée Salomé, qui se découvre un jour, une verrue sur le nez. Elle tente de composer avec ce détail gênant, et sa relation de plus en plus tendue avec ses parents.</p>



<p><strong><em>La Verrue</em></strong>, sorti en 2021, a fait un petit tour des festivals spécialisés dans les <strong><a data-type="post" data-id="207" href="https://bonchicbongenre.fr/focus-quest-ce-que-le-cinema-de-genre/">films de genre</a></strong>, notamment le <strong><a data-type="URL" data-id="https://www.pifff.fr" href="https://www.pifff.fr">PIFFF </a></strong>où il a gagné plusieurs prix.<br>Je l&rsquo;ai découvert à l&rsquo;occasion de mon passage au festival Court Métrange, à Rennes où la réalisatrice Sarah Lasry était présente.<br>Les réalisatrices dans le<strong><a data-type="post" data-id="295" href="https://bonchicbongenre.fr/focus-le-cinema-de-genre-francais/"> cinéma de genre français </a></strong>étant toujours peu présentes, j&rsquo;ai toujours plaisir à visibiliser leur travail. </p>



<figure class="wp-block-image size-medium"><img loading="lazy" decoding="async" width="212" height="300" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2022/12/media-212x300.jpeg" alt="" class="wp-image-19243" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2022/12/media-212x300.jpeg 212w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2022/12/media.jpeg 724w" sizes="(max-width: 212px) 100vw, 212px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading">1 &#8211; Critique: La Verrue</h2>



<p>Un court métrage de genre français réalisé par une femme, qui fait référence à un élément emblématique de la sorcière: il ne m&rsquo;en fallait pas plus pour avoir envie de découvrir <strong><em>La Verrue</em></strong>.<br>Par ailleurs, j&rsquo;ai découvert sa réalisatrice dans le documentaire de Matis Catel, <strong><em><a data-type="post" data-id="9998" href="https://bonchicbongenre.fr/critique-et-interview-laissez-rentrer-les-monstres/">Laissez rentrer les monstres</a></em></strong>. J&rsquo;avais particulièrement apprécié son regard sur ce qu&rsquo;apportent les femmes dans le cinéma de genre.</p>



<p><strong><em>La Verrue</em></strong> s&rsquo;ouvre sur une petite fille est poursuivie par un homme dans une maison. Entre jeu et inquiétude, la scène fonctionne en reflet d&rsquo;une séquence similaire dans <strong><em>Martyrs </em></strong>de Pascal Laugier, où une adolescente est poursuivie par son frère. Ces séquences traduisent une ambiguïté des sentiments et des personnages, qui traverse le début de l&rsquo;adolescence de Salomé, l&rsquo;héroïne de <strong><em>La Verrue</em></strong>.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="412" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2022/12/diapofilm_HigI6mpvyCOEJQl9ZHSEbV02pX6zjkNkiCF4miuP-1024x412.jpeg" alt="" class="wp-image-19242" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2022/12/diapofilm_HigI6mpvyCOEJQl9ZHSEbV02pX6zjkNkiCF4miuP-1024x412.jpeg 1024w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2022/12/diapofilm_HigI6mpvyCOEJQl9ZHSEbV02pX6zjkNkiCF4miuP-300x121.jpeg 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2022/12/diapofilm_HigI6mpvyCOEJQl9ZHSEbV02pX6zjkNkiCF4miuP-768x309.jpeg 768w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2022/12/diapofilm_HigI6mpvyCOEJQl9ZHSEbV02pX6zjkNkiCF4miuP-1320x532.jpeg 1320w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2022/12/diapofilm_HigI6mpvyCOEJQl9ZHSEbV02pX6zjkNkiCF4miuP.jpeg 1430w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p>Le cinéma de genre est connu pour traiter de l&rsquo;adolescence (et notamment féminine), cette période faite de changements corporels mais aussi psychiques.<br>Dans <strong><em>La Verrue</em></strong>, on est constamment du point de vue Salomé, avec un angle assez peu traité au cinéma: la quête d&rsquo;identité par le biais de non dits des adultes.<br>C&rsquo;est pourtant une situation universelle, vécue par quasiment tout le monde; l&rsquo;absence de capacité des adultes à communiquer avec leurs enfants, supposant ou espérant que les enfants ne comprennent pas.</p>



<p>Sarah Lasry, filme donc une maison des secrets, où l&rsquo;expression « ce qui se cache derrière la porte » porte tout son sens. Elle reprend des références classiques de la sorcière (la verrue qui apparait sur le nez de Salomé, symbolisant à la fois un changement corporel, mais aussi un élément déstabilisant (autant pour Salomé que son père, à l&rsquo;image de la situation amoureuse de ses parents), mais aussi la <strong>sorcière guérisseuse et référente</strong> en la personne du médecin, qui concocte une potion refroidissante pour traiter la verrue. </p>



<figure class="wp-block-image size-medium"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="181" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2022/12/LaVerrue_Stills__1.16.1-1024x617-1-300x181.jpg" alt="" class="wp-image-19251" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2022/12/LaVerrue_Stills__1.16.1-1024x617-1-300x181.jpg 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2022/12/LaVerrue_Stills__1.16.1-1024x617-1-768x463.jpg 768w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2022/12/LaVerrue_Stills__1.16.1-1024x617-1.jpg 1024w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



<p>Que serait un film de sorcière sans une <strong>traditionnelle danse</strong> dans les bois? Ici elle fait davantage penser à une affirmation de soi, face à l&rsquo;adulte, et qui plus est masculin, appuyée par une mise en scène qui filme cette danse comme une danse guerrière. Certainement la scène la plus puissante du court.<br>Cette verrue fait basculer le comportement de son père, qui est répulsé par celle-ci, à tel point qu&rsquo;il ne voit plus sa fille qu&rsquo;à travers ce défaut physique. Une situation que toute adolescente connait.<br>L&rsquo;actrice Inès Mnafek-Amandio est impressionnante de maitrise, notamment de son corps et porte le film du début à la fin. <br><strong><em>La Verrue</em></strong> oscille entre mise en scène réaliste ou naturaliste le jour, ponctuée par des incursions fantastiques la nuit, les moments où le mystère se joue. </p>



<p><strong><em>La Verrue </em></strong>est un film prometteur pour la suite, qui manque parfois d&rsquo;une vraie identité visuelle pour marquer, mais qui se démarque par un sujet passionnant et une direction d&rsquo;acteur-rices maitrisée.<br>J&rsquo;ai hâte de voir le 1er long de sa réalisatrice.</p>



<h2 class="wp-block-heading">2 &#8211; Interview de Sarah Lasry, réalisatrice</h2>



<figure class="wp-block-image size-medium"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="300" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2022/11/photosarahlasry_GabrielRenault-200x300.jpg" alt="" class="wp-image-19191" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2022/11/photosarahlasry_GabrielRenault-200x300.jpg 200w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2022/11/photosarahlasry_GabrielRenault-683x1024.jpg 683w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2022/11/photosarahlasry_GabrielRenault-768x1152.jpg 768w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2022/11/photosarahlasry_GabrielRenault-1024x1536.jpg 1024w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2022/11/photosarahlasry_GabrielRenault-1320x1980.jpg 1320w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2022/11/photosarahlasry_GabrielRenault.jpg 1365w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>



<p><strong>Tu as grandi à côté de Chicago, étudié à Paris&#8230;Peux tu présenter ton parcours, qui tu es et comment tu es arrivée à être réalisatrice?</strong></p>



<p>Oui j’ai grandi à Chicago et fait des études de théâtre au Royaume-Uni, puis travaillé comme journaliste culture à Paris. En 2013, j’ai écrit et réalisé mon premier court-métrage&nbsp;<em><strong>Les Voix volées</strong>&nbsp;</em>et en 2017, lorsque j’ai été prise à l’Atelier scénario de la Fémis, j’ai décidé ensuite de me consacrer uniquement à l’écriture et la mise en scène.&nbsp;</p>



<p><strong>La Verrue, ton 2e court métrage commence à parcourir les festivals et a même été récompensé au PIFFF. Comment tu ressens l&rsquo;accueil en festival? Comment sont les retours?</strong></p>



<p>C’est un film assez intime sur le sujet de la famille et j’ai été touchée lorsque certains spectateurs m’ont confié qu’ils se reconnaissaient dans cette histoire ou certains souvenirs d’enfance. Souvent les gens me parlent aussi de leurs histoires de verrues &#8211; à quels moments elles sont apparues, comment ils les ont soigné… C’est passionnant !</p>



<p>Le film peut être déstabilisant car j’ai choisi de laisser plusieurs pistes ouvertes, mais je trouve ça important que le spectateur puisse aussi former sa propre interprétation. J’ai été heureuse d’avoir autant de retours sur le jeu de mes comédiens, en particulier l’héroïne, Salomé, interprétée par <strong>Inès Mnafek-Amandio</strong>, pour qui c’était le premier film et qui avait 11 ans pendant le tournage.&nbsp;</p>



