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Quelques chiffres sur l’aide sociale à l’enfant en France

Fin 2024 la France compte 224 700 enfants et jeunes de moins de 21 ans qui font l’objet d’un placement en foyer ou en famille d’accueil. 180 800 bénéficient d’une mesure éducative à domicile., certains cumulant les deux dispositifs. Parmi les enfants placés, les associations spécialisées et les médias estiment environ 15 000 mineurs victimes de prostitution au sein de l’Aide sociale à l’enfance.

En 2025, les autorités indiquent qu’environ 112 enfants disparaissent chaque jour. La majorité des signalements concernent des fugues, mais celles-ci exposent les mineurs à des risques importants d’exploitation sexuelle, de prostitution, et de violences physiques.

Selon la CIIVISE, une personne sur dix déclare en avoir été victime d’inceste durant son enfance, soit environ 5,4 millions d’adultes. Dans 81% des cas, l’auteur appartient à la famille ou à l’entourage proche de l’enfant. Pourtant, malgré l’ampleur de ces violences, on estime que seulement 1 % des auteurs d’inceste sont finalement condamnés.

Sources : https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/communique-de-presse-jeux-de-donnees/jeux-de-donnees/fin-2024-392-600-enfants-et-jeunes-de-moins-de, https://questions.assemblee-nationale.fr/q17/17-11473QE.htm, https://solidarites.gouv.fr/25-mai-journee-internationale-des-enfants-disparus, https://www.youtube.com/watch?v=fwVLMuEXvxo, https://www.youtube.com/watch?v=K84HN_cpKIc, https://www.youtube.com/watch?v=7Gdi5VEylmc

Les défaillances des institutions : un thème centrale

Un point commun relie presque toutes les séries qui choisissent de parler des violences sur mineurs : la violence n’est pas seulement commise par les agresseurs, elle est aussi amplifiée par les institutions qui échouent à protéger les victimes. La police, la justice, les services sociaux, les établissements religieux ou les services de protection de l’enfance apparaissent souvent comme des acteurs passifs, dépassés ou parfois complices.

3 causes mises en exergue : 

  • Le manque de moyens. Surcharge des professionnels, délais de traitements inéfficaces, manque d’infrastructures… Les financements accordés à la protection de l’enfance résultent de choix politiques. C’est un levier concret sur lequel les pouvoirs publics devraient agir. 
  • Le manque de formation des professionnels. Policiers qui reçoivent mal les plaintes, autorité judiciaire qui décide de ne pas ouvrir d’enquête, ou de ne pas poursuivre en justice… La minimisation des violences est liée à une méconnaissance de leur gravité et à une abjecte tolérance envers les faits.
  • Le manque de contrôle des personnes travaillant auprès des mineurs. Contrôles incomplets des antécédents judiciaires, maintien en poste de personnes suspectées ou condamnées. Et silence d’organisations qui préfèrent protéger leur réputation plutôt que de signaler des faits, permettent à des agresseurs de continuer à agir.

Formes récurrentes de défaillance :

  • Les victimes ne sont pas crues. Les enfants sont considérés fabulateurs. Les adolescentes sont perçues comme des «jeunes femmes» consentantes plutôt que comme des victimes.
  • Les violences sont connues mais ignorées. Que ce soit par des professionnels ou au sein de la famille, la parole des enfants n’est pas prises en compte; par peur du scandale, par inertie administrative ou par refus de briser l’harmonie familiale.
  • Les traumatismes de l’enfance sont dur à prendre en charge. Les conséquences psychologiques d’abus sont déjà profondément installées, même quand il y a un suivi psy. Addictions, dissociation, dépression, automutilation, difficultés relationnelles ou reproduction des violences (souvent les hommes).
  • Les violences faites aux femmes et aux enfants sont liées. Les mêmes auteurs commettent souvent des violences sur leur partenaire et sur leurs enfants. La protection de l’enfance ne peut être dissociée de la lutte contre les violences conjugales et sexuelles.

La protection des enfants ne repose pas uniquement sur les individus, mais aussi sur des choix collectifs et politiques : voter, c’est participer à la définition des moyens et des priorités accordés à la lutte contre les violences faites aux mineurs.  

séries qui parlent de violences faites aux enfants

Séries policières, thriller horrifiques et drames autour des violences faites aux enfants

Top of the Lake (2013) 

Scénaristes : Jane Campion et Gerard Lee – Réalisateurs : Jane Campion et Garth Davis.

