Horsehead est une plongée onirique qui verse dans le cauchemar glauque. Un voyage fantastique horrifique made in France qui mérite le coup d’oeil.

Jessica souffre de cauchemars récurrents qui s’empirent suite aux funérailles de sa grand-mère. Alors qu’ils s’intensifient, elle applique ses connaissances du rêve lucide afin de trouver l’origine de ces images.

affiche horsehead

Horsehead de Romain Basset,
Avec Lilly‑Fleur Pointeaux, Catriona MacColl,
Scénario de Romain Basset, Karim Chériguène,
Sociétés de production: HorseHead Productions Starflix
Montage de Frédéric Pons
Photographie de Vincent Vieillard-Baron

Jessica au pays des cauchemars

La première chose qu’il faut saluer à propos d’Horsehead, c’est bien la qualité de la mise en scène, sublimée par la lumière. Pour un budget aussi riquiqui, (et pour un premier long), c’est plutôt impressionnant.
L’entité maléfique à tête de cheval peut faire sourire au 1er abord mais le parti pris de mettre en scène cette tête au 1er degré fonctionne. La tête respire quelque chose d’organique, d’imposant, avec un corps filmé à moitié dans l’ombre. Suffisamment éclairé pour comprendre que Romain Basset n’a pas honte de filmer son entité, mais avec une part d’ombre qui participe à mystifier cette chose.
C’est donc un véritable tour de force de parvenir à proposer une nouvelle représentation du Mal, sous les traits d’un animal, crédible.
Malgré tout, Horsehead abuse parfois des effets de lumière, dont on sent parfois l’artifice.
Les séquences de cauchemars sont réussies (trip barré, bel éclairage, une ambiance gothico-mystérieuse…), et nous transportent dans un univers poético macabre.

On peut regretter que le film soit tourné en anglais, pour des questions de vente du film à l’international. On a déjà assez peu de réalisateurs français dans le cinéma de genre, dommage de ne pas pouvoir l’apprécier en français.
Lilly Fleur Pointeaux ne manque pas de charisme, mais peine à dégager quelque chose de fort, pour m’embarquer réellement dans sa quête. Catriona MacColl (actrice emblématique de Fulci), souffre surtout d’un personnage trop en surface, pas suffisamment exploité.
Mais la dynamique du duo d’actrices fonctionne bien, qui permet d’avoir envie de suivre leur collaboration familiale.

Las Vegas Trop Parano

La notion du cauchemar (donc je développe les signification et les mythes qui gravitent autour) est une thématique qui invite au traitement de traumatismes.

La vraie faiblesse de Horsehead, c’est le manque de scènes dans la vie réelle. Cela empêche de créer du lien avec l’héroïne, mais aussi à capter une réelle descente aux enfers. On a le sentiment d’être toujours en enfer finalement. Le spectateur ne pas pas comprendre l’essence même du personnage, et on peine à développer de l’empathie pour Jessica. Ni les cauchemars ne peuvent transmettre à eux seuls, une compréhension des tourments, des questionnements, des doutes.

Et pourtant, l’histoire se prêtait à une narration intéressante. Jessica est sujette à ce qu’on appelle des “rêves lucides”. Au delà d’être conscient-e de rêver, c’est le fait de mettre en pratique des techniques de maîtrise de soi et de ses actes, pendant un rêve. Sachant que nos rêves et cauchemars s’inspirent de ce que nous avons vu/vécu/parlé, les pistes étaient donc infinies pour explorer les rêves lucides.
Le cinéma de genre regorge d’œuvres autour des rêves, de la frontière entre l’imagination et le réel, mais cette notion de rêve lucide a peu été vue au cinéma.
Malheureusement cet aspect n’est pas approfondi, Basset s’intéresse plutôt à comment son personnage vit cette expérience, plutôt que pourquoi. Et on s’y perd parfois un peu.

On ne peut qu’encourager un film comme Horsehead, ne serait ce que pour montrer que des réalisateurs qui possèdent un réel univers. Mais il manque une narration percutante pour marquer durablement. Un beau premier essai. Et j’ai hâte de voir la suite!

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