Les sous genres du cinéma de genre

Pour inaugurer le premier article du blog, je vous propose une mise à jour de celui qui a sans doute été le plus commenté dans mon précédent blog: les sous genres du cinéma de genre!
Merci à toutes vos propositions pour compléter cette liste, qui sont arrivées au fur et à mesure des années. Cela prouve bien que les sous genres sont amenés à évoluer. C’est une démonstration que le cinéma de genre est un style qui se renouvelle sans cesse.
Malgré sa mauvaise réputation dans la profession, le cinéma de genre ne manque pas de richesse. Voici un petit tour d’horizon des différentes genres que l’on peut trouver.

Évidemment, les sous genres se mélangent parfois, s’entremêlent, on peut mettre certains films dans plusieurs catégories.
Une fois encore, n’hésitez pas à commenter pour étoffer cette liste! Je serai ravie de découvrir des nouvelles œuvres…

Slasher

Chérie ça va couper!

Sans doute le plus connu, il connaît un essoufflement ces dernières années: le slasher. C’est un genre de cinéma d’horreur, mettant en scène un tueur (le plus souvent un serial killer), qui poursuit (et tue à coup d’objets tranchants) un groupe de personnes (souvent des jeunes).
Généralement, on ne voit jamais son visage, et on en découvre plus sur lui ou sur sa vie, à la fin du film, quand le-a héros/héroïne se retrouve face à un ultime affrontement.

Beaucoup pensent qu’Halloween de John Carpenter (1978) a été le point de départ du slasher, mais il a commencé à vivre avec Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper (1974). Inspiré d’une histoire vraie, le tueur appelé Leatherface, s’en prend à une bande de jeunes, perdus au fin fond du Texas. Malsain (la scène du repas reste culte), violent (pour l’époque,on est d’accord), le film a profondément choqué, il est resté censuré et interdit dans de nombreux pays durant plusieurs années.

Le premier vrai slasher est en fait Black Christmas (1974) de Bob Clark qui a fait l’objet d’un remake passé inaperçu en 2006 par Glen Morgan (réalisateur de Destination Finale 3). Black Christmas raconte le calvaire d’une communauté de « sœurs » à l’université, fêtant Noël en étant harcelées et poursuivies par un tueur.


Mickaël Myers, cet influenceur avant l’heure

L’apogée vient donc avec Halloween (la nuit des masques, en français) de John Carpenter (1978). Mickaël Myers est désormais l’un des serial killer les plus célèbres. Il faut dire que le personnage est fascinant: caché par un simple masque blanc, sa démarche lente mais sûre, terrifie. Il est en plus invincible, pour le grand plaisir des producteurs au fil des années, habité par le Mal. Tourné en 20 jours avec un budget de 325 000 dollars, le film est un énorme succès. La suite on la connait, pas moins de 11 films verront le jour (dont le 3 un peu à part a de grandes qualités malgré une faiblesse générale il faut le reconnaître). La franchise Halloween sera relancée avec brio par un excellent remake/prequel réalisé par Rob Zombie en 2007. Le dernier, sobrement intitulé Halloween, réalisé par David Gordon Green (réalisateur de l’oublié mais néanmoins de l’excellent Joe, avec Nicolas Cage) se défend bien. Il évite quelques évidences mais peine à proposer une autre vision. Halloween Kills et Halloween Ends (on y croit moyen) réalisés par David Gordon Green sortiront en 2020 et 2021. Mickaël Myers sera t il un jour à la retraite?

Toujours est-il que le genre est lancé et la série des Vendredi 13 aussi. Moins intéressante, en raison d’un tueur bien moins charismatique (et puis n’est pas Carpenter qui veut). Jason et sa mère terrifieront adolescents égarés durant 12 films (et un affrontement avec Freddy). Le dernier date de 2009, et apriori un nouveau est prévu en 2020, lui aussi sobrement appelé Vendredi 13. D’autres films moyens comme Prom Night de Paul Lynch (1980), The Burning (1981) de Tony Maylam…Le genre se renouvelle avec Les griffes de la nuit, de Wes Craven (1984), mettant en scène Freddy, tueur défiguré qui tue des adolescents dans leur sommeil, armé de ses griffes (une sorte d’Edward aux mains d’argent pas très sympa). Mêlant rêve et réalité, le film se révèle efficace. Là encore, 7 suites verront le jour, dont un mauvais remake sorti en 2010, réalisé par Samuel Bayer.
De mauvais films se succédant, le public se lasse et le slasher tombe.Il faudra attendre le sang neuf de Scream (1996) de Wes Craven qui bouscule le genre slasher en utilisant (et en se moquant) des films existants, et redonnera vie au genre. Là encore, 3 films suivront, tous réalisés par Wes Craven. Du coup, on aura droit à la série des Souviens toi l’été dernier, dont le 1er qui se regarde bien, est réalisé par Jim Gillespie (1997), le potable Urban Legend de Jamie Blanks (1998), le mauvais Mortelle St Valentin (2001) toujours de Jamie Blanks. Des perles sortent parfois, comme Wolf Creek de Greg McLean (2005), qui malheureusement aura une suite, Wolk Creek 2, du même réalisateur.

