Il y a les soirées d’Halloween où l’on enfile un déguisement pour aller se déhancher jusqu’au bout de la nuit, celles où l’on dévore des bonbons comme si on avait encore dix ans et puis il y a celles où l’on s’installe confortablement dans son canapé, plaid et chat sur les genoux, lumières éteintes et télécommande à portée de main. Cette année, la trentaine entamée, je pense me tourner vers la troisième option. Mais quel sera mon programme ? 

Pour célébrer le 31 octobre comme il se doit, voici six séries à (re)découvrir. De quoi satisfaire les amateurs de terreur pure comme celles et ceux qui préfèrent se lover dans la nostalgie.

The Haunting of Hill House : des frissons et des larmes

Cinq frères et sœurs, désormais adultes, sont contraints de se retrouver après un drame familial. Leur réunion ravive les souvenirs de leur enfance à Hill House. Cette demeure inquiétante où se sont déroulés des événements traumatisants. Dans cette série, la frontière entre les fantômes du passé et ceux de la maison est très poreuse.

Lancée sur Netflix en octobre 2018, cette série a été créée et écrite en grande partie par Mike Flanagan. Elle s’inspire du roman gothique La Maison hantée de Shirley Jackson, publié en 1959, mais en propose une réinterprétation. Résultat qui alterne entre passé et présent pour proposer un récit mêlant maison hantée et drame familial.

Pourquoi la regarder à Halloween ? Parce que c’est le choix idéal pour celles qui aiment avoir peur tout en étant touchées en plein cœur. Ici, les fantômes ne sont pas que de simples silhouettes à jumpscare. Ils incarnent aussi les traumatismes, le deuil et les souvenirs qu’on préférerait oublier. La mise en scène est glaçante. Les apparitions sont parfois terrifiantes. Certains épisodes vous restent en tête longtemps après le générique. Mon conseil : regardez-la le soir, dans le noir, et gardez peut-être une petite lumière allumée dans le couloir. On ne sait jamais.

Le Loup-garou du campus : le plaisir coupable qui sent bon les années 90

Tommy Dawkins est un lycéen populaire dont la vie bascule lorsqu’il est mordu par un loup-garou. Il est désormais contraint de gérer ses transformations. Il peut compter sur Merton Dingle, son meilleur ami gothique, passionné de surnaturel. Ensemble, ils affrontent des vampires, des momies et d’autres monstres, tout en cherchant un remède à la lycanthropie de Tommy.

Créée par Peter Knight, cette production canadienne a été diffusée de 1999 à 2002. Elle compte trois saisons et 66 épisodes. Son idée est simple mais efficace. Elle reprend les codes des films de monstres et les transpose dans l’univers du teen movie. Tout cela grâce à une bonne dose de comédie, des effets spéciaux kitsch et des personnages qui ne se prennent pas au sérieux. En France, elle a notamment été diffusée sur France 2.

Pourquoi la regarder à Halloween ? Parce qu’Halloween ne devrait pas être réservé aux histoires déprimantes et aux jumpscares à répétition ! Cette série est parfaite pour retrouver l’ambiance des séries télé de notre adolescence. De retrouver des monstres parfois improbables et des situations complètement loufoques. C’est le programme idéal pour une soirée cocooning entre amies, avec des bonbons, des pizzas et des commentaires sur les effets spéciaux de l’époque.

Fais-moi peur ! Les histoires qui nous ont appris à aimer avoir peur

Le principe est aussi simple qu’efficace. Un groupe d’adolescents, la Société de minuit, se retrouve dans les bois autour d’un feu de camp. À tour de rôle, ses membres racontent des histoires terrifiantes qui prennent vie à l’écran. Fantômes, maisons hantées, créatures de tous genres, objets maudits ou légendes urbaines. Chaque épisode nous entraîne dans un nouvel univers où l’ordinaire peut rapidement virer au cauchemar.

Diffusée à partir de 1992 sur Nickelodeon aux États-Unis, la série originale a été imaginée par D. J. MacHale et Ned Kandel. À l’origine, les deux créateurs envisageaient des histoires à raconter aux enfants avant le coucher. Ils se tournent finalement vers le fantastique et l’horreur. Leur idée de génie a été de faire de la Société de minuit le fil rouge de l’anthologie. La série originale a connu plusieurs saisons, puis des reprises, avant une nouvelle version à partir de 2019.

Pourquoi la regarder à Halloween ? Pour moi, c’est la madeleine de Proust parfaite pour les trentenaires. Il y a quelque chose de délicieux dans cette façon de raconter des histoires autour d’un feu. Cela fait penser aux légendes urbaines des colonies de vacances. Aux soirées à se demander si elles étaient vraiment inventées. Certaines intrigues ont un charme délicieusement rétro, d’autres sont encore capables de nous mettre mal à l’aise. Le petit rituel parfait pour Halloween ? Éteindre les lumières, préparer du pop-corn et lancer plusieurs épisodes à la suite.