<p><strong>« La verrue » utilise la verrue, un des éléments les plus clichés et ancien de la sorcière comme élément perturbateur. Le tout dans un contexte contemporain. Comment vois-tu la figure de la sorcière? Qu&rsquo;est ce qu&rsquo;elle signifie pour toi?</strong></p>



<p>J’ai grandi avec la figure de la <strong>sorcière monstrueuse</strong> dans les contes et dans le cinéma, avec des films tels que&nbsp;<em><strong>Blanche Neige&nbsp;</strong></em>ou<em>&nbsp;<strong>Le Magicien d’Oz</strong>…&nbsp;</em>Enfant, la sorcière me terrifiait et me fascinait à la fois.<br>Avec le temps, j’ai réalisé que je me <strong>m’identifiais toujours plus à la sorcière </strong>qu’à la princesse dans les contes. J’aimais sa complexité. Elle était trouble, en marge de la société. La sorcière ne correspond pas à un idéal féminin fantasmé par l’homme et donc elle effraie. Car c’est avant tout une figure qui refuse de se conformer et c’est cette idée que j’ai voulu mettre en avant dans le film. J’ai voulu me réapproprier l’image de la sorcière «&nbsp;horrifique&nbsp;» pour la détourner en une <strong>figure puissante de la contre-culture féministe</strong>. Salomé découvre sa différence pendant le film et décide d’en faire une force, au lieu d’avoir honte.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="290" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2022/11/e51ecc3c103f3b70aeef5a170a2ddb11.gif" alt="" class="wp-image-19194"/></figure>



<p><strong>La jeune actrice&nbsp;Inès Angelina Mnafek–Amandio est incroyable. C&rsquo;est toujours plus compliqué de tourner avec des enfants. Comment s&rsquo;est passé le casting et le tournage avec elle?</strong></p>



<p>J’ai eu beaucoup de chance de rencontrer Inès, grâce à ma directrice de casting Kenza Barrah. Inès nous a d’abord envoyé une vidéo d’elle en plein confinement et on y sentait toute sa folie, son goût du jeu, son univers noir. Elle était profondément libre ! C’était une évidence pour nous. J’ai répété la scène de danse avec elle plus d’un mois avant le tournage, ça nous a permis d’apprendre à nous connaître, de créer un lien.</p>



<p>Pendant le tournage, elle a été d’un grand professionnalisme, tout comme <strong>India Lonis</strong> qui joue sa petite soeur. Elle était curieuse de tout, posait des questions aux techniciens, avait envie de refaire des prises. C’était une grande joie de tourner avec elles, toujours dans la concentration et le plaisir du jeu.&nbsp;&nbsp;</p>



<p><strong>Peux tu expliquer d&rsquo;où vient <em>La Verrue</em>? Comment t&rsquo;est venue l’idée?</strong></p>



<p>Petite, j’avais des verrues sur le nez et je faisais beaucoup de cauchemars de sorcières, sans jamais comprendre pourquoi… Plus tard j’ai compris que ces verrues étaient liées à des choses précises de mon enfance. Le film explore cela.&nbsp;</p>



<p><strong>La scène d&rsquo;intro avec le père qui poursuit sa fille, m&rsquo;a beaucoup fait penser à celle de Martyrs de Pascal Laugier. Un mélange de peur, de jeu, d&rsquo;excitation. C&rsquo;est un peu ce que représente le cinéma de genre pour toi? Tu souhaitais représenter une certaine ambiguïté?</strong></p>



<p>Ce que j’aime dans cette scène d’ouverture c’est que le père est à la fois incroyablement joueur avec ses filles, enfantin presque, et en même temps, on dirait presque un ogre. C’est évident que l’ambiguïté m’intéresse dans les personnages, la dualité. Je ne pense pas que ça se limite au cinéma de genre d’ailleurs !&nbsp;</p>



<p><strong>Est-ce que <em>La Verrue</em> raconte l&rsquo;histoire d&rsquo;une petite fille qui commence à grandir et se rebelle contre son père dont elle ne comprend pas les attitudes?</strong></p>



<p>Oui, c’est l’histoire d’une enfant qui sent un énorme non-dit au sein de sa famille et qui a besoin d’exprimer une rage face au silence de ses parents. Elle n’arrive pas à mettre des mots sur ce qui se passe dans sa maison, alors elle décide d’agir.&nbsp;</p>



<p><strong>C&rsquo;est assez rare de voir une forme de polyamour ou de « trouple » dans le cinéma de genre. Pourquoi ce choix ?</strong></p>



<p>La forme du trouple est lié à mon histoire familiale, d’où mon choix d’explorer ce sujet, mais ce qui m’importait c’était de toujours rester du <strong>point de vue de l’enfant.</strong>&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-pullquote"><blockquote><p>Le film de genre permet aux réalisatrices d’évoquer des <strong>questions politiques</strong> liées au corps, à la sexualité, la filiation, le racisme, la migration ou la maternité de façon radicale. Il y a un véritable public pour ces films et les producteurs l’ont compris.&nbsp;</p></blockquote></figure>



<p><strong>Comment s&rsquo;est passé le tournage? Combien de temps a-t il duré? Quelle a été la plus grosse difficulté?</strong></p>



<p>Le tournage a duré 5 jours. On a tourné en octobre 2020. La plus grande difficulté était la course contre le temps en plein covid. La première journée de tournage était sans doute la plus difficile car la plus longue, on devait notamment filmer la danse dans la forêt en steadycam, des scènes de nuit aussi. Il pleuvait, on perdait la lumière du jour… Mais dans ces moments, il faut toujours garder son sang-froid. Heureusement, j’étais entourée d’une équipe très talentueuse, motivée et endurante !&nbsp;</p>



<p><strong>On fait souvent le constat que les réalisatrices de genre peinent à passer au long métrage. Comment l&rsquo;expliques tu ?</strong></p>



<p>Au contraire ! J’ai l’impression de découvrir de nombreux films de genre réalisés par des femmes ces dernières années, que ce soit Julia Ducourneau, <strong><a href="https://bonchicbongenre.fr/critique-a-girl-walks-home-alone-at-night/" data-type="post" data-id="1128">Ana Lily Amirpour</a></strong>, Rose Glass, Charlotte Colbert ou Mariama Diallo pour ne citer qu’elles. Le film de genre permet aux réalisatrices d’évoquer des <strong>questions politiques</strong> liées au corps, à la sexualité, la filiation, le racisme, la migration ou la maternité de façon radicale. Il y a un véritable public pour ces films et les producteurs l’ont compris.&nbsp;</p>



<p><strong>Peux-tu nous parler de ton 1er long que tu prépares,&nbsp;<em>La Sarramauca&nbsp;</em>?</strong></p>



<p>Le film s’inspire d’une légende des Pyrénées et part d’un fait divers qui a eu lieu près de là où j’ai grandi, à la fin des années 1980.</p>



<p><strong>Quels sont les longs métrages de genre qui t&rsquo;ont marqué ces 5 dernières années?</strong></p>



<p>J’ai une vision assez large de ce que peut être le film de genre. Mais dans le désordre, je dirais :&nbsp;</p>



<p><em><strong>Memoria</strong>&nbsp;</em>d’Apichatpong Weerasethakul,&nbsp;<strong><em>Un couteau dans le coeur</em>&nbsp;</strong>de Yann Gonzalez,&nbsp;<em><strong>Burning&nbsp;</strong></em>de Lee Chang-Dong,&nbsp;<em><strong>Nope</strong>&nbsp;</em>de Jordan Peele,&nbsp;<em><strong>Hérédité&nbsp;</strong></em>d’Ari Aster,&nbsp;<strong><em>Titane</em>&nbsp;</strong>de Julia Ducourneau,&nbsp;<em><strong>High Life</strong></em>&nbsp;de Claire Denis,&nbsp;<em>T</em><strong><em>he Humans</em>&nbsp;</strong>de Stephen Karam,&nbsp;<strong><em>The Strangers</em>&nbsp;</strong>de Na Hong Jin… J’ai aussi adoré la mini-série&nbsp;<em><strong>Sharp Objects</strong>&nbsp;</em>de Jean-Marc Vallée<em>.&nbsp;</em></p>



<figure class="wp-block-image size-medium"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="219" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2022/11/nope-300x219.jpeg" alt="" class="wp-image-19195" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2022/11/nope-300x219.jpeg 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2022/11/nope-1024x746.jpeg 1024w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2022/11/nope-768x560.jpeg 768w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2022/11/nope.jpeg 1280w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



<p><strong>Quel est le sous genre que tu aimes le moins? Pourquoi?</strong></p>



<p><strong>Les plateformes ont été un peu une roue de secours pour le cinéma de genre, qui peine à se faire distribuer. Quel est ton regard sur cette éternelle guerre plateforme/cinéma?</strong></p>



<p>Pour le <strong>court-métrage, les plateformes ont du sens</strong> car elles permettent aux films courts de continuer à exister, d’être vus par un plus large public. D’ailleurs<em>&nbsp;<strong>La Verrue</strong></em>&nbsp;sera bientôt diffusé sur une plateforme spécialisée de genre.</p>



