Les sous genres du cinéma de genre, tout un programme!
Merci à toutes vos propositions pour compléter cette liste, qui sont arrivées au fur et à mesure des années. Cela prouve bien que les sous genres sont amenés à évoluer. C’est une démonstration que le cinéma de genre est un style qui se renouvelle sans cesse.
Malgré sa mauvaise réputation dans la profession, le cinéma de genre ne manque pas de richesse. Voici un petit tour d’horizon des différentes genres que l’on peut trouver.

Évidemment, les sous genres se mélangent parfois, s’entremêlent, on peut mettre certains films dans plusieurs catégories.
Une fois encore, n’hésitez pas à commenter pour étoffer cette liste! Je serai ravie de découvrir des nouvelles œuvres…

1-Slasher

Chérie ça va couper!

Sans doute le plus connu, il connaît un essoufflement ces dernières années: le slasher. C’est un genre de cinéma d’horreur, mettant en scène un tueur (le plus souvent un serial killer). Il poursuit (et tue à coup d’objets tranchants), un groupe de personnes (souvent des jeunes).
Généralement, on ne voit jamais son visage, on en découvre plus sur lui ou sur sa vie, à la fin du film. Par conséquent, on assiste souvent à un ultime affrontement avec le personnage principal.
Ce sont souvent des femmes qui sont pourchassées, sans doute car la lame est une allégorie de la pénétration, et donc du viol. D’ailleurs, ce sont généralement des personnes débridées sexuellement qui meurent, même si le genre tend à se renouveler (parfois).

Beaucoup pensent qu’Halloween de John Carpenter (1978) a été le point de départ du slasher. Mais il a commencé à vivre avec Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper (1974). Inspiré d’une histoire vraie, le tueur, Leatherface, s’en prend à une bande de jeunes, perdus au fin fond du Texas. Malsain (la scène du repas reste culte), violent (pour l’époque,on est d’accord), le film a profondément choqué. Il est resté censuré et interdit dans de nombreux pays durant plusieurs années.

En fait, le premier vrai slasher est en fait Black Christmas (1974) de Bob Clark qui a fait l’objet d’un remake en 2006 par Glen Morgan (réalisateur de Destination Finale 3).
Black Christmas raconte le calvaire d’une communauté de « sœurs » à l’université, fêtant Noël en étant harcelées et poursuivies par un tueur. Un remake mal aimé mais que j’ai beaucoup apprécié a été réalisé par Sophia Takal.


Mickaël Myers, cet influenceur avant l’heure

L’apogée vient donc avec Halloween (la nuit des masques, en français) de John Carpenter (1978). Mickaël Myers est désormais l’un des serial killer les plus célèbres. Il faut dire que le personnage est fascinant: caché par un simple masque blanc, sa démarche lente mais sûre, terrifie. Il est en plus invincible, pour le grand plaisir des producteurs au fil des années, habité par le Mal. Tourné en 20 jours avec un budget de 325 000 dollars, le film est un énorme succès. La suite on la connait, pas moins de 11 films verront le jour (dont le 3 à part, qui a de grandes qualités).
La franchise Halloween sera relancée avec brio par un excellent remake/prequel réalisé par Rob Zombie en 2007.

Le dernier, sobrement intitulé Halloween, réalisé par David Gordon Green (réalisateur de l’oublié mais néanmoins excellent Joe, avec Nicolas Cage) se défend bien. Il évite quelques évidences mais peine à proposer une autre vision. Halloween Kills et Halloween Ends (on y croit moyen) réalisés par David Gordon Green sortiront en 2020 et 2021. Mickaël Myers sera t il un jour à la retraite?

Le croquemitaine pour tous les genres

Toujours est-il que le genre est lancé et la série des Vendredi 13 aussi. Moins intéressante, en raison d’un tueur bien moins charismatique (et puis n’est pas Carpenter qui veut). Jason et sa mère terrifieront adolescents égarés durant 12 films (et un affrontement avec Freddy). Le dernier date de 2009, et apriori un nouveau est prévu en 2020, lui aussi sobrement appelé Vendredi 13. D’autres films moyens comme Prom Night de Paul Lynch (1980), The Burning (1981) de Tony Maylam. Le genre se renouvelle avec Les griffes de la nuit, de Wes Craven (1984), mettant en scène Freddy. Il s’agit d’un tueur défiguré qui tue des adolescents dans leur sommeil, armé de ses griffes (une sorte d’Edward aux mains d’argent pas très sympa). Mêlant rêve et réalité, le film se révèle efficace. Là encore, 7 suites verront le jour, dont un mauvais remake sorti en 2010, réalisé par Samuel Bayer.
De mauvais films se succédant, le public se lasse et le slasher tombe.

Scream again

Il faudra attendre le sang neuf de Scream (1996) de Wes Craven qui bouscule les slashers bourré de références. Il redonnera vie au genre. Là encore, 3 films suivront, tous réalisés par Wes Craven.
Par la suite, on aura droit à la série des Souviens toi l’été dernier. Le 1er se regarde bien, et est réalisé par Jim Gillespie (1997). Puis, le potable Urban Legend de Jamie Blanks (1998), le mauvais Mortelle St Valentin (2001) toujours de Jamie Blanks. Des perles sortent parfois, comme Wolf Creek de Greg McLean (2005). Une suite verra le jour, par le même réalisateur.

Les français veulent leur part du couteau

Parce que ça marche, la France tente, comme Lionel Delplanque en 1998 avec Promenons nous dans les bois mais le résultat est une catastrophe. Alexandre Aja a en revanche, réussi le pari avec Haute Tension en (2003). Récemment Alexandre Bustillo et Julien Maury s’y sont essayé avec Aux yeux des vivants (2014), avec un résultat honorable.
Puis, ils réaliseront également LeatherFace (2017) qui est une sorte de remake/prequel qui s’en sort avec les honneurs. Et pourtant, le combat avec les producteurs américains a été dur. En désaccord, des plans ont même été tournés sans eux.

