Le FEFFS est un festival fantastique situé à Strasbourg. Il s’efforce de créer une ambiance très conviviale avec le village fantastique, une programmation axée jeux vidéo.
Avant de passer au bilan, voici le palmarès 2015 long métrage du FEFFS:

LONGS-MÉTRAGES

Octopus d’Or — The Invitation de Karyn Kusama

Méliès d’Argent — The Hallow de Corin Hardy

Mention Spéciale du Jury — The Survivalist de Stephen Fingleton

Prix du Public — The Lobster de Yorgos Lanthimos

COURTS-MÉTRAGES

Octopus d’Or — Barrow de Wade K. Savage

Méliès d’Argent — Detector de Floris Kingma

Prix du Jury dans la catégorie Animation — World of Tomorrow de Don Hertzfeldt

Prix du Jury dans la catégorie Made in France — Aquabike de Jean Baptiste Saurel

Mention Spéciale du Jury — Clones de Rafael Bolliger

Mention Spéciale dans la catégorie Animation — Le Repas Dominical de Céline Devaux

Mention Spéciale Court Métrage Made in France — Garçonne de Nicolas Sarkissian

Prix du Jury Jeune — Detector de Floris Kingma

Prix du Public — Detector de Floris Kingma

INDIE GAME CONTEST

Octopix — Apocalypse cow

Prix du Meilleur Jeu Fantastique  — Zombie Night Terror

CRITIQUE/ LONG METRAGE

1-The invitation, de Karyn Kusama, 2015. (USA)

Je commence par celui ci parce que c’est mon chouchou. [Instant relou on: vous noterez que c’est un long métrage américain et qu’on est censés être dans un festival Européen, instant relou off]

De quoi ça parle?:
D’une invitation collective étrange. Une bande de vieux amis qui ne sont pas vus depuis 2 ans, sont invités chez une des leurs, ex femme du héros (Will), qui s’est remariée. Une atmosphère étrange amène de plus en plus Will à soupçonner les intentions du couple…

Et ce que j’en pense: Sans hésiter le coup de cœur du festival. Déjà à l’origine de Girlfight (2000) et Jennifer’s body (2009), Karyn Kusama est une réalisatrice peu présente dans le monde du cinéma. Avec The invitation, elle renoue avec un long métrage issu du cinéma indépendant, avec un budget limité (l’action se déroule dans une seule maison, pas d’effets spéciaux particuliers, pas de tête d’affiche).

Attention: DIVULGATIONS en vue!

Les copains d’abord

Le moins que l’on puisse dire c’est que Karyn Kusama sait très bien semer le doute chez le spectateur. On est effectivement convaincus qu’il se passe des choses étranges (porte d’entrée fermée de l’intérieur, Eden qui gifle ses invités, sans parler de la séquence où l’on comprend qu’Eden et son compagnon sont dans une secte…). Mais en même temps le couple reste accueillant, ouvert aux critiques et ont surtout l’intelligence d’avoir (juste à temps) les réactions qu’il faut, pour ne pas trop éveiller les soupçons.

Chose rare, quand il se passe quelque chose de bizarre, ça ne te paraît pas bizarre qu’à toi spectateur, mais aussi aux personnages dans le film. On est clairement en empathie avec eux-elles.
Du coup, on a le cul entre deux chaises..jusqu’au final évidemment. Mais même si l’on sait qu’il va se passer quelque chose, j’avoue avoir été complètement surprise.

Le dangereux dîner de cons

Côté mise en scène, l’attention est portée spécifiquement sur les visages.
Beaucoup de gros plans, et aucun personnage n’est laissé de côté, le spectateur a bien une vision d’ensemble des impressions de tout le monde. L’éclairage est superbe, tamisé. On est en confiance.
The invitation est un long métrage qui n’est pas dénué de symboles: Eden (jardin d’Eden), en tenue blanche, pure, respirant la tranquillité apparente, est bien liée à une notion religieuse, pour ne pas dire sectaire.
Au début du film Will percute avec sa voiture un coyote. Par bonté, il sacrifie l’animal pour éviter qu’il souffre. Par contre, quand il se retrouve face à une invitée blessée et souffrante, il se contente de la désarmer. Cela peut traduire l’évolution du personnage, mais cela peut renvoyer également au fait que la religion indique que l’on expie ses péchés en souffrant.

2-Cop car, de Jon Watts, 2015 (USA)

Si on met de côté une affiche particulièrement affreuse et non représentative du film, Cop car a certains atouts séduction: thriller, sales gosses, Kevin Bacon (merci à ceux dans la salle qui ont fait pour la énième fois la blague de Kevin Bacon qui aime le bacon).

De quoi ça parle?:
De deux gamins qui s’ennuient, qui trouvent une voiture de police abandonnée et qui se disent que c’est LA bonne idée d’aller faire un tour avec. Malheureusement pour eux, et comme souvent au cinéma, la voiture appartient à un shérif borderline, interprété par Kevin Bacon.

Et ce que j’en pense:
Du bien! Je ne connaissais absolument pas le réalisateur, mais j’avais déjà vu Bacon dans des rôles de gars déviants (Sexcrimes de John McNaughton, Hypnose de David Koepp, ou encore le très touchant The Woodsman de Nicole Kassell). C’est donc un habitué du cinéma de genre, je me faisais un plaisir de le voir en flic ripou.