<p>Cependant, je défendrai toujours le cinéma face aux plateformes. Je refuse de croire que l’avenir reposera sur des algorithmes qui s’adressent au plus grand nombre. En particulier pour le cinéma de genre, je pense que nous avons besoin de voir ces films dans une salle de cinéma, dans le noir, avec d’autres spectateurs. Nous aimons ressentir des émotions fortes ensemble, c’est toute la force du cinéma !</p>



<p>J’étais vraiment pas fan de western, mais peut-être que Jordan Peele m’a enfin réconciliée au genre…&nbsp;</p>



<p class="has-neve-link-color-color has-text-color"><strong><em>La Verrue</em></strong> de Sarah Lasry (2021), avec Inès Angelina Mnafek–Amandio, Sebastien Houbani, Judith Zins et Valentine Carette.<br>Production: Balade Sauvage Productions<br>Scénario: Sarah Lasry</p>
<p>L’article <a href="https://bonchicbongenre.fr/critique-interview-la-verrue-de-sarah-lasry/">[Critique &#038; interview] La Verrue de Sarah Lasry</a> est apparu en premier sur <a href="https://bonchicbongenre.fr">Bon chic Bon genre - cinéma de genre(s)</a>.</p>
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		<title>[Critique et interview ] Nouvelle Saveur de Merryl Roche</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jessica]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 May 2020 13:34:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Courts métrages]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma de genre]]></category>
		<category><![CDATA[court métrage]]></category>
		<category><![CDATA[joséphine japy]]></category>
		<category><![CDATA[nouvelles saveurs]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Nouvelle Saveur est un court métrage qui s&#8217;inscrit dans le body horror.Dans la première partie je vous propose une critique du court métrage et dans la seconde une interview de la réalisatrice Merryl Roche qui m&#8217;a fait le plaisir de répondre à mes questions. Nouvelles Saveurs de Merryl RocheAvec Joséphine Japy, Sébastien Houbani, Philippe ResimontPhotographie &#8230; </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-color has-background" style="background-color:#a71414;color:#fffff4"><strong><em>Nouvelle Saveur</em></strong> est un court métrage qui s&rsquo;inscrit dans le body horror.<br>Dans la première partie je vous propose une <strong>critique du court métrage</strong> et dans la seconde une<strong> interview </strong>de la réalisatrice Merryl Roche qui m&rsquo;a fait le plaisir de répondre à mes questions.</p>



<figure class="wp-block-image size-medium"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="300" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/media-200x300.jpg" alt="Joséphine Japy" class="wp-image-1903" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/media-200x300.jpg 200w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/media.jpg 682w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>



<p><em>Nouvelles Saveurs de <a href="https://www.merrylroche.fr" target="_blank" aria-label="Merryl Roche (opens in a new tab)" rel="noreferrer noopener" class="rank-math-link">Merryl Roche</a><br>Avec Joséphine Japy, Sébastien Houbani, Philippe Resimont<br>Photographie Aurélien Marra<br>Montage de Sébastien de Sainte Croix</em></p>



<p><a href="#Critique"><strong>1-La critique</strong></a></p>



<p><a href="#Entretien"><strong>2-Entretien avec Merryl Roche</strong></a></p>



<h2 id="Critique"><strong>1-Critique de Nouvelle Saveur</strong></h2>



<p><em>Marie (Joséphine Japy), est une jeune cuisinière récemment recrutée dans un restaurant étoilé. Elle travaille dur et l&rsquo;ambiance est tendue. Suite à une blessure, du sang coule dans sa sauce que le chef (Philippe Resimont) trouve exquise. C&rsquo;est le début d&rsquo;une compétition acharnée pour maintenir un haut niveau de l&rsquo;art culinaire&#8230;</em></p>



<p>La première impression qui reste de <strong><em>Nouvelle Saveur</em></strong>, c&rsquo;est sa maîtrise à filmer l&rsquo;ébullition de ce qui se passe dans une cuisine de <strong>restaurant haut de gamme</strong>. Et sa capacité à vous donner faim, tant les plats sont parfaitement mis en valeur. Ce dernier point aide d&rsquo;ailleurs grandement à comprendre l&rsquo;enjeu de Marie, qui donnera (beaucoup) de sa personne pour se faire une place.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Sexisme cuisiné</h3>



<figure class="wp-block-gallery columns-1 is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex"><ul class="blocks-gallery-grid"><li class="blocks-gallery-item"><figure><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="389" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/Nouvelle_saveur-1024x389.png" alt="" data-id="1904" data-full-url="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/Nouvelle_saveur.png" data-link="https://bonchicbongenre.fr/?attachment_id=1904" class="wp-image-1904" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/Nouvelle_saveur-1024x389.png 1024w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/Nouvelle_saveur-300x114.png 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/Nouvelle_saveur-768x292.png 768w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/Nouvelle_saveur-789x300.png 789w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/Nouvelle_saveur.png 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></li></ul></figure>



<p>Parce que c&rsquo;est d&rsquo;abord bien de cela qu&rsquo;il s&rsquo;agit. La <strong>bataille </strong>que doit mener Marie seule, unique femme dans une équipe de cuisiniers. Elle est d&rsquo;abord <strong>déstabilisée par tant de dureté</strong>, notamment de la part de son chef d&rsquo;équipe qui manie parfaitement le chaud et le froid. <br>Puis, une fois qu&rsquo;elle a découvert la <strong>puissance, tel un élixir envoûtant que provoque son sang</strong>, elle restera concentrée sur sa récolte nécessaire, et à savourer ses victoires.<br><strong><em>Nouvelle saveur </em></strong>pose aussi le<strong> paradoxe </strong>que vivent beaucoup de femmes: on demande à Marie de monter en compétences et de travailler dur. Mais quand elle dépasse même les attentes, elle continue d&rsquo;être dévalorisée.<br>Par ailleurs elle tente de se faire une place aussi en tant qu&rsquo;issue de la<strong> classe populaire</strong>. Son père tient un petit lieu de restauration rapide, et il est fier de la voir s&rsquo;élever. La scène où elle contemple sa réussite en regardant la salle du restaurant étoilé (qui apparaît comme un territoire qui ne peut lui appartenir) est profondément émouvante.</p>



<p>Le parcours de Marie peut aussi être vu comme une <strong>processus d&rsquo;évolution</strong>, de passage à l&rsquo;âge adulte. Elle apprend à cuisiner, revient au cocon familial quand elle rencontre des difficultés, et apprend le monde qui nous entoure n&rsquo;est jamais satisfait.<br>On ne peut s&#8217;empêche de penser à des <strong>références bibliques</strong>: Marie, verser du sang et des larmes, son habit de travail en blanc contrairement à son collègue en noir (Mal), sans compter le véritable chemin de croix de son parcours.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Ma cuisine, ma bataille</h3>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="429" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/nouvelle-saveur.jpg" alt="" class="wp-image-1905" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/nouvelle-saveur.jpg 1024w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/nouvelle-saveur-300x126.jpg 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/nouvelle-saveur-768x322.jpg 768w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/nouvelle-saveur-716x300.jpg 716w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p>Mais la vraie force de <strong><em>Nouvelle Saveur </em></strong>c&rsquo;est sa capacité à refléter la cuisine comme un véritable <strong>champ de bataille</strong>. Le calme avant la tempête (Marie seule dans la cuisine avant l&rsquo;arrivée en trombe des autres qui transforme le lieu en champ d&rsquo;action), la compétition entre Marie et&#8230;&#8230;surtout l&rsquo;affrontement final, <strong>véritable duel</strong>.</p>



<p>Mais la cuisine c&rsquo;est aussi un endroit où on se blesse, on se brûle. Où on agit en urgence et où on lutte pour arriver à gagner.<br>Et parmi ce champ de bataille, <strong><em>Nouvelle Saveur</em></strong> met au centre de l&rsquo;attention les plats. Filmés comme de véritables <strong>oeuvres d&rsquo;art</strong>, on sent que Merryl Roche a pris plaisir à valoriser formes, couleurs, textures. Les gestes de Marie font références à <strong>coups de peinture</strong>, tout comme le sang. Une manière de montrer comment de l&rsquo;art peut être créé grâce à la douleur, à la passion et à la persévérance. Une belle <strong>allégorie de la création</strong>.<br>La photographie est magnifique, qui transmet bien cette beauté des plats (<strong><em>Nouvelle Saveur </em></strong>a été tourné à la Mare aux Oiseaux, qui est à côté de chez moi!)</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un casting aux petits oignons</h3>



<p><strong><em>Nouvelle Saveur </em></strong>est porté par des comédien-nes au top. Joséphine Japy, parfaite comme toujours, permet de développer une empathie directe avec nous. On sent sa peine, ses vexations, mais aussi sa détermination, et le tout, avec un calme et une douceur incroyables.<br>Philippe Resimont <strong><em>(Le Baron Noir)</em></strong> joue à merveille le chef exigent, implacable, qui se comporte comme un Dieu.<br>Le personnage de Thomas joué par Sébastien Houbani parvient bien à jongler entre le registre du gentil et tantôt du méchant. Dommage que le personnage ne soit pas plus complexe, le revirement final étant un peu brutal.</p>