Les français veulent leur part du couteau

On a bien tenté le coup en France, comme Lionel Delplanque en 1998 avec Promenons nous dans les bois mais le résultat est une catastrophe. Alexandre Aja a en revanche, réussi le pari avec Haute Tension en (2003). Récemment Alexandre Bustillo et Julien Maury s’y sont essayé avec Aux yeux des vivants (2014), avec un résultat honorable. Mais surtout avec LeatherFace (2017) qui est une sorte de remake/prequel qui s’en sort avec les honneurs, tant le combat avec les producteurs américains a été dur. En désaccord, des plans ont même été tournés sans eux.
Il faut l’avouer, le slasher a rarement un grand fond. On ne demande pas grand chose à un bon slasher, simplement de nous surprendre et nous tenir en haleine. Le slasher traverse une période creuse, remplacé par d’autres sous genre. Sans doute qu’il reconnaîtra un âge d’or mais cette fois, ça ne sera pas Wes Craven qui en sera à l’origine.

Rapes and revenges/Survival

Fallait pas les chercher

Je les mets dans le même sac parce que même si les intentions de départ des personnages ne sont pas forcément les mêmes, le résultat est globalement identique. Un rape and revenge/ survival se définit comme un film où les personnages se retrouvent dans une situation extrême, qui les poussent généralement soit à tuer, ou à se dépasser. Le rape and revenge comme son nom l’indique, met en scène le viol (généralement d’une femme), qui par la suite se vengera.

Un genre qui reflète une réalité

Le 1er selon moi dans le genre, serait La dernière maison sur la gauche de (encore) Wes Craven (1972). Le film raconte l’histoire de deux jeunes filles qui se font kidnappées par une bande de malfrats et qui subiront sévices sur sévices. Après les avoir tuées, ils se rendent dans une maison et ne se doutent pas que les parents de l’une d’elles y habitent. Comprenant que leur fille a été tuée, ils feront à leur tour subir un véritable calvaire aux meurtriers des jeune filles. Il va sans dire qu’à l’époque, La dernière maison sur la gauche créé un véritable scandale et ne sera par exemple jamais diffusé en 30 ans en Grande Bretagne.

De la même époque, notons l’excellent Délivrance de John Boorman, qui met en scène 4 amis qui partent en canoë et qui se retrouvent aux mains de personnes violentes, et devront se défendre…
En 1978 sort Day of the woman de Meir Zarchi, racontant le viol et la torture de Jennifer par des hommes qui la laisseront pour morte. Malheureusement pour eux, elle prépare sa revanche et se donne à cœur joie de mettre à exécution ses plans. L’ Ange de la vengeance (1981) du controversé Abel Ferrarra est un rape and revenge tout à fait efficace. Après deux viols dans la même soirée, une jeune femme s’empare d’une arme pour obtenir réparation. Ce sont tous des hommes qui portent à l’écran des histoires de femmes violées, sans doute la peur que les femmes ont le plus en commun. C’était sans compter l’arrivée soudaine de Coralie Fargeat, qui déboule avec Revenge (2018). Le film a pour qualité d’évoquer la culture du viol, en plus d’offrir un spectacle saignant à souhait.

L’instint de survie, thème inépuisable

Plus récemment, dans le genre survival, il y a l’excellent Eden Lake de James Watkins (2008), The Descent de Neil Marshall (2005), les français et très bons Vertige d’Abel Ferry (2009), Calvaire de Fabrice Welz (2004), La traque d’Antoine Blossier (2010) ou encore A l’intérieur de Julien Maury et Alexandre Bustillo (2007). Même s’il ne bascule pas dans l’horreur, A vif de Neil Jordan (2007) fait partie de la catégorie revenge.
On peut relever également le passable Ils (2005) de Xavier Palud, et Motel (2007) de Nimrod Antal qui s’avère excellent. La Colline a des yeux de Wes Craven (1977) parle d’une famille qui, après avoir été les victimes de personnes ayant subi des rayons radioactifs, cherche à se venger. Le remake réalisé par notre français Alexandre Aja en 2006, dépasse pour moi l’original, tant il est rare de sentir une telle tension, mêlée à un grand désespoir.Le grandiose Martyrs de Pascal Laugier (2008) fait figure d’exception dans le genre. Une femme ayant été kidnappée enfant, revient vers ses bourreaux pour les tuer. Une tension permanente est instaurée et qui reste assez rare au cinéma, non dénuée de significations mystiques…
On y pense pas toujours mais Kill Bill (2004) de Quentin Tarantino, est aussi un rape and revenge. En effet, la Mariée est violée à plusieurs reprises alors inconsciente, sans compter les attaques physiques subies.


C’est un genre qui reflète un fléau de notre monde (1 femme sur 3 est victime de viol dans le monde). C’est une occasion de donner des armes à ces femmes, et de déchaîner leur colère. Dommage que ça soit principalement filmé par des hommes.
L’autre intérêt étant de voir comment et quels types de personnes peuvent se comporter et agir (même entre eux-elles), quand ils ont subi un trauma. Ou encore, quand et comment des situations extrêmes les plongent dans une certaine abysse.

