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	<title>Archives des femme - Bon chic Bon genre - cinéma de genre(s)</title>
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	<title>Archives des femme - Bon chic Bon genre - cinéma de genre(s)</title>
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	<item>
		<title>[ Analyse ] Violences sexistes et cinéma de genre</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jessica]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Mar 2020 10:21:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Analyse des représentations]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma de genre]]></category>
		<category><![CDATA[Féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma de genre]]></category>
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		<category><![CDATA[slasher]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le cinéma de genre contient par définition de la violence. On remarque aussi que de nombreux personnages féminins sont les héroïnes de ces films. Il est donc nécessaire de questionner ces violences et ce qui peut apparaître comme sexistes dans le cinéma de genre. Être féministe cinéphile c&#8217;est tout un art. Entre female gaze, politiquement &#8230; </p>
<p>L’article <a href="https://bonchicbongenre.fr/violences-sexistes-cinema-de-genre/">[ Analyse ] Violences sexistes et cinéma de genre</a> est apparu en premier sur <a href="https://bonchicbongenre.fr">Bon chic Bon genre - cinéma de genre(s)</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-vivid-red-background-color has-text-color has-background" style="color:#fff5de">Le <strong>cinéma de genre</strong> contient par définition de la <strong>violence</strong>. On remarque aussi que de nombreux <strong><a aria-label="personnages féminins (opens in a new tab)" class="rank-math-link" href="https://bonchicbongenre.fr/dossier-la-representation-de-la-femme-forte/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">personnages féminins</a> sont les héroïnes de ces films</strong>. Il est donc nécessaire de <strong>questionner ces violences et ce qui peut apparaître comme sexistes dans le cinéma de genre</strong>.</p>



<p>Être <strong>féministe cinéphile</strong> c&rsquo;est tout un art. Entre female gaze, politiquement correct, violences, le cinéma de genre est l&rsquo;exemple même à quel point il est compliqué de représenter justement, les violences sexistes.</p>



<p>Le cinéma est art dominé non seulement par les hommes, par leur regard, on ne peut nier le manque de diversité dans les angles posés sur les personnages. Qu&rsquo;ils soient féminins ou masculins.<br>Et s&rsquo;il y a bien un genre où les femmes sont présentes, c&rsquo;est le <strong><a href="https://bonchicbongenre.fr/dossier-17-sous-genres-du-cinema-de-genre/" data-type="post" data-id="85">cinéma de genre</a></strong>. Pour le meilleur et pour le pire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La violence face aux violences sexistes, catharsis nécessaire?</h2>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="600" height="237" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/03/photo-sara-paxton-964744-large.jpg" alt="" class="wp-image-1223" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/03/photo-sara-paxton-964744-large.jpg 600w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/03/photo-sara-paxton-964744-large-300x119.jpg 300w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>
</div>


<p>Ma réflexion démarre avec un article de <strong>Slate</strong> dont l&rsquo;autrice était scandalisée par la violence graphique dans la série <strong><em>The Handmaid&rsquo;s Tale.</em></strong> La série était accusée de sexisme.<br>C&rsquo;est aussi un reproche fait à<strong><em> Irréversible</em></strong> de Gaspard Noé. Et c&rsquo;est régulièrement la même réflexion que j&rsquo;entends à propos de <strong><em>Martyrs </em></strong>de Pascal Laugier.<br>Une chose est sûre, il n&rsquo;y a pas une seule lecture de ces films.<br>La capacité à regarder de la violence, et notamment les violences sexistes quand on est une femme, dépend de notre sensibilité, et de notre capacité à encaisser de nouvelles violences en plus de celles vécues au quotidien.</p>



<p>Pour autant, il reste passionnant d&rsquo;analyser les points de vue caméra, les procédés de mises en scènes, les écritures de situation et de personnages pour tenter de prendre du recul et de comprendre le sens de ces images.</p>



<p>Mon objectif ici est plutôt de<strong> questionner la portée narrative</strong> ou <strong>philosophique</strong> de la violence à l&rsquo;écran. A quel moment elle participe à dénoncer le sexisme. Et plus largement d&rsquo;interroger l&rsquo;utilité de représenter les violences envers les femmes.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La nécessité de montrer la violence</h3>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="670" height="440" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/03/The-Handmaid-s-Tale-Samira-Wiley-Toutes-les-violences-faites-aux-femmes-decrites-dans-la-serie-sont-arrivees-1.jpg" alt="" class="wp-image-1228" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/03/The-Handmaid-s-Tale-Samira-Wiley-Toutes-les-violences-faites-aux-femmes-decrites-dans-la-serie-sont-arrivees-1.jpg 670w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/03/The-Handmaid-s-Tale-Samira-Wiley-Toutes-les-violences-faites-aux-femmes-decrites-dans-la-serie-sont-arrivees-1-300x197.jpg 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/03/The-Handmaid-s-Tale-Samira-Wiley-Toutes-les-violences-faites-aux-femmes-decrites-dans-la-serie-sont-arrivees-1-457x300.jpg 457w" sizes="(max-width: 670px) 100vw, 670px" /></figure>
</div>


<p>On m&rsquo;a souvent fait remarquer qu&rsquo;on voit suffisamment de violence dans le monde pour aller en voir délibérément sur un écran.<br>Cette violence là, qui passe par la photographie ou la vidéo, ne permet pas de prendre du recul pour comprendre pourquoi et comment on arrive à cette violence là. Il a un caractère informatif, qui pour le pire et le meilleur déclenche de l&rsquo;émotion avec toutes les dérives liées.<br>La fiction permet de se questionner, de proposer des solutions, des réflexions. La réalité, on la subit et c&rsquo;est tout.<br>Par ailleurs, alors qu&rsquo;on se plaint de l&rsquo;individualité de la société, de sa violence, de ses incohérences, il serait illogique que des êtres humains la questionnent?<br>Quoi de plus normal que des êtres humains aient besoin d&rsquo;interroger notre rapport à la violence, à la réalité?</p>