<p><strong><em>Nouvelle Saveur </em></strong>n&rsquo;est pas à proprement parler d&rsquo;un film d&rsquo;horreur. A la manière de <strong><em><a href="https://bonchicbongenre.fr/grave/">Grave</a></em></strong> de Julia Ducournau, c&rsquo;est plutôt un crossover: du drame, du suspens, avec un touche de body horror.<br>A ne pas manquer si vous en avez l&rsquo;occasion, et surtout j&rsquo;attends de voir la suite qui semble prometteuse pour Merryl Roche.</p>



<h2 id="Entretien"><strong>2-Entretien avec Merryl Roche, réalisatrice</strong></h2>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/unnamed-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-1966" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/unnamed-1-1024x683.jpg 1024w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/unnamed-1-300x200.jpg 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/unnamed-1-768x512.jpg 768w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/unnamed-1-450x300.jpg 450w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/unnamed-1.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p>J&rsquo;ai eu la chance de pouvoir poser quelques questions à la réalisatrice de<strong><em> Nouvelle Saveur</em></strong>, Merryl Roche. Merci à elle.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les origines de Nouvelle Saveur</h3>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong>Quel est votre parcours et vos projets?</strong></p>



<p>Ma première approche du cinéma s’est faite en tant que comédienne. J’ai été formée à la&nbsp;<em>Atlantic Acting School</em>&nbsp;de New York avant de revenir en France en 2007. J’ai enchainé avec une licence, puis un master en cinéma, avant de réaliser mon premier court-métrage d’horreur en « found footage », intitulé<strong>&nbsp;<em>Rash</em></strong>, dans lequel je joue. Mon envie de réaliser est d’abord venue d’une frustration de comédienne. <strong>Les rôles auxquels j’avais accès à l’époque étaient… très limités pour les femmes</strong>. J’ai donc eu envie de m’écrire un rôle fort où j’aurais vraiment une histoire à défendre. Cette première expérience a été incroyablement formatrice. J’ai tellement aimé écrire et réaliser que j’ai eu envie de continuer dans cette voie-là avec&nbsp;<em><strong>Nouvelle Saveur</strong></em>.&nbsp;Aujourd’hui, je développe un scénario de long-métrage, j’en co-écris un autre. Des films de genre, évidemment! &nbsp;</p>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong>D&rsquo;où vous ai venu l&rsquo;idée de Nouvelle Saveur?</strong></p>



<p>C’est un mélange de plusieurs choses. J’avais pris beaucoup de plaisir avec les contraintes du « found footage » que j’avais développées avec&nbsp;<em><strong>Rash</strong></em>, mon premier court-métrage, et je voulais continuer à explorer le film de genre.<br>Et puis<strong>&nbsp;<em>Nouvelle Saveur</em></strong>&nbsp;est surtout né de l’<strong>envie de partager l&rsquo;une de mes premières expériences professionnelles</strong>, que j’ai transposée dans le monde de la haute gastronomie.&nbsp;Je m&rsquo;étais vraiment «&nbsp;saignée&nbsp;» pour ce boulot, jusqu’à me ruiner le moral et la santé, sans reconnaissance en retour. Avec le recul, je pense que c&rsquo;est le refus de l&rsquo;échec qui m&rsquo;a fait tenir.&nbsp;J&rsquo;ai finalement réussi à me relever après avoir eu l’impression de toucher le fond, et c’est en réaction à cet apprentissage difficile que, quelques années plus tard, j’ai eu envie d’écrire&nbsp;<em><strong>Nouvelle Saveur</strong></em>.&nbsp;&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading">Produire du <a href="https://bonchicbongenre.fr/le-cinema-de-genre-francais/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">genre en France</a></h3>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong>Ce n&rsquo;est pas simple de faire financer un film de genre. Comment s&rsquo;est passé la production de Nouvelle Saveur?</strong></p>



<p>Je confirme! Au départ, <strong>personne ne voulait du scénario</strong>. J’ai essuyé de nombreux refus pendant de longs mois. On me disait que l’histoire était <strong>bien écrite mais qu’il était trop compliqué de produire un film de genre</strong>. Et puis tout a basculé quand j’ai remporté le prix du meilleur projet de film au festival Côté Court 2017. Avec un pré-achat de France2, il a été beaucoup plus facile de trouver de bons producteurs. C’est à ce moment-là que, sur les conseils de la Maison du Film, j’ai rencontré Robin Robles, Arthur Goisset et Bastien Daret de chez Topshot Films. Ils m’ont donné de précieux conseils de réécriture et puis les financements se sont ensuite enchainés assez rapidement.&nbsp;</p>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong>Est ce plus difficile pour une femme de réaliser? Notamment du cinéma de genre?</strong></p>



<p>Vaste question! Je pense que c’est difficile de faire des films. <strong>C’est énormément de patience, de persévérance, qu’on soit homme ou femme</strong>. Dans tous les cas, il faut se battre. Être une femme n’est pas forcément une difficulté supplémentaire&#8230; mais ça n’aide pas non plus.<strong> En tant que femme, il faut faire sa place, travailler avec les bons interlocuteurs, ça peut prendre plus de temps</strong>. J’ai eu la chance que mon film soit bien financé, mais je suis longtemps battue pour cela. Et je revendique le fait d’être unE réalisatrice avec un personnage féminin fort, qui a une vraie histoire à défendre.&nbsp;Il est vrai qu’il est difficile de faire du genre en France, qu’on soit homme ou femme. Les films de genre ont pu être discrédités. On pensait aux films de genre comme des nanars mal financés, des sous-films. Mais il y a toujours eu des films de genre d’auteur/autrice qui ont marqué l’histoire du cinéma. C’est aussi parfois une étiquette que l’on colle sur les films. Les bons films de genre sont des bons films “tout court”.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading">Chemin de croix savoureux</h3>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong>Peut on comparer le parcours de Marie à un processus de passage à l&rsquo;âge adulte? (Elle apprend à cuisiner, perd du sang, revient aux sources quand tout va mal, s&rsquo;éloigne quand tout va « bien »..)? En cela il se rapproche de Grave de Julia Ducournau?</strong></p>



<p>Plus qu’un passage à l’âge adulte, le parcours de Marie raconte la première expérience professionnelle significative, celle où on a tout à apprendre, tout à prouver, où on ne compte pas ses heures, surtout dans les métiers&nbsp;“passion”. C’est indéniable que pour le film de genre en France, il y a eu un avant et un après&nbsp;<em><strong><a href="https://bonchicbongenre.fr/grave/">Grave</a></strong></em>. Le film est sorti quelques semaines avant que je ne décroche mon pré-achat. Le succès de <strong><em>Grave</em></strong> a prouvé qu’il était possible de faire des films en genre en France, et de bien les faire.&nbsp;</p>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong>Que signifient les références bibliques (prénom de Marie, musique, parcours en chemin de croix, buvez ceci est mon sang..)?</strong></p>



<p>La quête de Marie est une quête vers l’inaccessible perfection. Et sur ce chemin, elle fait de nombreux<strong> sacrifices</strong>. Il y avait un aspect religieux qui faisait écho à l’aspect sacré du sang, cet ingrédient étrange qui la rapproche de la perfection. Et puis la musique d’Emmanuel Lévy contribue à élever certaines séquences, à rendre audible une <strong>forme d’accomplissement presque mystique</strong>, notamment au moment où elle observe les clients déguster ses plats. Je suis ravie que la composition de musique originale ait pu apporter une dimension supplémentaire au film.</p>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong>Les plats sont filmés comme des oeuvres d&rsquo;art (qui peut être aussi une référence biblique?), elles donnent faim d&rsquo;ailleurs! Entre les couleurs, les formes, les gestes de Marie&#8230;<br>Comment avez vous travaillé la photographie avec Aurélien Marra?</strong></p>



<p>Pour les plats, je tenais vraiment à ce qu’ils soient beaux, magnifiques même, et qu’ils fassent envie, malgré le fait que l’un des ingrédients essentiel soit le sang de Marie. Pour la création des plats, j’ai travaillé avec la styliste culinaire Catherine Moreau, qui a apporté sa maîtrise aux menus que j’avais imaginés. On a également travaillé sur les gestes avec Joséphine Japy et Sébastien Houbani -ce dernier a longtemps travaillé en tant que chef de cuisine avant de devenir comédien. Je souhaitais que tous ces éléments contribuent à crédibiliser l’atmosphère et l’exigence qui règnent dans les cuisines d’un restaurant étoilé.&nbsp;Pour la photographie, il me tenait vraiment à coeur de faire un film élégant, malgré l’aspect « body horror”, qui était primordial également. Avec Aurélien Marra, nous avons donc cherché un équilibre entre le raffinement des plats et du décor, et le réalisme des plaies de Marie qui s’aggravent au cours du film.</p>



