Affiche film Diaz

A Gênes en 2001, les affrontements entre la police les manifestant-es fait rage. Diverses personnes se réfugient dans l’école Diaz. Une longue nuit les attend…

BAC ou pas BAC?

Femmes peur

“Ne nettoyez pas ce sang”, la tagline annonce la couleur (sans mauvais jeux de mots).

Réaliser Diaz (“un crime d’état”) est un acte militant. Refusé par les télés italiennes, le réalisateur a pu compter sur deux petites sociétés de production et Le Pacte.

Le film se divise en deux parties.
La première est consacrée aux déploiements des personnages, et la mise en place du contexte politique et social.
La tension grandissante qui finira par exploser est symbolisée par une bouteille en verre qui se brise, lancée par un manifestant.
Diaz articule plutôt habilement les situations des différents protagonistes. Journaliste, militants, manifestants, les différentes pièces du puzzle se rejoindront petit à petit pour former le cœur de l’enjeu du film.

Dans une perspective quasi documentaire et didactique, Daniele Vicari nous présente des personnages sans ambiguïté. Il nous place du bon côté de la barrière. Et on comprend par la suite pourquoi.

Question interprétation, rien de marquant. Sauf le personnage d’Alma, joué par l’actrice allemande Jennifer Ulrich, (Nous sommes la nuit de Dennis Gansel), dont on perçoit bien la terreur.

Le Mal policier?

Dans un second temps, la deuxième partie est celle de genre. Celle de l’horreur. Les forces de polices ne sont pas déshumaniser pour autant. Même si les personnages sont clairement mis de côté, Diaz nous permet de bien déceler des visages, des attitudes, et aussi des enjeux.

Pourtant, au moment clef du film, où tout bascule, la police ne forme plus qu’une entité compacte, unique. Une sorte de monstre sans tête. La caméra se place au dessus de la police, et on ne distingue plus que la noirceur des casques. Ce monstre s’engouffre dans l’école et on sait que l’horreur va petit à petit gagner les occupants. A la manière d’un croquemitaine.

Pourquoi une telle violence? On ne sait pas. On ne peut que constater de la montée en puissance des tensions, qui amèneront les policiers à décharger leur haine et leur colère. Accompagné d’un besoin d’assoir un pouvoir. Un lâcher prise total d’humains se sentant acculés.

La tension est parfaitement orchestrée, et le décor s’y prête bien. Diaz est une sorte de labyrinthe sur plusieurs étages où les occcupant-es sont piégé-es comme des rats.
Comme un fléau ou une catastrophe naturelle qui submerge sans qu’on ne puisse agir, le bâtiment se fait envahir par la foule de policiers.
Mais pour ne pas basculer dans un schéma qu’on aurait pu reprocher d’être caricatural, il y a le personnage du policier qui tente de ramener à la raison son équipe. Qui permet une respiration.

Diaz est un film de genre qui bouscule. On sombre d’autant plus dans l’horreur parce qu’il fait écho à des évènements on ne peut plus actuels.

L’histoire que raconte Diaz est la plus grave atteinte aux droits de l’Homme depuis la seconde guerre mondiale par Amnesty International. Au vu des questions sur les violences policières des dernières années, on peut se demander s’il y en pas eu d’autres…

Diaz de Daniele Vicari
Avec Claudio Santamaria, Jennifer Ulrich.
Scénario: Laura Paolucci et Daniele Vicari.
Photographie: Gherardo Gossi.
Sortie le 5 juin 2013

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One Comment

  1. Pingback: Diaz, don’t clean up this blood – Leelou va au cinéma

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