Enfin, il faut l’avouer, le slasher a rarement un grand fond. On ne demande pas grand chose à un bon slasher, simplement de nous surprendre et nous tenir en haleine. Le slasher traverse une période creuse, remplacé par d’autres sous genre. Sans doute qu’il reconnaîtra un âge d’or. Mais cette fois, ça ne sera pas Wes Craven qui en sera à l’origine.

2-Rape and revenge/Survival

Fallait pas les chercher

Même si les intentions de départ des personnages ne sont pas forcément les mêmes, le résultat est globalement identique. Un rape and revenge/ survival est un film où les personnages, dans une situation extrême, sont poussés généralement soit à tuer, ou à se dépasser.
Le rape and revenge comme son nom l’indique, met en scène le viol (généralement d’une femme), qui par la suite se vengera.
C’est un sous genre du cinéma de genre qui émergea dans les années 70 correspondant à un désir de liberté artistique.
A titre personnel c’est un genre que je peux apprécier, en tous cas je peux en reconnaître la pertinence dans le sens où environ 35% des femmes dans le monde subissent des violences. Le problème c’est que ce sont principalement des hommes qui s’emparent de ces histoires.

Un genre qui reflète une réalité

En premier lieu, La dernière maison sur la gauche de (encore) Wes Craven (1972) fait parti des incontournables. Deux jeunes filles se font kidnappées par une bande de malfrats et qui subiront sévices sur sévices.
Après les avoir tuées, ils se rendent dans une maison et ne se doutent pas que les parents de l’une d’elles y habitent.
Comprenant que leur fille a été tuée, ils feront à leur tour subir un véritable calvaire aux meurtriers des jeune filles.
Il va sans dire qu’à l’époque, La dernière maison sur la gauche créé un véritable scandale et ne sera par exemple jamais diffusé en 30 ans en Grande Bretagne.

Notons par exemple, l’excellent Délivrance de John Boorman. Quatre amis partent en canoë et se retrouvent aux mains de personnes peu recommandables.
En 1978 sort Day of the woman de Meir Zarchi, racontant le viol et la torture de Jennifer par des hommes qui la laisseront pour morte. Malheureusement pour eux, elle prépare sa revanche et se donne à cœur joie de mettre à exécution ses plans.

L’ Ange de la vengeance (1981) du controversé Abel Ferrarra est un rape and revenge tout à fait efficace. Après deux viols dans la même soirée, une jeune femme s’empare d’une arme pour obtenir réparation. Ce sont tous des hommes qui portent à l’écran des histoires de femmes violées. Sans doute la peur que les femmes ont le plus en commun.

Enfin, c’était sans compter l’arrivée soudaine de Coralie Fargeat, qui déboule avec Revenge (2018). Le film a pour qualité d’évoquer la culture du viol, en plus d’offrir un spectacle saignant à souhait. On peut aussi noter l’éprouvant The Nightingale de Jennifer Kent.

L’instint de survie, thème inépuisable

Plus récemment, dans le genre survival, il y a l’excellent Eden Lake de James Watkins (2008). Puis, The Descent de Neil Marshall (2005), ou le plaisant Vertige d’Abel Ferry (2009). Calvaire de Fabrice Welz (2004), La traque d’Antoine Blossier (2010) sont des production françaises ou belges. Même s’il ne bascule pas dans l’horreur, A vif de Neil Jordan (2007) fait partie de la catégorie revenge.

Ensuite, on peut relever le passable Ils (2005) de Xavier Palud, et Motel (2007) de Nimrod Antal qui s’avère excellent. La Colline a des yeux de Wes Craven (1977) parle également de vengeance. Le remake réalisé par notre français Alexandre Aja en 2006, dépasse pour moi l’original.

Le grandiose Martyrs de Pascal Laugier (2008) fait figure d’exception dans le genre. Une femme ayant été kidnappée enfant, revient vers ses bourreaux pour les tuer. Une tension permanente est instaurée et qui reste assez rare au cinéma, non dénuée de significations mystiques…
On y pense pas toujours mais Kill Bill (2004) de Quentin Tarantino, est aussi un rape and revenge. En effet, la Mariée est violée à plusieurs reprises alors inconsciente, sans compter les attaques physiques subies.

Parce que c’est un genre qui reflète un fléau mondial (1 femme sur 3 est victime de viol dans le monde), il me semble qu’il soit un genre riche. C’est une occasion de donner des armes à ces femmes, et de déchaîner leur colère. Dommage que ça soit principalement filmé par des hommes.
L’autre intérêt étant de voir comment et quels types de personnes peuvent se comporter et agir, quand elles ont subi un trauma. Ou encore, quand et comment des situations extrêmes les plongent dans une certaine abysse.

3-Torture porn

Ca pique les yeux

Parce que c’est le genre que je comprends le moins, c’est aussi celui que j’apprécie le moins. Le torture porn marche plutôt bien, encore maintenant, même si la qualité des films a bien diminuée. C’est aussi le genre (avec le slasher) qui donne naissance à plein de séries Z médiocres. En effet, le but est d’aller au plus subversif possible.
Ce genre désigne des films dont les personnages sont pris au pièges par un ou des sadique(s), généralement riches. Le spectateur assiste donc aux tortures. On pense parfois au sexe mélangé à tout cela, mais le terme « porn » est plus lié à la jouissance que peut ressentir un bourreau.

Le torture porn a connu une résonance avec Hostel, suite au scandale d’Abou Ghraib. Le monde a découvert les images de tortures commis par les Américains sur des prisonniers Irakiens, lors de la guerre en Irak.