<p>L&rsquo;une des références principales avec laquelle nous avons travaillé a été le film<strong>&nbsp;<em>Whiplash</em></strong>&nbsp;de Damien Chazelle. Je voulais retrouver cette “chaleur » dans l’image. J’aimais aussi beaucoup la photographie des films de David Fincher. Nous avons beaucoup discuté des mouvements de caméra, afin de retranscrire la tension de ce que vit Marie. Je voulais une caméra qui bouge, qui soit l’écho de l’engrenage dans lequel Marie s’engouffre, jusqu’à y être prise au piège. Ça a été un vrai plaisir de travailler avec Aurélien Marra, qui a fait un travail formidable.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading">Mon restau, ma bataille</h3>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/unnamed-1024x576.png" alt="" class="wp-image-1968" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/unnamed-1024x576.png 1024w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/unnamed-300x169.png 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/unnamed-768x432.png 768w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/unnamed-533x300.png 533w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/unnamed.png 1280w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong>Le secteur de la restauration est filmé comme un champ de bataille (bruits, compétition, affrontements culinaires..) Comment avez vous pensé cette mise en scène?</strong></p>



<p>J’ai beaucoup observé le monde de la cuisine et j’ai toujours été impressionnée de voir la <strong>vitesse avec laquelle les gestes</strong>, les déplacements sont exécutées, sans que les cuisiniers ne se bousculent. Tout est exécuté avec une grande maitrise. Cela m&rsquo;évoquait une danse. Et puis, il y a le bruit, qui donne un certain<strong> tempo</strong>. J’avais envie que la caméra soit embarquée dans ce tourbillon. Je voulais que les mouvements rapides de caméra soulignent la violence des rapports humains, comme des gifles, des coups de fouet que s’enverraient les personnages. Je tenais également à ce qu’il y ait le moins de fenêtres ou d’ouvertures vers l’extérieur possible, afin de renforcer la sensation d’enfermement, voire d’étouffement.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une saveur engagée</h3>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/unnamed-1-1024x576.png" alt="" class="wp-image-1971" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/unnamed-1-1024x576.png 1024w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/unnamed-1-300x169.png 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/unnamed-1-768x432.png 768w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/unnamed-1-533x300.png 533w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/unnamed-1.png 1280w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong>Marie est la seule femme dans la cuisine. Si elle n&rsquo;y arrive pas c&rsquo;est pas bien, si elle y arrive ce n&rsquo;est pas bien non plus. Une illustration de ce que vivent les femmes?</strong></p>



<p>Exactement! On en demande toujours plus aux femmes, justement parce que se sont des femmes. C’est déjà difficile de trouver sa place, ça l’est encore plus de faire sa place dans un monde d’hommes. On peut avoir tendance à être beaucoup plus exigeante envers soi-même, la contrepartie positive c’est que le résultat peut aussi être bien meilleur…&nbsp;</p>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong>Le chef demande toujours plus en humiliant ses collaborateurs. Par ailleurs, on voit que Marie est confrontée au mépris de classe. Est ce un reflet de l&rsquo;état d&rsquo;esprit général du monde du travail? Vouloir s&rsquo;élever quand on vient du bas passe forcément par un parcours douloureux</strong>?</p>



<p>Je ne pense pas que la souffrance soit une obligation, mais c’est le reflet d’une de mes expériences. Et j’ai voulu la partager. Quand on travaille avec des personnes toxiques, on peut vite se remettre en question soi-même, plutôt que l’autre, et la relation de travail avec l’autre. De cette impression que j’avais de me “saigner » pour mon travail est né&nbsp;<em>Nouvelle Saveur.</em>&nbsp;Ça a été ma façon de transformer une expérience douloureuse en quelque chose de positif. </p>



<p>La réussite n’est pas nécessairement liée à la souffrance, même si c’est parfois le cas. Ça l’a été dans le mien. Après, l’important, à mon sens, est de savoir ce que l’on peut faire de cette expérience. Je pense surtout que la réussite est liée au travail, à la persévérance. Le tournage de&nbsp;<strong><em>Nouvelle Saveur</em>&nbsp;</strong>a été une expérience merveilleuse pour moi. Je ne voulais surtout pas reproduire ce que j’avais pu vivre, et dénoncer, dans le film. Toute l’équipe du film avait à coeur d’atteindre la plus haute qualité possible et je suis convaincue qu’on obtient de meilleurs résultats dans un environnement bienveillant, plutôt que dans la souffrance. C’est en tout cas l’atmosphère que j’ai voulu instaurer pendant la préparation et le tournage du film.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-pullquote"><blockquote><p>Je suis convaincue qu’on obtient de meilleurs résultats dans un environnement bienveillant, plutôt que dans la souffrance</p></blockquote></figure>



<h3 class="wp-block-heading">Un tournage heureux</h3>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong>Joséphine Japy est formidable, entre douceur et détermination. Comment s&rsquo;est passé le casting, le travail avec elle</strong>?</p>



<p>Il n’y a pas eu de casting pour le rôle de Marie. Je savais que je voulais travailler Joséphine Japy. Je ne voyais qu’elle pour incarner le personnage! On s’est rencontrées dans un café et j’ai été ravie qu’elle accepte le rôle. Par la suite, nous avons fait plusieurs séances de travail avec la styliste culinaire, Catherine Moreau, pour que Joséphine soit la plus à l’aise possible avec la gestuelle. Mais en tant que passionnée de cuisine, elle avait déjà d’excellentes bases, qui ont vraiment servi le film. &nbsp;</p>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><br><strong>Combien de temps a&nbsp;duré le tournage? le montage?</strong></p>



<p>Nous avons tourné huit jours, dont la plupart étaient en fait des nuits, vu que nous tournions au sein du restaurant <em>La Mare aux Oiseaux</em>, un établissement étoilé qui continuait à fonctionner en journée. Ça a été une vraie chance de pouvoir tourner dans un lieu aussi prestigieux.&nbsp;Le montage a duré 3 semaines et le reste de la post-production s’est enchainé plutôt rapidement. A toutes les étapes, j’ai eu la chance de collaborer avec des techniciens et des acteurs formidables.&nbsp;</p>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong>Comment s&rsquo;est passé le tournage et l&rsquo;organisation avec La Mare aux Oiseaux?</strong></p>



<p>A merveille! <strong>Eric Guérin et son équipe étaient particulièrement sensibles aux violences en cuisine</strong>, que je dénonce dans le film. Le chef a plusieurs fois pris position contre ces dérives encore trop fréquentes en cuisine. Plusieurs chefs de partie de la brigade de la <em>Mare aux Oiseaux</em> ont accepté de faire de la figuration sur le film en tant que cuisiniers. Ils ont fortement contribué à rendre crédibles ces séquences, et cela a été un vrai plaisir de leur faire découvrir un plateau de cinéma!&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading">La vision métier de Merryl</h3>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="384" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/1_-_uWg4jHIIts-I34hO6XIQ-1024x384.jpeg" alt="" class="wp-image-1975" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/1_-_uWg4jHIIts-I34hO6XIQ-1024x384.jpeg 1024w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/1_-_uWg4jHIIts-I34hO6XIQ-300x113.jpeg 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/1_-_uWg4jHIIts-I34hO6XIQ-768x288.jpeg 768w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/1_-_uWg4jHIIts-I34hO6XIQ-800x300.jpeg 800w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/1_-_uWg4jHIIts-I34hO6XIQ.jpeg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong>Quelles ont été vos inspirations? (livres, films, peinture, musique..)</strong></p>



<p>Pour&nbsp;<em>Nouvelle Saveur</em>, J’ai regardé énormément de films sur la cuisine ou des films fantastiques mais je me suis surtout beaucoup inspirée de&nbsp;<em><strong>Whiplash</strong></em>, aussi bien dans la relation entre l’élève et le maître que dans la lumière, certains mouvements de caméra. J’ai aussi beaucoup pensé à&nbsp;<em><strong>Black Swan</strong></em>&nbsp;pour le scénario et certains cadrages. &nbsp;</p>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong>Le dernier film que vous ayez vu?</strong></p>



<p>C’était le <strong><em>Star Wars Day</em></strong> il y a quelques jours, donc j’ai revu avec beaucoup de plaisir les films de la trilogie originale (Episode IV, V et VI).&nbsp;</p>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong>Comment expliquez vous que le grand public voit si peu de courts métrages? Que pourrait on faire pour y remédier?</strong></p>



<p>Il y a de très nombreux festivals qui permettent au grand public de découvrir des court-métrages. Ils font un travail formidable pour présenter des films originaux et variés. Il y a aussi les chaînes tv, notamment France2 qui a pré-acheté <strong><em>Nouvelle Saveur</em>&nbsp;</strong>et qui diffuse des court-métrages chaque semaine. C’est en continuant à promouvoir les festivals, les diffusions qu’on contribue à faire connaitre le court-métrage. Et puis il y a les blogs, les articles de passionné.e.s qui permettent de faire découvrir des films!&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-pullquote"><blockquote><p>Je revendique le fait d’être unE réalisatrice avec un personnage féminin fort, qui a une vraie histoire à défendre</p></blockquote></figure>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong>Comment voyez vous l&rsquo;évolution du secteur suite à la crise du COVID?</strong></p>



