Après la saga Halloween, je me penche sur une autre saga emblématique du cinéma d’horreur: ANightmare On Elm Street. Ou l’épopée sanglante de Freddy Krueger. 
La sagaANightmare On Elm Street brasse beaucoup d’idées, de thèmes, de références cinématographiques. 
Je vous propose une analyse de chaque film, un bilan. Mais également les points qui auraient pu être abordés selon moi dans la saga.

Freddy Krueger fait parti de ces symboles pop incontournables du cinéma de genre.
Est ce lié à la thématique du rêve se confondant avec la réalité qui nous fascine? Est ce le visage défiguré de Freddy qui fait de lui un des croquemitaine des plus effrayants?
La saga s’étale sur presque 30 ans. Elle a forcément des choses à dire non?

SOMMAIRE (cliquable):

1-A Nightmare On Elm Street (Les griffes de la nuit)

2-Freddy’s Revenge (La Revanche de Freddy)

3-A Nightmare On Elm Street 3, Dreams warriors (Les Griffes du cauchemar)

4-A Nightmare On Elm Street 4, The Dream Master (Le cauchemar de Freddy) 

5-A Nightmare On Elm Street 5, The Dream Child (L’enfant du cauchemar)

6-Freddy’s dead: The final nightmare (La Fin de Freddy, l’ultime cauchemar)

7-New Nightmare (Freddy sort de la nuit)

8-Freddy VS Jason

9-A Nightmare On Elm Street (remake)

Bilan de la saga

1-A Nightmare On Elm Street (Les griffes de la nuit)

Nancy, est une adolescente poursuivie dans ses cauchemars par un croquemitaine au visage brûlé, Freddy. Armé d’une main gantée de griffes acérées, celui-ci s’attaque également à ses ami-es. Nancy est contrainte de lutter à la fois contre le sommeil, et contre les griffes de Freddy.

Horreur, gloire et saignée

En 1984, Wes Craven fait déjà sensation avec des oeuvres radicales. Il a fait une entrée tonitruante avec son premier film La Dernière Maison sur la Gauche, et récolté des récompenses avec La Colline a des Yeux. Son univers brutal devra forcément rencontrer un succès digne d’un Halloween.
Wes Craven s’inspire du monde réel en reprenant une anecdote d’une personne morte dans son sommeil qui refusait de dormir par peur. Il puise dans un traumatisme d’enfant d’avoir vu une vieille personne par la fenêtre le fixant. Et Craven associe le nom d’un ancien de ses bourreaux portant le nom de Freddy, et voilà Nightmare On Elm Street prend forme.

Elm veut dire “orme”, qui est un arbre avec des feuilles dentelées. Mais c’est aussi un arbre qui était considéré avoir des vertus guérisseuses.

Dans Les Griffes de la Nuit, Wes Craven manie à la fois des scènes graphiques où l’on retient son souffle, avec un ton potache. Même si Nightmare On Elm Street ne contient pas d’humour à proprement parler comme dans Scream, on sent en revanche un amusement certain à jouer. La notion de jeu se retrouve dans les comptines chantées pendant le jeu de cordes à sauter, lorsque que le petit ami de Tina s’amuse à faire peur, ou encore les parties de cache cache avec Freddy.

Saint Freddy

En revoyant Nightmare On Elm Street, j’ai été particulièrement frappée de la place de la religion (que l’on retrouve de manière encore plus marquée dans les épisodes suivants). En plus de la comptine où le crucifix est explicitement cité comme outil de rempart contre Freddy, on le retrouve dans les chambres des jeunes filles uniquement. Nancy le saisit également le tenant comme une amulette.
Et si on se penche sur les significations données par les cauchemars à travers les époques, la religion tient une grande place. En effet, dans la première partie du Moyen Âge, l’Eglise n’acceptait pas que les morts (sauf les saint-es évidemment!) puissent communiquer avec les vivants. Par conséquent, les cauchemars étaient expliqués par les démons venant tourmenter le sommeil (en utilisant les légendes païennes, responsables de tous les maux).

Nightmare gaze

Tu donnes ta langue au chat?

Comme souvent chez Craven, si la jeune fille est en fleur, elle s’avère surtout déterminée. Et dans Nightmare On Elm Street, Nancy évolue de cette manière. Douce et attentive au début, elle redouble d’ingéniosité et de rage pour en finir avec son démon. Par ailleurs, on assiste également à sa plongée dans une folie, nourrie par le manque de sommeil. Un état que l’on pourrait qualifier d’hystérie. Et l’hystérie c’est aussi une notion liée aux cauchemars. Grâce à Freud (non), l’hystérie des femmes, victimes de cauchemars violents, serait liée à une frustration sexuelle. Et ces désirs frustrés se masquent à travers les cauchemars.
Or, Nancy est vierge, et refuse les avances de son copain joué par Johnny Depp (avec qui on a toujours plaisir de voir la coupe de cheveux). Ca serait donc la métaphore ici du désir sexuel refoulé, réprimé par l’Amérique puritaine.
D’ailleurs, comme dans Halloween, c’est la copine qui couche et qui jouit qui en prend pour son grade.