On peut considérer Salo ou les 120 jours de Sodome de Pier Paolo Pasolini (1976) comme un torture porn. C’est une « libre » adaptation de l’œuvre du marquis de Sade, qui décrit la façon dont torturent 4 aristocrates, quelques 70 hommes et femmes. Tout y passe ou presque. J’avoue que j’aurais du mal à le regarder une deuxième fois.
On note évidemment, les Saw donc le 1er réalisé par James Wan (2004), est bon même s’il a tendance à se perdre dans sa narration, effets et flash back. Les autres laissant à désirer (je me suis arrêtée au 4, une bonne purge).

L’escalade de la violence

Dans un registre moins gore et plus dramatique, mais tout autant malsain, The girl next door de Gregory Wilson (2007). Le film raconte l’histoire vraie d’une gamine qui se fait enfermée à la cave par une mère de famille. Elle sera le souffre douleur de cette dernière et des enfants du quartiers. Considérée comme un simple jouet, les enfants ne se rendant pas compte de la gravité de leurs actes, la jeune fille mourra d’épuisement. Par ailleurs, le réussi An american crime de Tommy O’Haver (2007) reprend également cette histoire.

Dans un autre style, on peut noter The Woman de Lucky McKee (2012). Le film chamboule et impressionne grâce au jeu de Pollyanna McIntosh (vue dans Walking Dead). Style plus soft graphiquement (quoique), mais tout autant dans la thématique, ne loupez pas Cheap Thrills de E.L Katz (2014). C’est une montée en puissance, qui nous met face à des dilemmes.
Deux hommes en besoin d’argent, font face aux défis lancés par un homme riche.

Trash porn

Dans un registre extrême, Philosophy of a knife d’Andrey Iskanov (2008) raconte les expériences (vraies) pratiquées par l’unité japonaise 731 de 1930 à 1945. Je mettrais dans cette catégorie l’excellent (oui oui!) Human Centipede, first sequence de Tom Six qui fait énormément polémique (2009), ainsi que ses médiocres suites. On peut aussi relever Audition de Takashi Miike (2002). Il est assez soft comparé à d’autres films, mais pique toujours un peu.

Et comment oublier A serbian film de Srdjan Spasojevic (2010), qui bénéficie d’une réputation sulfureuse sur le web. Bien qu’effectivement un peu vide, il a des qualités: interprétations, photographie, et contient une noirceur comme rarement retranscrite au cinéma.

Par conséquent, le but de ce genre est de montrer les pires tortures, de façon la plus gore possible. Comme si on voulais savoir jusqu’où la nature humaine pouvait aller. Pourtant, il suffit de lire des témoignages, études sur les expérimentations des nazis pour se donner une petite idée. Réelle, elle.

C’est l’aspect qui m’intéresse le moins dans le cinéma de genre. Cependant, on peut noter parfois que le ressort du torture porn est utilisé, mais n’est pas son principal sujet.

4-Epidémie

Mets à jour tes vaccins

Il y en a à foison, à toutes les sauces. C’est un genre généralement lié aux zombies, ou des dérivés. Ces films racontent la vie de personnages après qu’une épidémie ait frappé leur ville/région/pays/monde. En général, cette épidémie a tué/modifié/zombifié la population (barrez les mentions inutiles).

Zombieland

On peut dire que le genre voit le jour avec La nuit des morts vivants (1968) du grand George A. Romero. Allez voir la old school bande annonce trop cool. Après ça, on ne compte plus la multitude de films.
Le film aura deux suites: Zombie (1978) et Le jour des morts vivants, toujours réalisés par Romero. Trilogie excellente et culte. Depuis, les films de zombies ne manquent pas. Rec (2008), Rec 2 (2009), Rec 3 (2012) de Paco Plaza font partis des plus connus. Mais aussi le génial L’ armée des morts de Zack Snyder (2004).
On notera également le très bon 28 jours plus tard de Danny Boyle (2002) qui sera suivi du passable 28 semaines plus tard (2007) de Juan Carlos Fresnadillo.
Il y a aussi le mauvais Je suis une légende de Francis Lawrence (2007) avec Will Smith mais l’excellent The Battery deJeremy Gardner.
World War Z de Marc Forster (2013), avait fait son petit effet à l’époque. C’est, pour ma part c’est vite retombé comme un soufflet, tant ça manque de crédibilité, de beauté, d’intérêt.

Côté français, il y a le potable Mutants de David Morley (2009). Très moyens également, Infecté de David et Alex Pastor (2008).Mais aussi le français Dominique Rocher a réalisé le poétique La nuit a dévoré le monde (2018). C’est un mélange de film de zombie et huis clos.

Dystopie mon amour

Dans le genre plus dramatique, avec peu de sang, le très réussi Le fils de l’homme (2006) de Alfonso Cuarón. Ce film raconte l’histoire d’un petit groupe voulant mettre à l’abri la seule femme enceinte qui reste. Leur monde étant plongé une pandémie qui a rendu stérile les femmes. Dans un registre proche, dans Blindness (2008), Fernando Meirelles filme un groupe de personnes subitement atteint de cécité. Mis en quarantaine, elles seront aidées par une seule voyante résistante à l’épidémie. Film poétique, un peu long.
Et comment oublier Alerte! deWolfgang Petersen (1995), qui reste un divertissement tout à fait plaisant.

5-Fantastique

Sissy Spacek

Genre très ancien, le fantastique peut regrouper plusieurs types d’histoires: fantômes, paranormal, malédiction, sorcellerie, vampires, loups garous…On pourrait faire en fait des catégories de sous catégorie…La définition officielle du fantastique est une histoire qui a un point de départ ancré dans la réalité.
Petit à petit, des évènements étranges font basculer la narration dans un autre monde.

