
The Holy Boy est un film dramatico fantastique qui évoque avec une grande justement une facette des violences faites aux enfants. Il a l’intelligence de relier ce comportement à une défaillance des adultes, dans l’incapacité de gérer leurs propres traumatismes et souffrances. Dans la lignée de Carrie, The Holy parle des thèmes classique de l’adolescence: la recherche d’identité, le harcèlement…mais avec un prisme fantastique assumé et original.
Alors que les enfants sont très présents dans le cinéma de genre, et que la violence qui leur sont faites sont banales dans notre société, le cinéma de genre aborde encore très peu ce sujet. C’est un cinéma pourtant transgressif par essence, et qui brise de nombreux tabous, pourtant, force est de constater que les violences faites aux enfants un sujet encore très touchy.
D’autant plus qu’il est complexe, car ces violences sont multiples et diverses: sexuelles, physiques, psychologiques, et qu’elles peuvent prendre des formes très différentes.

The holy boy raconte l’histoire de Sergio, un professeur de sport dépressif qui arrive dans un nouveau lycée. Il comprend qu’un des élèves est érigé au rang de demi Dieu et qu’il a tous les droits, Matteo. Il noue alors une relation avec Matteo et découvre peu à peu le secret du village.
Le réalisateur Italien Paolo Strippoli choisit ici d’évoquer le cas des violences psychologiques qui amènent souvent à des violences physiques. Là où l’écriture est particulièrement intelligente, c’est qu’il explique la racine de ces violences: des adultes incapables de gérer leur histoire (alors qu’ils sont sensés être plus matures que des adolescent-es), de faire face à leurs douleurs, et qui cherchent désespérément à l’atténuer, peu importe s’ils entraînent un jeune dans leur chute.
La photographie du film est très naturaliste, avec un cadre précis qui reflète la rigidité du monde dans lequel Matteo évolue, et subit son sort. On est très proche d’une ambiance très terre à terre comme dans Thelma (2017) ou The Pledge (2026) qui racontent tous deux des relations complexes et du harcèlement d’adolescents.
Cela n’empêche pas The holy boy de basculer doucement mais sûrement vers du fantastique, en assumant complètement ce parti pris dans la dernière partie qui glace le sang. Le travail sur la lumière, les mouvements, le cadre donne un ton tout à fait unique au film. On est happé par une atmosphère et des conséquences qui dépassent tous les personnages: plus personne n’est ni bon, ni mauvais; les choix des uns et des autres ont conduit à une impasse.
C’est aussi la force de The holy boy: si Matteo est la victime des adultes, il devient aussi bourreau. C’est qui est tout à fait cohérent dans ce qu’on peut observer sur la continuité des violences, ce qui amène inévitablement à des souffrances, qui elles mêmes, si elles perdurent, laissent les humains sans issue.

The holy boy contient quelques scènes horrifiques honorables mais on sent que Paolo Strippoli qui a co réalisé A classic horror story (2021), n’est pas le plus à l’aise. Le rythme et la mise en scène patinent pour créer vraiment un effet efficace. En revanche, il se rattrape sur le fantastique, particulièrement prenant dans la dernière partie.
Je ne suis pas du tout adepte de la folk horror qui me laisse souvent sur le côté, je n’étais donc vraiment pas acquise à The holy boy, qui n’utilise aucun de ces codes. C’est un des rares films sur les violences faites aux enfants qui aborde frontalement le sujet et sa violence, sans oublier de le traiter philosophiquement. Il mérite grandement d’être découvert.