Torture porn

Mets m’en plein les yeux

Genre que j’apprécie sans doute le moins car c’est celui que je comprends le moins bien. Le torture porn marche plutôt bien, encore maintenant, même si la qualité des films a bien diminuée. C’est aussi le genre (avec le slasher) qui donne naissance à plein de séries Z médiocres. Le but étant d’aller au plus subversif possible.
Le torture porn désigne des films dont les personnages sont pris au pièges par un ou des sadique(s), généralement riches. Le spectateur assiste donc aux tortures. Il y a parfois un peu de sexe mélangé à tout cela, mais le terme « porn » est plus lié de mon point de vue,à la jouissance que peut ressentir un bourreau.


Le genre commence avec Salo ou les 120 jours de Sodome de Pier Paolo Pasolini (1976), « libre » adaptation de l’œuvre du marquis de Sade, qui décrit la façon dont torturent 4 aristocrates, quelques 70 hommes et femmes. Tout y passe ou presque. J’avoue que j’aurais du mal à le regarder une deuxième fois.
Les plus connus sont les Hostel d’Eli Roth et en partie produit par Quentin Tarantino (2005-2007-2011, celui ci, sorti en Direct to DVD…), et les Saw donc le 1er réalisé par James Wan (2004), est excellent, les autres laissant à désirer (je me suis arrêtée au 3).

L’escalade de la violence

Dans un registre moins gore et plus dramatique, mais tout autant malsain, The girl next door de Gregory Wilson (2007) raconte l’histoire vraie d’une gamine qui se fait enfermée à la cave par une mère de famille qui l’a en garde. Elle sera le souffre douleur de cette dernière et des enfants du quartiers. Considérée comme un simple jouet, les enfants ne se rendant pas compte de la gravité de leurs actes, la jeune fille mourra d’épuisement. Le réussi An american crime de Tommy O’Haver (2007) reprend également cette histoire. Dans un registre extrême, Philosophy of a knife d’Andrey Iskanov (2008) qui raconte les expériences vraies pratiquées par l’unité japonaise 731 de 1930 à 1945. Je mettrais dans cette catégorie l’excellent (oui oui!) Human Centipede, first sequence de Tom Six qui fait énormément polémique (2009), ainsi que ses médiocres suites. On peut aussi relever Audition de Takashi Miike (2002), assez soft comparé à d’autres films, mais qui pique toujours un peu. Et comment oublier A serbian film de Srdjan Spasojevic (2010), qui bénéficie d’une réputation sulfureuse sur le web. Bien qu’effectivement parfois insoutenable, il a des qualités: interprétations, photographie, et contient une noirceur comme rarement retranscrite au cinéma. C’est en plus une métaphore de la souffrance qu’a connu la Serbie. Je l’évoque aussi plus loin, dans les snuffs.

Dans un autre style, on peut noter The Woman de Lucky McKee (2012), qui chamboule et impressionne grâce au jeu de Pollyanna McIntosh (vue dans Walking Dead). Style plus soft graphiquement (quoique), mais tout autant dans la thématique, ne loupez pas Cheap Thrills de E.L Katz (2014). C’est une montée en puissance, qui nous fait face à des dilemmes: deux hommes en besoin d’argent, font face aux défis lancés par un homme riche.

Généralement le but de ce genre est de montrer les pires tortures, de façon le plus gore possible. Et c’est l’aspect qui m’intéresse le moins dans le cinéma de genre. Cependant, on peut noter parfois quelques perles, qui, dans le fond, utilisent le ressort du torture porn, mais n’en fait pas son principal sujet.

Epidémie

Mets à jour tes vaccins

Il y en a à foison, à toutes les sauces. C’est un genre généralement lié aux zombies, ou des dérivés. Ces films racontent la vie de personnages après qu’une épidémie ait frappé leur ville/région/pays/monde, ayant tué/modifié/zombifié la population (barrez les mentions inutiles).

Zombieland

On peut dire que le genre voit le jour avec La nuit des morts vivants (1968) du grand George A. Romero. Allez voir la old school bande annonce trop cool.
Le film aura deux suites: Zombie (1978) et Le jour des morts vivants, toujours réalisés par Romero. Trilogie excellente et culte. Depuis, les films de zombies ne manquent pas. Rec (2008), Rec 2 (2009), Rec 3 (2012) de Paco Plaza, le génial L’ armée des morts de Zack Snyder (2004) et remake de Zombie. On notera également le très bon 28 jours plus tard de Danny Boyle (2002) qui sera suivi du passable 28 semaines plus tard (2007) de Juan Carlos Fresnadillo.
Côté français, il y a le potable Mutants de David Morley (2009). Très moyens également, Infectés de David et Alex Pastor (2008), Je suis une légende de Francis Lawrence (2007) avec Will Smith.
World War Z de Marc Forster (2013), avait fait son petit effet à l’époque, mais pour ma part c’est vite retombé comme un soufflet, tant ça manque de crédibilité, de beauté, d’intérêt.
Récemment, le français Dominique Rocher a déposé le poétique La nuit a dévoré le monde (2018), qui est un mélange de film de zombie et huis clos.

Dans le genre plus dramatique, avec peu de sang, le très réussi Le fils de l’homme (2006) de Alfonso Cuarón. Ce film raconte l’histoire d’un petit groupe voulant mettre à l’abri la seule femme enceinte qui reste et restera, leur monde étant plongé une pandémie qui a rendu stérile les femmes. Dans un registre proche, dans Blindness (2008), Fernando Meirelles filme un groupe de personnes subitement atteint de cécité, mis en quarantaine, et aidé par une seule voyante résistante à l’épidémie. Film poétique, un peu long.
Et comment oublier Alerte! deWolfgang Petersen (1995), qui reste un divertissement tout à fait plaisant.