La scène du meurtre de Tina fait d’ailleurs aussi en cela écho à l’Exorciste. Les exorcismes qui sont aussi liés à cette notion d’hystérie (qualificatif uniquement féminin je le rappelle). On assiste à la souffrance de Tina, sans voir Freddy. On est aux côtés de son copain, qui subit lui aussi, impuissant, la scène.
D’ailleurs, même si les personnages masculins sont aussi tués, ils ne sont jamais montrés dans un état second. Ils sont surpris dans leur sommeil et aussitôt exécutés par Freddy (l’un en étant pendu dans sa cellule, l’autre servant à refaire la peinture du plafond).
Contrairement avec Nancy où on est en plein female gaze. On vit avec elle sa lutte acharnée (contrairement aux autres personnages où on ne peut que constater la mort de loin).

Alice au pays des horreurs

La notion d’enfermement est aussi prépondérante dans Nightmare On Elm Street. Nancy et ses amis sont prisonniers dans leurs cauchemars évidemment, et donc par Freddy. Ils se retrouvent régulièrement dans des culs de sac. La mise en scène use de procédés pour illustrer ce piège (personnages entre deux poteaux, filmés à travers une grille…). Mais les protagonistes sont aussi piégés par leur sommeil, qui vient inévitablement les cueillir. Et Nancy finit même par être enfermée par sa propre mère. Ainsi, sa maison, symbole de sécurité, devient son piège mortel.
Une sorte d’Alice, piégée dans un monde hostile, sans fin, qui reviendra inévitablement.
Ce qui m’amène à dire aussi que ce que j’aime bien chez Wes Craven c’est que malgré la bonne volonté des adultes, ils sont défaillants. Ils tentent de bien faire mais ils sont soit tourmentés par leurs propres traumatismes, soit limités par leurs propres certitudes. Ainsi, en plus de la mère de Nancy qui court à la perte de sa fille mais aussi de la sienne, le père de Nancy s’avère incapable de comprendre, vissé dans son rôle de policier.

Le film coûte à peine 2 millions d’euros (une misère) et en rapporte 25,5 millions. Wes Craven tient son premier succès populaire.

2-Freddy’s Revenge (La Revanche de Freddy) de Jack Sholder- 1985

Jesse, adolescent de son état, vient de déménager dans Elm Street. Et comme il a pas de chance, dans l’ancienne maison de Nancy, qui est devenue apriori folle. Avec Lisa, sa jeune fille en fleur, il va essayer d’échapper à l’emprise de Freddy Krueger.

Un an après (!!), la suite de Nightmare On Elm Street sort. C’est dire si les producteurs avaient senti le parfum de succès potentiel du premier opus. Cette fois c’est Jack Sholder qui s’y colle. Réalisateurs de série B voire Z, il tente de lancer la saga sur un tout autre chemin: celui de la possession.
On l’a vu au dessus la possession est un aspect fortement présent dans l’analyse des cauchemars. Que ça soit par les démons au Moyen Âge, par des pulsions sexuelles refoulées au 20ème siècle, ou encore par un syndrome post traumatique pour les neurosciences. C’est donc une piste intéressante en soi.
Ici, Jack Sholder tente d’exploiter la piste du double maléfique. Jesse fait parler sa face sombre à travers Freddy (l’inverse n’étant pas vrai vu que Freddy n’a besoin de personne pour ça!).
Il explicite aussi le lien entre Freddy et enfer, en faisant chauffer à peu près tout.

Freddy griffé de paresse

Le problème c’est qu’à aucun moment il n’est donné de sens à cette possession. Pourquoi Freddy a besoin de Jesse? Quel est le but à atteindre à travers lui? Pourquoi Jesse particulièrement? (maintenant que Nancy est partie et sa mère responsable de l’assassinat de Freddy également, la maison n’a pas forcément de liens avec Freddy). A quelle part sombre de Jesse ferait référence cette transformation?

Difficile donc d’être en empathie avec Jesse, ou de croire à l’histoire d’amour bâteau au possible avec les pires clichés genrés (la femme suppliant l’homme de la laisser l’aider, et dont l’attention ne tourne qu’autour de cet homme qui la rejette).
Jesse refuse l’aide que Lisa lui implore de lui donner, mais par contre il sollicite l’aide de son ami Grady…Une double lecture sur la référence à l’homosexualité des personnages. La transformation de Jesse en Freddy ferait d’ailleurs référence à un coming out. Serait elle là la référence à la part sombre de Jesse? Ou symbolise t il la difficulté d’être gay?

Par ailleurs des incohérences plongent carrément le film dans la farce. WTF les ami-es de Lisa qui la regardent se faire agresser à travers la baie vitrée?! WTF l’adolescent qui tente de raisonner Freddy après que celui ci ait décimé plusieurs des convives de la fête? (avec toujours les mêmes ahuri-es qui regardent passivement la scène sans être particulièrement choqué-es par ce qu’il-elles viennent de voir)

Et ta griffe Freddy?

Si Freddy’s revenge manque de consistance, il ne manque pas de références. On peut penser à Halloween quand Lisa brandit le couteau de la même manière que Jamie Lee Curtis, dans un plan similaire. Alien, quand Freddy sort du ventre de Jesse tel un parasite (intéressant quand on sait que pour les grecs, les cauchemars étaient liés à des troubles digestifs!). Ou encore Carrie, dans la scène où l’eau des douches se transforme en sang.
Il n’est plus tellement question de cauchemars ici, c’est uniquement Jesse qui est visé. Et Freddy’s revenge essaye de faire le lien avec le premier opus en allant un peu plus loin dans le déroulé de la mort de Freddy (quand il était vivant, tu suis?).