À travers une enquête sur la disparition d’une adolescente en Nouvelle Zélande, la série explore les traumatismes féminins dans un environnement social favorisant l’emprise et la prédation masculine. Les violences sont principalement commises par des hommes, violeurs, proxénètes, et notables locaux, qui profitent de leur position de pouvoir.

Broadchurch (2013) 

Scénariste : Chris Chibnall – Plusieurs réalisateurs.

Le meurtre d’un garçon de 11 ans révèle les fragilités et les secrets d’une petite ville côtière en apparence tranquille. La série montre comment la violence, commise par un homme proche de la victime, détruit des familles et oblige la collectivité à affronter les failles cachées derrière son image d’harmonie.

Happy Valley (2014) 

Scénariste : Sally Wainwright – Plusieurs réalisateurs.

En suivant plusieurs enquêtes, la série aborde les violences intra-familiales, et défaillances parentales qui mettent les enfants en danger. Elle montre le rôle complexe de la police et des travailleurs sociaux dans la protection des mineurs. Les auteurs sont principalement des hommes et les violences envers les femmes occupent une place majeure, avec des viols, des violences conjugales, du contrôle coercitif.

The Missing (2014) 

Scénaristes : Harry Williams et Jack Williams – Réalisateurs : Tom Shankland et Ben Chanan.

Chaque saison de cette anthologie est centrée sur la disparition d’un enfant. Les enquêtes abordent les traumatismes durables vécus par les victimes et leurs proches, tout en questionnant les défaillances policières et judiciaires. Les violences sont commises par des ravisseurs, trafiquants et prédateurs sexuels. La série montre également des violences envers les femmes, notamment enlèvements et agressions sexuelles par les mêmes réseaux criminels.

Big Little Lies (2017) 

Scénariste : David E. Kelley – Réalisateurs : Jean-Marc Vallée, Andrea Arnold.

La série expose comment les enfants qui grandissent dans un climat de violences reproduisent parfois ces comportements. Elle insiste sur les conséquences psychologiques de l’exposition à la violence conjugale, même lorsque les enfants ne sont pas directement violentés. L’auteur principal est un mari violent qui exerce une forte emprise physique, sexuelle, psychologique et financière sur son épouse.

Sharp Objects (2018) 

Scénaristes : Marti Noxon, Scott Brown – Réalisateur : Jean-Marc Vallée.

Sous prétexte d’une enquête sur le meurtre de deux adolescentes dans le sud poisseux des Etats Unis, la série traite de trauma intra-familiale, de maltraitance psychologique, d’emprise maternelle et des séquelles que les violences infantiles laissent à l’âge adulte. Les violences envers les enfants sont principalement commises par la mère, à travers une maltraitance psychologique et médicale

The Valhalla Murders (2019) 

Scénaristes : Thordur Palsson et Ottar M. Nordfjord – Réalisateurs : Thordur Palsson et Baldvin Zophoníason.

Ce polar nordique explore les conséquences traumatisantes des violences physiques, sexuelles et psychologiques subies par des enfants placés en institution religieuse. Les coupables sont les responsables masculins de l’institution, protégés par le silence des autorités. 

Unbelievable (2019) 

Scénaristes : Susannah Grant, Ayelet Waldman, Michael Chabon – Réalisatrice : Lisa Cholodenko.

La série critique le manque de formation et d’empathie des institutions face aux violences sexuelles. Elle met aussi en évidence les difficultés à croire et protéger les victimes ayant connu une enfance instable. Le principal auteur est un violeur en série, tandis que certains policiers participent à une forme de violence institutionnelle en mettant en doute la parole des victimes (en plus de battre leurs femmes). En contraste, l’enquête menée par deux détectives femmes met en avant une approche fondée sur l’écoute, la patience et la compréhension du traumatisme.

The Chestnut Man (2021) 

Scénaristes : Soren Sveistrup et Dorte Hogh et David Sandreuter – Réalisateurs : Mikkel Serup et Kasper Barfoed.

L’enquête révèle progressivement plusieurs situations de maltraitance, de négligence et d’abandon d’enfants. La série critique les limites des services de protection de l’enfance et montre comment des violences infantiles non traitées peuvent marquer. Les violences sont souvent commises par des parents maltraitants. Les femmes sont aussi ciblées, à travers des agressions, des meurtres et une réflexion sur les attentes sociales liées à la maternité.

Mare of Easttown (2021) 

Scénariste : Brad Ingelsby – Réalisateur : Craig Zobel.