Fantastique

Le QG des créatures

Genre très ancien, le fantastique peut regrouper plusieurs types d’histoires: fantômes, paranormal, malédiction, sorcellerie, vampires, loups garous…On pourrait faire en fait des catégories de sous catégorie…La définition officielle du fantastique est une histoire qui a un point de départ ancré dans la réalité, et petit à petit, des évènements étranges font basculer la narration dans un autre monde.

On a tous un fantôme

Il y a les films fantastiques qui partent tellement d’une réalité qu’on essaye de nous faire croire à une histoire vraie sur fond de found footage (images filmées en amateur)….Le projet Blair Witch de Daniel Myrick (1999) eut donc un moment le statut de film le plus rentable de l’histoire du cinéma. un mystère pour moi tant le film m’a ennuyée.
Idem pour Paranormal Activity d’Oren Peli (2007) qui sous forme de documentaire, filme l’intrusion d’un esprit dans la maison d’un couple (est ce donc un home invasion dans ce cas?).
En remontant plus loin, Poltergeist de Tobe Hooper (1982). Souvent considéré comme un film de Steven Spielberg, tant ce dernier a été un producteur envahissant, est une histoire de fantômes, s’introduisant dans une maison. Le film connaîtra 2 suites en 1986 et 1987 (et un remake en 2015 par Gil Kenan), et la trilogie sera marquée par les morts prématurées d’Heather O’Rourke, à 13 ans et de Dominque Dunne, assassinée en 1982.

Métaphores de nos névroses

Le genre du paranormal existe aussi à travers des films comme Carrie de Brian de Palma (1976) et sa suite, le teen movie sympathique Carrie 2 la Haine de Katt Shea (1999). Dans la même idée, il ne faut pas louper Dark Touch de la trop discrète Marina De Van (2013), qui utilise la télékinésie comme principe exutoire face à des violences. On peut noter également Chronicle (2012) de Josh Trank. Sans oublier le grandiose Sixième Sens de M.Night Shyamalan (1999) ainsi que Les autres d’Alejandro Amenábar (2001). L’Orphelinat de Juan Antonio Bayona (2007) m’a particulièrement marquée, tout comme Mr Babadock de Jennifer Kent (2014). Récemment, la réalisatrice Issa Lopez a réalisé Ils reviennent (2018), qui utilise le fantastique pour parler de la condition des enfants au Mexique. It follows (2015) de David Robert Mitchell a bousculé son petit monde, avec sa simplicité diaboliquement efficace. Une entitée visible uniquement de sa victime persiste à la suivre jusqu’à ce que mort s’en suive. Certain-es y ont vu une moralisation sur les MST, ou le sexe, responsable de tous les maux.
Dans le genre malédiction, il y a bien sûr la série des Ring de Hideo Nakata (1997), The grudge de Takashi Shimizu (2004), The Eye de Danny Pang (2002), dont le français Xavier Palud fera un remake américain en 2008, Dark Water de toujours Hideo Nakata (2002).

Les bêbêtes

Dans le genre sorcière il y a le grandiose Sleepy Hollow (1999), sûrement le dernier bon film de Tim Burton, le gentillet The craft d’Andrew Fleming (1995), le conte féérique Willow de Ron Howard (1988),  ou encore la passable Chasse aux sorcières de Nicholas Hytner (1997).
Au rayon vampires et loups garous, un large choix est proposé. On peut commencer par le classique Nosferatu (1922) de F. W. Murnau, et la série des film Frankenstein (qui débute en 1910 par J.Searle Dawley, pour finir en 2016 avec le Dr Frankenstein de Paul Guigan, c’est à dire une cinquantaine de film au total!).
Il ne faut pas passer à côté de Morse, déroutant mais non pas moins excellent, du suédois Tomas Alfredson (2008), qui donnera suite à un remake: Laisse moi entrer de Matt Reeves (2010).  Également à voir, le culte Bal des vampires du dorénavant infréquentable mais toléré Roman Polanski (1963), le bizarre Dracula de Francis Ford Coppola (1992), le moyen 30 jours de nuit de David Slade (2007). Le superbe Entretien avec un vampire de Neil Jordan (1994) nous offre sûrement une des meilleurs performance de Brad Pitt et Tom Cruise. Vous ne pouvez pas manquer le détonnant Une nuit en enfer de Robert Rodriguez (1990), et Nous sommes la nuit de l’allemand Dennis Gansel (2010). Ce dernier offre une vision plus moderne des vampires. Et pour finir avec des bêbêtes, on craque toujours sur les Gremlins (1984) de Joe Dante, qui remettra le couvert avec des jouets anti Toy Story avec l’excellent sous estimé Small Soldiers (1998).
Pour les loups garous, Wolf (1994) de Mike Nichols avec Jack Nicholson reste pour moi une référence. On peut trouver aussi Hurlements de Joe Dante (1981) et ses suites, le mauvais Cursed de Wes Craven (2005) et Le loup garou de Paris de Terrence Waller (1997).
Il y a parfois des curiosités comme Birth de Jonathan Glazer (2003), racontant l’histoire du deuil du personnage de Nicole Kidman face à la mort de son mari. Mari qu’elle retrouve apparemment sous les traits d’un petit garçon, qui affirme être son défunt compagnon. Le film est très tendre et évoque de façon étrange le travail de deuil.