Les références à l’homosexualité perdent un peu la structure narrative du reste du film.

Si Freddy’s Revenge explore des nouvelles pistes, ça n’en fait pas un bon film. Un divertissement qui parfois arrive à nous emporter (comme la scène où Freddy sort de Jesse). Et puis Robert Englund, toujours parfait.
Le film rapporte quand même près de 30 millions d’euros pour un budget de 3 millions.

3-A Nightmare On Elm Street 3, Dreams warriors (Les Griffes du cauchemar) de Chuck Russell-1987

Kristen et ses ami-es interné-es doivent face à Freddy avec l’aide de Nancy, devenue étudiante en médecine.

Trois ans plus tard, et six ans plus tard dans le film, on retrouve Heather Langenkamp alias Nancy pour le troisième volet de Nightmare On Elm Street. Le film est réalisé par Chuck Russell, réalisateur emblématique de The Mask et du Blob. Comme Johnny Depp dans le premier, c’est l’occasion de voir les premiers pas de Patricia Arquette (qui n’a pas vraiment changé finalement!).

Alice au pays de la psychatrie

Ici on retrouve la notion de psychanalyse, psychiatrie. En effet, si la notion de démons pour expliquer les cauchemars était présente au Moyen Age, elle est revenue au 20ème siècle en utilisant plus le terme de démons intérieurs. Les patient-es seraient atteint-es de souffrances psychologiques qui les amènent à avoir des comportements destructeurs ou auto destructeurs.
L’originalité de ce troisième opus de A Nightmare on Elm Street est d’utiliser les caractéristiques de chaque personnages pour les tuer ou les faire souffrir. L’un fabrique des marionnettes, Freddy s’en servira comme tel. L’une veut être star de télé, elle se faire tuer par celle ci (belle illustration en passant des effets de la télé). Et bien sûr, le traditionnel complexe face au paternel pour Nancy.

Le cauchemar, symbole du viol

Dans ces Griffes du cauchemars, on peut noter une allusion explicite au viol. Oui au viol. Je m’explique. J’ai évoqué plus haut le soi disant lien entre pulsion sexuelle inassouvie et cauchemars. Mais penchons nous sur l’origine même du mot cauchemar.
Il vient de “cauche” qui veut dire foulé, écrasé. Mar qui renvoie à la nuit en vieil allemand, et mara un démon scandinave chevaucheur.
Il faut savoir que dans toutes les cultures, l’étymologie du mot, fait systématiquement référence à la notion d’étreinte, de recouvrir (qui renvoie au viol).
Au 14ème et 16ème siècle, on parle de démons comme Litu en Mésopotamie qui violent les femmes pendant leurs sommeils, qui leur causent donc des cauchemars.
Et le lien avec le film? La scène où le personnage de Taryn, toxicomane, fait face à Freddy. Alors qu’il perd l’avantage, Freddy utilise la faiblesse de Taryn et des orifices s’ouvrent pour permettre aux griffes armées de seringues de pénétrer violemment le corps de Taryn. Tout fait penser au viol: l’attitude de Freddy, la peur de Taryn, la violence du choc.

Action en non mixité

L’autre point fort du film est de jouer collectif. Même si plusieurs personnes pouvaient être chassées par Freddy, leurs actions pour le contrer restaient solo. Ici on mise sur les forces réunies du groupe qui est stigmatisés pour les mêmes raisons (coucou les luttes militantes en non mixité).
Cette notion de collectif est aussi lié à l’idée de faire venir autrui dans son cauchemar. Autre élément qui tend à complexifier la structure du cauchemar. Idée qui ne sera malheureusement pas poussée.

Le gros point faible en revanche, est la très maladroite apparition et mise en scène de la nonne qui vient expliquer bien clairement au Dr Gordon, les origines de Freddy. On devine tout de suite le lien de la nonne avec Freddy, et comme la fin nous prend par la main pour être sûr qu’on comprenne bien, ça en devient agaçant.

A Nightmare On Elm Street 3 se (nous) fait plaisir avec les références. Personnellement, j’ai pensé à Beetlejuice lors de la première scène où Nancy rejoint le cauchemar de Kristen (en lien avec la scène du serpent dans le sable). On peut aussi penser à Evil Dead (la tête tranchée de la mère qui parle, le squelette du final). Et évidemment l’Exorciste de nouveau quand Nancy voit le message de Freddy apparaitre sur le ventre de Joey dans le coma.
Le film n’est pas un chef d’oeuvre de l’horreur (la faute à une hésitation aussi sur l’aspect graphique), aussi parce qu’il veut brasser plusieurs idées en exploitant au final vraiment aucune. Mais au moins, ça joue, et les scènes de meurtres sont réjouissantes.

Le film rapporte presque 45 millions de dollars pour un budget de 4 millions. Autant dire le jackpot!

4-A Nightmare On Elm Street 4, The Dream Master (Le cauchemar de Freddy) de Renny Harlin- 1988

La saga continue avec A Nightmare On Elm Street 4: the dream master. On retrouve Kristen (sous les traits maintenant de Tuesday Knight), et ses deux camarades survivants. Aux côtés de son amoureux Rick, de sa soeur Alice, et de quelques ami-es, le combat reprend face à Freddy Krueger.