Le silence des voitures

Il y a très peu de dialogues dans Cop car et c’est tant mieux. Tout passe par la succession d’événements qui vont crescendo dans le dérapage incontrôlé. On suit tout d’abord les parcours parallèles des enfants et du shérif. Les premiers étant innocemment à s’éclater avec un jouet grandeur nature inespéré.
Le second retient ses sueurs froides et se met à la poursuite des jeunes délinquants. La situation cocasse prête à sourire.
Pour autant, le film bascule dans une dimension dramatique sur la fin, qui laisse quelques moments de suspens très bien amenés. L’aspect comédie dramatique est justement dosé, on ne bascule pas dans l’absurde mais on ne se prend pas trop au sérieux quand même. C’est aussi ce qui fait que Cop car ne pourra être qu’un bon divertissement (c’est déjà pas mal!).
Côté interprétations, les deux enfants (James Freedson-Jackson et Hays Wellford) sont excellents. De vraies révélations.

3-Tag, de Sion Sono, 2015 (Japon)


De quoi ça parle?:

Bonne question. Je dirais que c’est l’histoire d’une étudiante qui se retrouve successivement dans plusieurs univers, plusieurs histoires, dont elle est l’héroïne.

Et ce que j’en pense:
Dans la mesure où je n’ai pas bien compris l’ensemble du long métrage, difficile à dire mais force est de constater que visuellement le film est réussi. La narration des différents histoires, Tag s’enchaîne très bien pourtant.
Je ne connais que très peu le cinéma japonais, donc Sion Sono était inconnu au bataillon pour ma part. Apparemment réalisateur prolifique, (pas moins de 7 longs métrages réalisés cette année!!), il propose ici un mélange de vie réelle/virtuelle, avec en fond une position féministe qui n’est pas pour me déplaire.
Tag est à prendre comme il vient: sans prise de tête.

4-Phantom boy, d’Alain Gagnol, Jean-Loup Felicioli, 2015 (France)

De quoi ça parle?:
D’un petit garçon qui, suite à une grave maladie, arrive à se détacher de son corps physique pour naviguer dans les airs. Il va utiliser cette capacité pour aider un policier à résoudre une enquête.

Et ce que j’en pense:
Du bien encore une fois! Les dessins sont très simplistes mais ont un certain charme. L’histoire est également classique, mais les dialogues sont plutôt “évolués” pour un dessin animé destiné à un jeu public. Du coup, en tant qu’adulte on reste captivés par la poursuite du terroriste. Les personnages ne sont pas dénués d’intérêt et on s’y attache, j’ai même versé ma petite larme.
Il ne faut pas attendre une réflexion intéressante par contre, ni un aspect fantastique ou poétique. Malgré son sujet, Phantom boy est un long métrage d’animation qui reste étonnamment très terre à terre, c’est le gros reproche que je lui ferais.

5-Tales of Halloween, de plein de réalisateurs (USA)

De quoi ça parle?:
A l’image du Theâtre Bizarre, plusieurs réalisateurs de films de genre relativement connus pour certains (Neil Marshall,  Lucky McKee), proposent des courts métrages d’horreur sur le thème d’Halloween.

Et ce que j’en pense:
C’est jouissif! Esprits, citrouilles tueuses, nains maléfiques, sales gosses…les réalisateurs s’en sont donnés à cœur joie. Et ça marche à fond, on est plongés dans un tourbillons d’absurdités et de terreur. Certains courts sont vraiment mauvais pour le coup (l’histoire d’Hensel et Gretel réactualisée) et d’autres très bons (les enfants tueurs). Mais dans tous les cas, les courts sont visuellement réussis et sans prétention nous offrent un spectacle que l’on apprécie en hurlant, riant…

Inutile de préciser qu’il ne sortira pas? Tant pis.

6-They look like people, de Perry Blackshear (USA)

De quoi ça parle?:
D’un mec parano, persuadé d’être entouré d’aliens et guidé par une voix au téléphone. Et d’un autre mec, perdu dans sa vie, qui tente de se raccrocher comme il peut à la vie.

Et ce que j’en pense:
Moyen. Et ce n’est pas parce que c’est LE long métrage fauché de la compétition. L’histoire du cinéma de genre nous a appris qu’on peut faire de très bon films, sans budget.

They look like people a un capital sympathie qui fait que au début, même si on ne sent pas concerné, on peut apprécier les délires entre les deux amis, leurs vies maladroites. Et puis il y a un côté spontané qui se fait assez rare au cinéma. Les quelques effets spéciaux sont même plutôt réussis.
Après, une fois qu’on a apprécié ça….c’est long, mal rythmé, pas très bien joué, avec un final sans intérêt (je me suis même endormie…).
L’acteur principal, Evan Dumouchel était venu défendre le film et on a appris que They look like people est un film de potes (et le 1er de Perry Blackshear ).

Pas de sortie prévue (et c’est sans doute mieux comme ça).

7-Catch me daddy, de David et Matthew Wolfe, 2015 (USA)


De quoi ça parle?:

D’une jeune fille en cavale avec son amoureux parce que son père veut la ramener chez elle. Le film est inspiré d’un fait réel.

Et ce que j’en pense:
Alors là….que dire? Il faisait parti des films que je voulais voir car j’en avais déjà entendu parler plusieurs fois, et plutôt accompagné d’éloges. Autant dire que la seule chose que j’ai apprécié dans le film, c’est son affiche.
Mal joué, pas de mise en scène, cavale inintéressante, message inexistant, scène finale qui duuuuuure inutilement. Bref, là encore je me suis endormie.
Un long métrage à éviter.

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