Derrière une enquête pour meurtre, la série s’intéresse aux familles en difficulté, marquées par la précarité, les addictions, les négligences parentales. Les violences proviennent principalement d’hommes appartenant à l’entourage des victimes. Les femmes sont victimes de violences sexuelles, de violences conjugales et de féminicides, qui constituent le cœur de plusieurs intrigues parallèles.

Defending Jacob (2020) 

Scénariste : Mark Bomback – Réalisateur : Morten Tyldum.

À travers le procès d’un adolescent accusé de meurtre, la série interroge le poids de l’hérédité, de l’éducation et des expériences de l’enfance dans la construction de la violence. Elle explore également la responsabilité des parents face aux comportements inquiétants de leur enfant. Les auteurs des violences restent volontairement ambigus pendant une grande partie de la série.

The Crow Girl (2025) 

Scénaristes : Milly Thomas – Réalisateur : Charles Martin.

A Bristol, une série de meurtres de jeunes migrants conduit les enquêteurs vers un réseau de violences sexuelles commises sur des petites filles. La série explore les conséquences psychologiques des abus subis pendant l’enfance, l’inceste, et les difficultés à identifier des victimes en situation de fragilité. Les auteurs sont principalement des hommes, riches, soutenus par leurs épouses, organisés en réseau et protégés par des personnes en position d’autorité. 

Mini-séries inspirées de faits réels

Three Girls (2017) 

Scénariste : Nicole Taylor – Réalisatrice : Philippa Lowthorpe.

Inspirée de l’affaire de Rochdale, la série raconte comment plusieurs adolescentes sont progressivement piégées par un réseau d’exploitation sexuelle. Elle met en évidence le phénomène du grooming, les violences répétées subies par les victimes et les défaillances des institutions qui refusent longtemps de les croire ou d’intervenir. Les auteurs sont des hommes adultes organisés en réseau d’exploitation sexuelle. 

The Pembrokeshire Murders (2021) 

Scénariste : Nick Stevens – Réalisateur : Marc Evans.

L’enquête sur un tueur en série conduit à la réouverture d’affaires d’agressions sexuelles sur enfants. La série montre comment ces crimes ont été longtemps sous-estimés et souligne l’importance de la reconnaissance des victimes et de la persévérance des enquêteurs. Les violences sont commises par un tueur et violeur en série. Les femmes sont également victimes de viols, d’agressions sexuelles et de meurtres, les enquêtes révélant l’ampleur de ces crimes longtemps restés impunis.

The Lost Flowers of Alice Hart (2023) 

Scénariste : Sarah Lambert – Réalisatrice : Glendyn Ivin.

Après avoir survécu à des violences familiales extrêmes, une jeune fille est recueillie dans un refuge pour femmes. La série suit son parcours de reconstruction et montre comment les traumatismes de l’enfance continuent d’influencer ses relations affectives et son identité à l’âge adulte. Les violences sont principalement commises par des hommes de la sphère familiale.

Et encore plein d’autres séries qui abordent les abus subis par les enfants

J’aurais aussi pu m’attarder sur chacune des séries ci dessous, mais dont ce n’est pas le thème centrale; et pour être honnête je n’ai pas envie de me replonger dans tout ça, chaque visionnage est douloureux.

  • True Detective (2014) : Les meurtres sont liés à un réseau d’exploitation sexuelle d’enfants, d’inceste et de corruption impliquant des notables et des responsables religieux.
  • The Sinner (2018) : Parle d’un enfant élevé dans une communauté sectaire, de la violences psychologiques et l’emprise.
  • Patrick Melrose (2018) : Centré sur les conséquences à l’âge adulte des viols incestueux subis dans l’enfance.
  • Criminal UK : Certains épisodes portent sur des abus sexuels sur mineurs et les difficultés d’obtenir des aveux.
  • The Act (2019) : Inspirée de l’histoire vraie de Gipsy Rose, empoisonnée par sa mère avec un syndrome de Münchhausen par proxi.
  • Des (2020) : Évoque les violences subies dans l’enfance et leur impact sur les auteurs de crimes.
  • Under the Banner of Heaven (2022) : Parle d’enfants exposés à la violence religieuse et au contrôle patriarcal.
  • Keep Sweet (2022) : Documentaire sur les mariages forcés de mineurs et violences sexuelles dans une secte fondamentaliste.
  • The Clearing (2023) : S’inspire de la véritable secte australienne The Family, dirigée par Anne Hamilton-Byrne, qui kidnappait des enfants pour les maltraiter.
  • Adolescence (2025) : Interroge les nouvelles formes de mise en danger des enfants exposés aux influancers masculinistes et incels sur internet.