<p>Excellente question! J’espère que les cinémas vont vite réouvrir, que les spectateurs pourront retrouver le plaisir de découvrir les films en salle. Mais les conséquences sur les tournages risquent d’être nombreuses, avec un impact fort dès le scénario pour les projets qui se tourneront rapidement après la crise. J’espère que cela ne limitera pas la créativité et que de ces contraintes naîtront de belles idées.&nbsp;Les plateformes VOD ont pris une importance toute particulière pendant ce confinement avec probablement de nouveaux besoins de contenus -et donc de nouvelles opportunités.</p>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong>Pensez vous que les choses sont en train de bouger pour les femmes et les minorités après le scandale des Césars?</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="275" height="183" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/téléchargé.jpeg" alt="" class="wp-image-1973"/></figure>



<p>Je pense qu’il y a de nombreuses prises de conscience mais qu’il reste beaucoup à faire. Rien n’est gagné mais il y a de belles initiatives qu’il faut saluer, comme le <strong>collectif 50/50 </strong>qui contribue à promouvoir l’égalité homme-femme dans le cinéma et la parité dans les sélections en festivals. Il faut qu’il y ait plus de femmes qui produisent, qui réalisent et distribuent les films!&nbsp;</p>



<p><em><strong>Consulter:</strong></em></p>



<p><a href="#Critique"><strong>1-La critique</strong></a></p>



<p><a href="#Entretien"><strong>2-Entretien avec Merryl Roche</strong></a></p>



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</div></figure>



<p><strong><em>Vous pouvez me suivre sur:</em></strong></p>



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</ul>



<p></p>
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		<title>[Critique et interview] Listen to me sing d&#8217;Isabel Garrett</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jessica]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Dec 2019 13:55:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Courts métrages]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma de genre]]></category>
		<category><![CDATA[court métrage]]></category>
		<category><![CDATA[courts métrages]]></category>
		<category><![CDATA[listen to me sing]]></category>
		<category><![CDATA[NFTS]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Listen to me sing est un court métrage d&#8217;animation fantastique qui évoque la solitude à travers une chanteuse perdue.Critique et interview de la réalisatrice à suivre! Sophie vit et travaille dans un hôtel misérable. Chaque nuit, on la force à chanter devant un public détestable. Soudain, elle rencontre un morse qui va changer sa vie.. &#8230; </p>
<p>L’article <a href="https://bonchicbongenre.fr/critique-et-interview-listen-to-me-sing-disabel-garrett/">[Critique et interview] Listen to me sing d&rsquo;Isabel Garrett</a> est apparu en premier sur <a href="https://bonchicbongenre.fr">Bon chic Bon genre - cinéma de genre(s)</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-vivid-red-background-color has-text-color has-background" style="color:#ffdbb5"><a href="https://blog.autourdeminuit.com/distribution/listen-to-me-sing/" target="_blank" aria-label="Listen to me sing  (opens in a new tab)" rel="noreferrer noopener" class="rank-math-link"><strong><em>Listen to me sing</em></strong> </a>est un <a href="https://bonchicbongenre.fr/critique-et-interview-almost-there-de-nelly-michenaud/" target="_blank" aria-label="court métrage d'animation  (opens in a new tab)" rel="noreferrer noopener" class="rank-math-link">court métrage d&rsquo;animation </a>fantastique qui évoque la solitude à travers une chanteuse perdue.<br>Critique et interview de la réalisatrice à suivre!</p>



<p>Sophie vit et travaille dans un hôtel misérable. Chaque nuit, on la force à chanter devant un public détestable. Soudain, elle rencontre un morse qui va changer sa vie..</p>



<h2 class="wp-block-heading">Mal aimée, elle est la mal aimée</h2>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/maxresdefault-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-2245" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/maxresdefault-1024x576.jpg 1024w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/maxresdefault-300x169.jpg 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/maxresdefault-768x432.jpg 768w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/maxresdefault-533x300.jpg 533w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/05/maxresdefault.jpg 1280w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p><em><strong>Listen to me sing</strong></em> vous met dans une atmosphère à la fois fantastique, gothique, sur fond de conte.<br>On découvre un personnage, une femme comme laissée pour compte, perdue dans un motel où elle est travaille comme chanteuse-crabe. <br><strong>Mi objet de divertissement, mi bête de foire</strong>, on sent tout de suite une grande tristesse dans son regard, qui attire notre empathie. L&rsquo;arrivée d&rsquo;un morse, qui lui ressemble (tant au niveau couleur que morphologie), la sort de sa solitude. Plusieurs thèmes sont abordés dans <strong><em>Listen to me sing</em>:</strong> solitude, affirmation de soi, rejet de la différence, opportunisme et domination, mais aussi la force que l&rsquo;on trouve quand on arrive enfin à rencontrer quelqu&rsquo;un qui nous est proche. Ces différents éléments permettent de créer un lien direct avec les spectateur-rice-s.</p>



<p><strong>La photographie </strong>de <strong><em>Listen to me sing</em></strong> est sublime: tout en contraste de bleu, rose et blanc, elle permet de nous plonger dans une ambiance mélancolique, tout en apportant un peu de couleur, donc de beauté et d&rsquo;espoir dans le récit. Mais la mise en scène reste simple. Pas d&rsquo;artifices,  à l&rsquo;image de son héroïne.<br>L&rsquo;utilisation de tissus, de laine, amènent une touche de douceur, qui facilite l&rsquo;identification au personnage principal.<br>J&rsquo;émettrais une réserve sur le dénouement final qui est plutôt attendu, mais qui est sauvé par une idée de mise scène, elle, assez déroutante.</p>



<p>Pari osé donc, mais qui vaut le détour, <em><strong>Listen to me sing</strong></em> s&rsquo;inscrit définitivement dans le cinéma de genre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quelques questions à Isabel Garrett</h2>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="480" height="480" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2021/04/headshot_file4_large.png" alt="" class="wp-image-7464" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2021/04/headshot_file4_large.png 480w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2021/04/headshot_file4_large-300x300.png 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2021/04/headshot_file4_large-150x150.png 150w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2021/04/headshot_file4_large-120x120.png 120w" sizes="(max-width: 480px) 100vw, 480px" /></figure>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Listen to me sing est une œuvre singulière, qui a son univers bien propre. Pouvez vous expliquer rapidement votre parcours, d&rsquo;où vous venez?</strong></h3>



<p> Merci! Je viens de la ruralité du Pays de Galle, à West Wales donc la nature est quelque chose qui m&rsquo;a toujours intéressée. J&rsquo;aime les espaces entre le monde naturel et les parties habitées par les humain-es. On dirait qu&rsquo;il y a toujours un pont oublié entre les deux. Comme les périphéries des villes et les zones industrielles où on ne se soucie plus des paysages, mais on n&rsquo;est pas heureux de vivre là pour autant.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Votre métrage touche à plusieurs thématiques: estime de soi, solitude, expression orale et corporelle, rapports sociaux&#8230;Pourquoi avez vous eu envie d&rsquo;explorer ces thèmes?</strong></h3>



<p>Ce sont tous des thèmes qui me sont personnels. Pour des raisons quelconques, mon travail semble contenir des choses qui sortent et entrent de ma bouche, mais je connais pas la raison exacte pour Listen to me sing.<br>Je pense que parce que nous apprenons beaucoup du toucher et du goût, explorer les choses dans ce sens quand nous sommes jeunes, semble être une bonne métaphore pour être transporté-e dans un monde différent. Je suis particulièrement intéressée par les histoires tenues par un personnage féminin, sur l&rsquo;expression de soi à travers des traits féminins.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Le bleu et rose dominent Liste to me sing, pourquoi ce choix?</strong></h3>



<p>Je préfère garder une palette de couleurs limitée, et pour ce film, il me semblait approprié que le personnage principal soit rose. En partie parce qu&rsquo;elle est nue dans beaucoup de plans, et aussi parce que ça représente typiquement la féminité. <br>Je la voulais belle, ne correspondant pas aux standards, et lui donner la capacité de s&rsquo;exprimer à travers son corps. Parce que le reste du monde, dans le film, se situe en intérieur, je voulais le représenter sans vie, miséreux. Le gris semblait approprié.</p>



<h3 class="wp-block-heading"> <strong>Comment avez vous travaillé la bande son?</strong></h3>



<p>Le son et les bruitages sont venus vraiment naturellement. Nous avons commencé avec l&rsquo;idée de la gorge qui chante et le morse ayant une grosse voix, Adam et Steph (le compositeur et concepteur sonore), sont venus avec un paysage sonore de Science Fiction surréaliste qui a aidé a rendre le monde encore plus dystopique.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="667" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2021/04/ilnd_005_03_X1_0024.jpeg" alt="" class="wp-image-7465" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2021/04/ilnd_005_03_X1_0024.jpeg 1000w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2021/04/ilnd_005_03_X1_0024-300x200.jpeg 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2021/04/ilnd_005_03_X1_0024-768x512.jpeg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Vous utilisez de la laine pour vos personnages et autres tissus. Pouvez vous expliquer ce choix? Qu&rsquo;est ce que cela apporte aux corps de l&rsquo;animal et de la femme?</strong></h3>