American Horror Story : Coven : les sorcières les plus cunt de la télé

Direction La Nouvelle-Orléans, où une école très particulière accueille de jeunes femmes dotées de pouvoirs surnaturels. Sous la direction de Cordelia Goode et de sa mère, Fiona, les sorcières apprennent à maîtriser leurs pouvoirs. Mais elles doivent également faire face aux rivalités internes, aux menaces extérieures et aux secrets de leur communauté. La lutte pour le pouvoir devient aussi dangereuse que la magie elle-même.

Diffusée en 2013, Coven est la troisième saison de l’anthologie American Horror Story, créée par Ryan Murphy et Brad Falchuk. Comme chaque saison de la franchise, elle développe une histoire indépendante, avec son propre univers. Cette fois, les créateurs puisent dans l’imaginaire des sorcières et dans le folklore de La Nouvelle-Orléans. On y retrouve leur goût pour les personnages excessifs, les dialogues mordants et les retournements de situation.

Pourquoi la regarder à Halloween ? Parce que si Halloween avait une garde-robe, elle serait probablement composée des tenues noires des sorcières de la série ! Coven réunit tout ce que j’aime dans une histoire de sorcières. Une atmosphère gothique, des personnages féminins puissants et une esthétique qui donne envie de sortir immédiatement son vernis noir. C’est aussi une série qui joue avec les notions de féminité, de pouvoir et de transmission entre générations. On est loin du conte de fées rassurant : ici, les héroïnes peuvent être aussi fascinantes que cruelles. À regarder avec une tasse de thé noir et quelques bougies.

Tales from the Crypt : le maître de cérémonie le plus macabre de la télé

Bienvenue dans la crypte ! À chaque épisode, le Crypt Keeper, un cadavre animé à l’humour grinçant, nous présente une nouvelle histoire macabre. Meurtres, vengeances, cupidité, infidélité et pactes douteux constituent le menu de cette anthologie. Les intrigues oscillent entre l’horreur et l’humour noir, avec des chutes délicieusement cruelles qui prennent régulièrement le spectateur par surprise.

Lancée sur HBO en juin 1989, la série compte sept saisons diffusées jusqu’en 1996. Elle s’inspire des comics d’horreur publiés par EC Comics dans les années 1950. Sa production a réuni plusieurs grands noms du cinéma, dont Richard Donner, Walter Hill, Joel Silver et Robert Zemeckis. Autre particularité : certains épisodes ont été réalisés par des cinéastes célèbres ou ont réuni des acteurs de renom.

Pourquoi la regarder à Halloween ? Parce que le Crypt Keeper est, à lui seul, une excellente raison de replonger dans cette série ! Son rire sinistre, ses jeux de mots macabres et son apparence donnent immédiatement le ton. Je trouve particulièrement savoureux ce mélange de gore, de satire et d’humour noir. Ce qui rappelle que les histoires d’horreur peuvent aussi se moquer de nos pires travers. L’avantage de l’anthologie, c’est qu’on peut regarder un ou deux épisodes sans s’engager dans une longue intrigue. Parfait pour ponctuer une soirée d’Halloween de petites histoires méchantes, sanglantes et délicieusement irrévérencieuses.

Ça : Bienvenue à Derry : retour à Derry, là où les cauchemars prennent vie

Bienvenue à Derry, une petite ville du Maine en apparence paisible, où des événements inquiétants commencent à se multiplier. Se déroulant en 1962, la série suit notamment des enfants confrontés à des disparitions et à des phénomènes inexplicables. Au cœur de ce cauchemar se dessine Pennywise, le clown terrifiant qui se nourrit des peurs de ses victimes.

Diffusée à partir de 2025, Ça : Bienvenue à Derry développe l’univers du roman Ça de Stephen King. La série a été développée par Andy Muschietti, Barbara Muschietti et Jason Fuchs, avec Andy Muschietti à la réalisation de plusieurs épisodes. Plutôt que de reprendre l’histoire des films, elle remonte le temps pour explorer davantage la ville de Derry et son passé.

Pourquoi la regarder à Halloween ? Parce qu’il n’y a pas de période plus appropriée pour retrouver Pennywise ! Le clown inquiétant est l’ingrédient parfait pour une soirée d’horreur. Ce que j’apprécie particulièrement dans cet univers, c’est que la peur ne vient pas seulement du monstre. Elle s’installe dans le quotidien, dans les rues familières et dans les silences des adultes. J’apprécie également tout le travail visuel des séquences horrifiques. Si vous aimez Stephen King, cette série est un excellent choix pour votre marathon du 31 octobre. Attention tout de même si vous avez déjà une peur des clowns : celle-ci risque de ne pas s’arranger