A Nightmare On Elm Street 4: the dream master est le début de la descente aux enfers de la saga. Mal joué, incohérent, ridicule, narration en roue libre…ce nouvel opus n’en finit plus. Réalisé par Renny Harlin, celui-ci est bien connu maintenant pour ses films d’action (58 minutes pour vivre, Cliffhanger, Peur Bleue…). Moins pour ses qualités de metteur en scène.

L’enfer c’est les autres

Et pourtant, une bonne idée encore rarement bien utilisée émergeait. Celle de faire place petit à petit à un personnage qui apparaissait comme secondaire au début. Alice, copine de Kristen, est effacée au début mais présente. Elle se “métamorphose” (c’est un bien grand mot quand on voit l’état de la narration) à la fin.
Cette évolution se traduit entre autres par son miroir. D’abord recouvert de photos de son entourage, le miroir est progressivement allégés de celles-ci au fur et à mesure que ce même entourage….se fait trucider.
Autrement dit, plus ta famille et tes ami-es meurent, et plus tu te découvres. Mieux, Alice a la chance de bénéficier des forces de son entourage, à leur mort. Elle devient ainsi connectée avec Freddy, ou douée d’arts martiaux…Alors comment? pourquoi? c’est en option.
Pourtant cette notion de possession de caractéristiques d’autrui et donc de vampirisme n’était pas inintéressante. Le vampirisme est aussi une référence phare (et sexuelle) des cauchemars. Et Freddy possède (voire aspire) aussi les âmes des jeunes, donc ça aurait été l’occasion de faire un parallèle.

Freddy en roue libre dans la nuit

A Nightmare On Elm Street 4: the dream master ne se démarque pas de son prédécesseur en utilisant les points faibles ou forts des personnages: asthme, entomophobie, arts martiaux..A noter que la transformation en insecte d’une amie d’Alice est la scène la plus réussie du film. Artisanale mais efficace, avec une référence facile à La Métamorphose de Kafka évoquée par un professeur au début du film.

La narration du film est tellement mal pensée qu’au final on ne sait même plus quand Alice rêve, si elle rêve. Au lieu de ça, on ressort des personnages anecdotiques pour les tuer selon le besoin. Ou on insère comme un cheveu sur la soupe des rebondissements ridicules comme une boucle temporelle redondante.
On notera le retour prépondérant des signes religieux en plaçant le combat final dans une église. Le Bien contre le Mal certes, mais aussi tout simplement le Mal (Freddy) engendré par le Bien (sa mère nonne) dont l’église est aussi sa maison par conséquent.

Bref, cet opus est une catastrophe qui ne semble pas avoir de fin, malgré quelques propositions non dénuées d’intérêt.
Mais ça n’empêchera pas A Nightmare On Elm Street 4: the dream master de rapporter 49 millions de dollars pour un budget de 4 millions. De quoi laisser malheureusement carte blanche à Renny Harlin pour ses prochaines réalisations.

5-A Nightmare On Elm Street 5, The Dream Child (L’enfant du cauchemar) de Stephen Hopkins- 1989

Les cauchemars continuent avec A Nightmare On Elm Street 5, the dream child réalisé par Stephen Hopkins. Dans cet épisode, Freddy Krueger utilise sa mère Amanda, pour renaître une deuxième fois (toujours en rêve évidemment). Alice et Dan, amoureux rescapés de l’opus précédent , devront s’unir avec leurs (nouveaux-elles) ami-es.

En premier lieu j’étais bien septique face au pitch de cet épisode. Le ressort scénaristique de placer un enfant est rarement une idée brillante. Et bien je dois dire que j’ai été agréablement surprise. Même très agréablement. Peut être que mes attentes étaient trop basses?

Et pourtant A Nightmare On Elm Street 5 démarre laborieusement entre générique digne d’un téléfilm érotique d’M6 et renaissance laborieuse et brouillonne. L’introduction des nouveaux personnages et le sacrifice attendu de Dan se déroulent sans éveiller un intérêt particulier. L’annonce de la grossesse d’Alice m’a même fait lever les yeux au ciel.

Des personnages bien griffonnés

Mais là où A Nightmare On Elm Street 5 devient malin c’est dans le traitement de l’évolution de ses personnages.
Après la mise à mort particulièrement ingénieuse de Greta, l’une des amie d’Alice, celle ci se retrouve avec Mark et Yvonne. Cette dernière ne croit pas au récit d’Alice, et persiste, sans pour autant être exclue totalement du groupe. Alice et Mark forment une nouvelle équipe (un duo sans intrigue amoureuse enfin!). Et alors qu’Yvonne n’a pas cru au départ Alice (elle finira pas y croire par la force des choses!), elle est épargnée. Contrairement à Mark. Le film sort des sentiers formatés de ce type de production, c’est indéniable. Cela rend le film beaucoup moins prévisible qu’il n’y parait.

L’autre intelligence de A Nightmare On Elm Street 5 c’est d’utiliser les caractéristiques des personnages de manière pertinente. La scène du meurtre de Greta est à mon sens particulièrement réussi. A la manière d’un repas surréaliste à la Beeltlejuice, le diktat de la minceur est dénoncé. Le film fait un parallèle entre les adultes mettant la pression sur cette jeune fille qu’est Greta, et l’horreur des actes de Freddy Krueger.