<p>Les violences sexistes dans le cinéma de genre <strong>ne sont pas nécessairement teintées de sexisme. </strong>Elles sont parfois utiles pour représenter  les douleurs, les conséquences, de celles-ci.<br>La nécessité de montrer la violence, et parfois ce qu&rsquo;on appelle « graphique » (c&rsquo;est à dire gore), est aussi nécessaire que de nommer les choses. <br>Je prends souvent l&rsquo;exemple du féminisme. Pourquoi on doit utiliser le terme de<strong> </strong>féminisme et pas d&rsquo;humanisme, alors que les deux termes désignent la lutte pour l&rsquo;égalité?<br>Parce que le féminisme désigne spécifiquement les oppressions subies par les femmes, que les hommes ne connaîtront jamais. Si on ne nomme pas un problème, on ne peut pas l&rsquo;identifier. Si on ne peut pas l&rsquo;identifier, on ne peut pas le combattre.</p>



<p>C&rsquo;est la même chose pour les violences. Donc la montrer (avec évidemment une mise en scène choisie), c&rsquo;est montrer qu&rsquo;elle existe. Ainsi, le public peut prendre conscience de cette violence, de sa portée, et de son intensité. Mais aussi de ses conséquences, voire de ses causes. Bref, la montrer c&rsquo;est se donner l&rsquo;opportunité de la comprendre. Les violences sexistes ont<strong> </strong>tellement de différentes facettes.<br>Et contrairement à ce qu&rsquo;on entend souvent, expliquer n&rsquo;est pas excuser. Encore une fois, <strong>s</strong>i on explique pas, comment comprendre? Et si on ne comprend pas, comment savoir lutter?</p>



<p>Pour illustrer cette confusion, on peut prendre l&rsquo;exemple de deux films:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong><em>Promising Young Woman: </em></strong>Certaines critique féministes ont fustigé le fait que Cassie soit tuée à la fin. Comme si le personnage féminin qui se battait contre le viol perdait une seconde fois. Cassie serait donc montrée comme faible. Pourtant, c&rsquo;est contrebalancé par le fait que les coupables sont quand même punis en raison de l&rsquo;intelligence de Cassie qui avait anticipé la violence masculine. Elle savait qu&rsquo;elle risquait la mort. Et c&rsquo;est bien la réalité: les hommes tuent les femmes.<br>On a aussi critiqué le fait que la femme violée s&rsquo;est suicidée et que donc elle n&rsquo;apparait jamais à l&rsquo;écran, c&rsquo;est Cassie qui prend le fardeau de lui faire justice. Pourtant Cassie se met en danger tous les soirs pour sauver des femmes en confrontant les hommes à leurs comportements: elle a un angle d&rsquo;action systémique. De plus, le film montre l&rsquo;impact des violences sexuelles sur l&rsquo;entourage. Car elles ont aussi une incidence sur l&rsquo;entourage et peu de films le traite.</li>



<li><strong><em><a href="https://bonchicbongenre.fr/critique-the-substance/" data-type="post" data-id="22674">The Substance:</a></em></strong> On a pu lire via des sites de critiques féministes notamment qu&rsquo;il était problématique que les deux personnages féminins se battent à la fin. Comme si la sororité ne pouvait décidément pas exister dans cette critique de l&rsquo;âgisme. Mais c&rsquo;est pourtant le reflet même de la domination patriarcale qui divise les femmes et les met en compétition pour mieux les soumettre. C&rsquo;est important de visibiliser cette conséquence.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">La revanche du viol</h2>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="400" height="276" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/03/thriller-lindberg.jpg" alt="" class="wp-image-1224" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/03/thriller-lindberg.jpg 400w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/03/thriller-lindberg-300x207.jpg 300w" sizes="(max-width: 400px) 100vw, 400px" /></figure>
</div>


<p>Il existe un<strong> </strong>sous genre du<strong> cinéma de genre</strong> qui s&rsquo;axe spécifiquement sur une violence faite en majorité sur les femmes, le viol. Le <strong><a href="https://bonchicbongenre.fr/festival-final-girls-berlin-ff-8-la-representation-du-rape-revenge/" data-type="post" data-id="19750">rape and revenge</a></strong>. <br>Il s&rsquo;agit de la vengeance d&rsquo;une femme qui a été violée et souvent battue, voire torturée. Ce sont des films majoritairement réalisés par des hommes (<em><strong>L&rsquo;ange de la vengeance, I spit on your grave, La dernière maison sur la gauche</strong>, <strong>Crime à froid</strong></em>,&#8230;). Même si Virginie Despentes et Coralie Trinh Thi ont déversé rageusement<em> <strong>Baise Moi </strong></em>en 2000. Coralie Fargeat a fait aussi une entrée fracassante pendant la vague Me Too avec <strong><em><a class="rank-math-link" href="https://bonchicbongenre.fr/critique-revenge-me-too-rageur/">Revenge</a></em></strong>.</p>



<figure class="wp-block-pullquote"><blockquote><p><strong>Le viol est un fléau dramatiquement banal, il est nécessaire que le cinéma de genre s&#8217;empare mieux des violences sexistes</strong></p></blockquote></figure>



<h3 class="wp-block-heading">Le viol, sujet touchy</h3>



<p>Le rape and revenge est un sous genre questionnable de par sa nature (baser son histoire et ses personnages sur l&rsquo;unique question de vengeance suite à un viol et rien d&rsquo;autre, avec une déculpabilisation dérangeant du spectateur) est souvent emprunt de sexisme. Car on y retrouve les clichés du viol:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Associer fille sexy et pulsions sexuelles des violeurs,</li>



<li>Les violeurs sont souvent des inconnus,</li>



<li>Mise en scène voyeuriste des viols (on voit tout ou presque, avec un regard extérieur)</li>
</ul>



<p>C&rsquo;est pourtant un genre qui pourrait être beaucoup plus intéressant. Car l&rsquo;écrasante majorité des viols est commis dans le cercle proche. Et le rape and revenge l&rsquo;ignore complètement. Le viol est un fléau dramatiquement banal, il est nécessaire que le cinéma de genre s&rsquo;en empare mieux.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="560" height="236" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2021/04/UnfortunateLiveGiantschnauzer-max-1mb.gif" alt="" class="wp-image-7505"/></figure>
</div>


