The room

The Room est le deuxième film du français Christian Volckman. J’ai pu le voir lors du Festival Les Utopiales 2019. Il était présenté en compétition officielle.
The Room est un thriller fantastique, mettant en scène l’arrivé d’un couple dans leur nouvelle maison. Ils découvrent une pièce, magique,
qui exauce tous leurs souhaits…ou presque.

Un titre banal…

The Room ou le cas d’école d’un très mauvais choix de titre. Non pas par rapport au sujet du film qui est cohérent. Mais si vous êtes arrivé-es jusqu’à cet article, c’est que vous recherchiez précisément ce film. Et c’est bien le problème. L’autre film The Room, classé comme un des films les plus mauvais de tout les temps (et qui a donc fait le buzz), est le mieux référencé, et de loin. Sans compter le nombre incalculable de films qui contiennent “room” dans leur titre.
Le réalisateur Christian Volckman précise que pendant le tournage, le film s’appelait SpringWel, nom de l’architecte du lieu de tournage. Pour des raisons commerciales, il a été décidé de garder The Room. Choix incompréhensible.

…pour un film surprenant

The Room commence comme un film des plus classiques. Un beau et jeune couple emménage avec passion et complicité dans leur nouvelle maison.
Là où Christian Volckam est malin, c’est qu’il met très rapidement en place le point de bascule du film. La découverte de la pièce magique (mais interdite et dangereuse, à l’image de Barbe Bleue?), et les premières expérimentations qu’en font le couple. On a à peine fait connaissance avec ce couple qu’on rit avec eux de l’absurdité de la situation. Le réalisateur n’a pas besoin de grand chose pour créer rapidement de l’empathie. Qui n’a jamais dit une phrase du type “si je gagnais au loto…”? Et bien là, c’est l’application de tous les souhaits, la présence d’un génie bienveillant en moins.
Mais évidemment, on sait que cet étalement de luxure a un prix à payer. La question est: lequel?

Car on se demande bien pourquoi Matt et Kate ne se posent pas plus de questions. Le rebondissement qui arrive par la suite est d’autant plus radical, que classique. En effet, quel souhait amène parfois à se surpasser, voire à dépasser les limites? Celui d’avoir un enfant.
La grande force de The Room est d’apporter un nouveau rebondissement au fur et à mesure que l’intrigue avance. Un rebondissement qui s’avère être imprévisible.

Raiponce maléfique

The Room est en fait un huis clos. Un couple qui se retrouve enfermé par la force des choses, avec leur enfant. Et au delà de cet enfermement, c’est la métaphore des enfants qu’on élève dans une certaine culture, dans une certaine idée politique, dans des traditions. C’est finalement une forme d’enfermement. Christian Volckman l’explique très bien dans une interview passionnante que je vous conseille de regarder.

La mise en scène de The Room permet de rapidement bien faire la distinction entre la pièce et le reste de la maison. La photographie faite de nuances clair/obscur reflète bien le caractère magique de la pièce.
Par ailleurs, il y a des idées de mises en scène pertinentes. Comme lors d’une dispute entre Matt et Kate. Celle ci se renferme complètement sur son rôle de mère qui doit surprotéger son enfant. Elle exclut de fait Matt, qui lui reste septique face à cette chose. Et un passage montre Matt en dehors de la maison, affrontant Kate. Le film regorge d’idées similaires, en jouant avec le positionnement des personnages.

Si The Room patine un peu dans la redondance du nouveau quotidien déprimant du couple, et des investigations de Matt concernant le passé de la maison dont on a (trop) vite les clefs, le dénouement final est diablement efficace. Sans rien dévoiler, on assiste à une course poursuite originale, mélangeant illusions et réalité.
J’ai parfois lu des critiques qui s’attachent énormément à la crédibilité des enchaînements des scènes. Mais dans un film fantastique comme The Room, cela me paraît compliqué de vouloir que les univers s’emboitent parfaitement. Ce n’est clairement pas le but de ce cinéma. Et tant mieux.

The Room est un thriller fantastique qui offre une une perspective nouvelle de se questionner sur nos désirs, et leurs conséquences. Seul défaut? Il n’est pas graphique. Sans que je demande du sang, mais cela aurait ajouté une touche glauque, couronnant le traitement radical de The Room.

Pas de date de sortie de prévue pour le moment.

Pour aller plus loin:

Les Utopiales 2019- Weathering with you,
Les Utopiales 2019- Bilan général,
Les Utopiales 2019- Proxima,
Les Utopiales 2019- Little Joe,
Les Utopiales 2019-Conférences.

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