Dans un autre registre mais qui reste tout autant cohérente, est la scène où Mark affronte Freddy. Mark est fan de BD et aime dessiner. Cet atout est régulièrement montré à l’écran (au début, quand il écoute le récit d’Alice, quand il commende à l’aider concrètement…). Ce n’est pas un détail montré de façon bâclé une fois pour tenter de justifier la mise en scène de sa mort. C’est une caractéristique que nous spectateur-rice avons eu l’opportunité d’assimiler.
Par ailleurs, le décor et Freddy en noir et blanc VS Mark sont originaux. Et le parti pris grand guignolesque de Mark grimé en guerrier qu’il a dessiné est parfaitement assumé. N’oublions pas que nous sommes dans un rêve. Mark profite de ce rêve pour aussi réaliser des souhaites, à savoir incarner un personnage.

Et si ces scènes fonctionnent bien c’est aussi parce que les acteur-rices jouent bien. Même Lisa Wilcox plutôt médiocre dans le film précédent, elle tire ici son épingle du jeu.

Fredministe

Par ailleurs pour un film de ce genre du début des années 90, je le trouve particulièrement féministe. J’ai déjà évoquée la problématique de la pression sur le poids des femmes.
Mais alors qu’encore maintenant la question de l’avortement n’est quasiment jamais abordée dans les films américains à propos d’une grossesse non désirée, A Nightmare On Elm Street 5 l’évoque frontalement.
Il y a aussi le médecin paternaliste avec Alice, qui se permet de signaler sa fameuse “hystérie”.
Cela ne parait pas grand chose, mais c’est déjà beaucoup. Surtout pour l’époque.

Bien que dans A Nightmare On Elm Street 5 il est question de l’enfant d’Alice, ce ressort narratif est utilisé à dose homéopathique. On en parle suffisamment pour comprendre le lien entre cet enfant et la quête finale pour arrêter Freddy. Mais au lieu de passer par un foetus, (qui serait casse gueule), Stephen Hopkins fait vivre le fils d’Alice sous les traits d’un enfant d’une dizaine d’année. Cela change tout, le personnage peut être actif, parler et réfléchir.

Une mise en scène simple mais maligne

Autre point plutôt étonnant pour une énième séquelle d’une telle saga, c’est l’effort de mise en scène. Alors oui, elle manque de finesse et de maîtrise mais on sent une vraie envie de nous amuser.
Par exemple, quand Alice entre dans la maison de Freddy, la caméra la surplombe du haut de l’escalier, qu’elle regarde. Traditionnellement on s’attend à ce qu’elle monte, et qu’une mauvaise surprise l’attende. Mais la caméra décide de descendre, via un travelling, comme si elle partait elle aussi à la poursuite d’Alice, qui se dirige vers une autre pièce.
Autre exemple, quand Freddy poursuit Alice dans la dernière partie du film. La caméra va plus vite quand elle suit Alice, que quand elle est face à Freddy. Une manière de montrer que le croquemitaine va moins vite que notre ressenti.

Malheureusement ces bons points sont gâchés par une fin grotesque. Une fois de plus, on utilise des entités qui sortent du corps de Freddy. Et le parallèle entre Amanda, mère de Freddy qui replace son bébé Freddy en son ventre pour le faire prisonnier, et Alice qui peut accueillir en toute sérénité son futur fils laisse pantois-e. L’enfant du diable VS l’enfant de la Ste Vierge.

Malgré la première demi heure pataugeante, A Nightmare On Elm Street 5 prend son envol, et fait une proposition de cinéma humble, mais pertinente. Une bonne surprise.
Cet opus rapporta 22 millions de dollars pour un budget de 6 millions.

6-Freddy’s dead: The final nightmare (La Fin de Freddy, l’ultime cauchemar) de Rachel Talaley- 1991

Ce nouvel épisode a l’ambition de mettre en scène la mort de Freddy Krueger. Mais c’est aussi l’épisode qui en dévoile un peu plus sur l’histoire de Freddy. Car nous suivons l’itinéraire de Maggie, fille de Freddy…

La griffe enrayée

C’est donc une femme, Rachel Talaley qui prend pose sa griffe sur Freddy Krueger et qui réalise le film. C’est aussi son premier film. Elle n’en réalisera en fait que trois, ces derniers étant tous des échecs. J’ai une tendresse tout de même pour son Tank Girl, adaptée de la BD.
Comment dire? Ce film est une catastrophe. Un navet. Quelque chose d’à peine regardable. Le temps m’a donc semblée long. Très long. Je ne m’éteindrai donc pas beaucoup sur le sujet, dans la mesure où les mots me manquent pour décrire mes pensées.

Si c’est la première fois que l’introduction varie (on nous avait habitué-es à des génériques à base de gros plans mystiques), ici on est plongé-es dans le cauchemar d’un jeune homme. Qui finit par débouler dans la vie réelle grâce à Freddy. Perdu, amnésique, il est amené à Maggie, sorte d’assistante sociale. Mais on ne saura jamais vraiment son métier. Ni sa vie. Ni ses émotions. Ni sa personnalité. Enfin ce qui construit un personnage quoi.