<p>Coralie Fargeat avait un peu rabattu ces carte dans <em><a aria-label="Revenge (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://bonchicbongenre.fr/revenge/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>Revenge</strong></a></em>. Car elle s&rsquo;attache à nous projeter à travers le regard de la jeune femme, qui s&#8217;emploiera à tuer non seulement son bourreau, mais le témoin et la personne qui cautionne et banalise. Ici c&rsquo;est le rôle de la société qui est interrogé. Pas uniquement le coupable.<br>Mais le film mêle aussi le regard sexualisé que les hommes portent sur le corps de l&rsquo;héroïne. Corps qui deviendra malgré tout un outil de combat, transformé grâce à un élément fantastique.</p>



<p><strong><em>Violation </em></strong>de Madeleine Sims-Fewer et Dusty Mancinelli révolutionne la manière de représenter les violences sexistes et sexuelles, et notamment le rape and revenge. Le viol est commis par un proche, et surtout « sans » violence, sans menaces, sans agression au préalable. Et la narration construite en aller retour, permet de contextualiser la situation.<br><strong><em>Délivrance </em></strong>de John Boorman est l&rsquo;un des seuls qui représente un viol subi par un homme. Autre tabou de société qui serait intéressant d&rsquo;analyser.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="225" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2021/04/homepage_violation-movie-review-2021.jpeg" alt="" class="wp-image-7504" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2021/04/homepage_violation-movie-review-2021.jpeg 400w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2021/04/homepage_violation-movie-review-2021-300x169.jpeg 300w" sizes="(max-width: 400px) 100vw, 400px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Violation</em></figcaption></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Quand la violence est alliée du sexisme</h2>



<p>Mais si la représentation explicite de la violence est nécessaire, le cinéma de genre peut aussi de laisser aller à du <strong>sexisme</strong>.<br>On ne compte plus le nombre de films d&rsquo;exploitation, notamment dans les années 70/80, qui regorgent de sexisme. Mais leur qualité et notoriété étant plus aléatoires, je me concentrerai sur des formes de production de films plus classiques.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le slasher, mauvais élève</h3>



<p>Même si j&rsquo;ai une tendresse particulière pour <a aria-label="la saga Halloween (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://bonchicbongenre.fr/guide-de-survie-de-la-saga-halloween/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>la saga Halloween</strong></a>, les personnages (victimes) féminins sont toujours objectifiés. Pire, les divers réalisateurs ont usé et abusé de l&rsquo;utilisation du sexe comme péché devant être puni. Résultat, en plus d&rsquo;une morale nauséabonde, on nous montre souvent des corps de femmes dénudées, lardées de coups de couteaux.</p>



<p>Et si j&rsquo;aime les films de Rob Zombie, il faut avouer que la mise en scène des meurtres des femmes sont souvent problématiques. Lors des meurtres, elles sont très souvent dénudées, sexualisées.<br>On peut ainsi noter une objectification totale de la sœur de Mickaël Myers lorsqu&rsquo;elle se fait tuer par ce dernier (même si de toutes façons le male gaze est permanent chez Zombie).<br>Dans le deuxième film, ce qui m&rsquo;a interpellée particulièrement c&rsquo;est le meurtre d&rsquo;une jeune femme dans une caravane s&rsquo;apprêtant à copuler. Myers arrive derrière elle, et la manière dont le meurtre est filmé, fait référence à un coït.<br>Sans compter Annie, qui est totalement nue lorsque Myers la massacre. Et pourtant j&rsquo;adore cette dernière scène, que je trouve particulièrement émouvante. Le montage humanise profondément la victime. Mais pourquoi les mettre nues? De la même manière que beaucoup de personnages féminins se font attaquer dans leur bain. Avez-vous souvent vu des hommes se faire tuer dans leur bain?</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/03/Vendredi_13-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-1229" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/03/Vendredi_13-1024x576.jpg 1024w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/03/Vendredi_13-300x169.jpg 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/03/Vendredi_13-768x432.jpg 768w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/03/Vendredi_13-533x300.jpg 533w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/03/Vendredi_13.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
</div>


<p>Dans le mauvais <em><strong>Vendredi 13</strong> </em>de 2009 réalisé par Marcus Nispel, prenons la scène de meurtres dans le lac (qui fait un fort clin d’œil aux <strong><em>Dents de la Mer</em>)</strong>. La jeune femme qui est à demi nue (ba wai c&rsquo;est plus pratique pour faire du wakesurfing), est tuée d&rsquo;un coup de machette dans le crâne par Jason. La victime cachée sous un ponton, Jason plante sa machette à travers le bois et l&#8217;embroche comme un cochon. Et pour récupérer sa machette, il vient hisser le corps de la malheureuse, laissant apparaître sa poitrine généreuse, et retire sa machette du crâne en appuyant celui ci contre le bois. L&rsquo;aspect comique de cette scène est malvenue, car le film n&rsquo;est absolument pas dans cette tonalité. Cela participe à représenter la femme comme un objet, une viande, une violence qui est grotesque.<br><strong>Demoiselles d&rsquo;Horreur</strong> décortique cette séquence dans cette vidéo (à 1H04):</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="CINEMA HORRIFIQUEMENT CORRECT" width="790" height="444" src="https://www.youtube.com/embed/nR4CqBmmPH4?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<p>Ce sexisme n&rsquo;est en rien du politiquement incorrect subversif. Ces scènes ne font que reproduire des images que l&rsquo;on voit depuis&#8230;toujours dans le cinéma de genre! Elles sont dénuées de propos et ne font qu&rsquo;appauvrir le cinéma de genre, déjà bien stigmatisé.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Quand le torture porn porte bien son nom</h3>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/03/3-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-1230" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/03/3-1024x576.jpg 1024w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/03/3-300x169.jpg 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/03/3-768x432.jpg 768w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/03/3-1536x864.jpg 1536w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/03/3-533x300.jpg 533w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/03/3.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
</div>


<p>C&rsquo;est le cas de la plupart des<strong> slashers </strong>(surtout la vague qui a suivi le succès de <strong><em>Scream</em></strong>). Il y a beau avoir des personnages féminins qui survivent ou pas, se battent ou pas, ces films ne brillent pas par la valorisation des femmes. Elles sont dépersonnalisées au possible, voire bêtes. Ce sont des objets pour attirer l&rsquo;adolescent moyen. Ce sont toujours des corps correspondant aux canons habituels (minces, cheveux longs, gros seins, jambes interminables, débardeur et short qui va bien).</p>