Fantôme, vous avez dit fantôme?

Il y a les films fantastiques voulant faire croire à une histoire vraie. Et on utilise le fond de found footage (images filmées en amateur). Par exemple, Le projet Blair Witch de Daniel Myrick (1999) eut le statut de film le plus rentable de l’histoire du cinéma. Un mystère pour moi tant le film m’a ennuyée.
Idem pour Paranormal Activity d’Oren Peli (2007) qui sous forme de documentaire, filme l’intrusion d’un esprit dans la maison d’un couple (home invasion).

En remontant plus loin, Poltergeist de Tobe Hooper (1982). Il est souvent considéré comme un film de Steven Spielberg, tant ce dernier a été un producteur envahissant. C’est une histoire de fantômes, s’introduisant dans une maison. Le film connaîtra 2 suites en 1986 et 1987 (et un remake en 2015 par Gil Kenan).
La trilogie sera marquée par les morts prématurées d’Heather O’Rourke, à 13 ans et de Dominque Dunne, assassinée en 1982.

Dans le genre malédiction, il y a bien sûr la série des Ring de Hideo Nakata (1997), The grudge de Takashi Shimizu (2004).
Mais aussi The Eye de Danny Pang (2002), dont le français Xavier Palud fera un remake américain en 2008. Et enfin, Dark Water de toujours Hideo Nakata (2002).

Métaphores de nos névroses

Le genre du paranormal existe aussi à travers des films comme Carrie de Brian de Palma (1976). Il y aura suite, le teen movie sympathique Carrie 2 la Haine de Katt Shea (1999). Dans la même idée, il ne faut pas louper Dark Touch de la trop discrète Marina De Van (2013). Le film utilise la télékinésie comme principe exutoire face à des violences. On peut noter également Chronicle (2012) de Josh Trank. Sans oublier le grandiose Sixième Sens de M.Night Shyamalan (1999) ainsi que Les autres d’Alejandro Amenábar (2001). L’Orphelinat de Juan Antonio Bayona (2007) m’a particulièrement marquée, tout comme Mr Babadock de Jennifer Kent (2014).

Par ailleurs, la réalisatrice mexicaine Issa Lopez a réalisé Ils reviennent (2018), film fantastique pour parler de la condition des enfants au Mexique. It follows (2015) de David Robert Mitchell a bousculé son petit monde, avec sa simplicité diaboliquement efficace. Une entitée visible uniquement de sa victime persiste à la suivre jusqu’à ce que mort s’en suive. Certain-es y ont vu une moralisation sur les MST, ou le sexe, responsable de tous les maux.

Les créatures légendaires

Quand on parle sorcière il y a le grandiose Sleepy Hollow (1999), sûrement le dernier bon film de Tim Burton. On peut noter le teen movie The craft d’Andrew Fleming (1995). Mais aussi, le conte féérique Willow de Ron Howard (1988). Ou encore la passable Chasse aux sorcières de Nicholas Hytner (1997).
Au rayon vampires et loups garous, un large choix est proposé. On peut commencer par le classique Nosferatu (1922) de F. W. Murnau, et la série des film Frankenstein. Elle débute en 1910 par J.Searle Dawley, pour finir en 2016 avec le Dr Frankenstein de Paul Guigan. Une cinquantaine de film au total!).
Les loups garou se retrouvent dans Le loup garou de Londres de John Landis et celui de Paris par Anthony Waller . Ne manquez pas Les Bonnes Manières de Juliana Rojas et Marco Dutra conte de loup garou poétique.

Ensuite, il faut voir Morse, déroutant mais non pas moins excellent, du suédois Tomas Alfredson (2008). Cela donnera suite à un remake: Laisse moi entrer de Matt Reeves (2010).  Également excellent, le culte Bal des vampires du dorénavant infréquentable Roman Polanski (1963). On peut noter l’étrange Dracula de Francis Ford Coppola (1992), le moyen 30 jours de nuit de David Slade (2007). Le superbe Entretien avec un vampire de Neil Jordan (1994) nous offre sûrement une des meilleurs performance de Brad Pitt et Tom Cruise. Vous ne pouvez pas manquer le détonnant Une nuit en enfer de Robert Rodriguez (1990). Enfin, le féministe Nous sommes la nuit de l’allemand Dennis Gansel (2010) est à voir. Ce dernier offre une vision plus moderne des vampires.
Bliss de Joe Pegos est mal connu et pourtant il offre une expérience de vie de vampire au plus près, avec tous ses excès et ses douleurs.

Ça mord

Et pour finir avec des bêbêtes, on craque toujours sur les Gremlins (1984) de Joe Dante. Il remettra le couvert avec des jouets anti Toy Story avec l’excellent sous estimé Small Soldiers (1998).
Pour les loups garous, Wolf (1994) de Mike Nichols avec Jack Nicholson reste pour moi une référence. On peut trouver aussi Hurlements de Joe Dante (1981). Le mauvais Cursed de Wes Craven (2005) et Le loup garou de Paris de Terrence Waller (1997) complètent la suite.

Il y a parfois des curiosités comme Birth de Jonathan Glazer (2003). Le film raconte l’histoire du deuil du personnage de Nicole Kidman face à la mort de son mari. Mari qu’elle retrouve apparemment sous les traits d’un petit garçon, qui affirme être son défunt compagnon. Le film est très tendre et évoque de façon étrange le travail de deuil.

En conclusion, c’est un sous genre pour le moins riche, qui permet de laisser libre cours à l’imagination. C’est aussi parfois un biais pour évoquer des sujets de société, des maux personnels.