<p>J&rsquo;ai travaillé avec beaucoup de tissus. Il a une chaleur et une texture qui fonctionne bien à la caméra. Et aussi parce que c&rsquo;est doux et cinglant, on peut faire des choses assez sombres et bizarres, et rend quelque chose de beau.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Quelle a été la partie à réaliser qui vous a le plus plu?</strong></h3>



<p>Fabriquer les choses est ma partie préférée, faire les poupées et leur donner de la personnalité. J&rsquo;aime aussi beaucoup travailler avec d&rsquo;autres gens qui peuvent faire un meilleur travail que moi sur les éléments concernant la photographie, la production, la musique et le son&#8230; </p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Quelles sont vos références cinéma? De quoi vous inspirez vous?</strong></h3>



<p>J&rsquo;aime beaucoup le travail de Roy Andersson et Niki Lindroth Von Bahr. Des choses qui mettent mal à l&rsquo;aise, mais des drôles de monde. Des choses qui sont mornes et post apocalyptiques.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Quelles sont vos projets?</strong></h3>



<p>Pour le moment, je viens juste de commencer à travailler sur une courte introduction sur une série humoristique avec un homme nu et velu, en tissu. C’est génial. C’est également formidable de faire une résidence à Londres pendant un an. </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Listen To Me Sing - Trailer (c)NFTS 2019" width="790" height="444" src="https://www.youtube.com/embed/jp-H5ABQV3c?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>
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		<title>[Critique et interview] Almost there de Nelly Michenaud</title>
		<link>https://bonchicbongenre.fr/critique-et-interview-almost-there-de-nelly-michenaud/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Jessica]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Sep 2019 12:38:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Courts métrages]]></category>
		<category><![CDATA[almost there]]></category>
		<category><![CDATA[animation]]></category>
		<category><![CDATA[court métrage]]></category>
		<category><![CDATA[huis clos]]></category>
		<category><![CDATA[train]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Almost There est un court métrage d&#8217;animation fantastique qui se déroule dans un train. Au fil du voyage, les voyageurs évoluent étrangement.Critique et rencontre avec sa réalisatrice, Nelly Michenaud. L&#8217;école de cinéma et télévision, la NFTS au Royaume Uni La National Film Television School située à Beaconfield en Angleterre est une école de cinéma prestigieuse, &#8230; </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-vivid-red-background-color has-text-color has-background" style="color:#ffeeca"><strong><em>Almost There </em></strong>est un court métrage d&rsquo;animation fantastique qui se déroule dans un train. Au fil du voyage, les voyageurs évoluent étrangement.<br>Critique et rencontre avec sa réalisatrice, Nelly Michenaud.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;école de cinéma et télévision, la NFTS au Royaume Uni</h2>



<p>La <strong><a rel="noreferrer noopener" href="https://nfts.co.uk" target="_blank">National Film Television School </a></strong>située à Beaconfield en Angleterre est une école de cinéma prestigieuse, née au début des années 70. Prestigieuse parce que la réputation de l&rsquo;école s&rsquo;est faite grâce aux belles carrières de ses anciens élèves: créateur de <strong>Wallace &amp; Gromit</strong>, Nick Park, directeurs photos de <strong>Star Wars,</strong> David Tattersall, ou de <strong>Pulp Fiction</strong>, Andrzej Sekula.<br>Côté réalisation, on peut noter David Yates, aux manettes d<strong>&lsquo;Harry Potter et l&rsquo;Ordre du Phénix</strong>).<br>De célèbres réalisateurs viennent régulièrement au sein de l&rsquo;école: David Fincher, Denis Villeneuve&#8230;</p>



<p>C&rsquo;est dans le cadre de la <strong>fin de la promo 2019</strong>, que j&rsquo;ai pu visionner les <strong><a href="https://bonchicbongenre.fr/critique-et-interview-nouvelle-saveur-de-merryl-roche/" target="_blank" aria-label="courts métrages (opens in a new tab)" rel="noreferrer noopener" class="rank-math-link">courts métrages</a> d&rsquo;animation</strong>. Et je vous propose de découvrir <strong><em>Almost There</em></strong>, réalisé par Nelly Michenaud.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/02/image-w1280-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-1000" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/02/image-w1280-1024x576.jpg 1024w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/02/image-w1280-300x169.jpg 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/02/image-w1280-768x432.jpg 768w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/02/image-w1280-370x208.jpg 370w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/02/image-w1280-1040x585.jpg 1040w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/02/image-w1280.jpg 1280w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p>Autant vous le dire d&#8217;emblée; n&rsquo;espérez pas tout comprendre au premier visionnage d&rsquo;<em><strong>Almost There</strong></em>. C&rsquo;est ce qui fait sa force, mais qui peut aussi laisser dubitatif. Parce que même si on ne saisi pas tout, on se laisse porter dans ce train (train?) de la vie.</p>



<p>La première partie du court nous installe <strong>confortablement dans une réalité </strong>que nous connaissons. Le train, les voyageur-euse-s sont là pour des raisons différentes, avec leur caractère et habitudes.<br>Puis, nous basculons quasi brutalement dans une autre réalité, qui parait <strong>farfelue</strong> et donc lointaine. Elle résonne pourtant avec un quotidien que nous avons connu ou que nous connaissons.<br>Pas d&rsquo;héros ou d&rsquo;héroïnes, dans <em><strong>Almost There</strong></em> on s&rsquo;identifie finalement à la personne qui nous correspond le mieux. Car s&rsquo;il y a plusieurs personnages, ils sont parfaitement <strong>identifiables et reconnaissables</strong>. Une réussite quand on sait que le court dure 9 minutes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une technique d&rsquo;animation jamais vue</h2>



<figure class="wp-block-image size-medium"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="126" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/02/backgroundA-1-300x126.jpg" alt="" class="wp-image-997" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/02/backgroundA-1-300x126.jpg 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/02/backgroundA-1-1024x429.jpg 1024w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/02/backgroundA-1-768x322.jpg 768w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/02/backgroundA-1-1536x644.jpg 1536w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/02/backgroundA-1-370x155.jpg 370w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/02/backgroundA-1-1040x436.jpg 1040w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/02/backgroundA-1.jpg 2048w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



<p>La technique d&rsquo;animation (<strong>stop motion et dessin</strong>) apporte une touche d&rsquo;originalité, et appuie le côté <strong>onirique </strong>des personnages. C&rsquo;est une technique qui n&rsquo;avait <strong>jamais</strong> été utilisée auparavant.<br>Les rêves sont composés d&rsquo;éléments réels et d&rsquo;autres, créés de toutes pièces par notre esprit. <em><strong>Almost There</strong> </em>est un peu le reflet de tout ça.<br>Par conséquent, <strong>on peut se perdre un peu dans les actions des un-es et des autres,</strong> qui nous paraissent parfois absurdes, dénuées de sens. Et pourtant il y a bien une signification derrière chaque acte. A nous (vous) de les interpréter comme bon nous semble.<br>Mention spéciale à la<strong> photographie,</strong> qui accompagne parfaitement le <strong>changement d&rsquo;ambiance. </strong>La narration d&rsquo;<strong><em>Almost There </em></strong>progresse doucement mais sûrement vers du fantastique.</p>



<p>On pensera forcément à <em><strong>Snowpiercer</strong> </em>(2013), BD adaptée au cinéma par le récemment primé de la palme d&rsquo;or, Bong Joon Ho. Ce train au parcours sans fin,&nbsp; représentant la lutte des classes, et traversé par un justicier. Même si le propos politique est moins flagrant dans <em><strong>Almost There</strong></em>, des similitudes existent, dans le sens où dans les deux métrages, des personnes sont laissées en dehors de toute considération.</p>



<p><em><strong>Almost There</strong></em> est sélectionné au festival <strong><a rel="noreferrer noopener" href="http://www.animafest.hr/en/2019/film/read/almost_there" target="_blank" class="rank-math-link">AnimaFest en Croatie; </a></strong>le festival d&rsquo;animation le plus important, avec celui d&rsquo;Annecy. Il fait également parti de la sélection des courts métrages d&rsquo;animation au <strong><a rel="noreferrer noopener" href="https://www.edfilmfest.org.uk/2019/almost-there" target="_blank">festival d&rsquo;Edinburgh </a></strong>et <a rel="noreferrer noopener" href="https://athensanimfest.eu/2020/en/" target="_blank"><strong>Animfest Athens </strong></a>à Athènes.</p>



<p>Vous pouvez <strong>visionner <em>Almost There</em> </strong>ici:</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-vimeo wp-block-embed-vimeo wp-embed-aspect-21-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
 <iframe title="Almost There" src="https://player.vimeo.com/video/498951029?dnt=1&amp;app_id=122963" width="790" height="331" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Interview de Nelly Michenaud, réalisatrice d&rsquo;Almost There</h2>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong><br><em>Almost There</em> est il votre première réalisation? Quel a été votre parcours?</strong></p>