<p>Le torture porn est un sous genre qui se prête également plutôt bien au sexisme.<br>Prenons l&rsquo;exemple <strong><em>Saw 7 (Saw 3D)</em></strong> de Kevin Greutert. L&rsquo;introduction est la justification parfaite du <strong>féminicide</strong>.<br>Le film commence par bien entretenir le préjugé que les femmes sont les responsables des maux d&rsquo;une relation amoureuse, et donc de conflits entre hommes. A cause de quoi? Mais de l&rsquo;infidélité bien sûr!<br>Le traditionnel « triangle amoureux » où la femme est reine et mène les hommes par le bout du nez (de la bite). Ne plus, elle n&rsquo;hésite pas à continuer de manipuler ces pauvres hommes victimes afin d&rsquo;essayer de s&rsquo;en sortir. Aucun savoir vivre.<br>Il faut donc la punir. Quoi de mieux que de la couper en deux?</p>



<p>Plus loin, une autre scène appuie cette <strong>objectivisation du corps des femmes</strong>. On se permet de cadrer un beau plan sur la grosse poitrine découverte (alors que dans les scènes précédentes, le gilet est fermé) de la victime avant de lui exploser sévèrement la tête (comme ça plus d&rsquo;identité hop!).</p>



<p>Avant de crier au politiquement correct, il faut s&rsquo;interroger sur la nécessiter de montrer ces images. Une mise en scène, une écriture de personnages sont là pour porter un propos. Soit c&rsquo;est volontaire et c&rsquo;est un point de vue (sexisme). Soit c&rsquo;est involontaire, et c&rsquo;est dire comme nous avons intériorisé ces violences sexistes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le sexisme intériorisé aussi dans la mise en scène</h2>



<p>Le cas de <strong><em>Terrifier 1 et 2 </em></strong>est un cas d&rsquo;école. Ces 2 films contenant des scènes très gores mettent en scène un clown tueur (très réussi) qui pourchassent des jeunes filles.<br>De mon point de vue, les meurtres sont mis en scène avec un angle particulièrement sexiste.<br>Premier point, le clown ne pourchasse que des femmes (alors que ce n&rsquo;est pas forcément le cas dans d&rsquo;autres slashers, d&rsquo;autant que le film est récent, et surtout que le film ne donne pas de raison spécifique à ça).<br>Par ailleurs, il s&rsquo;attaque à des femmes jeunes, sexy, un peu idiotes, aimant s&rsquo;amuser. C&rsquo;est effectivement un trope que l&rsquo;on retrouve beaucoup dans les slashers, mais déjà à l&rsquo;époque de <strong><em>Black Christmas</em></strong> en 1974, on avait au moins un personnage féminin un peu travaillé (du moins pas débile). Là on est en 2016.</p>



<p>Si le clown s&rsquo;attaque aux hommes et femmes confondus, il n&rsquo;y met pas les mêmes formes.<br>Dans <strong><em>Terrifier,</em></strong> il commence par tuer des hommes de manière brutale et expéditive (tête et main coupées, couteau au visage).<br>Le prochain meurtre est celui du personnage féminin le plus débile, blonde (évidemment), que le tueur pend par les pieds, en lui écartant les jambes, nue (évidemment). Il ne trouve rien de plus monstrueux que de la découper en 2 vivante, en commençant par sa vulve. Cerise sur le gâteau saignant, il fait un selfie avec le corps de la malheureuse, en écho avec une scène précédente où la jeune femme a fait un selfie forcé avec le clown au restaurant. Bref, on se fout de la gueule de l&rsquo;écervelée.</p>



<figure class="wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">
<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="538" data-id="20334" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Capture-decran-2023-03-05-a-14.16.52-1024x538.png" alt="" class="wp-image-20334" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Capture-decran-2023-03-05-a-14.16.52-1024x538.png 1024w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Capture-decran-2023-03-05-a-14.16.52-300x158.png 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Capture-decran-2023-03-05-a-14.16.52-768x404.png 768w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Capture-decran-2023-03-05-a-14.16.52-1536x807.png 1536w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Capture-decran-2023-03-05-a-14.16.52-2048x1076.png 2048w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Capture-decran-2023-03-05-a-14.16.52-114x60.png 114w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Capture-decran-2023-03-05-a-14.16.52-1320x694.png 1320w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="602" data-id="20335" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Capture-decran-2023-03-05-a-14.19.05-1024x602.png" alt="" class="wp-image-20335" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Capture-decran-2023-03-05-a-14.19.05-1024x602.png 1024w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Capture-decran-2023-03-05-a-14.19.05-300x176.png 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Capture-decran-2023-03-05-a-14.19.05-768x452.png 768w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Capture-decran-2023-03-05-a-14.19.05-1536x903.png 1536w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Capture-decran-2023-03-05-a-14.19.05-2048x1204.png 2048w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Capture-decran-2023-03-05-a-14.19.05-102x60.png 102w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Capture-decran-2023-03-05-a-14.19.05-1320x776.png 1320w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
</figure>



<p>Par la suite, il coupa la tête d&rsquo;un homme, mais s&rsquo;acharnera à <strong>défigurer </strong>de balles la tête et le corps de l&rsquo;amie de la blonde.<br>Enfin, le film se termine sur le clown qui s&rsquo;attaque de nouveau au visage d&rsquo;une femme, en dévorant la soeur de la précédente victime.<br>Aucun autre homme ne subit autant d&rsquo;acharnement et de torture sur des parties fortement liées à la féminité, en montrant des corps aussi sexualisés et dénudés.</p>



<figure class="wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-2 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">
<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="569" data-id="20336" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Capture-decran-2023-03-05-a-14.19.47-1024x569.png" alt="" class="wp-image-20336" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Capture-decran-2023-03-05-a-14.19.47-1024x569.png 1024w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Capture-decran-2023-03-05-a-14.19.47-300x167.png 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Capture-decran-2023-03-05-a-14.19.47-768x427.png 768w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Capture-decran-2023-03-05-a-14.19.47-1536x853.png 1536w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Capture-decran-2023-03-05-a-14.19.47-2048x1138.png 2048w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Capture-decran-2023-03-05-a-14.19.47-108x60.png 108w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2023/03/Capture-decran-2023-03-05-a-14.19.47-1320x733.png 1320w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
</figure>