6-Science Fiction

Genre de cinéma logiquement inépuisable, ce n’est pourtant pas forcément là où on trouve les meilleurs films.
Les films de Science Fiction se passent généralement dans le futur. Ils peuvent évoquer un présent dont les avancées sont nettement supérieures à notre époque.
Ce sont souvent des dystopies. Parfois, ces films intègrent un animal ou une bête pour apporter plus de suspens et/ou d’horreur.

Dans un genre différent, on a l’excellent Bienvenue à Gattaca d’Andrew Nicoll (1997). Mais aussi Minority Report de Steven Spielberg (2002), est un très bon film de science fiction, mélangeant policier est suspens. Inception de Christopher Nolan (2010) est également excellent, sans oublier la trilogie des Matrix, réalisée par les soeurs Wachowski (1999). Sur fond religieux, Prédictions d’Alex Proyas (2009) se fait une place sympathique. Tout comme La guerre des mondes de Steven Spielberg (2005).

E.T s’est fait bouffer

Évidemment, tout d’abord la série des Alien, qui reste pour moi, culte et indispensable, dont je ne me lasserai jamais. On oublie Prometheus, et Alien Convenant, que j’appellerais plutôt les caprices de Ridley Scott). Idem pour la saga incontournable Terminator (uniquement le premier et le deuxième, on est d’accord). Pas la peine de citer la saga Star Wars…La série des Predators est a noter, dont le 1er est réalisé par John McTiernan (1987). Dans le genre bête, il y a également le culte La Mouche de David Cronenberg (1986). A mettre également dans le body horror?
Pour continuer dans les films de monstres, nous avons Monsters de Gareth Edwards (2010), réalisateur du Godzilla 2014.

Bien que je cherche encore les monstres, le film possède une ambiance bien à lui. Il y également District 9 de Neill Blomkamp (2009), excellent blockbuster grinçant. Je ne peux résister à évoquer Planète Hurlante de Christian Duguay (1995). C’est un véritable plaisir coupable, adapté d’un livre de Philip K Dick. Comment lutter contre des bêbêtes métalliques utilisées comme armes, qui se retournent contre leurs créateurs?

Même si Life de Daniel Espinosa est passé inaperçu, il s’avère être un excellent film de Science Fiction. Il apporte même des nouvelles idées de situations et mises en scène qui surprennent.

Bouse Planet

Ensuite il y a beaucoup beaucoup de bouses dans ce domaine. On ne les compte plus. On note 2012 de Roland Emmerich (2009), Alien Vs Predator de Paul W.S. Anderson (2004), The Island de Michael Bay (2004). Parmi le Et aussi Le jour d’après de Roland Emmerich (2004), Waterworld de Kevin Reynolds (1995). Ce dernier sonna la fin de la carrière pour Reynolds, et quasi celle de Kevin Costner.

7-Snuff

Snif

Un “vrai” snuff movie est un film dont l’objet est le tournage d’un viol et d’un meurtre qui arrive réellement. Il sont filmés par un amateur (soit le tueur lui même, soit un complice). La légende dit que ce genre de film existe vraiment, tourné pour des riches. Une enquête a été menée par Sarah Finger, qui en a écrit un livre, la mort en direct. Quand on découvre de plus en plus que des vidéos de tortures pédophiles pullulent, on peut en douter.

Parmi les nombreux films, le seul qui me semble vraiment intéressant est Témoin Muet d’Anthony Waller (1995). Il raconte l’histoire d’une muette, témoin d’un tournage d’un snuff movie. Le film est davantage un thriller et porté par l’interprétation de Madeleine Stowe. Il y a également 8mm de Joel Schumacher (1999). Le film propose une insertion superficielle du monde du snuff, dans le cadre d’une enquête criminelle. Le snuff est ici un prétexte pour une enquête policière. En aucun cas il n’y a une réflexion du cinéaste à ce sujet.

Toujours plus loin

A serbian film de Srđan Spasojević (2010), évoqué plus haut, est particulièrement dur ( à regarder plutôt seul-e!). On ne peut mentionner Cannibal Hollocaust de Ruggero Deodato (1981), simulant un reportage sur une communauté cannibale. Je n’y a rien trouvé de très intéressant, d’autant quand on sait que des tortues ont véritablement été torturées/tuées. C’est une autre époque, mais rien de nécessaire à valoriser un film ayant peu d’attrait par ailleurs.

La plupart des autres snuff sont des « imitations » au plus près de ce que seraient les véritables snuff. A l’image de Snuff 102 de Mariono Peralta (2007) ou August Underground qui n’a pas vraiment de réalisateur, (2003). Faire du trash pour du trash, et revendiquer le film le plus horrible de tout les temps, n’est pas une démarche très pertinente. Elle n’aide pas le cinéma de genre et ses adeptes, à être respectés.

Ce genre de cinéma relève en général, plus du domaine underground. Il est vu par très peu d’amateurs du genre, via le net ou parfois des festivals. Ces films ne sont parfois même pas classés parce que les comités refusent de les voir.

8-Diabolique

Voir le Mal partout

Le diable, vaste sujet de cinéma. Les films évoquant le mal, traitent de personnages en proie à des démons, ou au diable. En général, on tente sur eux un exorcisme pour tenter de les libérer. Souvent, c’est un peu peine perdue. Dans un monde où la religion a encore beaucoup de poids, ce sont des films qui peuvent être parfois délicats à traiter. C’est aussi pour cette raison que c’est une thématique qui fascine les cinéastes. En tout cas, c’est un genre qui ne tombe pas, il y en a plusieurs tous les ans…Il est lié évidemment au fantastique.

Le plus grand film sur le Mal est sans doute LE film d’épouvante de tout les temps: L’exorciste de William Friedkin (1973). Magistralement interprété, réalisation terrifiante, le film fait toujours autant peur aujourd’hui. Et ce, malgré les effets spéciaux qui ont vieillis. Il y aura 3 suites à L’exorciste. On ne peut oublier le grand Rosemary’s baby de 1968, réalisé par Roman Polanski. La tension monte petit à petit, et nous étouffe.