Elle déboule dans Springwood (ville de Freddy) en compagnie du jeune homme perdu, avec trois autres jeunes à la rue, entrés à son insu dans sa camionnette. Mécontente, elle leur demande de rentrer avec la camionnette…?! Toujours un bon plan de se retrouver sans voiture dans une ville visiblement devenue folle…Et c’est le début d’une longue liste d’incohérences de ce genre.

Freddy perdu dans ses intentions

Cet épisode de A Nightmare On Elm Street tente de se positionner dans un ton très décalé, pour emmener le film sur une comédie. Sauf que les tentatives se révèlent complètement grotesques. Mention spéciale à la partie de jeu vidéo. Ca en devient gênant.
Ce ton ne peut pas fonctionner parce que la plupart du film s’ancre dans une réalité sordide, notamment si on fait référence aux flash back de Freddy Krueger qui tue sa femme devant sa fille.

Freddy prisonnier

C’est aussi la première fois qu’un film de la saga évoque les fameux démons qui viennent torturer les vivants et qui sont à l’origine des cauchemars. C’est même l’hypothèse retenue pour expliquer les actes de Freddy. A savoir que des entités démoniaques ont promis à Freddy Krueger la vie éternelle en échange d’aller torturer les esprits.
On s’écarte donc des précédents films qui eux sont toujours restés de près ou de loin sur le fait que Freddy Krueger est un tueur d’enfants qui a été brûlé vif. Et pourquoi pas. Mais c’est amené maladroitement, en pensant qu’il suffit de montrer un tableau et faire apparaître numériquement trois larves.

Le seul point positif du film est le traitement de Freddy Krueger qui est au mieux de sa forme. En termes d’expressions du visage, répliques…C’est un vrai bonheur. On sent sa jubilation, et sa personnalité est d’autant plus dévoilée qu’on en apprend un peu plus sur son passé. Freddy Krueger est humanisé aussi via la manière de le tuer en le ramenant dans la vie réelle (on ne peut pas dire que les scénaristes se sont foulés).

Cet opus rapporta près de 35 millions de dollars pour un budget de 5 millions. Score honorable quand on voit cette purge.

7-New Nightmare (Freddy sort de la nuit) de Wes Craven- 1994

Comme Freddy n’est jamais vraiment mort, il revient toujours, mais ici sous une forme inhabituelle. Heather Langenkamp joue ici…Heather Langenkamp, actrice qui a tourné dans…A nightmare On Elm Street. Mais c’est sans compter sur l’esprit de Freddy Krueger qui rôde sur sa propre série de films, et d’Heather Langenkamp avec son fils…

Meta slasher

Avant de fracasser la baraque avec Scream, Wes Craven revient aux manettes de sa création. A la manière de Stab dans la saga Scream, il utilise la mise en abyme. A une différence près, dans Scream, on ne renie pas ce qui s’est passé à Woodsboro. Sidney a vraiment vécu un calvaire. Ici, on nous balance sans complexe que le Freddy Krueger qu’on connait depuis le début n’existe pas. Tout cela était purement fictif. Rien de mieux pour refroidir les spectateur-rices qui ont été happé-es par la saga.

Dans New Nightmare, Wes Craven nous raconte une histoire. Celle de New Nightmare, celle d’Heather Langenkamp, et celle de son fils, Dylan, qui transforme son conte préféré, Hensel et Gretel, dans la vie réelle. Le conte permet de faire dire à Wes Craven que de nouveau le film que nous voyons est une histoire fictive. Et non une histoire réelle, comme le film est pourtant présenté au départ. Vous suivez?
Ce New Nightmare peine à se dépêtrer de tout ce mélange. Trop d’idées sont soulevées (le créateur possédé par son oeuvre, le fanatisme pour un personnage de meurtrier…).
Et il n’est pas aidé par des FX complètement ratés et l’excuse de l’époque ne peut plus s’exercer. La mise en scène manque cruellement d’ingéniosité et se contente même de reprendre des scènes du premier sans rien apporter. Je pense notamment à la mort de Julie qui fait référence à celle de Tina dans A Nightmare On Elm Street.

Des éléments pertinents mais en quantité limitée

On peut noter quelques éléments narratifs non dénués d’intérêt comme l’infantilisation des femmes seules. Heather n’est pas considéré comme une mère fiable et elle n’est pas écoutée. On retrouve aussi la critique classique de l’influence des oeuvres violentes sur les enfants (qui sera reprise plus tard dans Scream) via la doctoresse.
De plus, l’apparence de Freddy Krueger est particulièrement réussies. Moins dans un effet fait maison, il apparait nettement plus comme une entité organique et terrifiant. Comme le note Heather d’ailleurs.

Ce n’est pas le plus mauvais Wes Craven, mais New Nightmare est terriblement paresseux. Le retournement de situation aurait pû être une bonne opportunité d’ouvrir des nouvelles manières de voir Freddy Krueger. Au lieu de ça, on se sent un peu floué-es, pour un résultat trop sage.

Cet opus rapporta 18 millions de dollars pour un budget de 8 millions. Comme quoi, ce n’est pas toujours le maître qui domine le box office. A croire que le public a été un peu désappointé par le parti pris audacieux de Craven.

8-Freddy VS Jason de Ronny Yu- 2003

Dans la mesure où plus personne ne pense à Freddy, celui-ci demande un coup de main (machette) à Jason pour faire renaître sang et frayeurs d’adolescent-es. Mais le plan de Freddy ne tourne pas tout à fait comme il avait prévu.