<p><em><strong>Almost There</strong></em> est en quelque sorte ma première réalisation, du moins de cette ampleur. Ayant étudié auparavant l’animation, j’ai pu réaliser un autre film de fin d’études et quelques autres courts mais, à part pour la partie son et musique, je travaillais seule, de la conception au montage, du design à l’animation.<br>Pour <em><strong>Almost There,</strong></em> j’ai travaillé en équipe, de bout en bout. J’avais un vrai groupe créatif et technique (scénariste, designer, directrice de photo, animateur, FX, musicien, sound designer, producteur-rice, etc) à qui j’ai pitché (<em>présenté-nldr</em>) mon projet, que nous avons ensuite ensemble développé et finalisé.</p>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong>D&rsquo;où vient l&rsquo;idée d&rsquo;<em>Almost There</em>?</strong></p>



<p>L’idée était d’explorer comment représenter le concept de la vie en soi, d’en faire un portrait.<br>C’est toujours plus simple de donner une définition de ce qu’est la guerre plutôt que d’expliquer ce qu’est la paix, comme il est plus simple de parler de la mort, souvent d’ailleurs pour dépeindre un rapport à la vie. Mais représenter la vie dans son essence (et sa subjectivité), sans utiliser son contraire, sans dire ce qu’elle n’est pas, mais juste travailler sur ce que ça veut dire en soi, est fascinant pour moi.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2021/04/64227548_2714464868628156_9216845357307133952_n-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-7459" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2021/04/64227548_2714464868628156_9216845357307133952_n-1024x683.jpeg 1024w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2021/04/64227548_2714464868628156_9216845357307133952_n-300x200.jpeg 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2021/04/64227548_2714464868628156_9216845357307133952_n-768x512.jpeg 768w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2021/04/64227548_2714464868628156_9216845357307133952_n-1536x1024.jpeg 1536w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2021/04/64227548_2714464868628156_9216845357307133952_n-1320x880.jpeg 1320w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2021/04/64227548_2714464868628156_9216845357307133952_n.jpeg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption><a class="rank-math-link" href="https://www.facebook.com/AnimafestZagreb/?__tn__=-UC*F"><em>Animafest Zagreb</em></a></figcaption></figure>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong>Pourquoi ce titre, <em>Almost There</em> ?</strong></p>



<p>Parce que si la vie n’a pas de point A à B et qu’on est dans un cycle, alors qu’on ressent la vie comme le fait d&rsquo;aller d’un point À à B, on est toujours presque arrivés.</p>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong>On comprend bien l&rsquo;idée du train qui représente le cycle, du moins là où les personnages évoluent au contact des un-es et des autres. Pourquoi avoir choisi le train spécifiquement?</strong></p>



<p>Le train n’est pas vraiment un lieu et n’appartient pas non plus à un lieu, ce qui lui donne cette qualité un peu étrange, un peu entre deux mondes; cela correspond assez bien avec la nature de ce film entre la narration et l’abstrait.<br>Le train renferme aussi plusieurs aspects de la société, différents types de personnes, inconnues entre elles le plus souvent, et qui font un bout de voyage ensemble. Cela permettait d’introduire une variété de personnages. Mais surtout, un train qui ne s’arrête pas, qui n’a pas de destination et donc pas de but, m’apparaissait être un bon moyen de matérialiser le concept de la vie absurde; on ne peut savoir pourquoi on existe, d’où l’humain vient, va, et pourquoi.</p>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong>Pourquoi ce choix de ne pas se focaliser sur un personnage en particulier?</strong></p>



<p>Dans cette même logique de représentation de la vie, il semblait approprié d’avoir plusieurs personnages car le propos est aussi d’illustrer une multiplicité de gens qui ont chacun leur individualité, leur parcours. Ils forment pourtant une sorte d’unité dans leur humanité et leur appartenance à la vie, peu importe s’ils s’en rendent compte ou pas. C’est une contradiction intéressante.</p>



<p>Même si il y a plusieurs personnages, j’ai tenté d’établir une sorte de hiérarchie entre eux pour essayer de ne pas trop perdre les spectateurs.</p>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong>Comment avez vous choisi les types de personnages que vous vouliez représenter?</strong></p>



<p>Le scénariste et moi même avons commencé par faire une liste de personnages représentant à la fois un type de voyageur-se, celui qui n’arrive pas a choisir sa place, celle qui est tout le temps en retard, celui qui dort tout du long etc (ce qui permet de poser le film dans un certain réalisme). D’autre part, cela donnait la possibilité aux spectateurs-rices de s’identifier à l’un ou à l’autre. Cependant, je pense que tous ces personnages pourraient aussi être les différents aspects d’une seule et même personne, ce qui rejoint l’idée d’une multiplicité/unité.</p>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong>Quelle est la technique utilisée? Et sa particularité?</strong></p>



<p>La technique utilisée dans <strong><em>Almost There</em></strong> est un mélange de <strong>stop motion et de dessin</strong>. Les décors, vêtements et squelettes des personnages ont été entièrement construits et photographiés image par image d’abord, puis j’ai dessiné et animé les visages et corps des personnages.<br>Le décor qui défile aux fenêtres a été ajouté également par la suite. Pendant le tournage, on installait des écrans bleus pour les remplacer sur After effects par des peintures animées en boucle représentant différents paysages, à la fois pour décrire l’histoire allant du lever du jour au crépuscule, et pour la situer au début dans un décor réaliste puis progressivement surréaliste. La règle que l’on s’est fixée était que tous les éléments artificiels créés par l’homme, seraient en stop motion, ce qui permet d’assoir le film dans un environnement réel, tangible. Tandis que tout élément organique (corps, nourriture, nature etc) serait du dessin ce qui permet une fluidité et liberté, et ainsi d’apporter la touche surréaliste et contingente au film.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="428" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2019/09/67823172_1370523359772069_3469226766390788096_o-1024x428.jpg" alt="" class="wp-image-160" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2019/09/67823172_1370523359772069_3469226766390788096_o-1024x428.jpg 1024w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2019/09/67823172_1370523359772069_3469226766390788096_o-300x126.jpg 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2019/09/67823172_1370523359772069_3469226766390788096_o-768x321.jpg 768w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2019/09/67823172_1370523359772069_3469226766390788096_o-450x188.jpg 450w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2019/09/67823172_1370523359772069_3469226766390788096_o-850x356.jpg 850w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2019/09/67823172_1370523359772069_3469226766390788096_o-1000x418.jpg 1000w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong>Combien de temps a t il fallu pour le réaliser?</strong></p>



<p>La pre-production du film (scénario, storyboard, design,…) a duré 6 mois et la production du film (animation, couleurs, lumière,…) a duré 7 mois et demi. Le mix et l’étalonnage ont pris environ deux-trois semaines mais j’étais toujours en train d’animer en même temps pour essayer de finir à temps.</p>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong>Votre plus grosse contrainte sur ce film?</strong></p>



<p>La multiplicité des composants de ce film &#8211; beaucoup de personnages qui demandent une structure claire dans la rencontre de leurs histoires, les écrans bleus à installer pour chacun des shots, recréer l’impression que le train bouge en animant les lumières extérieures, animer des marionettes sans tête, jouer avec le 2D et le décor, l’utilisation d’une caméra motion control,… Il y avait toujours une dizaine de choses à penser en même temps, et beaucoup de personnes à qui communiquer ses idées. J’ai eu de la chance d’avoir une équipe très passionnée et très travailleuse, d’une part parce que la vie de tous les jours était plus agréable comme cela et d’autre part, parce que ce projet ambitieux n’aurait jamais pu être réalisé, j’ai beaucoup grandi et appris de tout monde.</p>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong>Quel est le parcours du film depuis sa finition?</strong></p>



<p>Pour le moment, le film a été sélectionné à Animafest Zagreb, Animfest Athens et Edinburgh International Film Festival ce qui me rend très heureuse et motivée pour la suite. Je continue à soumettre mon film à des festivals à travers le monde et va bientôt commencer le montage du making of.</p>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong>De quoi vous inspirez vous de façon générale pour nourrir votre travail?</strong></p>



<p>Vraiment de tout. J’essaie de noter sur mon carnet au maximum les petites choses de la vie, les conversations, les éléments que l’on rencontre sur notre chemin qui nous font marrer, nous questionnent, ou apportent un peu de poésie. J’écoute aussi beaucoup la radio, regarde des films, des interviews d’auteurs, artistes et penseurs, et essaie de lire le plus souvent possible. Je n’ai pas l’impression d’avoir vraiment un thème de prédilection, à part peut être celui de l’absurde ce qui se marie très bien avec l’envie d’analyser et comprendre ce qui nous entoure.</p>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><strong>Quel est votre prochain projet?</strong></p>



<p>D’abord trouver du travail! Je veux m’ancrer dans le monde du freelance en animation à Londres. Mais j’ai aussi hâte de faire un nouveau film, alors je continue à prendre des notes dans mon petit carnet.</p>
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