As tu déjà dansé avec le diable au clair de lune?

Evil Dead de Sam Raimi, est un régal. Tout comme le remake de Fede Alvarez (2013), qui propose une lecture tout à fait différente, et qui s’avère efficace.
Depuis on a pu apprécié gentiment L’exorcisme d’Emily Rose de Scott Derrickson (2005). Mais détesté la vaste blague Le dernier exorcisme de Daniel Stamm (2010). Il y a également Stigmata de Rupert Wainwright (1999) qui livre un film convenu mais efficace.

Enfin, on peut noter Le Rite de Mikaël Hafstrom (2011) qui n’a pas l’air fameux. Mais aussi Constantine de Francis Lawrence (2005), Les Ames Perdues de Janusz Kaminski (2000). Et La fin des temps de Peter Hyams (1999), ou le sympathique L’associé du Diable de Taylor Hackford (1997).
L’inoubliable Possession de Andrzej Żuławski (1981) est à voir absolument. Avec Isabelle Adjani qui livre la performance la plus incroyable que j’ai pu voir.

Même s’il a laissé beaucoup en dehors, j’ai été emportée par The Witch de Robert Eggers, réalisateur de Lighthouse. Une ambiance nous laissant avec des interrogations à l’image de l’essence même de la sorcellerie.

Et puis Mikaël Myers aussi non?

9-Sales gosses

Poupée de sang

Genre encore peu exploité car encore tabou mais pourtant jouissif, ce genre de cinéma est particulièrement fascinant. Comment peut on imaginer de petits têtes blondes et brunes être responsables de meurtres? Pourtant, une fois encore, c’est la réalité qui dépasse la fiction.

Tour d’abord, le meilleur pour moi est The Children de l’anglais Tom Shankland (2009). Des parents se rendent compte que leurs enfants ont des comportements destructeurs. Ils ont du mal à réagir face à eux pour se défendre. Le film est bien amené, crédible et terrifiant.
Il existe aussi Le village des damnés de Wolf Rilla (1960) remaké par John Carpenter en 1995.

Ensuite, on ne peut passer à côté du vieillot mais néanmoins culte de Children of the Corn de Fritz Kiersch(1977). Le film est adapté du livre de Stephen King, qui donnera lieu à 8 films par la suite.
La liste ne serait pas complète sans la série des quatre films, Damien: La Malédiction, initiée par Richard Donner en 1976. Le premier valant le détour, mais le film ne m’a pas suffisamment intéressée pour regarder les autres.

Briser le tabou

A voir, le tranquille Grace (2009) de Paul Solet qui filme la descente aux enfers d’une mère. Elle est prête à tout pour combler son bébé sanguinaire revenu à la vie à l’accouchement…Le méconnu mais excellent Prevenge réalisé et joué par l’anglaise Alice Lowe (2016). Un fœtus ordonne à sa mère de tuer. Normal. Chapeau à la réalisatrice qui a eu l’idée de ce film quand elle a appris sa grossesse. Ce n’est pas tous les jours qu’une mère utilise sa grossesse pour porter à l’écran une telle histoire.

Enfin, dans le genre parentalité incorrecte, on peut regarder avec plaisir Mom and Dad réalisé par Brian Taylor en 2018. Le couple improbable Nicolas Cage et Selma Blair devenu particulièrement agressif envers leurs enfants. Excellent film, qui sans renouveller le genre, est jouissif.

J’attends énormément de ce sous genre. Tout simplement car il reste encore plein de choses à explorer. Si on arrive à surpasser ce tabou, il y aurait beaucoup de thématiques à aborder. L’enfance et ses concepts, ses traumas, quel regard avoir sur ces enfants….Toute une histoire (et c’est une maman qui vous le dit).

10-Comédies d’horreur/Absurde

Sang pour sang LOL

Un genre fait pour rigoler entre potes. Pour détendre l’atmosphère. Pour utiliser tes peurs et les désamorcer.

Ainsi, on peut relever Détention de Joseph Kahn, 2011 ou l’incontournable Shaun of the dead d’Edgar Wright, 2004).
Mais aussi le moins célèbre All Cheerleaders Die de Lucky McKee (réalisateur de The Woman, cité plus haut). C’est une vraie partie de plaisir une revanche de pom pom girls est toujours appréciée.
Par ailleurs, Planète Terreur (2007) de Robert Rodriguez est également à ne pas louper; une référence aux films grindhouse d’antan.
Dans le genre espagnol, il y a Juan of the dead d’Alejandro Bruguès (2011) qui divertit comme il faut.

Enfin, il serait dommage de se priver de l’hilarant The Voices de l’iranienne Marjane Satrapi. Un Ryan Reynolds en pleine forme dans le rôle d’un psychopathe, ami des bêtes.
Toujours dans le registre de bêtes, méfiez vous de Black Sheep de Jonathan King (II), sorti en 2008, qui est jubilatoire.

Littles Monsters d’Abe Forsythe, propose une hilarante comparaison entre les zombies et les enfants.

Rire jaune?

On peut citer la plupart des films de l’espagnol Alex De la Iglesia, comme Balade triste (2011). C’est une métaphore du déchirement espagnol, lors de la guerre d’Espagne. C’est un réalisateur qui manipule beaucoup l’humour sans faire totalement des comédies.