<p>Mais <strong><em>Terrifier 2 </em></strong>n&rsquo;est pas en reste. On retrouve le même principe avec la scène la plus marquante et  gore, où là encore le clown s&rsquo;acharne encore et encore à faire souffrir la jeune femme, à la limite du supportable pour ma part. D&rsquo;autant qu&rsquo;on en rajoute en filmant la réaction de la mère qui découvre sa fille méconnaissable aux côtés du tueur qui savoure la souffrance des 2. Un comportement qu&rsquo;on ne retrouve pas chez ses victimes masculines (qu&rsquo;il ne poursuit toujours pas).<br>Certains clament haut et fort que pourtant le tueur émascule l&rsquo;un des protagonistes. Oui, mais là encore c&rsquo;est expéditif. On pourrait éventuellement dire que dans un élan de wokisme, le tueur coupe la bite du mec qui insiste pour avoir des relations sexuelles, mais ça ne va pas plus loin (quoi que toujours plus loin que le 1er volet).<br>D&rsquo;autant qu&rsquo;il faut que noter que le réalisateur <strong>Damien Leone s&rsquo;est <a href="https://cinema.jeuxactu.com/news-cinema-terrifier-2-cette-scene-etait-tellement-gore-et-revoltante-qu-elle-a-censure-35860.htm#:~:text=Dans%20une%20des%20sc%C3%A8nes%2C%20un,id%C3%A9e%20d'aller%20plus%20loin." data-type="URL" data-id="https://cinema.jeuxactu.com/news-cinema-terrifier-2-cette-scene-etait-tellement-gore-et-revoltante-qu-elle-a-censure-35860.htm#:~:text=Dans%20une%20des%20sc%C3%A8nes%2C%20un,id%C3%A9e%20d'aller%20plus%20loin.">auto censuré dans <em>Terrifier 2</em></a></strong>. Il imaginait une scène beaucoup plus gore avec le pénis de son personnage. Vous remarquerez qu&rsquo;il s&rsquo;est auto censuré pour une scène violente concernant un personnage masculin, pas féminin.<br>Ce qui m&rsquo;amène à penser que le réalisateur (comme beaucoup d&rsquo;autres) a intériorisé des ressors sexistes, et quand bien même il s&rsquo;en défende, l&rsquo;intention n&rsquo;évite pas forcément le résultat.<br></p>



<h2 class="wp-block-heading">Où sont les femmes?</h2>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="500" height="333" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/03/critique-film-teeth-mitchell-lichtenstein-200-L-WFXRCg.jpeg" alt="" class="wp-image-1233" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/03/critique-film-teeth-mitchell-lichtenstein-200-L-WFXRCg.jpeg 500w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/03/critique-film-teeth-mitchell-lichtenstein-200-L-WFXRCg-300x200.jpeg 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/03/critique-film-teeth-mitchell-lichtenstein-200-L-WFXRCg-450x300.jpeg 450w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" /></figure>
</div>


<h3 class="wp-block-heading">Qu&rsquo;appelle-t-on female gaze?</h3>



<p>Mais pour contrer ces visions sexistes, mettons à l&rsquo;honneur le <strong>female gaze</strong>. Mais qu&rsquo;est ce donc?<br>Si vous vous intéressez au genre, vous n&rsquo;avez pas pu passer à côté de la journaliste cinéma Iris Brey, qui a fait le tour des media pour expliquer ce concept. Elle a écrit un livre à ce sujet, appelé <strong><a aria-label="Le Regard Féminin, une révolution à l'écran (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://cheekmagazine.fr/culture/iris-brey-regard-feminin-female-gaze/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Le Regard Féminin, une révolution à l&rsquo;écran</a></strong>. Le concept de mâle gaze a été introduit par Laura Mulvey dans les années 70, mais il est resté confidentiel en France, jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;Iris Brey le mette en lumière.</p>



<p>Pour rapidement comprendre de quoi il s&rsquo;agit, Mulvey explique qu&rsquo;il y a 3 regards sur les personnages. Celui du réalisateur, celui de la caméra et celui du public.<br>C&rsquo;est le regard de la caméra qui oriente le regard du spectateur-rice. Le cinéma étant dominé par le regard masculin (le male gaz donc), les corps (masculin ou féminin) sont filmés comme des objets. Et non pas comme des sujets, en mouvement. Mais il y a d&rsquo;autres éléments à prendre en compte, comme la place du personnage féminin dans la narration.<br>Le male gaze ou le female gaze peut venir autant d&rsquo;un réalisateur ou d&rsquo;une réalisatrice. C&rsquo;est vraiment le regard qui importe.<br>Je suis de plus en plus réservée sur cette notion de male et female gaze. Pour plusieurs raisons:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Depuis la popularisation de cette notion, tout le monde met un peu tout et n&rsquo;importe quoi derrière le male et female gaze,</li>



<li>Au fil du temps, je vois beaucoup de points de vues différents posés sur la manière de filmer le corps des femmes. Faut-il le montrer? Comment? Est-ce que montrer un corps sexy est nécessairement sexiste? La question est beaucoup plus complexe que l&rsquo;on ne croit et des films comme <strong><em>Pauvres Créatures </em></strong>ou <strong><em>The Substance</em></strong> l&rsquo;ont montré.</li>



<li>Est-ce qu&rsquo;on a besoin d&rsquo;être à la place du personnage féminin pour comprendre et expliquer les violences sexistes? Non.</li>
</ul>



<h3 class="wp-block-heading">Aux côtés de la victime de violences sexistes</h3>



<p>Ceci dit, on peut noter que <strong><em>Monster</em></strong> de Patty Jenkins se place du point de vue son héroïne. Le film retrace la vie d&rsquo;Aileen Wurno, la première femme considérée comme tueuse en série. C&rsquo;est d&rsquo;abord une femme victime de violences et de sexisme toute sa vie.<br>Pour avoir lu et entendu beaucoup de choses sur cette meurtrière, je tiens à rappeler qu&rsquo;Aileen a commencé à tuer pour se défendre, et que par la suite elle était animée de vengeance. Pas de sadisme et de plaisir comme la plupart des tueurs en série. <strong><em>Monster</em></strong> l&rsquo;illustre bien.<br>Le film démarre d&rsquo;ailleurs avec les propres pensées d&rsquo;Aileen, qui continueront tout au long du film. Lors de l&rsquo;agression, la caméra se place bien dans le regard d&rsquo;Aileen. Et on suit l&rsquo;évolution du couple qu&rsquo;elle forme avec Selby sans sexualisation et objectivisation des corps.</p>