C’est un sous genre pour le moins riche, qui permet de laisser libre cours à l’imagination. C’est aussi parfois un biais pour évoquer des sujets de société, des maux personnels.

Science Fiction

Retour vers le turfu

Genre de cinéma logiquement inépuisable, ce n’est pourtant pas forcément là où on trouve les meilleurs films.
Les films de Science Fiction se passent généralement dans le futur, ou alors évoquent un présent dont les avancées (principalement centrées sur un sujet en particulier) sont nettement supérieures à notre époque.Ce sont souvent des dystopies. Parfois, ces films intègrent un animal ou une bête pour apporter plus de suspens et/ou d’horreur.

E.T s’est fait bouffer

Évidemment j’évoque tout d’abord la série des Alien, qui reste pour moi, culte et indispensable, donc je me lasserai jamais (évidemment on oublie Prometheus, et Alien Convenant, que j’appellerais plutôt les caprices de Ridley Scott). Idem pour la saga incontournable Terminator (uniquement le premier et le deuxième, on est d’accord). Pas la peine de citer la saga Star Wars…La série des Predators est a noter, dont le 1er est réalisé par John McTiernan (1987). Dans le genre bête, il y a également le culte La Mouche de David Cronenberg (1986), à mettre également dans le body horror?
Pour continuer dans les films de monstres, nous avons Monsters de Gareth Edwards (2010), réalisateur du Godzilla 2014. Bien que je cherche encore les monstres, le film possède une ambiance bien à lui. Il y également District 9 de Neill Blomkamp (2009), excellent blockbuster grinçant. Je ne peux résister à évoquer Planète Hurlante de Christian Duguay (1995), véritable plaisir coupable, adapté d’un livre de Philip K Dick. Comment lutter contre des bêbêtes métalliques utilisées comme armes, qui se retournent contre leurs créateurs?

Dans un genre différent, l’excellent Bienvenue à Gattaca d’Andrew Nicoll (1997), Minority Report de Steven Spielberg (2002), est un très bon film de science fiction, mélangeant policier est suspens. Inception de Christopher Nolan (2010) est également excellent, sans oublier la trilogie des Matrix, réalisée par les soeurs Wachowski (1999). Sur fond religieux, Prédictions d’Alex Proyas (2009) se fait une place sympathique tout comme La guerre des mondes de Steven Spielberg (2005).
Alors ensuite il y a beaucoup beaucoup de bouses dans ce domaine. On ne les compte plus…2012 de Roland Emmerich (2009), Alien Vs Predator de Paul W.S. Anderson (2004), The Island de Michael Bay (2004),  Le jour d’après de Roland Emmerich (2004), Waterworld de Kevin Reynolds (1995), qui sonna la fin de la carrière pour Reynolds, et quasi celle de Kevin Costner…

Snuff

Snif

Un “vrai” snuff movie est un film dont l’objet est le tournage d’un viol et d’un meurtre qui arrive réellement et qui est filmé par un amateur (soit le tueur lui même, soit un complice). La légende dit que ce genre de film existe vraiment, tourné pour des riches. La vérité c’est qu’apriori non, ça n’existe pas, une enquête a été menée par Sarah Finger, qui en a écrit un livre, la mort en direct. En tout cas, c’est l’occasion pour les cinéastes d’en faire un sujet à part entière.

Le seul qui me semble intéressant est Témoin Muet d’Anthony Waller (1995) qui raconte l’histoire d’une muette, témoin d’un tournage d’un snuff movie. Le film est davantage un thriller et porté par l’interprétation de Madeleine Stowe. Il y a également 8mm de Joel Schumacher (1999), qui propose une insertion superficielle du monde du snuff, dans le cadre d’une enquête criminelle. Le snuff est ici un prétexte pour une enquête policière, en aucun cas il n’y a une réflexion du cinéaste à ce sujet.
A serbian film de Srđan Spasojević (2010), évoqué plus haut met en scène des snuffs particulièrement durs ( à regarder plutôt seul-e!). On ne peut mentionner Cannibal Hollocaust de Ruggero Deodato (1981), simulant un reportage sur une communauté cannibale. Je n’y a rien trouvé de très intéressant, d’autant quand on sait que des tortues ont véritablement été torturées/tuées. C’est une autre époque, mais rien de nécessaire à valoriser un film ayant peu d’attrait par ailleurs. Si ce n’est avoir été un objet choquant pour l’époque ( à tel point qu’on a cru que le réalisateur avait vraiment tué!).
La plupart des autres snuff sont des « imitations » au plus près de ce que seraient les véritables snuff, à l’image de Snuff 102 de Mariono Peralta (2007) ou August Underground qui n’a pas vraiment de réalisateur, (2003). Du coup, faire du trash pour du trash et revendiquer le statut de film le plus horrible de tout les temps, n’est pas une démarche très pertinente et qui je pense, n’aide pas le cinéma de genre et ses adeptes, à être respectés.

Ce genre de cinéma relève en général, plus du domaine underground, vu par très peu d’amateurs du genre, via le net ou parfois des festivals. Ces films ne sont parfois même pas classés, car les comités refusent de les voir.

Diabolique

As tu Mal?