Ensuite, comment ne pas prendre son pied de féministe devant Teeth de Mitchell Lichtenstein (2007)? Une adolescente découvre que sa vulve à des dents!
Je ne sais pas où le classer tant ce film est étrange et insaisissable: Excision de Richard Bates Jr. (2012). Ne vous fiez pas au titre. Porté par la girly de la série Beverly Hills version 2010, AnnaLynne McCord m’a littéralement sciée.
Elle livre une interprétation d’adolescente perdue, qui se découvre une passion pour le découpage des corps.
Pour finir, le meilleur: l’excellent voyage du pneu tueur Rubber (2010) de Quentin Dupieux.

Ce genre est aussi l’occasion de créer beaucoup de nanars plus ou moins assumés, plus ou moins réussis (coucou Sharknando).

11-Home invasion

C’est pas le moment d’oublier ses clefs

Le home invasion (l’invasion de ton chez toi en français), est un genre qui met en scène un ou plusieurs individus qui décident de s’introduire chez leur(s) victime(s). C’est un genre qui demande peu de moyens, qui peut susciter beaucoup d’effroi. On touche ici au personnel, à son environnement, sa zone de confort, où l’on se sent habituellement en sécurité.

Le plus connu est sans doute American Nightmare de James DeMonaco (2013). Dans une société où tout crime est légal pendant une nuit, des individus tentent de s’introduire dans une famille. Le film donnera lieu à 3 suites, assez inégales. Le principal défaut de tous ces films étant qu’ils n’exploitent la réflexion sociologique qui aurait pu en découler.

Toujours est il que dans la mesure où le home invasion est un genre de film peu onéreux, on peut trouver à peu près de tout niveau qualité. You’re next d’Adam Wingard (2012) fait donc parti des passables, tout comme The strangers de Bryan Bertino (2008). Bien que beaucoup l’aient dénigré, j’ai beaucoup aimé Knock Knock d’Eli Roth (Hostel), réalsé en 2015. Il fait monter un bon climax, avec ce pauvre Keanu Reeves pris au piège.

Le danger chez toi

Funny Games de Michael Haneke (2008) qui réalise ici son propre remake à Funny Games reste une énigme pour moi. Je ne parviens pas à avoir un avis sur le film. Dans le style gory gory, comment passer à côté de A l’intérieur des français Julien Maury et Alexandre Bustillo (2006). Leur première réalisation qui fera scandale, mais qui les fera connaître dans le milieu.

Pour continuer dans le malsain, on peut regarder le méconnu Malveillance de Jaume Balagueró ( Rec ), sorti en 2011. Le film cristallise la peur de toute femme: un voisin envahissant qui vous colonise petit à petit sans crier gare.
On peut noter Terreur sur la ligne de Simon West (2006), remake du film du même nom de 1979. Une babysitter doit faire face à des appels incessants qui viennent…de la maison où elle est.

Don’t breathe de Fede Alvarez (2016) est un bon petit film, où deux jeunes font face à un habitant aveugle particulièrement dangereux et efficace. Certains films ne sont pas des home invasion à proprement parler mais en utilisent les ressorts dans une partie du film. Comme dans Us (2019) du surdoué Jordan Peele. Tout comme le superbe Ghostland de Pascal Laugier (2018) avec Mylène Farmer. Et pour finir, on l’oublie parfois mais notons le très bon Panic Room de David Fincher (2002).

Dans un autre genre, mais pourtant cela reste du home invasion, le splendide Swallow de Carlo Mirabella Davis dont les espaces personnels, intimes, et géographiques de l’héroïne sont investis.

Un genre qui mériterait d’être plus exploité tant il joue sur des peurs auxquelles il est facile de s’identifier.

12-Huis clos

Là c’est plutôt le moment de trouver la clef

Le premier qui me soit venu à l’esprit est Buried de Rodrigo Cortés (2010). C’est le parfait exemple pour illustrer le huis clos: un homme est enfermé dans un cercueil. Simple mais efficace.

Cube de Vincenzo Natali réalisé en 1997 est un bon exemple. Un groupe de personnes aux compétences différentes sont prises au piège dans un cube mortel. Même si on a l’impression que les personnages passent d’une pièce du cube à l’autre, il y a bien une seule pièce qui a été construite.
Dans un autre style, le premier film de Quentin Tarantino, Reservoir Dogs sorti en 1992, est un huis clos joussif, ponctué par des dialogues malicieux.

Kubrik réussira son pari avec Shining (1980), qui enferme Jack Torrance, sa femme et son fils dans l’hôtel maléfique l’Overlook. Dans un autre genre, on peut citer Get Out (2017) de Jordan Peele. On sent petit à petit l’étau se resserer sur le héros, coincé dans la maison de sa belle famille.C’est un autre roman de Stephen King, Misery, que mettra en scène en 1990 Rob Reiner. Un écrivain cloué au lit, pris au piège d’une femme un peu trop fan de ses romans.

SnowPiercer (2013) du palmé Bong Joon-ho, adapté de la BD, est très réussi. Nous restons enfermés avec le héros qui tente tant bien que mal de lutter pour l’égalité, dans un train lancé à vive allure.
Dans le genre maso (comme à son habitude), Lars Von Trier nous propose Dogville en 2003. Une descente aux enfers théâtralisée de Grace, à la limite du soutenable. La ville est symbolisée par des traces de craies au sol.

13-Animaux méchants

30 millions d’ennemis

Genre encore peu exploré (sauf concernant les insectes et autres parasites), les animaux méchants sont pourtant des personnages efficaces pour nous faire vaciller. Je prends ici les exemples d’animaux réels, pas de bestioles venues du futur.

On pense évidemment à l’animal qui a rendu toutes les plages vides lors de sa sortie. Le grandiose Jaws de Steven Spielberg, qui reste toujours autant efficace (1975 je vous rappelle!).
Cujo de Lewis Teague (1983), encore adapté d’un roman de Stephen King, nous montre comme le gentil chien Beethoven, devient une machine à tuer. Le très moyen Werewolf d’Adrian Panek arrive tout de même à dégager une atmosphère bien propre, avec ces gamins à l’abandon.