<p>Si on reprend l&rsquo;exemple de <strong><em>HandMaid&rsquo;s Tale</em></strong> qui est souvent montré du doigt pour sa violence, force est de constater que si le même principe que <em><strong>Monster</strong></em>, la voix off de June nous guide. Et on est bien à sa place lors des viols. Le public est à ses côtés dans son combat, ses pertes, sa souffrance. L&rsquo;horreur de cette dystopie est palpable.</p>



<p>Dans un registre plus comico horreur, un de mes films chouchou, <strong><em>Teeth </em></strong>de Mitchell Lichtenstein reprend la peur ancestrale des hommes, à savoir que les femmes auraient un vagin denté. La scène chez le gynécologue est parlante. Celui-ci ne se soucie guère ni de ce que dit Dawn, ni de ce qu&rsquo;elle ressent. Et nous, <strong>public, sommes aux côtés de Dawn</strong> qui ne voit pas ce qu&rsquo;il fait, et on ne voit pas non plus ce qui se passe à l&rsquo;intérieur. Nous sommes comme elle, en attente de comprendre, de savoir.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Combattre le mâle par le mal</h2>



<p>Mais dans<strong> le cinéma de genre</strong>, on peut aussi donner du sens aux violences faites aux femmes, avoir un point de vue plus extérieur.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Par des réalisatrices&#8230;</h3>



<p>Le maladroit mais néanmoins intéressant <strong><em>Dark Touch</em></strong> réalisé par Marina De Van, utilise la télékinésie pour parler de l&rsquo;inceste, grand fléau tabou des violences sexistes. Via ce pouvoir, la petite fille exprime sa colère, sa douleur, mais surtout se défend, et finit par prendre le contrôle. La mise à mort des parents incestueux est particulièrement violente, et les femmes ne sont pas épargnées, comme souvent à ce sujet. Comme pour élargir la problématique de l&rsquo;inceste.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1023" height="614" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2019/09/dark-touch.jpg" alt="Marina de Van" class="wp-image-257" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2019/09/dark-touch.jpg 1023w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2019/09/dark-touch-300x180.jpg 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2019/09/dark-touch-768x461.jpg 768w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2019/09/dark-touch-450x270.jpg 450w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2019/09/dark-touch-850x510.jpg 850w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2019/09/dark-touch-833x500.jpg 833w" sizes="(max-width: 1023px) 100vw, 1023px" /></figure>



<p>Et la violence, même si elle est morale, est aussi exercée par les enfants, sur la petite fille. En effet, en raison de par ses problèmes, elle se sent différente et isolée. Et <strong><em>Dark Touch</em></strong> est malin dans le sens où la petite fille se révolte uniquement contre les adultes maltraitants, ou étouffant (qui est une forme de violence de non considération des besoins de l&rsquo;autre). Et elle s&rsquo;allie uniquement avec les enfants qui connaissent la maltraitance. Seule l&rsquo;assistante sociale qui respecte son <strong>consentement</strong> et sa zone de confort arrive à tisser un lien avec l&rsquo;héroïne. Une manière inhabituelle d&rsquo;aborder un sujet tabou. <br>Tellement tabou que la DDASS à l&rsquo;époque a refusé que <a aria-label="Marina De Van tourne avec des enfants français (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://www.youtube.com/watch?v=Uw2dWGnoKeg" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>Marina De Van tourne avec des enfants français</strong></a>. Elle a donc tourné son film en Irlande.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les réalisateurs et les violences sexistes</h3>



<p>C&rsquo;est le cas de <strong><em>Martyrs</em></strong>, film culte de Pacal Laugier, tantôt adoré par les un-s, tantôt détesté par les autres. Le film ne fait pas dans les dentelles, et il contient des séquences gores particulièrement difficiles, et à l&rsquo;imposé d&rsquo;un ton grand guignol qui pourrait faire tomber la tension.<br>Le corps est d&rsquo;autant plus important dans <strong><em>Martyrs</em></strong>, puisqu&rsquo;il est le prisme de la recherche de sens ultime. Les femmes sont spécifiquement visées pour des raisons fanatiques obscures. Si le female gaze n&rsquo;est pas total dans le film (on est bien dans le regard de Lucie, puis d&rsquo;Anna), la dernière partie du film bascule dans le point de vue des bourreaux.</p>



<p>Dans <strong><em>Martyrs</em></strong>, les corps sont en mouvement, ils souffrent, ils se battent, ils luttent, ils tuent. Ils ne sont ni objets, ni sexualisés, malgré qu&rsquo;ils soient pour certains découverts. En effet,<strong> le film montre la folie des puissant-es</strong>, qui au nom d&rsquo;une <strong>idéologie </strong>font tomber toutes les barrières possibles pour atteindre leur but. Il n&rsquo;y a ni complaisance, ni voyeurisme dans ces violences. Elles illustrent comment les femmes sont utilisées pour satisfaire le désir d&rsquo;un dominant. Et ainsi, de quelle manière elles sont victimes de <strong>sexisme</strong>. Malmener un personnage féminin est aussi un prisme pour dénoncer.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="500" height="261" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2021/04/giphy.gif" alt="" class="wp-image-7506"/></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Un regard sur les violences sexistes à redéfinir</h2>



<p>Autant d&rsquo;exemples qui montrent la complexité d&rsquo;interpréter les images que l&rsquo;on voit à l&rsquo;écran.<br>Il me semble important en tout cas de se poser ces questions. Car <strong>l</strong>&lsquo;intérêt d&rsquo;un film de genre, est d&rsquo;avoir la capacité de tenter d&rsquo;expliquer des travers de société. <br>James Mangold, réalisateur du grandiose<strong><em> Logan</em></strong>, disait qu&rsquo;il ne voulait pas faire de son film un manifeste politique. En revanche, il disait aussi que c&rsquo;est la responsabilité des cinéastes de créer des allégories et de soulever des questions. Une portée <strong><a href="https://bonchicbongenre.fr/zoom-pourquoi-tous-les-films-sont-politiques/" data-type="post" data-id="8931">politique</a></strong> donc?</p>