Je.suis.encore.sans.voix. Il faut dire qu’entre personnages caricaturaux et mal joués, représentations sexistes, incohérences en veux tu en voilà, Freddy VS Jason est long. Très long. Très très long.
C’est un peu l’épisode Freddy pour les nuls. On nous fait un résumé des épisodes précédents, et il n’est pas nécessaire d’avoir vu les autres films. L’occasion de viser un nouveau public.

Le bien

Commençons par le positif. Ca ira plus vite. J’avoue que les scènes d’affrontements entre deux des plus célèbres croquemitaines est jouissif. D’autant plus qu’ils ont des caractéristiques bien différentes. Jason est statique, massif. Freddy est mouvant et frêle. Deux manières d’être redoutables.
L’autre point fort c’est que Ronny Yu se fait plaisir sur l’hémoglobine. On sent qu’il a pris plaisir à réaliser un slasher qui tâche. Et pour un film orienté teenage à fond, c’est appréciable.
Enfin, Freddy VS Jason s’avère malin en plaçant le combat physiquement, mais aussi sur le terrain de chasse. Ainsi, la colère de Freddy s’anime quand le joueur de hockey tue sans concertation, et risque de renvoyer Freddy aux oubliettes. Dommage que cet aspect là ne soit pas plus exploité.

En termes de mises en scène, c’est un produit calibré, avec une photographie commune à la plupart des slashers teenmovie de l’époque. C’est soigné, mais ça n’a pas beaucoup de sens.

Le mal

Pour le reste….rien à sauver. Ce n’est pas drôle (c’est pourtant la force de La fiancée de Chucky du même Ronny Yu). Des absurdités pullulent. Par exemple, on ne sait pas vraiment ce que ça apporte de ramener Jason au Crystal Lake, et faire du bouche à bouche à Jason?! Celui ci n’arrive pas à dégager sa machette d’une table en bois mais envoie valser les personnages comme des pions à l’autre bout de la pièce….La liste est longue.

Et puis évidemment tout nous est expliqué. Par exemple, l’un des personnages nous dit bien que la menace vient autant des rêves que de la réalité. Sur le papier oui. Dans le film pas vraiment. A aucun moment je n’ai ressenti une menace pesante, prête à surgir. On sait quand le réalisation va faire apparaître l’un des croquemitaines.

On passe sur les références sexuelles lourdes de Freddy envers Lori, et les seins régulièrement valorisés par la mise en scène. Une objectivation parfaite, s’adressant frontalement au mâle hétéro. D’ailleurs les quelques critiques que j’ai pu lire, les auteurs masculins parlaient de plaisirs coupables en évoquant ces personnages féminins dénudés. C’est dire.
J’ai étonnamment lu des critiques plutôt positives.

Cet opus rapporta 115 millions de dollars pour un budget de 30 millions (un budget multiplié par 4 globalement par rapport aux autres opus). Le jackpot.

9-A Nightmare On Elm Street de Samuel Bayer- 2010

Des adolescent-es sont persécuté-es par un certain Freddy Krueger dans leurs cauchemars. Qui est il? Que veut il? Le tout est de ne pas s’endormir si on veut rester en vie.

La saga se termine par un remake du premier. On évacue donc tout ce qui a pu se passer avant. Tout comme le remake de Massacre à la Tronçonneuse et Vendredi 13, on doit la remise sur les rails de Freddy Krueger à Mickaël Bay. Donc on sait que quel que soit les choix scénaristiques (et éventuellement artistiques), on sera sur du produit calibré.

Freddy ne déconne plus

L’hésitation et l’ambivalence sont les termes qui peuvent résumer A Nightmare On Elm Street. Coincé entre faire une proposition nouvelle et rendre homme au film de Wes Craven dont on sent le plus grand respect, Samuel Bayer ne parvient pas à convaincre.
Dans le nouveau A Nightmare On Elm Street, Freddy Krueger a fini de rigoler. C’est un personnage bien plus sombre. S’il joue avec ses victimes c’est avec sadisme et cruauté. Pour autant, la mise en scène des crimes reste très sage et très conventionnelle. La noirceur souhaitée du personnage n’atteint jamais un niveau qui plongerait le film dans un ton radical.
Pareil pour le passé de Freddy Krueger. Le film laisse penser que celui-ci était pédophile et la mémoire traumatique souvent associée aux violences sexuelles ne fait que renforcer cette hypothèse. Mais A Nightmare On Elm Street ne prend jamais le parti d’être clair. Donc on peut tout à fait en rester au fait que les enfants étaient torturés à l’arme blanche par Freddy.
On retrouve des scènes clefs du premier A Nightmare On Elm Street (le fantôme de la copine qui rôde dans les couloirs du lycée, la scène du bain…). Mais là encore Bayer ne sait pas quoi en faire. Soit c’est un bête copier coller, soit il n’en fait rien de plus.

Entre moments ridicules (Krueger qui ouvre sa veste pour laisser voir son pull quand il brûle vif), et incohérences (pourquoi Nancy se réveille en hurlant alors que Kris par exemple reste endormie alors que le même Krueger se rapproche d’elle?), A Nightmare On Elm Street tombe parfois dans la maladresse totale. Pourquoi avoir tenté d’ouvrir la piste de l’innocence de Krueger, alors qu’on sait parfaitement que ce n’est pas le cas?