Le diable, vaste sujet de cinéma. Les films évoquant le mal, traitent de personnages en proie à des démons, ou au diable. En général, on tente sur eux un exorcisme pour tenter de les libérer. Souvent, c’est un peu peine perdue. Dans un monde où la réligion a encore beaucoup de poids, ce sont des films qui peuvent être parfois délicats à traiter. En tout cas, c’est un genre qui ne tombe pas, il y en a plusieurs tous les ans…

Le plus grand film sur le Mal est sans doute le plus grand film d’épouvante de tout les temps: L’exorciste de William Friedkin (1973). Magistralement interprété, réalisation terrifiante, le film fait toujours autant peur aujourd’hui. Et ce, malgré les effets spéciaux qui ont vieillis. Il y aura 3 suites à L’exorciste. On ne peut oublier le grand Rosemary’s baby de 1968, réalisé par Roman Polanski, dont la tension monte petit à petit nous étouffe. On peut également citer la saga des Evil Dead de Sam Raimi, avec une mention spéciale de ma part pour l’original de 1981 et le remake de Fede Alvarez (2013), qui propose une lecture tout à fait différente, et qui s’avère efficace.
Depuis on a pu apprécié gentiment L’exorcisme d’Emily Rose de Scott Derrickson (2005). Mais détesté la vaste blague Le dernier exorcisme de Daniel Stamm (2010). Il y a également Stigmata de Rupert Wainwright (1999) qui livre un film convenu mais efficace. Dernièrement est sorti Le Rite de Mikaël Hafstrom (2011) qui n’a pas l’air fameux. Notons aussi Constantine de Francis Lawrence (2005), Les Ames Perdues de Janusz Kaminski (2000), La fin des temps de Peter Hyams (1999), L’associé du Diable de Taylor Hackford (1997).
L’inoubliable Possession de Andrzej Żuławski (1981) est à voir absolument, avec une Isabelle Adjani, est la performance la plus incroyable que j’ai pu voir.
Et puis Mikaël Myers aussi non?

Sales gosses

Ceux qui mériteraient Chucky en cadeau

Genre encore peu exploité car encore tabou mais pourtant jouissif, ce genre de cinéma est particulièrement fascinant. Comment peut on imaginer de petits têtes blondes et brunes être responsables de meurtres? Pourtant, une fois encore, c’est la réalité qui dépasse la fiction.

Le meilleur pour moi est The Children de l’anglais Tom Shankland (2009). Des parents se rendent compte que leurs enfants ont des comportements destructeurs et ont du mal à réagir face à eux pour se défendre. Le film est bien amené, crédible et terrifiant.Il existe aussi Le village des damnés de Wolf Rilla (1960) remaké par John Carpenter en 1995.
A voir, le tranquille Grace (2009) de Paul Solet qui filme la descente aux enfers d’une mère prête à tout pour combler son bébé sanguinaire revenu à la vie à l’accouchement…Le méconnu mais excellent Prevenge réalisé et joué par l’anglaise Alice Lowe (2016), où un fœtus ordonne à sa mère de tuer. Normal. Chapeau à la réalisatrice qui a eu l’idée de ce film quand elle a appris sa grossesse, alors qu’elle partait sur une autre idée. Ce n’est pas tous les jours qu’une mère utilise sa grossesse pour porter à l’écran une telle histoire.
On peut noter Children of the Corn de Fritz Kiersch(1977), adapté du livre de Stephen King, qui donnera lieu à 8 films par la suite.La liste ne serait pas complète sans la série des quatre films, Damien: La Malédiction, initiée par Richard Donner en 1976. Le premier valant le détour, mais le film ne m’a pas suffisamment intéressée pour regarder les autres.
Dans le genre parentalité incorrecte, on peut regarder avec plaisir Mom and Dad réalisé par Brian Taylor en 2018. Le couple improbable Nicolas Cage et Selma Blair devenus particulièrement agressifs envers leurs enfants est excellent.

J’attends énormément de ce sous genre. Tout simplement car il reste encore plein de choses à explorer. Si on arrive à surpasser ce tabou, il y aurait beaucoup de thématiques à aborder. L’enfance et ses concepts, ses traumas, quel regard avoir sur ces enfants….tout une histoire (et c’est une maman qui vous le dit).

Comédies d’horreur/Absurde

Sang pour sang LOL

Un genre fait pour rigoler entre potes. Pour détendre l’atmosphère. Pour utiliser tes peurs et les désamorcer.

Ainsi, on peut relever Détention de Joseph Kahn, 2011 ou l’incontournable Shaun of the dead d’Edgar Wright, 2004), qui sont relativement connus. Mais aussi le moins célèbre All Cheerleaders Die de Lucky McKee (réalisateur de The Woman, cité plus haut), et Chris Sivertson qui est une vrai partie de plaisir (notamment pour la féministe que je suis, une revanche de pom pom girls est toujours appréciée).
Par ailleurs, Planète Terreur (2007) de Robert Rodriguez est également à ne pas louper; une référence aux films grindhouse d’antan.
Dans le genre espagnol, il y a Juan of the dead d’Alejandro Bruguès (2011) qui divertit comme il faut.
Il serait dommage de se priver de l’hilarant The Voices de l’iranienne Marjane Satrapi, avec un Ryan Reynolds en pleine forme dans le rôle d’un psychopathe, ami des bêtes.
Toujours dans le registre de bêtes, méfiez vous de Black Sheep de Jonathan King (II), sorti en 2008, qui est jubilatoire.