<p class="has-vivid-red-background-color has-text-color has-background" style="color:#f8ebc9">Malgré la forte des présences des femmes (et des rôles plus intéressants que dans le cinéma « classique »), les violences sexistes sont présentes dans le cinéma de genre. Et il est temps de le questionner plus, de remettre plus en question ce cinéma sensé être transgressif, mais qui pourtant peut répéter des schémas archaïques.</p>
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		<title>[Critique] Revenge: me too enragé</title>
		<link>https://bonchicbongenre.fr/critique-revenge-me-too-rageur/</link>
					<comments>https://bonchicbongenre.fr/critique-revenge-me-too-rageur/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jessica]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 15 Sep 2019 15:46:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Longs métrages]]></category>
		<category><![CDATA[coralie fargeat]]></category>
		<category><![CDATA[féministe]]></category>
		<category><![CDATA[femme]]></category>
		<category><![CDATA[rape and revenge]]></category>
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		<category><![CDATA[viol]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Revenge est le premier long métrage de la Française Coralie Fargeat et s&#8217;inscrit dans le rape &#38; revenge. Il se distingue cependant dans la mise en scène de ce sous genre, en poussant les curseurs à fond dans le gore et le fantastique. On note chez Revenge plusieurs points qui en font sa particularité: En &#8230; </p>
<p>L’article <a href="https://bonchicbongenre.fr/critique-revenge-me-too-rageur/">[Critique] Revenge: me too enragé</a> est apparu en premier sur <a href="https://bonchicbongenre.fr">Bon chic Bon genre - cinéma de genre(s)</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-vivid-red-color has-text-color has-background" style="background-color:#f7e7be"><strong><em>Revenge </em></strong>est le premier long métrage de la Française Coralie Fargeat et s&rsquo;inscrit dans le rape &amp; revenge. Il se distingue cependant dans la mise en scène de ce sous genre, en poussant les curseurs à fond dans le gore et le fantastique.</p>



<p>On note chez <strong><em>Revenge</em></strong> plusieurs points qui en font sa particularité:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Il s&rsquo;inscrit dans le <strong><a href="https://bonchicbongenre.fr/festival-final-girls-berlin-ff-8-la-representation-du-rape-revenge/" data-type="post" data-id="19750">rape &amp; revenge</a></strong>, <strong><a href="https://bonchicbongenre.fr/dossier-17-sous-genres-du-cinema-de-genre/" data-type="post" data-id="85">sous genre</a></strong> touchy du <strong><a href="https://bonchicbongenre.fr/focus-quest-ce-que-le-cinema-de-genre/" data-type="post" data-id="207">cinéma de genre</a></strong> qui a foisonné dans les années 70 et dont on a enfin une relecture plus féministe aujourd&rsquo;hui. Pour rappel, la structure narrative d&rsquo;un rape &amp; revenge repose sur le fait que suite à un viol, une femme (ou une personne de son entourage cherche à se venger en se passant de la justice),</li>



<li>Un rape &amp; revenge réalisé par une femme Française est rare pour ne pas dire inexistant,</li>



<li>Hasard du calendrier, le film sorti en 2018 a été propulsé par l&rsquo;actualité #metoo et autre #balancetonporc, et a bénéficié d&rsquo;une visibilité qui lui a permis de voyager l&rsquo;étranger.</li>
</ul>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="428" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2019/09/revenge1-1024x428.jpg" alt="" class="wp-image-288" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2019/09/revenge1-1024x428.jpg 1024w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2019/09/revenge1-300x125.jpg 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2019/09/revenge1-768x321.jpg 768w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2019/09/revenge1-450x188.jpg 450w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2019/09/revenge1-850x355.jpg 850w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2019/09/revenge1-1000x418.jpg 1000w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2019/09/revenge1.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Revenge</em>-Les coupables déjà désignés &#8211; © Rezo Films</figcaption></figure>
</div>


<p>En plein me too, <strong><a href="https://bonchicbongenre.fr/critique-the-substance/" data-type="post" data-id="22674">Coralie Fargeat </a></strong>assume sa position féministe lors de la promotion du film. <br>Elle présente son film comme une <strong>métaphore de l&#8217;empowerment </strong>(la reprise de pouvoir par une victime).</p>



<p><strong><em>Revenge</em></strong> entre dans le sillon du cinéma américain de divertissement, tant au niveau du décor à la Mad Max, que dans le grand guignolesque sanguinolant. Le film utilise des ressorts fantastiques pour porter une histoire réaliste, permettant de montrer métaphoriquement toute la force qu&rsquo;une victime peut posséder.<br>Mais est-ce qu&rsquo;un rape &amp; revenge réalisé par une femme change la donne?</p>



<h2 class="wp-block-heading">La culture du viol illustrée</h2>



<p>Oui et non.<br>Non parce qu&rsquo;en termes de scénario, on est dans un classique rape&amp;revenge. C&rsquo;est souvent un prétexte narratif pour déployer la force d&rsquo;un personnage féminin. C&rsquo;est problématique de montrer un personnage féminin qui se bat, à travers l&rsquo;unique ressort scénaristique du viol. Comme si elle avait besoin de ça pour se révéler. Mais comme toujours, c&rsquo;est une vision à nuancer (que je détaille dans mon article sur les personnages de <strong><a href="https://bonchicbongenre.fr/dossier-la-representation-de-la-femme-forte/">femmes fortes</a></strong>).</p>



<p>Le traitement de l&rsquo;héroïne est original car ambivalent.<br>Jennifer représente un archétype éculé d&rsquo;un personnage féminin. Elle parle très peu, voire plus du tout une fois que sa résurrection a lieu et qu&rsquo;elle chasse ses agresseurs. Elle n&rsquo;est pas vraiment une femme qui exprime et s&rsquo;impose en termes de point de vue. Mais elle se transforme en une autre espèce, comme animale qui évolue dans un décor hostile, ce qui en fait malgré tout un sujet. Elle correspond par ailleurs, totalement aux normes du canon féminin. Blonde, sexy, avec un corps de rêve. Un cliché de plus sur le viol, qui concernerait davantage des femmes jolies.</p>