Un tandem qui envoie de la griffe

Pour la première fois dans la saga (!), A Nightmare On Elm Street évoque les répercussions de la privation de sommeil sur l’organisme. Même s’il n’est qu’effleuré, on introduit le concept des micro siestes permettant à l’organisme de se recharger un peu. Le revers étant qu’on ne se rend plus compte qu’on dort, ce qui complique la tâche quand on a un croquemitaine à ses trousses.
Ce qui donne lieu à des mises en scènes simples mais efficaces comme quand Nancy est dans la pharmacie, et que le décor métallique du monde Freddy se confond avec les rayons. Dommage que cette piste n’ait pas été mieux explorée.

Si les personnages sont mal écrits et pour beaucoup mal joués (même Connie Britton se demande ce qu’elle doit faire), le tandem Rooney Mara/Kyle Gallner (vu dans l’excellent Dear White People) fonctionne très bien. Uni-es par la privation de sommeil, ils parviennent adroitement à se relayer. Ce qui permet de vivre le film sans trop de peine.
Jackie Earle Haley peine malheureusement à convaincre en Freddy. Ni le maquillage, ni la gestuelle, ni la posture ne traduisent quoi que ce soit de terrifiant.

Mention spéciale à l‘introduction, que je trouve particulièrement réussie. Les personnages sont bien introduits, la photo rouge sang est superbe, et la conclusion est bien dramatique. Dommage que le film ne reprenne pas ce qui marche pour s’enfoncer un peu plus dans la noirceur par la suite.

Cet opus rapporta 115,6 millions de dollars pour un budget de 35 millions. Il était donc étonnant de ne pas voir de suite. C’est le succès de Halloween 2018 qui relancera l’idée d’un nouveau film. Quand? Il suffira d’y penser et d’y rêver pour avoir la réponse j’imagine.

Bilan de la saga

Contrairement à une saga comme Halloween, la saga A Nightmare On Elm Street a tenté de garder une certaine continuité dans l’histoire de Freddy Krueger. Au fur et à mesure des épisodes, on en apprend un peu plus sur son histoire, participant à l’humaniser. Il est bien né d’un être humain (qui plus est d’une nonne!), il a été marié et père.
La représentation de Freddy Krueger est globalement restée constante, avec une accentuation de ses traits joueurs dans le sixième opus.

Une mythologie cauchemardesque

La saga utilise certaines métaphores liées aux cauchemars. La dimension sexuelle, et plus spécifiquement le viol (je rappelle que l’étymologie de cauchemar est lié à la notion de recouvrement et d’étreintes, et que les mythes évoquent des démons violeurs provoquant des cauchemars).
On retrouve aussi la notion de démons qui viennent tourmenter le sommeil, et qui sont responsables des cauchemars, toujours dans le sixième épisode.

Le vampirisme est aussi une notion liée aux cauchemars qui est utilisé dans la saga. On sait que Freddy a besoin des âmes des adolescent-es pour perdurer.

Une saga incomplète

En revanche, la saga aurait pu utiliser bien plus d’éléments historiques et de mythes. Comme par exemple le purgatoire. A partir du 10ème siècle, l’Eglise se dit que ça peut être un bon outil pour asservir encore plus la population. C’est là que l’idée du purgatoire fait son chemin. Ainsi, les présences occultes des cauchemars sont les âmes des pécheur-cheresse-s, errant, à la recherche du pardon. Malin! Dans la mesure où la religion tient une place importante dans la saga A Nightmare On Elm Street, il aurait été intéressant d’explorer cette piste.

Les croyances dans l’Antiquité concernant l’utérus aurait été un angle intéressant. On pensait que l’utérus était une sorte d’animal qu’il fallait nourrir. S’il ne l’est pas, il provoquait alors des symptômes comme des cauchemars.

Il est dommage que la notion de peur qui fasse vivre Freddy ne soit pas plus creusée. A savoir un parallèle sur nos actes qui nourrissent nos propres angoisses. Et qui nous met des barrières.

Par ailleurs, la dimension physiologique de privation de sommeil est trop peu évoquée. Alors que ça aurait pu être un ressort narratif pertinent. Les films auraient pu aussi se pencher sur les recherches faite sur le sommeil. A savoir que les rêves et cauchemars apparaissent lors de la brutale transition entre le dernier stade du sommeil et le sommeil paradoxal où l’activité des neurones est très importante.

1,2, une question ou deux…

Maintenant, la saga A Nightmare On Elm Street me laisse quelques questionnements (auxquels vous pourrez peut être répondre!):

-Si on sait que la peur donne vie et puissance à Freddy Krueger, pourquoi les protagonistes n’ont jamais cherché une solution pour arrêter de penser à lui?
-On sait que le Freddy Krueger humain tuait des enfants. Pourquoi s’attaque t il uniquement à des adolescent-es par la suite? (En dehors des descendances de ses meurtriers bien sûr)
-Pourquoi une griffe finalement? (En excluant l’arme blanche qui symbolise la pénétration dans les slashers)?
-Pourquoi il n’est jamais question de contrôler ou construire ses cauchemars (comme dans Inception par exemple)? D’autant plus que la notion de rêve lucide (c’est aussi le sujet de Horsehead) est évoquée.

Et vous? Quel est votre opus préféré?

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