Rire jaune?

On peut citer la plupart des films de l’espagnol Alex De la Iglesia, comme Balade triste (2011), métaphore du déchirement espagnol, lors de la guerre d’Espagne. C’est un réalisateur qui manipule beaucoup l’humour sans faire totalement des comédies.

Comment ne pas prendre son pied de féministe devant Teeth de Mitchell Lichtenstein (2007), où une adolescente découvre que sa vulve à des dents!
Je ne sais pas où le classer tant ce film est étrange et insaisissable: Excision de Richard Bates Jr. (2012). Ne vous fiez pas au titre. Porté par la girly de la série Beverly Hills version 2010, AnnaLynne McCord m’a littérallement sciée avec son interpréation d’adolescente perdue, qui se découvre une passion pour le découpage des corps.
Et je garde le meilleur pour la fin: l’excellent voyage du pneu tueur Rubber (2010) de Quentin Dupieux.Ce genre est aussi l’occasion de créer beaucoup de nanars plus ou moins assumés, plus ou moins réussis (coucou Sharknando).

Home invasion

C’est pas le moment d’oublier ses clefs

Le home invasion (l’invasion de ton chez toi en français), est un genre qui met en scène un ou plusieurs individus qui décident pour une raison qui leur appartienne (ou pas), de s’introduire chez leur(s) victime(s). C’est un genre qui demande peu de moyens, qui peut susciter beaucoup d’effroi. On touche ici au personnel, à son environnement, sa zone de confort, où l’on se sent habituellement en sécurité.

Le plus connu est sans doute American Nightmare de James DeMonaco (2013). Dans une société où tout crime est non seulement permis mais surtout légal, pendant une nuit, des individus tentent de s’introduire dans une famille. Le film donnera lieu à 3 suites, assez inégales. Le principal défaut de tous ces films étant qu’ils n’exploitent pas du tout la réflexion sociologique qui aurait pu découler de ce synopsis passionnant.
Toujours est il que dans la mesure où le home invasion est un genre de film peu onéreux, on peut trouver à peu près de tout niveau qualité. You’re next d’Adam Wingard (2012) fait donc parti des passables, tout comme The strangers de Bryan Bertino (2008). Bien que beaucoup l’aient dénigré, j’ai beaucoup aimé Knock Knock d’Eli Roth (Hostel), réalsé en 2015, qui fait monter un bon climax, avec ce pauvre Keanu Reeves pris au piège. Funny Games de Michael Haneke (2008) qui réalise ici son propre remake à Funny Games reste une énigme pour moi. Je ne parviens pas à avoir un avis sur le film. Dans le style gory gory, comment passer à côté de A l’intérieur des français Julien Maury et Alexandre Bustillo (2006). Leur première réalisation qui fera scandale, mais qui les fera connaître dans le milieu. Il faut dire que filmer Béatrice Dalle, qui veut arracher le bébé dans le ventre d’Alysson Paradis (soeur de), il fallait oser.
Pour continuer dans le malsain, on peut regarder le méconnu Malveillance de Jaume Balagueró ( Rec ), sorti en 2011, qui cristallise la peur de toute femme: un voisin envahissant qui vous colonise petit à petit sans crier gare.
On peut noter Terreur sur la ligne de Simon West (2006), remake du film du même nom de 1979, où une babysitter doit faire face à des appels incessants qui viennent…de la maison où elle est. Don’t breathe de Fede Alvarez (2016) est un bon petit film, où deux jeunes font face à un habitant aveugle d’une maison particulièrement dangereux et efficace. Certains films ne sont pas des home invasion à proprement parler mais en utilisent les ressorts dans une partie du film. Comme dans Us (2019) du surdoué Jordan Peele. Tout comme le superbe Ghostland de Pascal Laugier (2018) avec Mylène Farmer. Et pour finir, on l’oublie parfois mais notons le très bon Panic Room de David Fincher (2002), avec les débuts de Kristen Stewart.

Un genre qui mériterait d’être plus exploité tant il joue sur des peurs auxquelles il est facile de s’identifier.

Huis clos

Là c’est plutôt le moment de trouver la clef

Le premier qui me soit venu à l’esprit est Buried de Rodrigo Cortés (2010). C’est le parfait exemple pour illustrer le huis clos: un homme est enfermé dans un cercueil. Simple mais efficace.

Cube de Vincenzo Natali réalisé en 1997 est un bon exemple également: un groupe de personnes aux compétences différentes sont prises au piège dans un cube mortel. Même si on a l’impression que les personnages passent d’une pièce du cube à l’autre, il y a bien une seule pièce qui a été construite.
Dans un autre style, le premier film de Quentin Tarantino, Reservoir Dogs sorti en 1992, est un huis clos joussif, ponctué par des dialogues malicieux.
Kubrik réussira son pari avec Shining (1980), qui enferme Jack Torrance, sa femme et son fils dans l’hôtel maléfique l’Overlook. Dans un autre genre, on peut citer Get Out (2017) de Jordan Peele où l’on sent petit à petit l’étau se resserer sur le héros, coincé dans la maison de sa belle famille.C’est un autre roman de Stephen King, Misery, que mettra en scène en 1990 Rob Reiner. Un écrivain cloué au lit, pris au piège d’une femme un peu trop fan de ses romans.
SnowPiercer (2013) du palmé Bong Joon-ho, adapté de la BD, est très réussi. Nous restons enfermés avec le héros qui tente tant bien que mal de lutter pour l’égalité, dans un train lancé à vive allure.
Dans le genre maso (comme à son habitude), Lars Von Trier nous propose Dogville en 2003. Une descente aux enfers théâtralisée de Grace, à la limite du soutenable. La ville est symbolisée par des traces de craies au sol.