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<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="428" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/03/1732111.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx-1024x428.jpg" alt="" class="wp-image-1174" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/03/1732111.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx-1024x428.jpg 1024w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/03/1732111.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx-300x125.jpg 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/03/1732111.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx-768x321.jpg 768w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/03/1732111.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx-1536x642.jpg 1536w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/03/1732111.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx-718x300.jpg 718w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/03/1732111.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Revenge</em> &#8211; © Rezo Films</figcaption></figure>
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<p>Mais là où Coralie Fargeat a eu une idée merveilleuse (que je n&rsquo;attendais plus à vrai dire), c&rsquo;est de positionner son héroïne, Jennifer, comme une femme qui aime séduire, et s&rsquo;amuser, qui souhaite utiliser son corps comme elle l&rsquo;entend. Une femme visiblement<strong> </strong>à l&rsquo;aise avec sa sexualité.<br>Dans la première partie, Fargeat joue à fond tous les codes de la super sexualisation du corps, en filmant de près les formes de Jennifer (même prénom que l&rsquo;héroïne de<strong><em> I Spit on Your Grave</em></strong>),&nbsp;s&rsquo;attardant sur les regards des hommes. On montre la mécanique de la culture du viol qui rôde avec des regards d&rsquo;objectivation des hommes sur Jennifer. Si une femme se montre sexy, c&rsquo;est qu&rsquo;elle cherche du sexe, évidemment.<br>Ce sont des scènes qu&rsquo;on a tellement vu dans des films sexistes, que l&rsquo;on est mal à l&rsquo;aise. Fargeat nous force à faire face à notre slut shaming, car en tant que femme on sait que ce genre de comportement a toujours été risqué. Et en même temps, le problème est bien l&rsquo;interprétation des hommes de l&rsquo;attitude de Jennifer. Elle est libre de son corps, et de ses envies.<br>En 2016,&nbsp; une enquête a révélé que 27% des français-e-s pense que l&rsquo;auteur d&rsquo;un viol est moins responsable si la victime portait une tenue sexy. On est donc en plein dans un sujet réaliste.</p>



<p>Concernant la scène du viol (genre de séquences que j&rsquo;ai personnellement de + en + de mal à regarder), on suit le regard de l&rsquo;héroïne qui implore un complice de ne plus l&rsquo;être. La scène fait froid dans le dos, même si elle est éludée. L&rsquo;effet est finalement beaucoup plus efficace, car c&rsquo;est bien la détresse de la victime que l&rsquo;on entend et comprend (contrairement à la plupart des rape &amp; revenge).<br>De même,<strong> </strong>l&rsquo;agresseur est une personne de l&rsquo;entourage du compagnon de Jennifer. Même si elle-même ne le connait pas, ça reste une personne à qui elle fait naturellement confiance, dans la mesure où c&rsquo;est un ami de son compagnon.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Catwoman en Tomb Raider</h2>



<p>Telle une renaissance à la Catwoman, l&rsquo;heroïne se mue en guerrière sanguinaire.<br>Le corps de Jennifer est toujours filmé de près, notamment lors de sa « mutation ». Mais là on voit des blessures, une hargne, un corps qui se prépare au combat (et un nouveau tatouage).&nbsp;Jennifer se débarrasse d&rsquo;un symbole phallique, son bout de bois qui la transperce. Le personnage devient mutique, on entendra plus le son de sa voix (sauf pour crier sa douleur). Déterminée, résistante (c&rsquo;est le moins qu&rsquo;on puisse dire!), Jennifer ne quittera plus l&rsquo;idée de satisfaire sa vengeance.<br>J&rsquo;ai lu des critique reprochant le fait que l&rsquo;héroïne est toujours en petite tenue. <br>Le regard porté n&rsquo;est plus du tout le même. C&rsquo;est un corps qui lutte, qui se met en position de combat que l&rsquo;on voit, qui n&rsquo;a plus d&rsquo;artifices.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Bain de sang</h2>


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<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="428" src="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/03/1783674.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx-1024x428.jpg" alt="" class="wp-image-1175" srcset="https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/03/1783674.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx-1024x428.jpg 1024w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/03/1783674.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx-300x125.jpg 300w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/03/1783674.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx-768x321.jpg 768w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/03/1783674.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx-1536x642.jpg 1536w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/03/1783674.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx-718x300.jpg 718w, https://bonchicbongenre.fr/wp-content/uploads/2020/03/1783674.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Revenge</em> &#8211; © Rezo Films</figcaption></figure>
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<p>Fargeat se fait un plaisir de nous faire grincer les dents à travers quelques scènes bien gore. On oscille entre dégoût et amusement, tant les scènes deviennent complètement folles.<br>La réalisatrice a souvent souligné lors de conférences (notamment <strong><a href="https://www.dailymotion.com/video/x7feh1v">celle ci </a></strong>avec Julia Ducournau et Alexandre Aja), que le cinéma de genre Français a du mal à dépasser l&rsquo;aspect « film d&rsquo;auteur » (qui a permis à Ducournau de décrocher notamment de financements). Il n&rsquo;y a pas assez de films de genre assumant leur aspect série B décomplexé et gore. Qu&rsquo;on soit client ou pas, Fargeat est donc force de proposition, on aimerait donc qu&rsquo;elle puisse le faire également en langue Française !</p>



<p>Le final est particulièrement soigné, avec un plan séquence et une caméra qui suit de près l&rsquo;agresseur, devenu traqué, nous embarquant dans un labyrinthe. De chasseur, il devient chassé, et cette impression est amplifiée parce labyrinthe dans lequel lui et le-a spectateur-rice se perdra.<br>Et pour une fois, c&rsquo;est l&rsquo;homme qui se retrouve nu pour cet affrontement final.</p>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color has-background" style="background-color:#fae8b0">Le but de <strong><em>Revenge</em> </strong>est assumé: la rage, la hargne face aux diverses violences faites aux femmes: objectivation, rabaissement, violences verbales, physiques. Et le regard final en dit long sur la lutte à venir.</p>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><em><em><strong>Revenge</strong> de Coralie Fargeat,<br>Avec Mathilda Lutz, Kevin Janssen,<br>Scénario et dialogues Coralie Fargeat,<br>Photographie: Robrecht Heyvaert,<br>Montage Coralie Fargeat, Bruno Safar et Jérôme Eltabet</em><br><em>Musique Robin Coudert</em></em></p>



<p><br></p>
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