On notera évidemment Les oiseaux d’Alfred Hitchcock (1963). Il montre à quel point n’importe quel animal semblant inoffensif peut être transformé en être inquiétant.
Doté d’une belle affiche, Stung pourrait également se classer dans les comédies. Ces guêpes folles attaquent une petite fiesta donnée dans un jardin. Savoureux.
Enfin, pour celles et ceux qui ont une peur des êtres visqueux, passez votre chemin concernant La nuit des vers géants de Jeff Lieberman (2017).
Comment oublier le génial Black Sheep de Jonathan King qui arrive à faire passer des moutons pour de véritables machines à tuer. Et on y croit (oui oui).

Il existe une floppée de films concernant les diverses espèces de serpents et crocodiles. Le dernier en date étant l’impersonnel mais efficace The Crawl (2019) d’Alexandre Aja. Ce dernier doit avoir un problème avec les animaux dans l’eau, puisqu’il nous avait déjà gratifié de Piranha 3D en 2010 (dont il a honte).

14-Giallo

Le sang artistique

Le genre du giallo fait référence au cinéma de genre italien. C’est en fait le précurseur du slasher, car on retrouve déjà des tueurs armés de couteaux. Dominés par Dario Argento ou Mario Bava, ce sont des films avec des couleurs et une manière de cadrer très spécifique. A la manière de tableaux presque. Il y a par exemple, une ambiance particulière, un peu surjouée, très théâtralisée. C’est un genre que j’apprécie peu, j’ai du mal à rentrer dedans. Certains sont pourtant très prenant.

Je suis très partagée sur l’œuvre de Dario Argento. J’ai beaucoup aimé Suspiria (1977) et Les frissons de l’angoisse (1975), ou encore Ténèbres (1980). Mais je n’ai pas été embarquée par Le syndrome de Stendhal (1996) ou Trauma (1993). On peut noter Une hache pour la lune de miel de Mario Bava (1970).
En France, Hélène Cattet et Bruno Forzani réalisent des propositions tout à fait étonnantes avec L’étrange couleur des larmes de ton corps (2014). Je n’ai pas adhéré du tout. Laissez bronzer les cadavres (2017) semble plus accessible. Ils ont le mérite de présenter des films tout à fait originaux. Et rendent le cinéma de genre encore plus diversifié.
C’est un genre que je connais mal, n’étant pas mon genre favori. Mais il est instructif d’en regarder de temps en temps pour comprendre les influences de d’autres réalisateur-rices.

15-Body Horror

Balance ton corps

Le body horror fait référence aux films qui traitent du corps, de notre rapport à lui, à ses changements. Ce sont souvent des films dits graphiques, c’est à dire sanglants.

Je commence par mon chouchou, l’inclassable Grave de Julia Ducournau, qui a retourné le monde du cinéma en 2016. Pourquoi? Parce que son film a été nominé 6 fois aux Césars. Même s’il n’a rien remporté, c’est la première fois qu’un film de genre (en plus réalisé par une femme!) a une telle reconnaissance de la profession. Donc oui, c’est remarquable.
Toujours réalisé par une femme, Dans ma peau (2002) de Marina de Van (Dark Touch que j’ai cité plus haut) est marquant. Il narre l’exploration d’une femme sur son corps, à travers diverses expériences tranchantes. C’est touchant, il y a une dimension très personnelle qui se ressent.

Dans un style plus mainstream, Green Inferno d’Eli Roth propose une sorte de remake de Cannibal Hollocaust, sans la dimension snuff. Mais ça reste un film où le corps est au centre (de toutes les expérimentations).

La plupart des films de David Cronenberg (La mouche, Crash, Vidéodrome) s’ancrent dans le body horror.
Je terminerai avec le grand Martyrs (2008) de Pascal Laugier qui place le corps, objet de toutes les tortures. Et ne nous épargne rien. On pourrait le classer presque dans le torture porn mais je ne pense que sa place y soit. L’idée n’est pas de trouver les pires sévices, mais bien d’arriver à un objectif précis, en faisant souffrir.

Comme oublier la trilogie Human Centiped de Tom Six dont le concept totalement hors limites a rendu célèbre son auteur.

On peut également noter Under The Skin de Jonathan Glazer et Rabid des soeurs Soska.

Le cinéma de genre est un cinéma riche, qui ne manque pas d’avoir prouvé son intérêt. Mais aussi sa capacité à nous aider à comprendre le monde qui nous entoure.

16-Folk Horror

Le folk horror est un sous gens s’inspirant de rites, de traditions païennes. C’est donc un genre très lié à la notion de secte, de communauté. C’est un sous genre qui me parle moins généralement dû au fait que j’ai toujours du mal à entrer en empathie avec les personnages. Je me demande toujours comment ils peuvent suivre des traditions, des principes aussi dénués de sens, ou dangereux.

On peut noter l’angoissant Rosemary’s baby de Roman Polanski qui pour le coup doit être un des seuls films du genre que j’apprécie.
Midsommar d’Ari Aster évidemment que j’ai trouvé magnifique et dont les propos de fond sont pertinents mais qui ne m’a pas embarquée. Mais j’ai découvert le genre avec The Sacrament de Ti West qui m’a laissée de marbre.

Le film culte du genre est The Wicker Man de Robin Hardy et Les démons du maïs de Fritz Kiersch.

Il y a sûrement encore d’autres sous genres, à identifier ou à créer?

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2 Comments

  1. Jérémy

    Merci pour cet article et pour le temps que tu as dû passer dessus. J’ai vu 90% des films que tu as cité, même si je ne suis pas d’accord avec toi sur certains, tu donne ton avis avec respect et recul. J’ai passé un bon moment.

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