Animaux méchants

30 millions d’ennemis

Genre encore peu exploré (sauf concernant les insectes et autres parasites), les animaux méchants sont pourtant des personnages efficaces pour nous faire vaciller (en fonction de leur nature évidemment). Je prends ici les exemples d’animaux réels, pas de bestioles venues du futur.

On pense évidemment à l’animal qui a rendu toutes les plages vides lors de sa sortie, le grandiose Jaws de Steven Spielberg, qui reste toujours autant efficace (1975 je vous rappelle!).
Cujo de Lewis Teague (1983), encore adapté d’un roman de Stephen King, nous montre comme le gentil chien Beethoven, devient une machine agressive.
On notera évidemment Les oiseaux d’Alfred Hitchcock (1963), qui montre à quel point n’importe quel animal semblant innofensif peut être transformé en être inquiétant.
Doté d’une belle affiche, Stung pourrait également se classer dans les comédies. Ces guêpes folles attaquent une petite fiesta donnée dans un jardin. Savoureux.
Pour celles et ceux qui ont une peur des êtres visqueux, passez votre chemin concernant La nuit des vers géants de Jeff Lieberman (2017).Il existe une floppée de films concernant les diverses espèces de serpents et crocodiles, le dernier en date étant The Crawl (2019) d’Alexandre Aja qui doit avoir un problème avec les animaux dans l’eau, puisqu’il nous avait déjà gratifié de Piranha 3D en 2010 (dont il a honte).

Giallo

Le sang artistique

Le genre du giallo fait référence au cinéma de genre italien. Dominés par Dario Argento ou Mario Bava, ce sont des films avec des couleurs et une manière de cadrer très spécifique. A la manière de tableaux presque. Il y a également une ambiance particulière, un peu surjouée, très théâtralisée. C’est un genre que j’apprécie peu, j’ai du mal à rentrer dedans. Certains sont pourtant très prenant.

Je suis très partagée sur l’oeuvre de Dario Argento. J’ai beaucoup aimé Suspiria (1977) et Les frissons de l’angoisse (1975), ou encore Ténèbres (1980). Mais je n’ai pas été embarquée par Le syndrome de Stendhal (1996) ou Trauma (1993). On peut noter Une hache pour la lune de miel de Mario Bava (1970).
En France, Hélène Cattet et Bruno Forzani réalisent des propositions tout à fait étonnantes avec L’étrange couleur des larmes de ton corps (2014) auquel je n’ai pas adhéré du tout. Laissez bronzer les cadavres (2017) semble plus accessible. Ils ont le mérite de présenter des films tout à fait originaux, qui rendent le cinéma de genre encore plus diversifié.
C’est un genre que je connais mal, n’étant pas mon genre favori. Mais il est instructif d’en regarder de temps en temps pour comprendre les influences de d’autres réalisateur-rices.

Body Horror

Balance ton corps

Le body horror fait référence aux films qui traitent du corps, de notre rapport à lui, à ses changements. Ce sont souvent des films dits graphiques, c’est à dire sanglants.

Je commence par mon chouchou, l’inclassable Grave de Julia Ducournau, qui a retourné le monde du cinéma en 2016. Pourquoi? Parce que son film a été nominé 6 fois aux Césars. Même s’il n’a rien remporté, c’est la première fois qu’un film de genre (en plus réalisé par une femme!) a une telle reconnaissance de la profession. Donc oui, c’est remarquable.
Toujours réalisé par une femme, Dans ma peau (2002) de Marina de Van (Dark Touch que j’ai cité plus haut), narre l’exploration d’une femme sur son corps, à travers diverses expériences tranchantes. C’est touchant, il y a une dimension très personnelle.
Dans un style plus mainstream, Green Inferno d’Eli Roth propose une sorte de remake de Cannibal Hollocaust, sans la dimension snuff. Mais ça reste un film où le corps est au centre (de toutes les expérimentations).
On peut citer la plupart des films de David Cronenberg (La mouche, Crash, Vidéodrome)…où le corps prend une part importante du récit.
Je terminerai avec Martyrs (2008) de Pascal Laugier qui place le corps, objet de toutes les tortures, les recherches (et qui ne nous épargne rien).

Le cinéma de genre est un cinéma riche, qui ne manque pas d’avoir prouvé son intérêt, et sa capacité à nous aider à comprendre le monde qui nous entoure.
Il y a sûrement encore d’autres sous genres, à identifier ou à créer?

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2 Comments

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  1. 1
    Jérémy

    Merci pour cet article et pour le temps que tu as dû passer dessus. J’ai vu 90% des films que tu as cité, même si je ne suis pas d’accord avec toi sur certains, tu donne ton avis avec respect et recul. J’ai passé un bon moment.

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